Pierre Maillart (né en 1550 et mort en 1622) était un religieux et musicologue belge.
Ce chantre ainsi que chanoine de la cathédrale de Tournai établit scientifiquement, après avoir analysé un grand nombre de manuscrits anciens, l'origine indépendante de huit modes grégoriens, parfois attribuée au système de douze tons de la musique de la Grèce antique.
Biographie Pierre Maillart naquit à Valenciennes en 1550. Sa ville natale était précisée de la page de titre de son livre publié en 1610. On ignore son enfance.
À cette époque-là, sa région restait fidèle au catholicisme, en dépit du mouvement protestant. Le , Marguerite de Parme demanda à Roland de Lassus de suspendre sa mission de recrutement des musiciens dans cette région, en donnant priorité à la Capilla flamenca (chapelle flamande) de Philippe II d'Espagne à Madrid. Chargé par ce dernier, Michel de Bocq. recruta donc en 1561 plusieurs musiciens ainsi que huit sopranistes dont Georges de la Hèle, Pierre MaillartSelon une étude récente : Pilippe Vendrix, La tentation munichoise. Sur l'émigration des musiciens flamands et liégeois durant la seconde moitié du , initiellement en allemand 2004 https://hal.archives-ouvertes.fr/halshs-00982440/document p. 4.
De sorte qu'en 1563, Pierre Maillart était certainement en service à Madrid, en tant qu'enfant de chapelle. .
À Madrid, il approfondit sa connaissance de la musique, sous Jean de Bonmarché, maître de chapelle de la Capilla flamenca. Ce musicien aussi était originaire des Pays-Bas des Habsbourg.
Après avoir quitté Madrid en 1570 vraisemblablement avec son maître Jean de Bonmarché, ou à la suite du décès de celui-cihttp://oxfordindex.oup.com/view/10.1093/gmo/9781561592630.article.17475, Pierre Maillart commença, en tant qu'étudiant, ses études auprès de l'université de Louvain en 1572. Il est toutefois difficile à reconnaître son sujet et son enseignant.
Puis en 1574, il se déplaça à Anvers, si l'on ignore sa fonction. Il est possible que le jeune Pierre y préparât son futur livre théoriquehttps://books.google.fr/books?id=njPVBAAAQBAJ&pg=PT623 note n° 17En 1829, R. G. Kieswetter présenta une hypothèse : « Je crois que cette édition est la seconde de livre. » https://books.google.fr/books?id=t3BRv6AAzOsC&pg=RA1-PA49 ; il est vrai que la troisième partie avait été ajoutée, selon le titre du livre..
Au regard de sa dernière formation musicale, il devint à nouveau élève, ou probablement auxiliaire, de Georges de la Hèle, avant que ce dernier ne parte vers Madrid en 1581, afin de servir auprès de la chapelle royale encore de Philippe II d'Espagne. Il semble que le disciple de la Hèle ait accompagné son maître, pour une durée limitée.., étant donné que tous les deux y étaient enfants de la chapelle.
Selon le site de la cathédrale Notre-Dame de Tournai, il succéda en 1581 à la Hèle comme maître de chapelle et restait cette fonction jusqu'en 1588http://www.maitrise.be/MaitresDeChapelle.html. Il est probable que Maillart arriva donc avant 1581 à Tournai où Georges de la Hèle demeurait.
Quoi qu'il en soit, en 1589, il fut nommé chanoine de sa cathédralehttp://www.hainautterremusicale.com/hommes/maillart-maillard-pierre-f696.html à la base de http://oxfordindex.oup.com/view/10.1093/gmo/9781561592630.article.17475.
En 1606, le chanoine et chantre de Tournai depuis le , Anselme Barbet, alla de vie à trépas.. C'était Pierre Maillart qui lui succéda le en qualité de chantre.
Puis, le , il obtint un privilège royal en faveur de publier un livre théorique. Lors de sa publication effectuée l'année suivante, Maillart conservait sa fonction en tant que chantre et chanoine de Tournai, selon la page de titre.
Le chanoine Pierre Maillart décéda le à Tournai. On peut observer dans la chapelle Saint-Paul, qu'il avait fait réparer, de la cathédrale. :
Encore peut-on lire sur un monument en albâtre dans la même chapelle :
Œuvre Si l'on ne connaît qu'une seule publication de Maillart, l'œuvre demeure importante depuis sa parution. D'après le titre, on peut imaginer l'existence d'une première édition composée des deux parties. Les tons, ou discours, sur les modes de Musique, et les tons de l'Église, et la distinction entre iceux, de Pierre Maillart, valencenois, chantre et chanoine de l'église Cathédrale de Tournay : divisés en deux parties : ausquelles a esté adjouité la troisiesme, par ledict Autheur, en laquelle se traicte des premiers éléments & fondements de la Musique, Charles Martin, Tournai 1610 http://www.harmoniasacra.com/page-1045.html pages de titre ainsi que 190 - 191 (numérisées), selon l'exemplaire auprès de la bibliothèque municipale de Valenciennes
Il est évident que Pierre Maillart sortit ce livre, afin de défendre le chant liturgique de l'Église, d'après son titre.
En effet, étant donné que la Renaissance était un grand mouvement retournant à la culture ancienne gréco-romaine, le chant grégorien était un matériel archaïque et démodé en raison de ses huit modes, en comparaison de douze tons grecs à la base de demi-tons. Quelques compositeurs tels Roland de Lassus, surtout Carlo Gesualdo, commencèrent leur composition selon le genre chromatique. Symbolisé en tant qu'exemplaire de la dégénérescence médiévale, le chant grégorien était considérablement critiqué à cette époque-là.
D'ailleurs, depuis longtemps, de nombreux moines tels Gui d'Arezzo († 1050), Bernard de Clairvaux († 1153) n'hésitaient pas à expliquer le chant grégorien en citant la théorie de la musique grecqueTradition du chant grégorien auprès des monastères § Vérité des réformes cisterciennes, dans la boîte déroulante. Donc, il existait toujours une confusion entre ces deux systèmes.
Après avoir consulté un grand nombre de notations, Pierre Maillart trouva au contraire la différence entre les modes et les tons. Selon lui, les modes qui comptent douze se caractérisent de leur finale (finalis), de leur octave modale (diapason) ainsi que de leur division inégale (quinte et quarte ou quarte et quinte). Les huit tons, quant à eux, sont certes sous-ensemble des modes. Toutefois, ceux-ci sont fortement liés à la pratique de psalmodie (les tons psalmodiques). Avec de nombreux exemplaires de notation, il expliquait cette psalmodie en trois parties, à savoir l'intonation, la médiation et la fin ou doxologie. Aussi le ton psalmodique ne présentant pas de finale claire est-il défini par sa dominante. Les intonation et fin fonctionnent en tant que connextion avec l'antienne (modale) qui précède ainsi que qui suit la psalmodie. Donc, c'est principalement l'antienne qui dirige les intonation et fin.
En approchant davantage vers la composition du chant grégorien (selon le texte), Maillart établit, avec cette œuvre « d'une grande clarté » l'indépendance de huit tons du chant liturgique de l'Église de la musique de la Grèce antique.
Postérité À la suite de cette publication, l'analyse de Maillart était parfois adopté par des musicologues suivants tel Guillaume-Gabriel Nivers († 1714)https://books.google.fr/books?id=4nlSus0xpqMC&pg=PA400 note n° 25 (liste des auteurs et des livres). Ce dernier expliquait les tons et modes avec les termes de Maillart, dans son Traité de composition de musque (sic) publié en 1667. Toutefois, il n'abandonna pas l'origine du chant issue de douze tons , faussement attribuée. Au , Jean Denis aussi avait écrit son livre intitulé Traité de l'accord de l'espinette (1650) sous influence de Maillart.
Il est probable que l'œuvre de Maillart aidait le rétablissement du chant grégorien au , par exemple dans la publication de Théodore Nisard.
Dans son livre publié en 1930 et consacré à ce domaine, un musicologue Antoine Auda appréciait vivement l'œuvre de Maillart, comme déjà mentionné. Une précieuse réimpression fut effectuée en 1972 chez Minkoff, en faveur des études.
Cette observation importante de Maillart fut, à nouveau scientifiquement, confirmée dans la deuxième moitié du . De fait, Dom Jean Claire de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes découvrit la forme originaire du chant grégorien, ou trois cordes-mères, selon les études approfondies de la sémiologie grégoriennehttps://books.google.fr/books?id=5lficK7QZccC&pg=PA76.. Il est vrai que la composition du chant grégorien était une immense évolution de la liturgie médiévale d'après la Renaissance carolingienne, des trois cordes-mères aux huit modes.
Publication 1610 : Charles Martin, Tournai 1972 : (réimpression) Minkoff Reprints, Genève, 380 p...
Voir aussi Chant grégorien
Liens externes
Texte intégral Il ne s'agit pas de fac-similé mais un texte intégral réalisé par l'université de l'Indiana à Bloomington, selon la réimpression de Minkoff en 1972 : p. 1 - 177 p. 178 - 326 : SECONDE PARTIE, EN LAQVELLE SE TRAICTE des hvict tons des pseavmes p. 327 - 380 : TROISIESME PARTIE Notice Pierre Maillart, dans le portail du patrimoine musical en Hainaut :
Références bibliographiques Denise Launay, La musique religieuse en France du Concile de Trente à 1804, Société française de musicologie et Éditions Klincksieck, Paris 1993 et 343 p.
Claude Abromont et Eugène de Montalembert, Guide de la théorie de la musique, Fayard, Paris 2001 380 p.
Notes et références
Catégorie:Musicologue belge Catégorie:Religieux belge (avant 1830) Catégorie:Grégorianiste Catégorie:Naissance en 1550 Catégorie:Naissance à Valenciennes Catégorie:Décès en août 1622 Catégorie:Décès à Tournai Catégorie:Chanoine du XVIe siècle