Le Futbolny Klub Spartak Moscou, plus communément appelé Spartak Moscou (en ), est un club de football russe basé à Moscou, section du club omnisports du Spartak Moscou.
Faisant partie des grandes équipes de l'ancien championnat soviétique, il en est le deuxième plus titré avec douze championnats remportés, à une unité du Dynamo Kiev, et remporte également dix coupes nationales, compétition où il est cette fois le plus titré. Cette domination se poursuit par la suite au cours des années 1990 après la chute de l'Union soviétique et la mise en place du championnat russe, dont le Spartak remporte neuf des dix premières éditions. Il connaît par la suite une période de creux qui s'achève avec un dixième titre de champion à l'issue de la saison 2016-2017.
Le Spartak fait partie des équipes les plus populaires de Russie, et a souvent arboré l'image « d'équipe du peuple ». Ses couleurs principales sont le rouge et le blanc et il évolue depuis 2014 à l'Otkrytie Arena.
Le club est présidé par le milliardaire russe Léonid Fedoun depuis son rachat par celui-ci en 2003.
Histoire du club Les ancêtres du Spartak thumb|left|Photo d'équipe du MKS en 1922. Les origines du Spartak Moscou peuvent être retracées jusqu'au , date de fondation de la « Société russe de gymnastique » (en , Rousskoïé gimnastitcheskoïé obchtchestvo, abrégé RGO). La pratique du football n'y est cependant mentionnée qu'à partir de . Le club évolue alors déjà sous les couleurs rouges et blanches avec un faucon en guise d'emblème, emprunté au mouvement tchèque Sokol, dont il reprend même le nom à partir de 1907. Il prend par la suite part au championnat de la ville de Moscou.
À l'issue des évènements de la révolution d'Octobre de 1917 et la fin de la guerre civile russe au début des années 1920, le mouvement Sokol et ses composantes sont progressivement interdits par les autorités de la nouvelle Union soviétique. Pour éviter la disparition, le club du Sokol choisit d'être dissout au cours du printemps 1922 pour donner naissance au « Cercle sportif de Moscou » (en , abrégé MKS) sous l'impulsion d'Ivan Artemiev, tandis que devient directeur de la section footballistique. Cette nouvelle équipe dispute sa première rencontre le , qui est plus tard retenue comme date de fondation effective de l'actuel Spartak Moscou. Cette période la voit également intégrer son premier stade, construit grâce à l'argent réunit par l'organisation de matchs à l'extérieurs et la vente de billets à travers la Russie.
Le club change de nouveau de nom dès 1923 à la demande des autorités, qui souhaitent que les clubs s'identifient par une caractéristique géographique locale, pour devenir le Krasnaïa Presnia, en raison de sa localisation dans le quartier de Krasnopresnenski, à Presnenski. À partir de 1926, les autorités décident cette fois que chaque club doit obligatoirement représenter une industrie locale et adopter une appellation en rapport avec celle-ci. Sous l'influence de Starostin, l'équipe est ainsi reprise par Nikolaï Pachintsev, président du comité central du syndicat des travailleurs alimentaires, et renommée Pichtchevik (en , « Travailleur alimentaire »), tandis qu'elle intègre le stade Tomski d'une capacité de . En 1931, le syndicat des travailleurs agricoles est dissout, tandis que le club passe entre les mains du syndicat de l'industrie coopérative, qui le renomme alors Promkooperatsia (en , « Industrie coopérative »).
1935-1940 : Fondation de la société Spartak et débuts en championnat
Bénéficiant de son statut de capitaine de la sélection soviétique au début des années 1930, parvient à se rapprocher d'Aleksandr Kossarev, président du comité central du Komsomol, l'organisation de la jeunesse soviétique, qui cherche alors à accroître son influence dans le domaine sportif. Il engage Starostin et ses frères au mois de afin de planifier le développement futur de l'équipe, le Komsomol fournissant le soutien politique et la Promkooperatsia le soutien financier. Après plusieurs réunions avec des collaborateurs, ils décident de renommer une nouvelle fois le club, qui adopte cette fois l'appellation « Spartak » (en ), en référence à Spartacus, leader d'une révolte d'esclaves à l'époque de la République romaine et dont l'image est alors très populaire au sein des mouvements communistes, son nom étant notamment repris dans le cadre des Spartakiades.
Cette nouvelle appellation, ainsi que le logo dessiné par Starostin lui-même, est adoptée officiellement le avec la création de la société sportive Spartak. Du fait de son identification nette avec un héros révolutionnaire, contrairement à la plupart des autres grandes sociétés sportives de l'époque telles que le Dinamo Moscou ou le CDKA Moscou soutenus respectivement par le NKVD et l'Armée rouge, ainsi que sa proximité avec les milieux syndicaux, le Spartak devient rapidement soutenu au sein des classes populaires et, sans devenir une équipe « dissidente », est souvent vu comme un moyen d'afficher son opposition au contrôle de la police politique représentée par le Dinamo.
Faisant partie des fondateurs de la nouvelle première division soviétique au printemps 1936, le club termine troisième de la saison printanière remportée par le Dinamo Moscou avant de remporter la saison automnale devant cette même équipe. Les saisons d'avant-guerre sont de manière générale marquées par une forte rivalité entre les deux équipes, avec trois titres de champion chacun, tandis que le Spartak remporte deux coupes nationales contre une pour le Dinamo entre 1936 et 1940. Hors des terrains, cette rivalité prend une nouvelle dimension sous l'influence de Lavrenti Beria, directeur du NKVD à partir de 1938 et grand soutien des équipes associées à la société Dinamo, qui met en place plusieurs actions pour limiter le succès et la popularité du Spartak, allant de matchs rejoués à plusieurs tentatives d'arrestation des frères Starostin, qui finissent par aboutir en 1942 à une condamnation à dix années en camp de travail, tandis que le championnat est arrêté à partir de 1941 en raison de la Seconde Guerre mondiale.
1945-1976 : Une domination nationale inconstante et relégation en deuxième division L'après-guerre et l'emprisonnement puis l'exil des frères Starostin s'accompagne d'une période de creux en championnat, le Spartak ne parvenant à faire mieux que deux places de troisième en 1948 et 1949. Il maintient cependant un certain niveau de performance dans la Coupe, qu'il remporte trois fois en 1946, 1947 et 1950. Cette mauvaise passe s'achève lors de la saison 1952 où l'équipe portée notamment par Nikita Simonian, Anatoli Iline et Igor Netto, Aleksei Paramonov, Nikolaï Parchine ou encore Iouri Sedov parvient à remporter son quatrième titre de champion national. Cette victoire marque le début d'un nouvel âge d'or qui voit le Spartak remporter le championnat à trois autres reprises entre 1953 et 1958 ainsi qu'une coupe nationale en 1958, tandis que Nikolaï Starostin fait son retour à la présidence de la société sportive en 1955. Une grande partie de cette équipe fait par ailleurs partie de la sélection soviétique qui remporte les Jeux olympiques d'été en 1956 tandis que Netto est le capitaine de l'équipe championne d'Europe quatre ans plus tard en compagnie d'Anatoli Maslyonkin et Anatoly Krutikov.
Bien que remportant deux nouveaux titres en 1962 et 1969 ainsi que trois coupes en 1963, 1965 et 1971, le Spartak finit par rentrer dans le rangs au cours des années 1960 et 1970, n'atteignant le podium que de manière irrégulière. Cette période le voit tout de même découvrir les compétitions européennes, avec une première participation à la Coupe des coupes en 1966, dont il atteint les quarts de finale en 1973, ainsi qu'à la Coupe des clubs champions en 1970 et à la Coupe UEFA en 1974. Les résultats en championnats continuent pendant ce temps de décliner, débouchant à la relégation du club à l'issue de l'automne 1976 avec une quinzième place devant le Dinamo Minsk et à un point du maintien.
1977-1991 : Retour au premier plan sous Konstantin Beskov thumb|upright=0.5|Le passage de Konstantin Beskov au poste d'entraîneur entre 1977 et 1988 voit le club faire son retour au premier plan et remporter deux titres de champion. Engageant Konstantin Beskov au poste d'entraîneur en , celui-ci amène le Spartak à la victoire en championnat de deuxième division à l'issue de cette même année avant de remonter rapidement au classement pour finalement remporter le championnat de première division dès l'année 1979, sous l'impulsion de joueurs notables tels que Gueorgui Iartsev, Youri Gavrilov, Fiodor Tcherenkov ou encore Rinat Dasaev. Les années suivantes voient l'équipe redevenir un habitué du podium, qu'il occupe perpétuellement entre 1979 et 1987, bien que ne remportant à nouveau le championnat que lors de cette dernière année. L'année 1982 est par ailleurs marquée par le drame de Loujniki, où un mouvement de foule au cours du match entre le Spartak et l'HFC Haarlem au stade Loujniki débouche sur la mort de soixante-six personnes le .
Après une quatrième position en 1988, Beskov quitte finalement le club après presque douze années de service et est remplacé par Oleg Romantsev, qui amène l'équipe à la victoire dès l'année suivante, marquant le douzième et dernier titre de championnat du Spartak, à une unité du Dynamo Kiev et avec un titre d'avance sur le Dynamo Moscou. Vainqueur de la dernière édition de la Coupe d'Union soviétique en 1992, il décroche ainsi son dixième titre dans la compétition avec une unité d'avance sur le Dynamo Kiev, affichant également un record de quinze finales disputées, qu'il partage avec le Torpedo Moscou. Alors que le championnat soviétique connaît ses dernières heures en 1991, le Spartak effectue une campagne remarquée en Coupe des clubs champions, où il défait successivement le Sparta Prague, le SSC Naples et le Real Madrid avant de chuter finalement au stade des demi-finales face à l'équipe française de l'Olympique de Marseille le , ce qui constitue tout de même sa meilleure performance européenne en date.
1992-2001 : Domination du nouveau championnat russe sous Oleg Romantsev
À la suite de la chute de l'Union soviétique à la fin de l'année 1991 et l'organisation du nouveau championnat russe, la rivalité avec le Dynamo Kiev prend naturellement fin, ce dernier étant présent rattaché au championnat ukrainien. De plus, le Spartak de Romantsev voit se développer au cours des années 1990 une nouvelle génération dorée qui, emmenée dans un premier temps par Valeri Karpine, Dmitri Khlestov, Igor Lediakhov, Viktor Onopko et Andreï Piatnitski notamment, permettent au club de remporter la première édition du championnat en 1992, ne subissant cette année-là qu'une seule défaite. L'équipe voit par la suite passer plusieurs figures notables telles qu'Andreï Tikhonov, Egor Titov,Ilya Tsymbalar, Dmitri Alenitchev ou encore Aleksandr Filimonov qui lui permettent de maintenir une domination ferme sur le championnat, avec neuf titres remportés en dix saisons entre 1992 et 2001, le seul titre lui échappant étant celui de 1995 remporté par le Spartak-Alania Vladikavkaz. En parallèle, le club remporte la Coupe de Russie en 1994 puis 1998 et atteint également les demi-finales de la Coupe des coupes en 1993 puis de la Coupe UEFA en 1998.
2002-2014 : Reprise par Léonid Fedoun et période sans titre
La période de domination du Spartak s'achève finalement au début des années 2000, qui voit le club terminer troisième en 2002 puis dixième l'année suivante, cette dernière années voyant le départ définitif de l'entraîneur Oleg Romantsev présent de façon quasi-continue depuis 1989 au mois de , et ce malgré une troisième victoire en coupe nationale. Repris en 2004 par l'homme d'affaires Léonid Fedoun, le Spartak fait son retour sur le podium dès 2005 avec une deuxième position, un classement qu'il répète à quatre autres reprises en 2006, 2007, 2009 et 2012, sans réussir à reprendre le titre de champion.