Jean Callies, parfois orthographié Calliès, né le au Relecq-Kerhuon (Finistère) et mort le aux Issambres (Var), est un général d'armée français, grand-croix de la Légion d'honneur et médaillé militaire.

Il s'illustre brillamment lors de la Première Guerre mondiale au cours de laquelle, spécialisé dans l’organisation de coups de main, il est fait chevalier de la Légion d'honneur à 21 ans et cité neuf fois. Il combat ensuite à l'armée du Levant et au Maroc. Puis, durant la Seconde Guerre Mondiale, il commande en 1943-1944 l'infanterie divisionnaire (constituée de trois régiments de tirailleurs marocains) de la 2 division d'infanterie marocaine (2 DIM) du corps expéditionnaire français en Italie (CEF) du général Juin. Sa division, « le bélier du CEF », joue un rôle très important dans la rupture de la ligne Gustav en lors de la bataille de Monte Cassino.

Il donne son nom à la promotion 1989 de Saint-Cyr.

Biographie Famille Jean Callies, parfois orthographié Calliès, est issu d'une famille de tradition militaire. Sa famille paternelle est originaire d'Annecy en Haute-Savoie et sa famille maternelle de Bretagne. Il est le fils d'Alexis Callies, officier d'artillerie puis homme politique, né à Annecy en 1870, et de Louise Amiot, née à Brest en 1873.

Il se marie avec Hélène Caillot (1904-1991) en à Paris avec qui il a six enfants.

Formation Après avoir étudié au lycée Alphonse-Daudet de Nîmes, il intègre Saint-Cyr en 1914 dans la promotion de la Grande Revanche avec son cousin Jacques Callies.

Première Guerre mondiale Durant la Première Guerre mondiale, il est officier d'infanterie. D'abord au 40 RI, puis au 7 BCP dans le peloton des Saint-Cyriens, il est promu en décembre 1914 sous-lieutenant au 58 RI, et rejoint le front, en janvier 1915, au 341 régiment d'infanterie.

Le , il est promu lieutenant à titre temporaire puis, le , il est blessé par un éclat d’obus à la main droite au cours des combats au Mort-Homme. Il est cité à l’ordre de l'armée le pour sa conduite : JORF du 13 octobre 1916, p. 8989. En ligne..

Il est fait chevalier de la Légion d'honneur le , cité en ces termes JORF du 27 mars 1917, p. 2432. En ligne. et promu capitaine à titre temporaire en mai 1917. Il est de nouveau cité deux fois à l'ordre de l'armée en mai et .

En août 1918, il rejoint le 113 RI. Il devient vite réputé pour les coups de main violents, audacieux et efficaces qu'il organise. Le , il est cité à l’ordre de l'armée à la suite d'un nouveau coup de main effectué à la tête de sa compagnie d'assaut : .

Il ressort de la guerre chevalier de la Légion d'Honneur avec neuf citations et, après son retour sur les bancs de Saint-Cyr pour y achever sa formation théorique, il est nommé capitaine à titre définitif en mars 1919.

Véritable « capitaine Conan », fort de son expérience, il publiera par la suite « L'art de faire des prisonniers de guerre ».

Armée du Levant (1920-1921) Il rejoint le 19 régiment de tirailleurs algériens (19 RTA) à l'armée du Levant en et participe à la campagne de Cilicie. Il se distingue au siège d’Aïn-Tab. Au total il obtient 5 nouvelles citations.

Le , il est promu officier de la Légion d'honneur.

École supérieure de guerre (1922-1924) Il rejoint ensuite le 33 RTA, stationné en Allemagne, en puis est admis à l’École supérieure de guerre (ESG) en mai 1922, avec le capitaine Charles de Gaulle.

Pacification du Maroc (1924-1927 et 1933-1935) Il part au Maroc fin 1924 pour la campagne du Rif.

Il rentre en France en puis, après s'être marié à Paris en 1931, repart au Maroc en . En juin 1933, promu chef de bataillon, il est affecté au 7 RTM et se distingue dans la pacification de l'Atlas. Il est cité 4 fois au cours de la période.

Professeur à l'ESG (1935-1939) De retour en France, il devient en professeur stagiaire de tactique générale à École supérieure de guerre.

Le , il est promu commandeur de la Légion d'honneur.

Seconde Guerre mondiale Campagne de France (1939-1940) En septembre 1939, il est à l'état-major de la 20 DI et est promu lieutenant-colonel en mars 1940. Le mois suivant il est nommé chef du 3 bureau de l’état-major du groupe d’armées n°4.

Armée d'armistice Après l'armistice de , il rejoint la 7 région militaire, puis en août l'état-major de la 6 DI, et de nouveau le 7 RTM en octobre. En 1940, il rejoint ainsi de nouveau le Maroc, puis prend en janvier 1941 la tête du de Tirailleurs Marocains qu'il recrée. Il se distingue encore durant ses commandements successifs et permet au de Tirailleurs Marocains de jouir d'une grande réputation. Promu colonel en , il est affecté en septembre au 64 RAA pour un mois.

École militaire de Cherchell Fin 1942, il devient le premier commandant des centres d’instruction de Cherchell et de Médiouna.

Campagne d'Italie et de la Libération (1943-1945)

En août 1943, il est nommé en commandant par intérim de l'infanterie divisionnaire (4 RTM, 5e RTM, 8e RTM) de la division d'Infanterie Marocaine. Cette division du corps expéditionnaire français du général Juin est la première à débarquer en Italie en . Elle se distingue au cours des offensives de et sur le front des Apennins. Jean Callies est cité à l’ordre de l’armée le dans les termes suivants . Elle se révèle ensuite capitale pendant la bataille du Garigliano en , au cours de laquelle les trois régiments de tirailleurs marocains s'emparent du Mont-Majo et enfoncent la ligne Gustave.

Promu général de brigade en , il quitte la DIM en juillet.

En , il est nommé commandant militaire de la frontière des Pyrénées.

En , il prend brièvement la tête de la Division d'Infanterie en Allemagne.

Il est élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur le , cité en ces termes : Liste Officielle de citations, volume 2, ministère de la guerre, 1945, p. 1002. puis promu général de division le .

Après-guerre Le , il crée et commande l'École d'application de l'infanterie à Auvours.

En janvier 1948, il commande en Allemagne la zone nord des TOA (gouverneur militaire de la Sarre) et la 3 DI et devient même provisoirement CSTOA en mars.

En avril 1950, il dirige ensuite la 10 région militaire d'Alger, et devient général de corps d’armée en décembre.

De 1951 à 1955, il est également membre du conseil supérieur de la guerre.

Le , il est élevé à la dignité de grand croix de la Légion d'honneur.

En , il est élevé aux rang et appellation de général d'armée et finit sa carrière comme inspecteur des Forces terrestres, maritimes et aériennes d'Afrique du Nord, en remplacement du général Augustin Guillaume en .

Entre 1955 et 1957 il est membre du Conseil supérieur des forces armées.

Il quitte l'armée en 1957 en recevant la médaille militaire des mains du maréchal Juin.

En janvier 1961, il déclare être contre l'indépendance de l'Algérie et est rappelé à l'ordre par le ministre Pierre Messmer.

Grades Grades et dates de promotion :

1914 : Aspirant Décembre 1914 : sous-lieutenant Juin 1916 : lieutenant à titre temporaire Décembre 1916 : lieutenant à titre définitif Mai 1917 : capitaine à titre temporaire Mars 1919 : capitaine à titre définitif Juin 1933 : commandant Mars 1940 : lieutenant-colonel Juin 1942 : colonel Juin 1944 : général de brigade Décembre 1945 : général de division Décembre 1950 : général de corps d'armée Septembre 1954 : général d'armée

Distinctions et hommages Distinctions françaises 50px Médaille Militaire comme « Commandant en chef » (1957)Nota : la médaille militaire se porte en avant la LH pour les officiers généraux ayant commandé au front, attention selon La Grande Chancellerie aucun texte officiel n'existe et il s'agit d'une simple habitude. 50px Grand Croix de la Légion d’Honneur () Grand officier (1945) Commandeur (1935) Officier (1920) Chevalier (1917) 50px Croix de guerre 1914-1918 (9 citations) 50px Croix de guerre 1939-1945 (3 citations) 50px Croix de Guerre T.O.E. (9 citations)

Distinctions étrangères 50px Grand Officier du Nichan Iftikar 50px Grand Officier du Ouissam Alaouite 50px Chevalier de l'Étoile de Roumanie Médaille de guerre de la République du Brésil

Autres hommages Il donne son nom à la 173 promotion de Saint-Cyr (1989) : "Promotion Général Jean Callies" Une avenue de la ville de Fréjus porte son nom : "Avenue du Général d'armée Jean Callies" (route nationale DN7)

Citations Il est titulaire d'un total de 21 citations, dont 16 à l'ordre de l'Armée.

Publications

Références

Sources biographiques . .

(prix Sobrier-Arnould 1937) Dossier au Service Historique de la Défense : cote 14 YD 1318.

Voir aussi Liens externes

Biographie de Jean Callies Coup de main par le Capitaine Callies le Lettre du Général Callies à propos de la Médaille Militaire Site de la Promotion 1989 Général Callies de Saint-Cyr

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