upright=0.8|thumb|Illustration de l'édition de 1880. Charlotte la républicaine est une chanson française créée et lancée à Paris par le goguettier Noël Mouret à l'occasion de la Révolution française de 1848.
Argument de la chanson Cette chanson trace avec poésie le portrait d'une héroïque jeune fille engagée en février 1848 pour la République « rouge ». Elle porte la poudre, fabrique des cocardes, est armée d'un poignard, pleure sur les tombes de révolutionnaires tués. Ses mœurs sont libres : au troisième couplet elle déclare avoir choisi l'union libre au lieu du mariage. Au quatrième couplet elle annonce qu'elle a une foule d'amants : elle est désintéressée, ce sont des amants de cœur.
Paroles
Musique de 1880
Histoire de la chanson Cette chanson, créée peu après la Révolution française de 1848 et les Journées de Juin 1848, par le goguettier Noël Mouret, est le plus grand succès de son auteur au cours de la deuxième République. Elle a connu le succès dès sa création et au moins jusqu'en 1900 en France. Elle est considérée, en 1883, dans la Revue du monde musical et dramatique comme une des chansons les plus populaires de France, mais le chansonnier Eugène Baillet lui trouve plus de réputation que de mérite.
L'air original est actuellement inconnu mais il était assez renommé puisqu'il sert de timbre à de nombreuses chansons comme Napoléon le maudit, Les bals de Paris ou Le Carnaval 1849 d'Auguste Loynel, Le tocsin de la montagne par William Faivre en 1857, Les Gros bonnets du Provisoire par Jules Choux en 1871, La chanson des omnibus Manceaux d'Auguste Livet, en 1886. Les compagnons du Tour de France reprennent son air pour leurs propres chansons. Outre-Atlantique, au Québec, le Chant des patriotes de 1837 fut chanté sur son air.
Sous le Second Empire, cette chanson fut interdite et pourchassée. Le , la Cour d'assises de la Vienne ordonna sa destruction, ce qui ne la fit pas disparaître pour autant. Des actions en justices furent en 1851 contre des hommes l'ayant chantées.
La chanson est rééditée en 1880, avec une partition, mais sans le septième couplet. Cette absence est peut-être le résultat d'une autocensure, en cette année d'amnistie des communards de 1871, selon Robert Brécy.
Analyse de la chanson Charlotte la républicaine est une chanson qui, comme la grande majorité des textes de l'époque, prend le parti des démocrates-socialistes. La jeune femme est ainsi fière d'être . Ce texte est l'un des rares du milieu du qui prenne fait et cause pour la condition féminine. Par exemple, si jamais elle se marie, Charlotte compte veiller à ce que son ne devienne son gardien. Elle est également saluée pour ses actions héroïques et ses convictions républicaines. Dans un article paru le , le journaliste et écrivain Gaston Deschamps, ironise sur l'avènement jamais survenu de Charlotte la républicaine, c'est-à-dire de femmes avec une conscience politique, car elles sont limitées par les .
L'auteur Noël Mouret termine sa chanson en rendant hommage aux nombreux combattants des Journées de Juin 1848 morts dans les affrontements.
Notes et références
Articles connexes Noël Mouret Goguette Révolution française de 1848
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