Jacques Reverchon né à Paris le Archives en ligne de Paris, arrondissement, tables décennales des naissances 1923-1932, cote V11E 542, vue 9/21 et mort à Tourcoing le est un peintre, graveur et illustrateur français.
Né dans le creuset de l'École de Paris son œuvre a mûri au fil de ses voyages, du Sud au Nord. Les thèmes abordés sont : chevaux, cirque, corrida, flamenco, danse, musique, nu, portrait, paysage et nature morte.
Biographie Jacques Reverchon est né le à Paris, troisième de cinq enfants. Il a toujours dessiné, encouragé dans son talent par ses parents, Joseph Reverchon et Antoinette Chaffal. Tout est prétexte à dessiner comme en témoignent les croquis dans la marge de ses carnets d’écolierEstelle Goutorbe, Du Sud au Nord, sur les traces de Jacques Reverchon, Éditions Le Poisson-Chat, 2017..
Il passe les douze premières années de sa vie à Paris. La déclaration de la Seconde Guerre mondiale contraint Joseph Reverchon à mettre sa famille à l’abri entre 1939 et 1943 au Pont-de-Beauvoisin. Jacques Reverchon vit alors des années fondatrices pour la naissance de sa vocation entre Lyon, où il est pensionnaire, et le Dauphiné. Il passe son temps à courir les chemins, escalader les arbres avec lesquels il noue une relation fusionnelle, observer les chevaux qu’il peindra et gravera toute sa vie et surtout les hommes au travail. Il forge son regard et n’aura de cesse de retrouver les sensations de son enfance, de s’immerger dans la nature. , déclare-t-il en 1961.
Le , dans une rédaction, il exprime qu'il sait déjà qu’il n’empruntera pas une route toute tracée, mais qu’il fera sien des chemins de traverse sur lesquels ses passions pourront converger :
En 1943, la famille Reverchon regagne Paris. Jacques Reverchon entre à l’École nationale supérieure des beaux-arts en 1945, suit des ateliers libres comme il est de coutume avant d’être admis à titre définitif en 1948. Il est inscrit dans l'atelier d'Eugène Narbonne pour la peintureBernard Buffet le précède de peu., celui de René Jaudon pour la lithographie et d'Édouard Goerg pour la gravure. L’air de n’a pas encore soufflé et l’École des beaux-arts est attachée à un académisme de mise et à un art figuratif qui s’appuie sur le dessin. Alors que, dans cette période d’après-guerre, flotte un air de liberté et que certaines galeries parisiennes prennent parti pour l’abstraction lyrique ou géométrique.
Plusieurs voyages d’étude sont l’occasion de découvrir l’Italie, ses grands maîtres et surtout des paysages qui l’envoûtent, lui donnant à jamais le goût pour la campagne méditerranéenne, ses couleurs, ses parfums, ses lumières, les cyprès et les oliviers. En 1951, Reverchon concourt sans succès pour le prix de Rome en peinture. À propos de l'eau-forte il écrit : .
Reverchon sort de l’École des beaux-arts en 1952, avec une année d’interruption entre 1949 et 1950, pour un service militaire effectué en Autriche. Son talent de graveur sera couronné par le prix Blumenthal. Il excelle plus que jamais dans l’art de l’eau-forte, aime toutes les possibilités offertes par le noir et blanc, passionné par l’œuvre de Rembrandt. La couleur viendra plus tard. Ses professeurs encouragent son talent.
En 1955, Reverchon est retenu par l’Académie des beaux-arts pour être pensionnaire à Madrid à la Casa de VelázquezInstitut français de Madrid.. L’Espagne l’attire depuis longtemps, en attestent ses gravures illustrant la corrida. Il y passera deux ans, profitant de la bourse allouée pour voyager à travers l’Espagne, été comme hiver, d’abord en train, en bus, puis à vélo, à pied, s’égarant à dessein, partant à la découverte des paysages et des hommes du peuple. Ne revenant à Madrid que pour graver, puisant dans ce qu’il aura glané sur les chemins à travers ses carnets de croquis et pages poétiques, ou partagé en convivialité dans de petits bourgs écrasés de soleil ou balayés par la pluie. La Castille et l’Andalousie l’attirent, le retiennent spécialement. Les courriers ou notes personnelles témoignent d’un homme, écrivain-voyageur, amoureux de l’Espagne qui veut retenir toutes les saveurs de sa terre d’adoption et l’exprimer à travers ce qui fait « l’âme espagnole » : le flamenco, la corrida, le sentiment de la mort mais aussi à travers tout ce qui l’opprime sous le joug intraitable du régime franquiste. Hormis quelques peintures à l’huile, le noir et blanc de ses gravures est là pour dire toute la rigueur de ces années, un pays de contrastes d’ombres et de lumières au propre comme au figuré. Jusqu’à la fin de sa vie, Il retournera régulièrement en Espagne pour cueillir son inspiration .
En automne 1957, Jacques Reverchon regagne Paris, deux postes de professeur de dessin en collège l’attendent. Et tout en continuant la gravure, son métier, il va revenir à sa vocation première, celle de peintre, en développant la technique de l’aquarelle. Paris et la Seine, deviennent un vaste terrain d’observation et de jeu pour le pinceau exprimant son talent de coloriste. Le thème du paysage va désormais occuper une place grandissante dans son œuvre.
En 1962, Reverchon réussit un concours et est nommé professeur de dessin à l’école supérieure des beaux-arts de Tourcoing. Il fonde le premier atelier de gravure de l’école et fait des émules parmi ses élèves. En Flandres, il découvrira des paysages faits pour la gravure, tout comme littoral normand, la mer du Nord sont faits pour l’aquarelle. Dès qu’il le peut , du plus au Nord de l’Europe jusqu’à son extrême Sud, il part peindre d'après nature. Différents styles cohabitent dans son travail d’aquarelliste. Si Jacques Reverchon semble avoir affirmé son style en gravure, il se laisse une liberté de recherche en peinture, de l’aquarelle la plus classique à l’abstraction, de la transparence de la touche à la saturation des tons par l’emploi de la gouache.
Le Midi et le Nord alternent dans les aquarelles d’un style large, direct et vigoureux, présentées par Reverchon à Paris à la galerie Bernier. écrit Raymond Charmet dans le Nouveau Journal. En 1962, la galerie du Pont-Neuf expose ses aquarelles sur l’Île de la Cité. À cette occasion, la revue Arts écrit :
Les dernières années de sa vie, en pleine possession de son métier de graveur et de peintre, et soutenu par des galeristes, Jacques Reverchon creuse de nouvelles manières de s’exprimer à travers la lithographie et peinture à l'huile.
Il meurt brutalement le à Tourcoing et quelques toiles, essentiellement des natures mortes, seront dévoilées lors d’une rétrospective en 1971.
Le département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France à Paris conserve une grande partie de son œuvre gravé (257 gravures).
Œuvres dans les collections publiques
Espagne Madrid, Casa de Velázquez.
France Paris : Bibliothèque nationale de France, 257 gravures, dont : À Manolète, 1952 ; À la Gloire de ceux du Mont Kemmel en 1914-1918, 1964 ; Amsterdam, 1964Référence de la Bibliothèque nationale de France : DC-707-FOL.. ; Le , 1965 ; À Madrid, 1966 ; Le Cavalier Ouroz, 1967, d'après Les Cavaliers de Joseph Kessel ; Chevaux , 1967 ; Corrida, 1968 ; La Passion, suite de 34 gravures ; Annie José Dancoine. École nationale supérieure des beaux-arts. Rodez, musée des Beaux-Arts Denys-Puech. Tourcoing, MUba Eugène-Leroy.
Illustrations La Passion selon Victor Hugo, Éd. Erik Egnell, Éd.Cyrano, .
Récompenses 1952 : second grand Prix de Rome en taille-douce. 1952 : prix Blumenthal, avec André Brasilier. 1955 : lauréat de la Casa de Velázquez à MadridLauréat de la avec le graveur Émile Rousseau, les peintres Jean Auroy (1929), Colette Bourdaraud, Pierre Longchamp (1925-1978), Pierre Romain, Jean Simian, Romain Souverbie (1929) et Henri Van Moé (1930-2009), le sculpteur Jean Menjaud (1926-2017) et de l'architecte Charles Le Chevrel..
Expositions 1948 : Salon des artistes français, Paris. 1949 : Salon d'automne, Paris. 1951 : Salon d'automne, Paris. 1953 : galerie 22, Paris. 1955 : galerie 7, Paris. 1956 : exposition de la Casa de Velázquez, Salones Macarron, Madrid. 1961 : galerie de Marignan, Paris, gravures. 1962 : galerie du Pont-Neuf, Paris, aquarelles. 1963 : galerie Caracalla, Lyon. 1965 : palais de Rohan, Strasbourg. 1965 : musée Galliera, Paris (artistes lauréats). 1966 : galerie Vendôme, Paris, gravures. 1966 : galerie Bernier, Paris, aquarelles. 1967 : Bibliothèque nationale, gravures. 1971 : galerie Vendôme, Paris, rétrospective Jacques Reverchon. 2017 : galerie du Vert-Galant, De l’ombre à la lumière, à la découverte d’un artiste oubliè almanart.org..
Notes et références
Annexes Bibliographie Estelle Goutorbe, Du Sud au Nord, sur les traces de Jacques Reverchon, Éditions le Poisson-Chat, 2017. Bénézit, 1999. Jacques Reverchon 1927-1968, aquarelles, 1959-1968, 2007, .
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