La Banque mondiale, parfois abrégée BM (en anglais : The World Bank), est une institution financière internationale qui accorde des prêts et autres appuis financiers à des pays en développement pour des projets d'investissement.

La Banque mondiale comprend deux institutions - la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et l’Association internationale de développement (IDA en anglais) - créées pour lutter contre la pauvreté en apportant des aides, des financements et des conseils aux États en difficulté.

La Banque mondiale est un sous-ensemble du Groupe de la Banque mondiale qui est constitué de 5 organisations financières internationales au total : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) ; l’Association internationale de développement (IDA) ; la Société financière internationale (IFC) ; l'Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) ; le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI).

Elle fait partie des institutions spécialisées du système de l'Organisation des Nations unies (ONU). Elle publie tous les ans une contribution sur un thème du développement dans son Rapport sur le développement dans le monde. C’est aussi un important employeur de chercheurs (un quart environ de ses 9 200 collaborateurs ont un doctorat).

C'est le premier prêteur d’argent d'origine publique au monde. La BIRD, le principal organe de la Banque mondiale, compte actuellement 189 pays membres..

La Banque mondiale est dirigée par un directeur général et présidée par le président du Groupe de la Banque mondiale. Tous deux sont élus par les pays administrateurs du Groupe.

Dans le cadre d'un accord diplomatique tacite, la Banque mondiale est toujours dirigée par un américain, alors que le FMI est toujours dirigé par un européen.

Le siège de la Banque mondiale se trouve à Washington, D.C. et le local à Genève en Suisse.

Histoire thumb|Le bâtiment du Groupe de la Banque mondiale à Washington. thumb|Le bâtiment du Groupe de la Banque mondiale à Washington. Elle est créée le sous le nom de Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) après signature des accords de Bretton Woods le . Le , elle approuve son premier prêt, qui est accordé à la France pour un montant de 250 millions de dollars américains. Au départ, l'économiste britannique John Maynard Keynes s'oppose à la création de la Banque mondiale, puis il se rallie à cette idée en réalisant le bénéfice que cette banque peut apporter à la reconstruction de la Grande-Bretagne après la Seconde Guerre mondiale..

La Banque mondiale est créée principalement pour aider l'Europe et le Japon dans leur reconstruction, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, mais avec le mouvement de décolonisation des années 1960, elle se fixe un objectif supplémentaire, celui d'encourager la croissance économique des pays en voie de développement africains, asiatiques et latino-américains : ainsi, depuis 1945, l'Inde a bénéficié d'un montant cumulé de prêts de plus de 111 milliards de dollars, et la Chine, de 62 milliards..

Au départ, la Banque mondiale finance principalement de grands projets d'infrastructures (centrales électriques, autoroutes, aéroports). Avec le rattrapage économique du Japon et de l'Europe, la Banque mondiale s'intéresse exclusivement aux pays en développement. Depuis les années 1990, elle finance aussi les pays postcommunistes.

L'appellation Groupe de la Banque mondiale désigne depuis cinq institutions : la plus importante est la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), son fonctionnement est assuré par le versement d'une cotisation réglée par les États membres, l'Association internationale de développement (IDA), fondée en 1960, ses prêts sont réservés aux pays les moins développés, la Société financière internationale (IFC), fondée en 1956, pour financer les prêts et les investissements réalisés par les entreprises dans les pays à risque, le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), fondé en 1965, l'Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), fondée en 1988, pour la sécurisation des prêts.

Les objectifs de la Banque mondiale évoluent au cours des années. Elle délaisse l'objectif unique de croissance économique et met désormais l'accent sur un objectif ambitieux : mettre fin à l'extrême pauvreté d'ici à 2030, en abaissant le pourcentage de la population mondiale qui dispose de moins de 1,90 dollar par jour pour vivre. Elle favorise aussi la création des très petites entreprises. Elle se focalise également sur des problématiques comme l'environnement, les pandémies ou la dette. Elle s'est mobilisée en faveur du climat, et entend investir pour cette cause 200 milliards de dollars de 2021 à 2025. Elle a soutenu l'idée que l'eau potable, l'éducation et le développement durable sont des facteurs essentiels à la croissance économique, et a commencé à investir massivement dans de tels projets. En réponse aux critiques, la Banque mondiale a adopté une série de politiques en faveur de la sauvegarde de l'environnement et du social, visant à s'assurer que leurs projets n'aggravaient pas le sort des populations des pays aidés. En dépit de ces politiques, les projets de la Banque mondiale sont souvent critiqués par les organisations non gouvernementales (ONG) pour ne pas lutter efficacement contre la pauvreté, et négliger les aspects sociaux et environnementaux.

En 1981, la Banque mondiale publie un rapport sur le développement accéléré en Afrique subsaharienne, dit rapport Berg..

Selon la charte fondatrice, les prêts sont versés en fonction de considérations purement économiques, le régime politique du pays bénéficiaire n'étant pas pris en compte. Ce dernier point a cependant évolué depuis les années 2000, notamment grâce à l'influence de l'administration Bush : La documentation française : Critiques des institutions financières internationales et propositions de réforme..

En 2014, elle accorde 65,6 milliards de dollars de prêts, dons, prises de participations et garanties, dont 20,9 milliards en Afrique et au Moyen-Orient.

En 2018, elle accorde à l'Inde 859 millions de dollars américains et à la Chine 370 millions de dollars américains, de prêts de la BIRD.

En 2021, la Banque mondiale gèle un prêt de 246 millions de dollars à destination du Liban.

En 2022, la Banque mondiale prépare une aide de 3 milliards d'euros à l'Ukraine, en lien avec l'invasion russe.

En 2024, le Sénégalais Ousmane Dione remplace le Tunisien Ferid Belhaj en tant que vice-président dédié à la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.

Rôle et missions Après la reconstruction de l'Europe et du Japon, son action s'est progressivement orientée vers les pays en développement, et en particulier les pays les moins avancés (PMA), sur des axes comme l'éducation, l'agriculture, l'industrie, la santé… et plus vers le climat et l'environnement.

La Banque mondiale a pour mission de soutenir des projets innovants ou risqués que des investisseurs classiques n’oseraient pas financer, tels que des actions de reconstruction de zones dévastées par des conflits ou des catastrophes, ou encore la protection du climat et l’adaptation au dérèglement climatique (ex irrigation au goutte-à-goutte alimentée par des modules photovoltaïques aidés au Niger). Rien qu’en 2018, l'IFC a aidé à hauteur d’environ 23 milliards de dollars des pays en développement.

En plus des prêts accordés, elle finance également (directement ou indirectement) des projets d'ONG, et conduit de nombreuses recherches en rapport avec le développement de chaque pays. Ainsi, c'est la Banque mondiale qui mesure l'Indicateur de développement humain (IDH) dans différents pays et zones géographiques, ou qui conduit avec l'Unicef des études thématiques sur l'eau et l'assainissement. La BM propose enfin des programmes d'assistance conjoncturels aux pays sous-développés touchés par des crises sanitaires ou bactériologiques à travers son Pandemic Emergency Financing Facility.

Actions pour le climat et l'environnement En 2018, la Banque mondiale dépense 67 milliards de dollars US dans le monde, dont pour l'atténuation des changements climatiques, la conservation des forêts, la santé publique et les universités. Fin 2018, elle a décidé de doubler ses prêts pour la lutte contre le changement climatique, les portant à 200 milliards de dollars entre 2021 et 2025, conformément aux accords de Paris sur le climat.

Conditionnalité des aides Elle accorde des prêts à des taux préférentiels à ses pays membres en difficulté. En contrepartie, elle réclame que des dispositions politiques (appelées « politiques d'ajustement structurel ») soient prises pour, par exemple, limiter la corruption, maintenir un équilibre budgétaire ou faciliter l'émergence d'une démocratie.

Fonctionnement de l'IDA La Banque mondiale compte environ dont environ la moitié travaillent sur des projets de l'IDA. Elle fonctionne en cycles triennaux (campagnes de trois ans) et distribue ses fonds sous forme de dons à hauteur de 20 %, le reste prenant la forme de prêts à taux d'intérêt faible ou nul. l'IDA a collecté plus de 52 milliards de dollars pour le cycle 2015-17 (IDA-17). En 2014, l'IDA a engagé plus de 22 milliards de dollars dans les pays en développement en suivant les priorités de l'IDA, à savoir l'intervention dans les pays les plus vulnérables (États fragiles), les infrastructures, l'intégration régionale et la résilience au changement climatique. En 2014, les cinq premiers emprunteurs étaient l’Inde, le Pakistan, le Bangladesh, le Nigeria et l’Éthiopie.

World Development Report Le World Development Report ou Rapport sur le développement dans le monde est un rapport annuel publié par la Banque mondiale depuis 1978. Chaque édition du WDR propose une analyse approfondie d'un aspect particulier du développement économique. Des sujets tels que le rôle des villes, l'agriculture, la jeunesse, les services publics, le rôle de l'État, la transition économiques, l'environnement ou encore la pauvreté ont déjà été traités. Ces rapports sont les contributions les plus connues de la Banque sur la réflexion autour du développement.

Présidence Selon une règle tacite, le directeur du FMI est désigné par les gouverneurs européens alors que le président du Groupe de la Banque mondiale (GBM) est désigné par le gouvernement américain, les États-Unis étant le principal actionnaire de la Banque mondiale. Il est élu pour un mandat de 5 ans, renouvelable, par le conseil d'administration.

Le , Jim Yong Kim est désigné président du GBM et prend ses fonctions le suivant. Il annonce publiquement sa démission le . Son départ est jugé par certains comme mettant en péril le leadership financier de la banque pour le climat mondial. Après une courte période d'intérim assurée par la directrice générale de la Banque mondiale Kristalina Gueorguieva, David Malpass, alors membre de l'administration Trump, devient le nouveau président du Groupe de la Banque mondiale le .

+ Liste des présidents Nom Période Notes Eugene Meyerjuin - décembre 1946 John J. McCloymars 1947 – juin 1949 1949 – 1963 George D. Woodsjanvier 1963 – mars 1968 Robert McNamaraavril 1968 – juin 1981 Alden W. Clausenjuillet 1981 – juin 1986 Barber Conablejuillet 1986 – août 1991 Lewis T. Prestonseptembre 1991 – mai 1995 James Wolfensohnjuin 1995 – mai 2005 Paul Wolfowitz – 30 juin 2007 Robert Zoellick – 30 juin 2012 Jim Yong Kim - 31 janvier 2019Démissionnaire Kristalina Gueorguieva - Intérim David Malpass - Ajay Banga . -

Critiques thumb|300px|Une protestation contre la Banque mondiale à Jakarta en Indonésie en 2004.