Le Parti communiste du Pérou – Sentier lumineux (, abrégé en PCP-SL), est un parti communiste péruvien fondé dans les années 1970 par Abimael Guzmán, alors professeur de philosophie à l'université d'Ayacucho. Celui-ci prit en 1980 la tête de l'insurrection armée issue d'une dissidence du Parti communiste péruvien, sous le nom de « camarade Gonzalo ».

Le Sentier lumineux a participé au conflit armé des années 1980 et 1990 au Pérou, qui a fait https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/2053168018820375. L'organisation est placée sur la liste officielle des organisations terroristes du Canada, des États-Unis, de l'Union européenne et du Japon http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2009:023:0025:0029:FR:PDF..

Nom vignette|gauche|Logo du Sentier lumineux.

Cette organisation, comme divers autres partis communistes péruviens, s'attribue le titre de Parti communiste du Pérou. On différencie généralement ces différentes organisations par le nom de leurs publications. Le journal publié par le Front révolutionnaire d'étudiants de l'Université d'Ayacucho avait pour slogan « Par le sentier lumineux de José Carlos Mariátegui », le fondateur du Parti communiste péruvien en 1928, en référence à la citation qui lui est attribuée : ()https://www.countryreports.org/es/articles/sendero-luminoso.

Les militants de cette organisation sont généralement appelés les « senderistas ». Cependant, tous les documents et journaux produits par ce mouvement sont signés par « Parti communiste du Pérou (PCP) ». Les historiens s'y réfèrent par l'abréviation PCP-SL.

Origines Le groupe communiste Sentier Lumineux a été fondé dans les années 1970 par Abimael Guzmán, alors professeur de philosophie, et surnommé « Presidente Gonzalo » par ses partisans. Cette organisation est une scission du , scission pro-chinoise du Parti communiste péruvien fondée en 1964 à la suite de la rupture sino-soviétique.

Le Sentier Lumineux est donc issu, après deux scissions successives, du Parti communiste péruvien fondé en 1930 à partir du Parti socialiste péruvien de José Carlos Mariátegui. Malgré ces scissions, comme d'autres tendances, le PCP-SL se considère comme le véritable Parti communiste péruvien et utilise le sigle PCP dans ses publications et slogans.

Le Sentier Lumineux s'est développé en premier lieu au sein de l'Université nationale de San Cristóbal de Huamanga dans la ville d'Ayacucho, où Guzmán enseignait la philosophie. L'université venait de rouvrir après avoir été fermée pendant près de cinquante ans, et plusieurs parmi les nouveaux étudiants adoptèrent l'idéologie radicale du Sentier Lumineux. Une fois leur formation achevée, certains d'entre eux deviennent enseignants dans les écoles, collèges et lycées locaux, répandant leurs idéaux parmi leurs élèves.

Entre 1973 et 1975, le Sentier Lumineux parvient à prendre le contrôle des conseils étudiants des universités du Centre à Huancayo et de La Cantuta et s'implante significativement au sein de l'Université Nationale d'Ingéniérie et de l'Université Nationale de San Marcos, toutes deux situées à Lima.

Quelque temps plus tard, l'organisation communiste perd plusieurs élections universitaires, notamment celles de l'Université Nationale de San Cristóbal de Huamanga. Guzmán décide alors d'abandonner les universités pour consolider le parti.

Ces étudiants, pour beaucoup d'origines paysannes, retournent ensuite dans leurs communautés et y organisent des comités locaux du parti. En effet, déjà au milieu des années 1970, le Sentier Lumineux cherche à instaurer des bases d'appui appelées « zones libérées » dans les régions les plus pauvres de la cordillère des Andes..

L'abandon par l'État de certaines régions rurales favorise l'implantation du parti. En , des manifestations pour la gratuité de l'enseignement sont sévèrement réprimées par l'armée : sont tuées selon le bilan officiel, mais des estimations non-gouvernementales évoquent plusieurs dizaines de morts. Cet événement entraîne une radicalisation des contestations politiques dans les campagnes et aboutit finalement au déclenchement de la lutte armée du Sentier lumineux. Au début de cette lutte armée, les nouvelles recrues du Sentier lumineux sont généralement des paysans peu politisés plutôt que des militants réellement politisés..

Au début de l'année 1980, le Sentier Lumineux effectue à Ayacucho une série de rencontres clandestines, connue sous le nom de « Seconde Rencontre Plénière du Comité Central ». Un « Directoire révolutionnaire », organe de nature politique et militaire, y est nommé. Il ordonne aussitôt aux milices de rejoindre leurs aires stratégiques dans les provinces pour amorcer la lutte armée. Le groupe forme également sa « Première École Militaire », dans laquelle les militants apprennent des rudiments de tactiques militaires et de l'usage des armes. Se met également en place la « critique et autocritique », une pratique léniniste dont l'objectif est d'éviter à l'organisation de répéter ses erreurs et de supprimer ses mauvaises habitudes de travail. Au sein de la Première École Militaire, les membres du Comité Central furent soumis à une intense critique, dont se servit Guzmán pour émerger comme le chef incontestable du Sentier Lumineux.

La guérilla Actes initiaux vignette|220px|Appel au boycott des élections :

Le mouvement a lancé sa « guerre populaire prolongée » par un acte symbolique le : la veille des élections générales, un commando brûla les urnes de Chuschi, village isolé du département d'Ayacucho. Cette action a été sans conséquence, puisque les urnes ont été remplacées et le vote s'est tenu normalement.

Cette même année, le Sentier lumineux se livre à des actes tels que des attaques de commissariats pour se procurer des armes, des attaques à la mine pour se procurer des explosifs tels que de la dynamite. Dans les zones urbaines, le SL encourage les émeutes et le pillage de magasins...

La première mise à mort à la suite d'un « procès populaire » commise par le PCP-SL est celle de Benigno Medina, propriétaire d'une hacienda près de Pujas, le : il fut amené dans l'église locale avant d'être exécuté devant le public.

Parfois, le SL se livre à des actes symboliques : ainsi, le , des corps de chiens sont pendus dans tout Lima, certains portant des slogans contre Deng Xiaoping.

Accroissement du pouvoir du Sentier lumineux La guerre prend de l'ampleur tout au long des années 1980, où le Sentier Lumineux contrôle de vastes régions rurales du Pérou, en particulier dans les Andes et le piémont amazonien, et commence à s'implanter dans les villes, en particulier dans certains bidonvilles de Lima. Le gouvernement échoue dans un premier temps à combattre l'influence du mouvement.

Les militants capturés et emprisonnés sont réputés pour leur organisation et leur discipline à l'intérieur des centres de détention. Des centaines de prisonniers sont tués dans différents massacres, en particulier sous la présidence d'Alan García..

Gouvernance des « zones libérées » Le Sentier lumineux instaure dans les régions désertées par l'État un nouveau pouvoir fondé sur des « Comités populaires », théoriquement élus, chargés de la distribution des terres, de la justice et de l'éducation. Ces comités instaurent des écoles populaires dans lesquelles les membres du Sentier lumineux endoctrinent les enfants dans la haine de l'État, des militaires et des ennemis de la révolution..

Filles et garçons sont ensuite entraînés militairement, généralement dès l'âge de , et la plupart du temps dans des camps sendéristes loin de leur famille. L'organisation se déclare par ailleurs féministe et de nombreuses femmes sont amenées à assumer des fonctions de commandement. Au PCP-SL, 50 % des combattants et 40 % des cadres étaient des femmesGénero y conflicto armado en el Perú, sous la direction d'Anouk Guiné et de Maritza Felices-Luna..

Les États-Unis, qui interviennent dans le conflit en faveur du gouvernement, prêtent au Sentier lumineux un financement par l'URSS, Cuba et les narcotrafiquants, bien que la guérilla considère officiellement Castro et l'URSS comme des révisionnistes..

La capture d'Abimael Guzmán et l'effondrement Le , à , Abimael Guzmán, le dirigeant principal du Sentier Lumineux, est capturé par le GEIN (Grupo Especial de Inteligencia) de la police, dans une maison du district de Surquillo à Lima, en compagnie de quatre femmes. L'une d'elles est Elena Iparraguirre, sa seconde épouse. Les autres sont Laura Zambrano Padilla, chargée de collecter les dollars extorqués aux narcotrafiquants, María Pantoja et Maritza Garrido Lecca. La capture a lieu après des mois de filatures, allant jusqu'à la fouille des poubelles de la ville, qui ont permis de définir avec certitude l'emplacement de Guzmán et sa condition de santé. À la suite de sa capture, plusieurs autres dirigeants de l'organisation sont arrêtés.

Le Sentier Lumineux se retrouve donc sans cellule dirigeante. L'organisation se divise rapidement en divers fronts régionaux sous les ordres de plusieurs commandants, dont beaucoup s'affrontaient entre eux, sans compter ceux ayant accepté l'offre d'amnistie.

Après la capture de Guzmán « Proseguir » (Poursuivre), ou le Sentier rouge (« Sendero rojo ») Le rôle principal de Guzmán a été assumé par Óscar Ramírez, alias Feliciano, qui a été capturé à Huancayo en 1999.

La tendance « Proseguir » (Poursuivre) du Sentier lumineux a refusé l'accord de paix proposé par Guzmán en 1993 depuis sa prison. Répartie dans une partie de la jungle péruvienne, notamment la vallée des fleuves Apurimac et Ene, dans le sud-est du pays, cette tendance s'est structurée en plusieurs fronts qui, bien établis et ayant eu le temps d'organiser le territoire à leur avantage (tunnels, cachettes, voies de repli), ont pu riposter énergiquement aux tentatives du pouvoir de reprendre le contrôle complet de cette zone.

Nature du conflit De fait, au cours des années 2000, si le conflit n'a jamais atteint l'intensité qu'il avait dans les années 1980–1990, le PCP-SL a infligé des coups sporadiques à l'armée péruvienne, le plus spectaculaire étant une embuscade contre une colonne de l'armée le , faisant dont et .. Entre 2008 et 2009, cinquante soldats et policiers ont perdu la vie dans des affrontements avec les rebelles, ce qui a été qualifié par l'ambassade américaine à Lima d' du Sentier. L'armée péruvienne craint une possible collaboration entre les guérilleros et les réseaux de narcotrafic dans les vallées des rivières Apurimac et Ene, principale zone de présence du Sentier Lumineux .... De plus, le Sentier lumineux ne se montre plus aussi brutal envers les populations paysannes, afin de gagner leur soutien, et s'engage de plus en plus dans le trafic de cocaïne pour se financer..

L'actuel leader du Sentier lumineux est le Camarade Artemio.. Celui-ci reconnaît dans une entrevue donnée en 2011 l'échec de la « guerre populaire » contre l'État et soutient que la guérilla « en pratique, de nos jours, cela n'est plus possible ». « Le PCP-SL garde ses objectifs politiques », a-t-il déclaré, mais « nous voulons sincèrement une solution politique ; nous voulons qu'elle aboutisse, à travers une table de négociations ». Le gouvernement a cependant rejeté l'idée de négocier avec les guérilleros..

La mort d'Alejandro Borda Casafranca et de Marco Antonio Quispe Palomino, respectivement de l'organisation terroriste, annoncée le à la suite de l'opération menée à Llochegua (province de Huanta) par l'armée et la police dans le VRAEM, témoigne du conflit toujours existant entre les guérilleros du Sentier Lumineux et les autorités péruviennes..

Années 2010