vignette|Processus de tokenisation
Dans le contexte de la sécurisation des données informatiques, la tokenisation est le procédé permettant de remplacer une donnée sensible par une valeur de substitution, appelée token (ou jeton). La sécurité du procédé repose notamment sur le fait qu'il doit être difficile de retrouver la donnée d'origine à partir du seul token. La tokenisation est notamment utilisée pour limiter l'exposition de données sensibles dans les systèmes qui doivent les stocker ou les traiter.
Principe
Cet élément de substitution est appelé token. Ce principe de sécurisation des données consiste à remplacer l'information sensible par une valeur qui peut être utilisée par certaines applications sans exposer directement la donnée originale.
Selon les systèmes, un token peut être irréversible ou réversible. Un token irréversible ne permet pas de retrouver la donnée d'origine. Un token réversible peut au contraire être associé de nouveau à celle-ci, soit à l'aide d'un mécanisme cryptographique, soit au moyen d'une table de correspondance conservée dans un système sécurisé.
Dans le cas d'un token réversible, la restitution de la donnée originale est appelée détokenisation. Elle doit être soumise à des mécanismes de contrôle d'accès afin que seuls les utilisateurs ou systèmes autorisés puissent récupérer la donnée d'origine.
La génération des tokens dépend de la technique employée. Certains systèmes utilisent des mécanismes cryptographiques tandis que d'autres reposent sur des valeurs aléatoires associées à la donnée originale dans une table de correspondance. La qualité de la génération aléatoire constitue notamment un élément important de la sécurité des systèmes de tokenisation non cryptographiques.
La tokenisation permet de réduire l'exposition des données sensibles à des applications, utilisateurs ou processeurs et ainsi de limiter les risques liés à leur compromission. Le stockage de tokens à la place des données d'origine peut également réduire la quantité de données sensibles présentes dans un système.
Une fois tokenisées, les données peuvent ainsi être utilisées ou stockées dans certains systèmes sans que ceux-ci disposent nécessairement de la donnée originale. La compromission d'un token ne signifie cependant pas qu'il est systématiquement inutilisable : cela dépend de la conception du système et des restrictions associées au token.
Dans le domaine du paiement, par exemple, le standard d'EMVCo prévoit des tokens dont l'utilisation peut être limitée à un commerçant, un appareil ou un type de transaction donné. Ces restrictions visent à réduire l'intérêt d'un token qui aurait été intercepté ou compromis.
Usages
La tokenisation est particulièrement utilisée pour la sécurisation des données de paiement, notamment les numéros de cartes bancaires. Dans ce domaine, le numéro de compte principal de la carte (Primary Account Number, ou PAN) peut être remplacé par un token afin de réduire sa présence dans les systèmes d'un commerçant ou d'un prestataire de paiement.
La tokenisation peut également être utilisée comme technique de pseudonymisation d'identifiants personnels. Dans ce cas, les identifiants sont remplacés par des tokens, par exemple générés aléatoirement ou associés aux données dans un système distinct. Une donnée pseudonymisée ne doit toutefois pas être confondue avec une donnée anonymisée : lorsque la réidentification reste possible à l'aide d'informations supplémentaires, la donnée reste une donnée à caractère personnel.
Selon les systèmes et les problématiques, le token peut porter ou non les mêmes caractéristiques que la donnée originale. Dans un contexte de sécurisation des données de paiement, certains tokens peuvent par exemple conserver la longueur du numéro de carte, certains de ses premiers ou derniers chiffres, ou encore rester valides au contrôle de Luhn. Cette conservation de format peut faciliter leur utilisation dans des applications initialement conçues pour manipuler des numéros de carte.
L'utilisation de la tokenisation pour les données de carte ne dispense pas à elle seule un organisme de respecter la norme PCI DSS. Une mise en œuvre correcte peut toutefois réduire le nombre de systèmes contenant des données de carte et, par conséquent, le nombre de composants auxquels certaines exigences de PCI DSS s'appliquent.
La tokenisation peut être utilisée seule ou conjointement avec d'autres mécanismes de protection, notamment le chiffrement. Les deux techniques répondent à des principes différents : le chiffrement transforme une donnée à l'aide d'un algorithme et d'une clé, tandis que certains systèmes de tokenisation remplacent la donnée par une valeur sans relation mathématique directe avec celle-ci.
Notes et références
Catégorie:Sécurité informatique