vignette|Couverture de la première édition de Simulacres et Simulation.

Simulacres et Simulation est un ouvrage de Jean Baudrillard, publié en 1981 aux éditions Galilée. Le philosophe français y poursuit et approfondit sa réflexion sur le concept de simulacre qu'il avait commencée dans L'échange symbolique et la mort. L'ouvrage est composé de dix-huit parties : la première, la plus longue, intitulée « La précession des simulacres », approche la définition de la notion et de la nature du simulacre tandis que les autres parties sont des exemplifications de la simulation dans la société contemporaine occidentale.

La précession des simulacres Le chapitre « La précession des simulacres » s'ouvre sur une épigraphe paraphrasant lEcclésiaste, qui donne une première définition du simulacre : .

À l'aide de la métaphore de la carte, empruntée à un récit de Jorge Luis Borges (De la rigueur de la science) dans lequel les cartographes de l'Empire dressent une carte si détaillée qu'elle finit par recouvrir très exactement le territoire, Baudrillard délimite la problématique du simulacre :

Pour définir le simulacre, Baudrillard cherche à cerner l'acte de simuler, par contraste avec l'activité connexe de feindre : Il s'intéresse également aux cas des iconoclastes qui ont saisi que l'image de la divinité était sacrilège non pas parce qu'elle représentait le divin, mais parce qu'elle le faisait disparaître derrière elle.

Baudrillard, dans une sorte d'expérience de pensée, s'interroge sur la réaction que le pouvoir politique et judiciaire aurait face à la simulation :

Illustrations Le reste de l'ouvrage précise les notions de simulation et de simulacres à l'aide de nombreux exemples tirés de l'actualité. En voici quelques-uns : En 1971, des anthropologues découvrent aux Philippines une dizaine de membres de l'ethnie Tasaday, sur lesquels le gouvernement Marcos interdit toute investigation ethnographique. D'après Baudrillard, cette décision aurait été prise à l'initiative des anthropologues eux-mêmes,

, . En 1974, une affaire d'espionnage, nommée par la suite Scandale du Watergate, aboutit à la démission de Richard Nixon, alors président des États-Unis. Baudrillard lit ce scandale comme une simulation : , . En 1979 est diffusée en France la mini-série américaine Holocauste : , . Dans le chapitre « L'implosion du sens dans les médias », Baudrillard s'interroge sur la prolifération des informations dans les médias : , . Le point de départ du chapitre « Clone Story » est la naissance (hypothétique), aux États-Unis, d'un enfant par clonage. Baudrillard élabore alors une réflexion sur le clonage, . : « Le clone est la matérialisation du double par voie génétique, c'est-à-dire l'abolition de toute altérité et de tout imaginaire. » « Le clonage est donc le dernier stade de l'histoire de la modélisation du corps, celui où, réduit à sa formule abstraite et génétique, l'individu est voué à la démultiplication sérielle. », . Ce processus est comparé à ce qui se passe dans l'œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique, selon l'analyse de Walter Benjamin.

Notes et références

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