Jacques Paul Fronton Duplantier, né le à Beychac-et-Caillau (généralité de Bordeaux, actuel département de la Gironde), mort le à Agen, est un avocat, un botaniste et un homme politique de la Révolution française.
Entre 1792 et 1799, il est député de la Gironde à la Convention, où il vote la mort de Louis XVI et dont il démissionne le 7 juin 1793, puis au Conseil des Cinq-Cents.
Biographie Il appartient à une famille de vieille bourgeoisie de l'Entre-deux-Mers, et est fils d'un capitaine garde-côtes. Il est reçu avocat au parlement de Paris et est armateur à Bordeaux lorsque la Révolution éclate.
Suppléant à la Législative La France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 septembre 1791.
Le même mois, Jacques Duplantier est élu député suppléant de la Gironde, le deuxième sur quatre, à l'Assemblée nationale législative. Il n'est toutefois pas appelé à siéger.
Mandat à la Convention La monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.
En septembre 1792, Jacques Duplantier est élu député de la Gironde, le dixième et dernier, à la Convention nationale.
Il siège sur les bancs de la Plaine. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, et se prononce en faveur de l'appel au peuple et du sursis à l'exécution de la peine : En votant contre l'appel au peuple, je ne me suis pas dissimulé les inconvénients d'un jugement définitif ; mais j'ai consulté ma conscience et la loi, je vote pour la mort, avec l’amendement de Mailhe. Le 13 avril 1793, il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat. Le 28 mai, il vote en faveur du rétablissement de la Commission des Douze.
Le 7 juin, Jacques Duplantier remet sa démission à la Convention : Citoyen Président,
Comme il se répand un bruit dans Paris que 10,000 hommes armés de mon département sont en marche pour venir réclamer et exiger la liberté des députés arrêtés, je dois déclarer à la Convention qu'étranger aux partis dont la lutte continuelle a retardé jusqu'à présent le bonheur de la République [...], je vous prie donc de faire agréer ma démission à l'Assemblée.Jean-François Ducos (député de la Gironde) s'oppose à cette démission, « dans un instant où de nouveaux dangers viennent assaillir la République », mais est acceptée sur motion de Pierre Paganel (député du Lot-et-Garonne) qui affirme que son collègue « a voté dans toutes les occasions comme tous les vrais patriotes ».
Jacques Duplantier se retire dans l'Entre-deux-Mers après sa démission.
Mandat aux Cinq-Cents Sous le Directoire,lors des élections législatives de 1798, Jacques Duplantier est réélu député de la Gironde, et son élection est validée par la loi du 22 floréal an VI (11 mai 1798).
Le , dans la discussion sur le projet de loi relatif au tribunal de cassation, il demande que le choix des remplaçants soit fait par la voie du tirage au sort ; il propose (28 messidor) d'obliger les pensionnats particuliers à vaquer les décadis (l'urgence est déclarée) ; revient, le lendemain sur cette question, déclare impossible et inconvenant tout article prohibitif du repos, mais propose cependant d’interdire aux instituteurs des deux sexes de vaquer d'autres jours que les décadis et les quintidis ; demande ( thermidor) que les rentes viagères dues aux émigrés reviennent à la République pendant quinze ans (ajourné) ; fait décréter (10 thermidor) la célébration au sein du Conseil de la fête anniversaire du ; fait adopter ( an VII) un projet pour activer le partage des biens indivis avec la nation ; fait voter (18 frimaire) plusieurs articles d'un projet de loi établissant, pendant , les droits de successibilité de la République aux biens des ascendants des émigrés, à dater du jour de la paix générale ; présente (24 ventôse) un projet tendant à faire célébrer tous les ans, dans l'enceinte des séances du Conseil, la fête de la souveraineté du peuple ; parle (22 prairial) en faveur de la liberté de la presse ; fait interdire (4 thermidor) à tout fonctionnaire public de s'intéresser dans aucune fourniture ; se fait (2 fructidor) l'organe des plaintes des armateurs de Bordeaux sur les entraves apportées à la course maritime ; discute ( an VIII) la répartition de l'emprunt de , combat le système de la commission, et demande la présentation d'un autre projet.
Hostile au coup d'État du 18 brumaire, il figure sur la liste des représentants exclus le lendemain du , et destinés à la déportation. « On proclame ici, à contrecœur, dit Bernadau dans ses notes manuscrites déposées à la bibliothèque de Bordeaux, le décret du 19 brumaire, qui supprimé le Directoire et crée à la place trois consuls. Le parti anti-jacobin manifeste partout sa joie, et l'on chante aux spectacles des couplets que le bureau central n'a pas osé interdire. En voici un des plus saillants :
L'Empire offre à Duplantier des fonctions publiques ; il les refuse, et, ayant perdu sa fortune pendant la Révolution, et celle de sa femme dans l'insurrection de Saint-Domingue, il se fait inscrire au barreau d'Agen, en devient un des meilleurs avocats, et remplit les fonctions de bâtonnier de 1811 jusqu'à sa mort. Littérateur et botaniste, Duplantier avait fondé avec Brémontier la Société d'histoire naturelle de Bordeaux (1790). Il a laissé un manuscrit sur la Classification des plantes, et un Mémoire sur les plantations des dunes. Il avait été franc-maçon..
Mandats 08/09/1792 - 07/06/1793 : Gironde - Girondins 14/04/1798 - 26/12/1799 : Gironde - Modérés
Travaux législatifs
Œuvres Classifications des plantes Mémoire sur les plantations des dunes Étude de l'Entre-deux-mers
Notes et références
Voir aussi Sources Dictionnaire des parlementaires français par Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny, tome 2, Cay-Fes, Bourloton éditeur, Paris, 1889. Biographie nouvelle des contemporains tome 6, Paris, 1822 Statistique générale du département de la Gironde, Tome II, Biographie, É. Féret, 1890
Articles connexes Votes sur la mort de Louis XVI Amon Fasileau-Duplantier, descendant de Jacques Paul Fronton Duplantier
Liens externes
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