Bank of America (BOA ou BofA) est une banque américaine. En 2021 c'est la deuxième plus grande banque américaine en termes de dépôt après JPMorgan Chase avec 1 900 milliards de dollars d'encours. Le siège social du groupe est situé à Charlotte en Caroline du Nord depuis sa fusion-absorption avec NationsBank en 1998.
Cotée au New York Stock Exchange (), elle fait partie de l'indice Dow Jones du au . Elle est, d'après le Forbes Global 2000 de 2017, la septième entreprise mondialeThe World's Biggest Public Companies.
Histoire Amadeo Giannini est le fondateur de l'actuelle Bank of America. Après le séisme de 1906 à San Francisco, sa banque, la Bank of Italy, devient le chef de file de la communauté bancaire de San Francisco en fournissant des prêts aux personnes frappées par le sinistre.
BankAmerica a été fondée en 1929 en Californie par la fusion de Bank of Italy et Bank of America, banque située à Los Angeles, le siège du nouveau groupe se situant à San Francisco.
Giannini a également cherché à développer la banque au niveau national, surtout dans les États de l'ouest aussi bien que dans le secteur de l'assurance, sous l'égide de sa filiale, Transamerica. Avec le Bank Holding Company Act de 1956, il est interdit aux banques de posséder des filiales non-bancaires telles que des compagnies d'assurances. De ce fait BankAmerica et Transamerica se sont séparées. De plus, le régulateur fédéral interdit à BankAmerica d'exercer dans plusieurs États à la fois. Le groupe est donc obligé de regrouper ses activités bancaires hors de Californie dans une nouvelle structure, First Interstate Bancorp, acquise par Wells Fargo Corp. en 1996.
La Californie connaît le plus fort taux de croissance des États-Unis après la Seconde Guerre mondiale, avec l'utilisation la plus élevée des comptes chèque (beaucoup de soldats étant payés par l'intermédiaire des comptes bancaires pendant la guerre). Pour faire face au volume de transaction, la banque investit massivement dans les technologies de l'information et BankAmerica est généralement considérée, ainsi que General Electric Company et SRI, comme l'inventeur des opérations bancaires centralisées modernes, avec un certain nombre de technologies financières. Basées sur ces technologies, les cartes de crédit peuvent être directement liées à différents comptes bancaires. En raison de l'efficacité de ces technologies, la banque a eu des coûts administratifs sensiblement inférieurs aux autres banques, ce qui lui permet au début des années 1970, de devenir la plus grande banque du monde.
En 1959, elle invente la carte de crédit, la BankAmericard, qui changera son nom en VISA en 1975. Un consortium de banques californiennes lancera la Master Charge (maintenant Mastercard) afin de concurrencer la BankAmericard.
Expansion hors de Californie C'est grâce au Bank Holding Company Act de 1967, que BankAmerica Corp peut de nouveau se développer hors de Californie.
BankAmerica se développe hors de Californie en 1983 avec l'acquisition de Seafirst Corp basée à Seattle dans l'État de Washington et de sa filiale, Seattle-First National Bank. Seafirst était dans une position difficile à la suite d'une série de mauvais prêts dans l'industrie pétrolière. BankAmerica conserve le nom Seafirst jusqu'à la fusion de Bank of America avec NationsBank.
BankAmerica enregistre d'énormes pertes en 1986 et 1987, à cause de mauvais placements dans le tiers monde, en particulier en Amérique latine. Le groupe renvoie son PDG d'alors, Sam Armacost, qui accuse son prédécesseur, A.W. (Tom) Clausen d'en être responsable. C'est pourtant Clausen qui est nommé en remplacement de Armacost. Ces faits ont comme conséquence une forte baisse des actions BankAmerica, rendant le groupe vulnérable à une OPA hostile.
First Interstate Bancorp of Los Angeles (autrefois filiale de BankAmerica), lance donc une offre à l'automne 1986 sur le groupe, que BankAmerica repousse, et cela en vendant sa filiale FinanceAmerica à Chrysler ainsi que la firme de courtage Charles Schwab and Co. à M. Schwab. En 1987, l'action BankAmerica descend à pour rebondir fortement par la suite.
La nouvelle grande acquisition de BankAmerica arrive en 1992. À cette date, elle acquiert sa concurrente californienne Security Pacific Corp. et sa filiale Security Pacific National Bank ainsi que d'autres banques en Arizona, en Idaho, en Oregon et dans l'État de Washington. C'est alors la plus grande acquisition bancaire de l'histoire. Les régulateurs fédéraux exigent la vente de la filiale de Security Pacific dans l'État de Washington, Rainier Bank, car l'association de Seafirst et Rainier Bank aurait donné une trop grande part de marché à BankAmerica dans cet État. Plus tard dans l'année, BankAmerica acquiert une banque du Nevada, Valley Bank of Nevada.
En 1994, BankAmerica acquiert la Continental Illinois National Bank and Trust Co. of Chicago, devenue propriété de l'État fédéral après avoir rencontré les mêmes problèmes que Seafirst dans l'industrie pétrolière. À cette époque aucune autre banque n'a les moyens de renflouer la banque. Avec cette fusion, BankAmerica Corp. redevient la plus grande banque des États-Unis en termes de dépôts, avant de tomber au second rang en 1997 derrière NationsBank Corp., puis troisième en 1998, derrière North Carolina's First Union Corp.
L'heure des grandes fusions thumb|200px|Bank of America Center à Houston|right
En 1998, BankAmerica Corp. est acquise par NationsBank Corporation pour 64,8 milliards $US, pour ce qui est la plus grande opération bancaire de l'histoire à cette date. Alors que c'est techniquement un rachat de BankAmerica Corporation par NationsBank, l'opération est structurée comme une fusion entre les deux entités. Le nouveau groupe prend le nom de la proie et non du prédateur, à savoir Bank of America, mais le siège social du groupe reste à Charlotte en Caroline du Nord. La banque répond toujours à la charte fédérale 13044 qui a été accordée à la Giannini's Bank of Italy le .
Malgré la taille gigantesque du nouvel ensemble, les régulateurs fédéraux exigent seulement la revente de treize agences au Nouveau-Mexique, dans des villes où Bank of America aurait possédé l'ensemble des agences bancaires. Ces cessions sont seulement exigées si une compagnie possède plus de 25 % des dépôts d'un État ou plus de 10 % sur l'ensemble du territoire. Le groupe ainsi constitué est donc présent dans vingt-deux États à travers agences pour 570 milliards $US de capitaux.
En 2001, le PDG Hugh McColl démissionne et nomme Ken Lewis en tant que successeur. Le nouveau PDG se concentre alors davantage sur les performances financières du groupe, en rupture avec l'onéreuse politique expansionniste de son prédécesseur.
En 2004, Bank of America rachète à National City Corp, National Processing Company, basée à Louisville pour 1,4 milliard $US. Cette nouvelle filiale, rebaptisée BA Merchant Services, traite une transaction sur six de VISA et de Mastercard. La compagnie fournit également des solutions financières pour des sociétés de transport et de santé.
En 2004, Bank of America acquiert FleetBoston Financial pour 47 milliards $US. Grâce à cette opération, le groupe renforce ses positions aux États-Unis où il possède 513 milliards $US de dépôt, loin devant le numéro deux JPMorgan Chase-Bank One avec 353 milliards $US et le numéro trois Wells Fargo avec 228 milliards $US (au ).
Au thumb|Carte des implantations de Bank of America en 2010. Le , le groupe annonce son intention de racheter MBNA, le géant de la carte de crédit, pour 35 milliards $US en actions et en numéraire. La Réserve fédérale des États-Unis donne son accord à la fusion le . Finalisée le , elle fait de Bank of America le premier émetteur des cartes de crédit des États-Unis devant JPMorgan Chase. MBNA est rebaptisé Bank of America Card Services et possède plus de 40 millions de comptes aux États-Unis.
En , Bank of America signe un accord avec la banque brésilienne Banco Itaú, selon lequel la banque brésilienne acquiert les opérations de BankBoston au Brésil, activité dont Bank of America a hérité lors de sa fusion avec FleetBoston. Cette session représente 66 agences au Brésil pour environ clients, mais aussi par la suite 44 agences au Chili et 15 en Uruguay. Au terme de cet accord, Bank of America récupère une participation de 2,2 milliards $USBourcier.com, 3 mai 2006 dans Banco Itaú, second groupe bancaire du Brésil, soit 5,8 % du capital.
Le , à la suite de l'annonce de la fusion entre les banques néerlandaise ABN Amro et britannique Barclays, Bank of America annonce avoir signé un accord pour reprendre les activités américaines de ABN Amro. Ainsi Bank of America mettrait la main sur LaSalle Bank pour 21 milliards $USYahoo finance, 23 mai 2007 . LaSalle Bank, dont le siège est à Chicago, possède 1,4 million de clients dans la banque de détail et 411 agences bancaires dans les États du Michigan, de l'Indiana et dans la région de ChicagoBourcier.com, 23 avril 2007 . Cette acquisition mettrait Bank of America juste au-dessus des 10 % de dépôts autorisé pour une banque sur le territoire américain par les régulateurs. Cependant, le tribunal de commerce d'Amsterdam suspend le vente de LaSalle à la suite d'une plainte d'une association d'actionnaires, VEB, qui juge la vente comme étant une pilule empoisonnée pour dissuader toutes autres offres sur ABN Amro. L'accord entre Bank of America et ABN Amro prévoit une indemnité de 200 millions $US en cas d'échec de la vente. ABN Amro est la cible d'une contre-offre de la part d'un consortium de banques mené par Royal Bank of ScotlandLatribune.fr, 4 mai 2007 .
Le , Bank of America annonce l'achat de Countrywide Financial, spécialiste des prêts immobiliers et important producteur de crédits subprimes, pour 2 milliards $US.
Bank of America fait construire en 2008 son nouveau siège social pour sa branche new-yorkaise. Le gratte-ciel sera situé sur la et l'Avenue of the America, à Bryant Park, et comptera m d'espace de bureaux. Le bâtiment accueillera le siège social de la division banque d'affaires du groupe, mais aussi une grande partie du personnel à New York.
Le , dans le cadre du Plan Paulson, le département du Trésor des États-Unis décide d'injecter 20 milliards $US, portant son aide à un total de 45 milliards $US depuis . De plus, le gouvernement fédéral américain décide de garantir 118 milliards $US d'actifs toxiques, lesquels provenaient à 75 % de Merrill Lynch, société officiellement acquise le par Bank of America.
En 2008, BoA acquiert Merrill Lynch. Vers la fin de 2008, malgré des pertes chez Merrill Lynch de 27,6 milliards $US, BoA verse des primes aux cadres de cette société. « Et surtout, Bank of America a voulu cacher ces primes de 5,8 milliards à ses actionnaires ». En , la Securities and Exchange Commission poursuit BoA pour ces primes versées.
En , pour mettre fin à des poursuites judiciaires entamées à la suite du scandale des prêts subprimes qui a provoqué la crise bancaire et financière de l'automne 2008, BoA versee .
Le , Berkshire Hathaway annonce un investissement de 5 milliards $US (3,47 milliards d'euros) dans la Bank of America.
Le , le gouvernement des États-Unis commence des poursuites judiciaires contre Bank of America pour son rôle dans la crise des subprimes.
En , Bank of America avec Wells Fargo, JPMorgan Chase, Citigroup et Ally Financial paient une amende commune de 25 milliards $US de par des saisies immobilières irrégulièresLes dix plus grosses amendes infligées par les États-Unis aux banques en trois ans, Le Monde, 14 juillet 2014.
En , BoA accepte de payer 3,6 milliards $US à Fannie Mae qui l'accuse de lui avoir vendu des crédits immobiliers sans avoir procédé aux vérifications nécessaires concernant la solvabilité des emprunteurs, et à racheter pour 6,75 milliards $US de crédits hypotécaires défectueux. La plupart de ces crédits défectueux ont été émis par Countrywide Financial avant son rachat par BoA.