Isaac ben Jacob ha-Cohen est un kabbaliste juif, né en Castille, probablement à Ségovie, dans le premier tiers du , mort au tournant des . Il est particulièrement connu pour un traité cabalistique sur l'émanation dite de gauche, négative.

Sa vie

Isaac ben Jacob ha-Cohen entreprend avec son frère aîné, Jacob ben Jacob ha-Cohen, également éminent kabbaliste, un voyage dans le sud de France, afin de recueillir dans les communautés juives les traditions ésotériques issues de la famille Kalonymus, notamment du rabbin Juda le Pieux et de son fils Eléazar de Worms, ainsi que l’enseignement d'Isaac l'Aveugle, le maître de l’école de Posquières (Vauvert) au LanguedocCharles Mopsik, Cabale et Cabalistes, Albin Michel, ..

Jacob meurt à Béziers en 1280Gershom Scholem, Jacob Ben Jacob Ha-Kohen, Encyclopedia Judaica (en ligne)., mais , où il devient l'un des maîtres de l’école kabbalistique de Ségovie.

Son œuvre

Tandis que son frère Jacob avait écrit le Sefer ha-Orah, Le Livre de la lumière, Isaac développe une Kabbale séfirotique où l’origine des forces du mal occupe une place importante. Dans son Traité sur l'émanation gauche (aẓilut) apparaît, pour la première fois, la conception d’une émanation négative, du « côté gauche » de la divinité, d’où procèdent les puissances maléfiques. « Ce thème court à travers tous les écrits de Isaac ben Jacob ha-Cohen », selon Gershom Scholem, et est un thème nouveau parmi les kabbalistes. Il influencera les auteurs du Sefer Ha Zohar.

On observe également dans son œuvre une tendance à dresser de longues listes d’êtres qu’il situe « en dessous du royaume des sefirot. « Ces émanations du second rang sont décrites comme « rideaux » (pargonim) devant les émanations séfirotiques, comme des « vêtements » des âmes intérieures des sefirotGershom Scholem, La Kabbale - Introduction, origines, thèmes et biographies, Paris, Le Cerf, 1998.. « Ainsi, pour chaque d’en bas existe une force correspondante dans le monde d’en haut.

L’œuvre Isaac ben Jacob ha-Cohen constitue l’un des exemples les plus remarquables de l’école kabbalistique castillane du , parce qu’elle permet, en particulier, d’observer comment « une Kabbale entièrement nouvelle a pu se forger en même temps de la première, comme si chacune s’exprimait sur un plan différent », selon Gershom Scholem sefirot.

Isaac paraît être aussi l'auteur d'autres textes sous des noms d'emprunt, dont le Pseudo-R. Eleazar Responsum et le Pseudo-R. Réponse de Yehushiel Mark Verman, The Books of Contemplation : Medieval Jewish Mystical Sources, University of New York, 1992, p. 176 (aperçu en ligne)..

Notes et références

Catégorie:Kabbale Catégorie:Personnalité de la Kabbale Catégorie:Théologien juif du XIIIe siècle Catégorie:Mystique juif Catégorie:Rabbin espagnol Catégorie:Rabbin du XIIIe siècle