Le ou est une colline culminant à d'altitude dans la ville de Sakurai dans la préfecture de Nara au Japon. C'est une montagne historiquement et religieusement importante au Japon, en particulier au cours de son histoire ancienne, et constitue un lieu saint du shintoïsme. Toute la montagne est considérée comme sacrée et abrite l'un des premiers sanctuaires shinto, l'Ōmiwa-jinja. Plusieurs tertres funéraires de la période Kofun sont dispersés tout autour de la montagne.

Le kami généralement associé au mont Miwa est , un kami du serpent, de la pluie (l'eau) et de la foudre. Le Nihon Shoki note cependant qu'il y avait une relative incertitude quand il s'est agi de nommer le principal kami du mont Miwa mais il désigne souvent Ōkuninushi.

Toponymie Le mont Miwa est décrit pour la première fois dans le Kojiki sous le nom mont Mimoro (). Les deux noms sont utilisés jusqu'au règne de l'empereur Yūryaku après quoi Miwa est préféré. On suppose que Mimoro signifiait quelque chose comme « août, beau » (mi) et « pièce » ou « salle » (moro corruption de muro)Brown (1993), .. Les kanjis actuels (mi) et (wa) sont purement phonétiques. Le nom est également écrit , autre transcription phonétique avec la même prononciation.

Géographie

Histoire Ancienne religion Le culte religieux au pied du Mont Miwa est considéré comme le plus ancien et le plus primitif de son genre au Japon, datant de la PréhistoireBrown (1993), .. La montagne elle-même est désignée sacro-sainteKidder (2007), . et l'actuel Ōmiwa-jinja la considère toujours comme son shintai, ou corps de kami. Le kami résidant sur le mont Miwa était jugé le plus puissant par le clan Fujiwara et en conséquence des palais et des routes ont été construits dans les environsBrown (1993), ..

Documents pseudo-historiques Période de la divinité de Miwa (Ōmononushi) Le Nihon Shoki, livre , (« Chronique de l'empereur Sujin, empereur ») rapporte que lorsque le pays s'est trouvé paralysé par la peste et le chaos conséquent, l'empereur a consulté les dieux. Le dieu Ōmononushi (que certaines sources de la chronique identifient avec la divinité du mont Miwa) s'exprime par la bouche d'une princesse aînée de la maison impériale nommée (fille du Kōrei et tante de Sujin, ) et se révèle lui-même être la divinité résidant dans les limites de Yamato sur le mont Miwa et promet de mettre fin au chaos s'il est adoré de façon appropriée. L'empereur fait ses dévotions au dieu mais les effets ne sont pas immédiats. Plus tard, le même dieu lui apparaît en songe et lui demande de chercher un homme nommé , qui serait le fils du dieu, et de l'installer comme prêtre en chef de son culte. Par la suite l'ordre est rétabli et les moissons sont abondantes, ; .

Généalogie d'Ōtataneko et étymologie de Miwa Le Nihon shoki rapporte qu'Ōtatanekoe, premier prêtre du sanctuaire, se déclare le fils né du dieu et d'Ikutama yori-hime (ou Ikudama-yori-bime, ). Dans le Kojiki cependant, Ōtataneko s'identifie comme l'arrière-petit-fils (Ōtataneko et Iku-tama-yori-bime qui engendra Kushi-mikata, qui engendra Iikatasumi, qui engendra Takemikazuchi qui engendra le prêtre Ōtataneko) tr., Kojiki, Section , .

Le Kojiki raconte comment la conception divine d'Ikutama yori-hime a été connue. La belle jeune fille se révèle être enceinte et prétend qu'un beau jeune homme est venu la nuit. Ses parents, afin de découvrir l'identité de l'homme, lui donnent pour instruction de saupoudrer son chevet de terre rouge et d'enfiler une corde de chanvre (ou un écheveau) avec une aiguille au travers du bord de son vêtement. Au matin, le chanvre passe par l’œil du porte-crochet de sorte que ne restent que les « trois boucles » (miwa). Les parents suivent la traine du fil de chanvre jusqu'au sanctuaire dans la montagne et c'est ainsi qu'ils découvrent que la visite était divine tr., Kojiki, Section , .

Fille d'Ōmononushi de Miwa Le Kojiki rapporte également une autre naissance divine d'une période antérieure (sous l'empereur Jinmu). Il raconte comment une jeune fille nommée Seya-Datara était accroupie dans les toilettes quand le dieu s'est transformé sous la forme d'une flèche peinte en rouge et l'a piquée dans ses parties intimes. Étonnée, elle ramasse la flèche et la pose sur le sol ; la flèche se transforme alors en beau jeune homme qui finit par l'épouser. La petite fille qui naît de leur union est appelée Hoto-tatara-i-susuki-hime (ou Hotota-tara-i-susugi-hime), hoto étant un mot ancien pour désigner les parties intimes d'une femme tr., Kojiki, Section LI, .

Consort de la divinité Miwa Le livre du Nihon Shoki ajoute l'étrange épisode suivant : la tante de Suijin, la Yamato-to-to-hi-momoso-hime précitée, est plus tard nommée consort ou épouse d'Ōmononushi (mont Miwa). Le kami cependant, ne lui apparaît qu'à la nuit et la princesse lui demande de révéler sa vraie forme. Le kami l'avertit de n'être pas choquée et décide d'apparaître à l'intérieur de sa boîte à peignes () ou trousse de toilette. Le lendemain, elle ouvre la boîte et découvre un magnifique serpent à l'intérieur. Elle pousse un cri de surprise de sorte que la divinité se transforme en une forme humaine, promet de réparer la honte qu'il lui a occasionnée et prend son envol pour le mont Mimoro (mont Miwa). La princesse est si désemparée qu'elle s'effondre sur le siège et se poignarde les parties intimes avec des baguettes et en meurt. Elle est supposée être enterrée dans l'un des six tumulus près du mont Miwa, le « tumulus Hashihaka » (littéralement « tombe-baguette »). La version Kojiki de ce mythe décrit une union entre une femme du clan Miwa et Ōmononushi qui a pour résultat la naissance d'un premier roi Yamato. Les historiens notent combien ceci est un effort évident pour renforcer l'autorité des Yamato en identifiant et en reliant leur lignée au culte établi au pied du mont MiwaBrown (1993), ..

Empereur Yūryaku Dans le Nihon Shoki, livre , au cours de la du règne de l'empereur Yūryaku (vers 463), il est écrit que l'empereur exprime le désir d'apercevoir la divinité du mont Mimoro (mont Miwa) et ordonne à un homme connu pour sa force brute, un certain , d'aller la capturer. Un scholie dans les codex écrit que l'identité du dieu de cette montagne serait selon certaines sources et selon d'autres. Sugaru gravit donc la montagne, capture la divinité et la présente à l'empereur. Mais Yūryaku a négligé de se purifier (par le jeûne religieux, etc.) de sorte que le grand serpent fait un bruit de tonnerre et ses yeux luisent intensément. Effrayé, l'empereur se retire dans son palais et fait libérer le serpent dans la colline à laquelle il donne un nouveau nom, Ikazuchi (lit. « Coup de foudre »), , où le nom de Chiisakobe Sugaru est transcrit Sukaru Chihisako Be no Muraji, .

Emishi Les documents rapportent que Kusanagi, l'épée du prince Yamato Takeru, est plus tard placée en sécurité au Atsuta-jingū et que Takeru offre également au même sanctuaire un certain nombre d'otages emishi (« barbares ») qu'il a soumis. La prêtresse estime toutefois qu'ils sont tapageurs et mal élevés aussi les remet-elle à la cour impériale. Celle-ci les installe d'abord autour de la région du mont Miwa mais ils abattent ses arbres ou creusent de grands trous et effrayent les villageois. Ils sont alors dispersés et installés dans cinq provinces et deviennent les ancêtres des clans Saeki (selon Nihongi livre , année 51 de l'empereur Keikō, vers 121), vol. , , vol. , ].

Beaucoup plus tard, au cours de la du règne de l'empereur Bidatsu (581, selon Nihon Shoki, livre , vol. , , vol. , , les emishi harcèlent les régions frontalières. L'empereur convoque leur chef nommé Ayakasu et menace de mort les meneurs. Ayakasu et les autres pénètrent alors dans la Hatsuse-gawa (en amont de la , boivent son eau et face au mont Mimoro (mont Miwa), prêtent serment d'allégeance à leurs descendants à la cour de Yamato.

Découvertes archéologiques

Les chefs de la période Yamato dirigeaient souvent depuis des palais proches des montagnes sacrées et construisaient des tumuli autour d'elles car c'étaient des sanctuaires importants aussi bien pour les habitants des environs que pour les rois YamatoBrown (1993), ..

Six tumuli ont été trouvés dans la zone Shiki au pied du mont Miwa. Ces monticules de terre ont été construits entre 250 AD à 350 ADBrown (1993), . et présentent tous la même forme en trou de serrure et les mêmes chambres en pierre trouvées dans des monticules plus anciens. Cependant, les tumuli trouvés au mont Miwa laissent soupçonner le début d'un État Yamato plus centralisé. Les six monticules sont exceptionnellement grands, deux fois plus grands que tous les monticules semblables trouvés en Corée, et contiennent d'énormes quantités de miroirs, d'armes, d'ornements, ainsi que des cercueils en bois et en bambou finement construits.

Par ordre de découverte ce sont :

NomJaponaisLongueurEmplacementNotesTumulus Hashihaka箸墓古墳SakuraiPossible tombe de la princesse Yamato-totohi-momosoTumulus Nishitonozuka西殿塚古墳TenriConsidéré par l'Agence impériale comme étant la tombe de la princesse Tashiraka, épouse de l'empereur KeitaiK. Imai, Lodge comes alive with rooms at ancient burial mound in Nara, The Asahi Shimbun (22 janvier 2025). Toutefois, les archéologues estiment que ce serait plutôt le kofun Nishiyamazuka. Tumulus Chausuyama茶臼山古墳SakuraiTumulus Mesuriyamaメスリ山古墳SakuraiTumulus Andōyama行燈山古墳TenriParfois appelé tombe de l'empereur SujinTumulus Shibutani-mukō渋谷向山古墳TenriParfois appelé tombe de l'empereur Keikō

Des objets religieux et des céramiques ont également été trouvés sur et autour de la colline.

Références culturelles Le mont Miwa est le sujet d'un poème waka de la princesse Nukata, recueilli dans le Man'yōshū Le mont Miwa est le site d'un tournoi de kendo dans le roman Runaway Horses de Yukio Mishima. Les cèdres du Japon qui recouvrent toute la montagne sont considérés des arbres sacrés.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Liste des sommets du Japon par altitude Ōmiwa-jinja Ko-shinto Période Jōmon Période Kofun

Bibliographie Sources primaires . Réimpression (Boston, Tuttle, 2005) . sacred texts Réimpression (Boston, Tuttle Publishing, 2005) .

Sources secondaires Delmer M. Brown, Cambridge History of Japan, Volume 1, New York, Cambridge University Press, 1993 . Jonathan Edward Kidder, Himiko and Japan's elusive chiefdom of Yamatai: archaeology, history, and mythology, Honolulu, University of Hawaii Press, 2007 . ,.

Liens externes

Caleb Carter, c.r. d'A. Andreeva, Assembling Shinto: Buddhist Approaches to Kami Worship in Medieval Japan, H-Japan, H-Net Reviews ()

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