Albert Boudon-Lashermes, ou ABL, ou aussi Albert Boudon, né au Puy-en-Velay le , mort le à Brives-Charensac, est un auteur régionaliste, érudit, généalogiste, de langue française, à l’œuvre pléthorique.
C'est aussi un poète de langue provençale qui appartint au mouvement du félibrige et qui fut reconnu par Frédéric Mistral. Il domine la vie culturelle du Puy-en-Velay pendant la grande première moitié du .
Biographie
Origines familiales Albert Boudon-Lashermes est né au Puy dans une famille aisée et érudite, demeurant au 36, boulevard Saint-Louis. Son père, Georges Boudon (1854-1926), et son oncle sont avoués, un deuxième oncle, Albert Boudon, est féru d’histoire et de généalogie et auteur de plusieurs ouvrages sur le Velay. Ensemble, ils ont terminé un arbre généalogique complet de la famille Garnier depuis Warnachaire Ier. Sa mère, Louise Lashermes (1855-1939), fille de notaire, appartient à une ancienne famille de riches maîtres artisans tanneurs, orfèvres, puis de faïenciers du Puy très appréciés, les Lashermes.
Jeunesse et études Très jeune, Albert Boudon-Lashermes devient , son père et son oncle le conduisant .
Il écrit ses premiers poèmes et pièces de théâtre sous son nom ou sous le pseudonyme Larifitanfoy..
Après des études secondaires au collège Saint-Michel à Saint-Étienne, il s'inscrit à la faculté de droit de l'université de Grenoble. En 1908, il devient docteur en droit en soutenant une thèse de doctorat sur La Sénéchaussée présidiale du PuyAlbert Boudon-Lashermes, La Sénéchaussée présidiale du Puy, Éditeur scientifique : université de Grenoble, Faculté de droit et des sciences économiques, Impr. C. Legrand, Valence, 338 p.Bruno Mestre, Sur les traces d’Albert Boudin-Lashermes, L'éveil de la haute-Loire, 2 mai 2021..
Le fouilleur Albert Boudon-Lashermes est à l'origine de la découverte du camp d'Antoune au sud de la Haute-Loire. et de celle du château du Mézenc.
Le félibre vellave Il choisit d'écrire en provençal plutôt qu'en auvergnat du Velay..
Désireux de ressusciter la Cour de l'Épervier, il fonde lEscolo felibrenco velaienco et devient mainteneur des Jeux floraux du pays vellave (la demande de maintenance a été faite à Mistral en 1912).
Mistral lui-même préface., en , son recueil Glòri óublidado, Pouèmo prouvençau. C'est la dernière préface du grand poète provençal qui meurt le : ; traduction : « et le cabiscou de l'École, le baile vellave, meste Boudon Las-Hermes, nous régale aujourd'hui d'un recueil de poésies épiques, les Gloires oubliées. Il est si limpide qu'il nous semble éclos sur les rives de Vaucluse »).
Comme indiqué dans la citation, il est baile (secrétaire) de son escolo felibrenco velaienco. vignette|left|200px|Écho du boqueteau numéro 36 du 15 août 1916, le poème est d'Albert Boudon-Lashermes et l'illustration représente un poilu et la ville du Puy-en-Velay
Le rédacteur de L'Écho du Boqueteau / L'Ecò dóu Bousquetoun Soldat pendant la guerre de 1914-1918, Albert Boudon-Lashermes fonda en L'Escolo dóu Boumbardamen qui faisait paraître un journal L'Écho du Boqueteau / L'Ecò dóu Bousquetoun, publié en français et en langue d'oc, d'abord bilingue puis en deux éditions distinctes. Pour pouvoir s'abonner, il fallait être en première ligne ou alors blessé. Le , la version en provençal porte aussi le titre de Journalet Di Felibre dòu Front et devient, sous la plume de l'éditorialiste du moment, ..
L'organisateur de la fête de la Sainte-Estelle en 1936 Du 11 au , Albert Boudon-Lashermes organisa, à Saint-Julien-Chapteuil la fête félibréenne de la Sainte-Estelle, mêlée de néodruidisme : . Ces festivités furent boudées par les historiens locauxThibault Sauzaret, « 1936 : des druides à Saint-Julien-Chapteuil », dans Cahiers de la Haute-Loire, année 2022, 26 pages. Cet auteur note la contradiction dans cette fête entre celtomanie et culture latine des félibres..
Le directeur de la revue Terroirs De 1937 à 1939, Albert-Boudon Lashermes fut le directeur d'une revue appelée Terroirs. Organe régionaliste des provinces françaises.
L'inventeur des chibottes Avec la publication de ses livres Le Vieux Puy. Les origines de la cité d'Anis (1923) et Histoire du Velay. Le Velay gallo-grec (1958), Albert Boudon-Lashermes lança et popularisa le terme de « chibotte » pour désigner les cabanes en pierre sèche de la région du Puy, dites jusque là tsabones en français local, c'est-à-dire « cabanes ». Cette opération de substitution fut le corollaire d'un processus de mythification des cabanes locales, promues au rang de cabanes « ligures » par ce savant, écrit, en 1928, le rédacteur de la revue Vie à la campagne, numéro extraordinaire du 15 décembre 1928, p. 15..
Il a été fait maître en gai savoir du Félibrige..
Disparition Albert Boudon-Lashermes est inhumé au cimetière du Nord du Puy-en-VelayCimetières de France et d'ailleurs..
Publications En 65 ans d'activité littéraire, de 1897 à 1962, Albert Boudon-Lashermes a écrit, selon François-Hubert Forestier, professeur honoraire à la faculté de Nantes qui en a dressé l'inventaire, 165 ouvrages plus ou moins volumineux, dont une part importante n'a pas été publiée. Son œuvre publiée, écrite en français, couvre l'histoire du Velay de l'antiquité à la période moderne, mais aussi son folklore.Jean-Claude Autruc-Laurençon, Louis XVII est-il mort en Auvergne ? Hypothèse d'un complot maçonnique, Société des écrivains, 2011, 172 p., p. 25. : . . . . . . . . . Almanach vivarais, 1932 . La fiabilité des deux études sur les vicairies vellaves est mise en doute par Christian Lauranson-Rosaz dans son article « À l'origine des territoires de justice : vicaria, districtus et périmètres de paix », dans Histoire de la justice, 2011/1 (), pages 9 à 28 (voir note 9) : . . Les parsonniers vellaves : dynasties d'artistes et de lettrés, vol. 1 (réédition par l'association des Amis d'Albert Boudon-Lashermes en 1997) .
Lieux et monuments Sa maison était au Breuil de Mercœur à Brives-Charensac.
Postérité En 1993, le jour de l’inauguration à Brives-Charensac d’un buste à sa mémoire, son gendre P. Donnadieu a ainsi résumé son œuvre : « Redonner à notre passé vellave toute sa dimension : retour aux sources les plus lointaines, étude approfondie de son histoire, renouveau du folklore, réhabilitation et diffusion de la langue d’oc, reconstitution des généalogies, amour de la poésie... culte de l’amitié ».
Certaines de ses chansons en occitan ont été mises en chanson...
Les Fêtes du Roi de l'Oiseau qui se déroulent en septembre au Puy sont le prolongement et l'extension d'une de ses initiatives des années 1930.
Une association des amis d'Albert Boudon-Lashermes, rassemblant des personnes qui l'ont connu, a vu le jour en 1984 au Puy. Elle a été présidée par Paul Donnadieu, puis Paul Brunel. Elle se donne pour mission d'étudier et de poursuivre ses œuvres et ses recherchesAssociation Sur les pas d'Albert Boudon-Lashermes.. Elle s'est renommée Sur les pas d'Albert Boudon-Lashermes en 2013.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
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Liens externes
Albert Boudon-Lashermes sur Occitanica AD Haute-Loite Fonds Boudon-Lashermes. Dépôt d'archives privées (24 janvier 2012) Biographie de Albert Boudon-Lashermes, sur Vidas, le dictionnaire biographique des acteurs de la renaissance occitane ()
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