L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul est une église catholique paroissiale située à Vémars, dans le Val-d'Oise, en France. Elle succède à un édifice médiéval, qui a été reconstruit selon le même plan après la guerre de Cent Ans, dans un style gothique flamboyant un peu rustique. Le chantier commence vraisemblablement à la fin du avec le chœur, et s'achève en 1545 avec la façade. À l'origine, le clocher devait se situer au-dessus de la quatrième travée du bas-côté sud. Il est remplacé par un nouveau clocher-tour devant la bas-côté nord au cours de la première moitié du . Les fenêtres latérales du chœur sont repercées au ou . Un porche et une sacristie sont également ajoutées, mais ont été démolis pendant la seconde moitié du . Dans sa forme actuelle, l'église se compose d'un vaisseau central de six travées accompagné de deux bas-côtés, et se terminant par un chevet plat. Elle a été restaurée en 1849 et 1882, puis récemment au début du , et se trouve dans un excellent état. Vémars fait aujourd'hui partie du secteur paroissial de Fosses. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul un dimanche sur deux à 9 h 30
Localisation
L'église est localisée en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, en pays de France, près de la limite avec la Seine-et-Marne et l'Oise, sur la commune de Vémars, au milieu du centre-ville. Elle est bâtie sur une place de forme triangulaire, qui correspond à l'ancien cimetière. À l'ouest, à la pointe du triangle, l'on trouve le principal carrefour du village, où aboutissent la rue du Vert-Buisson (RD 9) venant de Louvres, la rue Pierre-Curie (RD 17) venant de Survilliers, la rue Charles-de-Gaulle venant de Saint-Witz et la rue de l'Échelette (RD 9) en provenance de Moussy-le-Neuf (Seine-et-Marne). Ces deux dernières rues délimitent la place de l'Église, l'une au nord, l'autre au sud. Un parking se situe devant le chevet de l'église. Un second carrefour se trouve au sud du chevet de l'église : les rues François-Mauriac et la rue de la Croix-Boissée viennent s'y débrancher de la rue de l'Échelette pour se diriger respectivement vers Plailly (Oise) et l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. L'église est entièrement dégagée de constructions mitoyennes, et bien visible de tous les côtés.
Historique thumb|upright|left|Statue de saint Paul dans la niche au-dessus du portail.
La fondation de la paroisse remonte au selon l'abbé Vital Jean Gautier. L'acte le plus ancien qui la mentionne est une transaction faite par le curé du lieu en 1180. L'église est placée sous le vocable de saint Pierre. Saint Paul n'est pas mentionné comme second patron par les auteurs anciens. Sous l'Ancien Régime, Vémars relève du doyenné de Montmorency, de l'archidiaconé de Paris ou grand archidiaconé, et de l'archidiocèse de Paris. Le collateur de la cure est l'archevêque de Paris. Selon Agnès Somers et Marie-Madeleine Canet du service de l'Inventaire, l'église a été construite sur un édifice primitif médiéval, endommagé pendant la guerre de Cent Ans. Le remplage gothique flamboyant de la baie d'axe du chevet donne à penser que le chantier débute vers la fin du . Les voûtes et la façade sont toujours entièrement flamboyantes. L'abbé Lebeuf a observé un cartouche portant la date de 1545 sur la façade. Cette année pourrait correspondre à l'achèvement. Selon Charles Huet, le clocher est toutefois plus tardif, et ne devrait remonter qu'à la première moitié du . Les piliers renforcés de la quatrième grande arcade du sud donnent à penser que le clocher primitif se situait ici, comme à Moussy-le-Neuf, où il occupe le même emplacement, et où ses piliers adoptent la même forme. Charles Huet remarque que des piliers du même type étaient engagés dans le mur extérieur jusqu'au début du , et prétend que l'on puisse les dater de la fin du malgré les remaniements subis. C'est au ou au que les fenêtres latérales des bas-côtés du chœur sont repercées, et qu'un porche est plaqué devant le portail..... Il a été démoli au . thumb|upright|Bannière de procession.
Sous la Révolution française, l'ensemble des paroisses du département de Seine-et-Oise sont regroupées dans le nouveau diocèse de Versailles. Selon l'Inventaire, l'église connaît une longe période d'abandon pendant la première moitié du . Il reste à déterminer si le culte est provisoirement rétabli après la Terreur de 1793-1795 ou le Concordat de 1801. En tout cas, c'est le mauvais état de l'église qui conduit à sa fermeture. Elle est restaurée en 1849 par l'architecte Beyerlé, de Beaumont-sur-Oise, puis en 1882 par Mugnier. C'est de cette époque que datent la plupart du mobilier et des vitraux polychromes, et le décor en faux-appareil. — Une plaque commémorative en l'église Saint-Martin de Survilliers rappelle l'abbé Alfred Chaumier, curé de Survilliers, Saint-Witz et Vémars de 1932 jusqu'à sa mort en 1942, et conclut par ces mots : . Le village n'a donc déjà plus de curé à cette date. En 1966, la refonte des départements d'Île-de-France apporte l'érection du nouveau diocèse de Pontoise, et Vémars en fait désormais partie. Le diocèse de Versailles est à présent limité au seul département des Yvelines. En 1981, un incendie détruit la sacristie, et endommage le mur gouttereau sud. La sacristie est démolie par la suite. À partir de 1995, l'église connaît une restauration totale, qui se conclut par l'installation de quatre nouveaux lustres en cristal dans la nef en 2010.. Au début du , Fosses rejoint le regroupement paroissial, qui s'étend maintenant sur quatre communes. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul un dimanche sur deux à 9 h 30.
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
Régulièrement orientée, l'église répond à un plan très simple sans transept, qui s'inscrit dans un rectangle mesurant de longueur et de largeur hors-œuvre. L'église se compose d'un vaisseau central de six travées, accompagné de deux bas-côtés, l'ensemble se terminant par un chevet plat. Les trois premières travées du vaisseau central correspondent à la nef des fidèles, et les trois dernières travées tiennent lieu de chœur liturgique ou sanctuaire. Le clocher-tour s'élève devant la première travée du bas-côté nord. La sacristie se situait devant l'avant-dernière travée du bas-côté sud. Aujourd'hui, la base du clocher est utilisée comme sacristie. L'ensemble de l'église est voûtée d'ogives. Le portail occidental constitue l'unique accès, qui se fait de plain-pied. Les trois vaisseaux sont munis d'une toiture unique à deux rampants, avec des pignons en façade et à l'est. Le clocher est coiffé d'une flèche en charpente, qui est carré à la base, puis transit vers un plan octogonal. Le sommet cumule à de hauteur. La flèche est recouverte d'ardoise, tandis que le reste des toitures est en tuiles plates.
Intérieur Vaisseau central thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|Nef, vue vers l'ouest.
Le vaisseau central présente une élévation sur deux niveaux, à savoir l'étage des grandes arcades et un étage de murs hauts aveugles. Les grandes arcades représentent environ un tiers de la hauteur sous les voûtes, ce qui exclut a priori l'existence ancienne de fenêtres hautes, au moins depuis que les bas-côtés sont voûtés. L'éclairage par la lumière naturelle n'est donc assuré que par la rosace occidentale et la vaste baie du chevet, ainsi qu'indirectement par les bas-côtés. Le remplage de la rosace se compose de douze rayons en forme de soufflets trilobés, avec un lobe central très fermé et des lobes latéraux réduits à un quart-de-cercle. Les compartiments sont disposés autour d'un grand oculus central, dont le pourtour comporte quatre redents, comme pour esquisser un quadrilobe. La baie du chevet est à trois lancettes à têtes trilobées, qui sont surmontées de trois soufflets dissymétriques et de huit étroites mouchettes ou écoinçons, tous ajourés. Pour Charles Huet, les deux fenêtres portent les caractéristiques du début du . L'élancement du vaisseau est tout relatif, puisque la hauteur de sous le sommet des voûtes correspond à seulement une fois et demi la largeur entre les piliers, comme dans la plupart des églises flamboyantes rurales de la région. L'arc brisé règne sur toutes les arcades et les voûtes. Il n'y a pas de distinction architecturale entre nef des fidèles et sanctuaire, mais un décrochement existe au-dessus du troisième arc-doubleau, et celui-ci et le doubleau suivant sont plus larges que les autres. Le décrochement indique une interruption du chantier, tandis que le renforcement des doubleaux était destiné à contrebuter l'ancien clocher, au sud de la quatrième travée. Quoi qu'il en soit, le profil des ogives et celui des autres doubleaux est identique sur toute la longueur du vaisseau. Il est prismatique et aigu, et caractéristique de la période flamboyante.
Plusieurs clés de voûte ont été bûchées ou effacées à la Révolution. Seule la deuxième travée conserve un décor flamboyant de sept festons formés par des contrecourbes, et garnis de crochets végétaux. Dans les deux dernières travées, l'on trouve des écussons vierges, dont Charles Huet pense qu'elles subsistent du ou du , ce qui apparaît comme une conjecture sans fondement en raison de leur absence de style. Les nervures des voûtes se fondent, en général, directement dans les piliers. Une exception existe à l'est de la troisième travée, devant le décrochement, où les ogives pénètrent dans les murs, et où le pilier est muni d'un tailloir circulaire simplement mouluré, tout comme par ailleurs le pilier suivant. On peut supposer un rapport avec les doubleaux renforcés, qui retombent justement sur ces piliers. Les formerets font défaut dans l'ensemble de l'église. Depuis la retombée des voûtes, un renflement descend les murs jusqu'aux piliers cylindriques appareillés en tambour des grandes arcades, comme à Bessancourt, Jagny-sous-Bois, La Chapelle-en-Serval, Précy-sur-Oise, Survilliers, Le Thillay ou Vauréal. Les piliers au sud de la quatrième travée sont carrés, aux angles taillés en biseau, ce qui évoque pour Charles Huet la fin du . Les grandes arcades sont assez sommairement moulurées d'une gorge peu profonde de chaque côté, tandis que l'intrados est légèrement concave, sans adopter la forme d'un boudin. Charles Huet voit une différence de profil entre les grandes arcades de la nef et celles du chœur, ce qui ne paraît pas du tout évident. Par la simplicité de la modénature, la rareté des éléments sculptés, l'absence de formerets et ses proportions un peu trapues, l'église de Vémars se rapproche de ses voisines de La Chapelle-en-Serval, Moussy-le-Neuf, Survilliers, Le Thillay et Vineuil-Saint-Firmin. Elle est (Dominique Vermand.).
Bas-côtés thumb|upright|Bas-côté nord, , vue vers l'est.