Le de grenadiers () était une unité d'infanterie de la force terrestre des forces armées belges.
Il fusionne en 1992 avec le de carabiniers pour former le régiment de carabiniers Prince Baudouin - Grenadiers.
Historique Origines Un arrêté royal du crée un régiment de grenadiers et voltigeurs réunis à partir de la compagnie d'élite des des douze régiments de ligne. Le régiment compte alors deux bataillons de grenadiers et deux bataillons de voltigeurs. Chaque bataillon est divisé en six compagnies d'au moins cent hommes, officiers inclus. Ces compagnies sont seulement détachées de leur unité d'origine, ce qui n'est pas sans poser problème alors d'administration et de logistique. Pour remédier à cela, un arrêté royal publié le qui rompt définitivement les liens avec les anciennes unités de ligne. Il devint ainsi un régiment à part entière dénommé régiment d'élite. Le , les compagnies de voltigeurs sont transférées au régiment de chasseurs-carabiniers et le régiment d'élite est alors renommé en régiment de grenadiers. Le , les compagnies de grenadiers subsistantes dans les régiments de ligne sont définitivement supprimées et le régiment prend alors le nom de régiment des grenadiers. De 1864 à 1867, un bataillon du régiment participe à la campagne du Mexique. Jusqu'en 1912, il est le seul régiment qui monte la garde au palais royal. En 1913, à la suite de la réorganisation de l'armée, le régiment devient le de grenadiers.
Première Guerre mondiale Le , le régiment est dédoublé pour former le de grenadiers. Ils forment ensemble la mixte et appartiennent à la . Il participe avec son régiment frère aux sorties d'Anvers durant le siège de la ville entre août et et combattent notamment à Hofstade, Elewijt, Molen, Werchter, Opdorp et Saint-Amand. Il joue un rôle actif dans la bataille de l'Yser et se distingue, et plus spécifiquement le , à l'occasion d'une contre-attaque dans la boucle que fait l'Yser à Tervaete qui repousse les Allemands derrière le fleuve. Du 21 au , il se bat également à Schoorbakke, au Stuyvekenskerke, au Groot-Beverdijck et à Pervyse.
Vu les pertes subies durant le siège d'Anvers et la bataille de l'Yser, les 2 régiments de grenadiers sont fusionnés le . Il faudra attendre le pour que le régiment soit de nouveau dédoublé. Par la suite et jusqu'en , il tient le front à Dixmude. Adjoint d'un quatrième bataillon, il remplace les Français à Steenstraete de mars à et a à subir le la première attaque allemande avec des gaz asphyxiants. Il résiste aux attaques allemandes puis est relevé le par le de ligne. De juillet à fin , il retourne dans le secteur de Dixmude. En 1916, il est positionné entre Dixmude et Drie-Grachten. En 1917, il occupe le secteur de Boesinghe et Nieucapelle. En 1918, il remplace les Français à Nieuport et ensuite relève les Anglais à Ypres. Le , il part d'Ypres pour participer à l'offensive des 100 jours. Il y conquiert notamment la crête de Passchendaele et traverse l'Escaut lorsque l'Armistice est signée le .
Les pertes du régiment pour toute la durée de la guerre s'élèvent à 53 officiers, 122 sous-officiers et et caporaux.
Entre-deux-guerres Après une courte période d'occupation en Allemagne, il regagne sa garnison en . Il participe à l'occupation de la Ruhr de juin à . Le régiment devient unilingue néerlandophone en 1939.
Seconde Guerre mondiale Il effectue la campagne de mai 1940 intégré à la d'infanterie. Comme régiment d'active, il est mobilisé le à la caserne Prince Albert à Bruxelles. Il est d'abord envoyé sur la ligne Halle-Ninove pour, comme le prévoit la politique belge de neutralité, protéger la capitale d'une invasion française. Après 3 mois entre Gooik et Pepingen, le régiment est envoyé en sur le canal Albert. En , il profite d'un mois de repos à Blankenberge avant de retourner sur le canal Albert le dans le secteur de Tessenderlo.
Le , vers 04h00, l'alerte est donnée et les hommes rejoignent leurs postes de combat. Vers 06h00, les positions du régiment sont survolées par des avions ennemis qui se dirigent vers l'aérodrome de Schaffen. La journée est mise à profit pour renforcer les positions défensives, des patrouilles sont envoyées au nord du canal. Vers 17h00, il subit durant une demi-heure sa première attaque aérienne.
Le , les ponts que le régiment contrôle sont détruits à l'explosif juste avant midi. L'aviation allemande attaque de nouveau. Dans l'après-midi, le Grand-Quartier-Général décide de la retraite sur la ligne KW. Les premiers éclaireurs allemands atteignent le canal Albert et subissent quelques tirs des grenadiers. Le soir venu, le régiment se replie en direction du sud vers Deurne et Engesbergen. De nombreux véhicules et du matériels sont abandonnés durant la retraite.
Le , le régiment poursuit son repli, marchant sous un soleil de plomb, vers Lier en passant au matin par Averbode, puis Aerschot.
Le , le régiment arrive enfin au Blauwenhoek au sud de Lier après de marche en 2 jours après être passé par Booischot, Heist-op-den-Berg et Wavre-Sainte-Catherine. Le est positionné sur le flanc gauche sur la ligne de front autour de la redoute de Tallaart. Le quant à lui est placé sur le flanc droit dans les environs du fort de Koningshooikt. Le est en entre Blauwenhoek et Duffel. La prise de positions est ralentie notamment par le fait que certaines clefs des bunkers de la ligne KW sont introuvables et qu'une partie de l'équipement et notamment les pelles ont été abandonnées durant le repli.
Le vers 03h00 tombe l'ordre de verrouiller la barrière antichar formée par les éléments-C. Vers 05h00, les premières patrouilles allemandes apparaissent de l'autre côté de la barrière et font feu. Les grenadiers ripostent avec leurs canons anti-chars C47. Des patrouilles sont également envoyées de l'autre côté de la barrière pour jauger des forces ennemies. Les artilleries belges et allemandes s'échangent sporadiquement des tirs.
Le vers 10h00, les tirs d'artillerie reprennent. Les forts autour d'Anvers tirent en direction de Koningshooikt et Tallaart. Après la tombée de la nuit, la deuxième ligne commet une bavure en tirant par erreur sur un convoi de ravitaillement du de ligne voisin, faisant un mort et plusieurs blessés.
Le , de nouvelles patrouilles de nuit sont envoyées par le régiment qui constatent que les forces allemandes se concentrent devant la ligne KW. Les duels d'artillerie reprennent alors. En fin d'après-midi, le régiment reçoit l'ordre de se replier sur le canal Gand-Terneuzen durant la nuit. À partir de 20h00, les unités abandonnent leurs postes.
Dans la nuit du 16 au , le régiment traverse la Dyle au nord de Malines et se dirige vers Breendonk pour y traverser le canal de Willebroek. Le village de Breendonk est effectivement atteint vers 07h00. Le régiment traverse le canal et s'arrête sur la rive occidentale. Par petits groupes, l'envahisseur atteint déjà la rive orientale du canal et tire sporadiquement sur le régiment faisant notamment comme victime le commandant du . Après 21h00, la marche reprend en direction de Termonde puis Zele.
Le , le régiment est en attente à Zele. À partir de 14h00, il est emmené par autobus vers le canal Gand-Terneuzen. Les soldats s'installent à partir de 17h00 dans leurs nouveaux cantonnement à Triest près de Zelzate.
Le , la ligne de défense belge prend sa forme définitive sur le canal Gand-Terneuzen. Le nord, le secteur autour de Terneuzen, est défendu par la de cavalerie. Au centre, se trouve le d'armée comprenant les 6 et d'infanterie. La partie sud du canal est attribuée au d'armée (11 et d'infanterie).
Les grenadiers sont envoyés vers 20h00 sur les rives du canal pour défendre le Sas de Gand. Le sur le flanc gauche au nord et le au sud de la ville sur le flanc droit. Le reste en seconde ligne.
Le , le régiment attend l'ennemi sur le canal Gand-Terneuzen. Durant la soirée, le génie fait sauter le pont de Zelzate. Au cours de la nuit, les positions sont bombardées par un feu d'artillerie, l'ennemi approche de la rive orientale du canal.
Le , l'ennemi a atteint le canal Gand-Terneuzen et entreprend quelques actions visant à traverser le canal mais il est repoussé notamment au Sas de Gand par les grenadiers.
Durant la nuit du 21 au , le grand-quartier-général décide d'abandonner la ligne Terneuzen-Gand-Audernarde et d'atteindre dans les 2 jours de nouvelles positions sur le canal Léopold, le canal de dérivation de la Lys et la Lys elle-même. La d'infanterie sera envoyée sur le canal de dérivation. Le de ligne sera transféré en réserve de la division.
Le régiment reste la journée au poste sur le canal Gand-Terneuzen et défend encore le sous-secteur du Sas de Gand.
Plus tard dans la mi-journée, les Allemands se présentent de plus en plus nombreux sur les berges du canal. Il devient clair qu'une nouvelle attaque ne tardera pas. Un duel d'artillerie s'engage entre les 2 armées. L'infanterie belge fait un usage intensif de ses canons C47 et des lance-grenades DBT. Les mortiers de la tirent quant à eux en direction du sud de Westdorpe.
Les grenadiers sont durant la soirée relevés par le de carabiniers-cyclistes et se déplacent vers le canal de dérivation de la Lys. La marche part du Sas de Gand vers Balgerhoeke en passant successivement par Assenede, Bassevelde, Kaprijke et Eeklo. Elle durera toute la nuit et une partie du lendemain matin.
Le , les premiers grenadiers arrivent vers 07h00 dans le sous-secteur de Balgerhoeke. Cette zone de défense compte pas moins de 3 ponts importants sur le canal de dérivation de la Lys : le pont routier de la chaussée Gand-Bruges, le pont de chemin de fer de la ligne Gand-Maldegem et le pont sur l'écluse. Deux routes aboutissent directement au canal, la nouvelle autoroute Gand-Bruges et l'ancienne chaussée Eeklo-Bruges.
Les troupes sont déployées de cette façon :
Le occupe la première ligne au nord, près des ponts de l'écluse et de chemin de fer, l'accès est du pont de l'écluse est gardé par 2 pelotons de fusiliers appuyés d'un canon anti-char C47. Le prend place au sud en première ligne également autour du pont sur la RN9. Un peloton de fusiliers et un canon anti-char couvrent l'accès est au pont. Le est en seconde ligne. Un peloton d'éclaireur reste sur la rive est du canal dans les bois de Galgenakker à l'ouest d'Eeklo.
Les derniers trainards du régiment traversent Eeklo vers midi et atteignent leurs positions vers 15h00.
Les ponts surplombant le canal sont minés, sauf le pont au-dessus de l'écluse à Balgerhoeke pour éviter d'endommager cette dernière, ce qui risquerait de faire baisser le niveau de l'eau. Les grenadiers s'attendent donc à ce que l'ennemi n'y concentre son attaque pour pouvoir traverser le canal et renforcent autant que possible la ligne de front. Le génie place 2 mines d'arrêt sur la route d'accès au pont. Le régiment reçoit dans la journée le renfort d'une compagnie de C47 de la d'infanterie. Jusque tard dans la soirée, les colonnes des unités du corps de cavalerie et du d'artillerie se replient du canal Gand-Terneuzen en passant par le pont.
Durant la nuit du 23 au , les derniers soldats belges quittent le canal Gand-Terneuzen. Les Allemands atteignent rapidement le canal et poursuivent les Belges jusqu'à leur prochaine ligne de défense, le canal de dérivation de la Lys. Durant cette nuit également, le de ligne est envoyé sur la Lys en renfort.
La ville d'Eeklo est capturée vers midi et les ponts à Balgerhoeke sont détruits. Une patrouille envoyée sur la rive orientale est faite prisonnière.
Le matin du est relativement calme. L'état-major décide que le régiment doit rapidement aller soutenir le de ligne dans la région de Roulers. L'ennemi est proche de Courtrai et menace de traverser la Lys. De la d'infanterie, il ne reste plus que le de carabiniers sur le canal de dérivation. Aussi bien le de ligne que le sont remplacés à Balgerhoeke par le de chasseurs à pied et le peu de troupe restante de la à division d'infanterie.