L'histoire de la cavalerie française est l'ensemble des faits historiques qui concernent ou impliquent l'« arme » de la cavalerie dans les armées françaises sous les divers régimes politiques et aux diverses périodes qui marquèrent l'histoire militaire de la France.

De la Gaule celtique à l'avènement du Royaume franc (circa ) Dans l'espace « historico-géographique » que représente le territoire actuel de la France, les Celtes sont le premier peuple réputé pour la valeur de sa cavalerie.

Les Francs font consister leurs forces en infanterie et n'ont à l'origine de la monarchie qu'un groupe de cavaliers formant la garde du souverain.

À la bataille de Poitiers, en 732, l'armée de France compte et ; et c'est à cette époque que commence à se manifester le goût exclusif et exagéré de la cavalerie, et que le service à cheval devient d'un usage dominant Réorganisation des armées active et territoriale. Lois 1873-1875, promulguées les 7 août 1873 et 27 mars 1875, page 330.

Depuis Charlemagne, l'armée se compose presque en entier de cavaliers, et la race des vainqueurs ne combat plus qu'à cheval et couverte de pied en cap d'une armure défensive.

Viennent ensuite les chevaliers des croisades, les archers à cheval et les compagnies d'ordonnance ébauchées par et perfectionnées par ; mais la vraie création de la cavalerie Française, si l'on entend par là un ensemble organisé, ne remonte pas au delà de .

Époque médiévale vignette|Combat de cavaleries française et anglaise pendant la guerre de Cent Ans. vignette|La cavalerie française à la Bataille d'Azincourt (1415). Au Moyen Âge et au début de la Renaissance, la « grosse cavalerie » constituée des « gens d'armes » revêtus de leurs armures, armés de la lance et de l'épée et issus de la noblesse féodale, forme l'élite et le fer de lance de l'ost des rois de France. Cette cavalerie noble se distingue pendant la guerre de Cent Ans (1337-1453) mais est vaincue une première fois à la bataille de Crécy (1346) et décimée à la bataille d'Azincourt (1415) par une armée anglaise inférieure en nombre et essentiellement constituée de fantassins et d'archers Pour la cavalerie française au Moyen-Âge et à la Renaissance voir (ea) pour le Tome 1 et Casterman 1978 pour le Tome 2 - en particulier Tome 2 p.34 & suiv..

Pendant la guerre de Cent Ans, en 1439, les États du royaume décident la création d'unités de cavalerie, sous le nom de Compagnies des Ordonnances du Roi, titre rapidement abrégé en Compagnies d'ordonnance.. Quinze de ces compagnies sont levées. Chacune comprend cent lances, c'est-à-dire cent gens d'armes suivis chacun de trois archers, un coutilier et un page, montés mais non cuirassés.

La cavalerie lourde en armure complète, « arme de choc » par excellence, finit par disparaître à la Renaissance tant du fait du développement des armes à feu individuelles (arquebuse), de l'artillerie, de l'évolution des tactiques de l'infanterie lors de ce que l'on a appelé la « révolution militaire » de la RenaissanceLa révolution militaire de la Renaissance en perspective, Conférence de Laurent Henninger au Centre d'études supérieures de la Renaissance., que du déclin socio-économique de la chevalerie, conséquence des incessantes guerres médiévales. La France militaire, une histoire de l'armée française in « Liens externes ».. Les cavaliers lourds laissent la place aux chevau-légers équipés de la demi-armure et d'armes à feu et à la cavalerie légère d'origine mercenaire (principalement balkanique au début, région où elle s'est développée au contact des armées ottomanes). Louis XII crée ainsi le titre de « colonel général de la cavalerie légère et étrangère ».. Le titre de « gendarmes » est toutefois encore porté par une unité de cavalerie d'élite, dépourvue de cuirassement et recrutée parmi la noblesse, faisant partie de la maison militaire du roi de France jusqu'à l'époque de la Restauration.

Renaissance vignette|Gendarme français à la Renaissance. thumb|right|Demi-armure de François II.

Au début des guerres de Religion, la cavalerie française aligne soixante-cinq compagnies d'ordonnance, groupant La plupart des compagnies n'alignent que trente lances. Seules quatre sont restées aux cent lances d'origine. ..

Elle est renforcée par des compagnies de reîtres allemands ou d'autres cavaliers étrangers.. L'importance des contingents étrangers peut être appréciée, par exemple, par les effectifs présents à la bataille de Moncontour en 1569 ou à Coutras en 1587.

À la fin des guerres de Religion, la cavalerie est réorganisée. Il ne reste que la Maison du Roi, quatre compagnies de gardes du corps, la compagnie de chevau-légers et cent arquebusiers et carabins, d'une part, et, d'autre part, dix-neuf compagnies de gendarmes et de chevau-légers (vingt-cinq à trente cavaliers chacune). En 1602, un prélèvement sur les compagnies de gendarmes permet la création d'une nouvelle compagnie pour la Maison du Roi.

Cavalerie lourde : les « Gendarmes »

Naissance de la cavalerie légère

Le besoin d'une cavalerie moins pesante avait déjà été reconnu. Du Guesclin avait ainsi utilisé , légèrement armées, pour harceler ses adversaires. Cela se retrouve dans la composition des compagnies d'ordonnance. Elles pouvaient être scindées en deux troupes. D'un côté, les gens d'armes, menés par le capitaine et l'enseigne ; de l'autre, les archers et les coutiliers menés par le lieutenant et le guidon..

Les guerres en Italie vont voir un allègement de la cavalerie. La cuirasse des chevaux disparaît et celle des cavaliers s'allège.. Cet allègement se traduit par l'apparition de compagnies de cavalerie légère, d'abord des compagnies étrangères, les estradiots, en majorité albanais, comme les de ce type emmenés par en 1499..

Le rôle dévolu à la cavalerie légère est, en premier lieu, de « battre l'estrade », c'est-à-dire de servir d'éclaireurs au profit de l'armée ; en second lieu, elle doit permettre d'exploiter une victoire en poursuivant cavalerie ou infanterie en déroute. Elle n'est donc pas une cavalerie de bataille, rôle réservé aux gens d'armes.

La généralisation des armes à feu et l'apparition de l'infanterie organisée en carrés de piquiers va limiter le rôle de la cavalerie. Un exemple peut en être trouvé dans la bataille de Pavie.

Ancien Régime Considérations générales

Évolution de la cavalerie sous l'Ancien Régime Les premiers régiments de cavalerie font leur apparition en France au , sous le règne de et à l'instigation du Cardinal de Richelieu mais c'est sous celui de son fils que l'arme connaît une véritable réorganisation grâce à Turenne, Maréchal de France et colonel général de la cavalerie. L'évolution de l'art de la guerre de la Renaissance au siècle des Lumières et la diversification des missions de la cavalerie que cette « révolution militaire » entraîne mènent à l'apparition de nouveaux types de cavaliers dans l'armée française : les dragons et les hussards sous , les chasseurs à cheval sous après la création du corps des chasseurs de Fischer.

En 1615, sous le règne de , chaque compagnie reçoit en plus une « bande » de carabins. Dotés d'une arme à feu plus légère que l'arquebuse, qui équipe également les chevau-légers, ils doivent renforcer la puissance de feu de la compagnie. Les carabins existeront jusqu'en 1661 ; à ce moment, les chevau-légers ont abandonné leurs arquebuses.. C'est pendant le siège de La Rochelle qu’apparaît l'escadron, réunion de plusieurs compagnies, commandé alternativement par le commandant de chaque compagnie.

Les Allemands et les Espagnols ont précédé les Français dans cette organisation, lorsqu'en 1635 la cavalerie légère a commencé à être organisée en régiments sous les noms de mousquetaires, fusiliers, carabiniers à cheval. Aux compagnies d'ordonnance succèdent les régiments de grosse cavalerie. La cavalerie ainsi organisée est formée en brigades de dix à douze escadrons commandés par des colonels généraux.

Un nouveau type de cavaliers apparaît en France en 1693, le hussard. D'origine hongroise, cavaliers irréguliers, des déserteurs passent au service du roi de France. Ils sont d'abord groupés en compagnies puis, en 1692, autorise le recrutement du premier régiment.. Le rôle principal de ces nouvelles formations est la petite guerre..

Doctrines d'emploi Traditionnellement, la cavalerie est placée sur les ailes de l'armée rangée en ligne de bataille.. Son rôle est de protéger les flancs, en particulier contre la cavalerie ennemie.

La cavalerie n'est pas utilisée pour exploiter militairement un succès, non seulement à cause de la désorganisation liée aux combats, mais surtout par le pillage des impedimenta ennemis, traditionnellement accordé aux soldats comme récompense. La bataille ne vise pas à la destruction de l'armée ennemie mais plutôt au contrôle et à l'occupation à son profit d'un territoire.

Règnes de et (1610-1715)

Règne de (1715-1774)

Règne de (1774-1792) que l', et depuis l'ordonnance du qui la constitue jusqu'aux guerres de la Révolution, des changements sans nombre y sont apportés par les ordonnances de 1779, 1784, 1788, 1791 et de l'.

La cavalerie fait alors partie intégrante des divisions, puis elle forme elle-même des divisions spéciales. Un peu plus tard, des compagnies d'élite sont créées dans les régiments de dragons, et des sapeurs.

Cavalerie et guerre d'indépendance américaine

Réforme de 1791

Révolution et Empire (1792-1815) Au , c'est l'infanterie qui est définitivement devenue la « reine des batailles », l'artillerie lui servant d'appui et la cavalerie étant utilisée dans des missions bien spécifiques - Denis Bogros : Histoire du cheval de troupe de la cavalerie française : 1515-1918 - Chapitre III :La Cavalerie sous l'Ancien Régime.. Pendant la Révolution, la cavalerie, qui a été désorganisée par l'émigration de nombreux officiers d'origines nobles et les lacunes de la remonte et de l'équipement, ne joue qu'un rôle marginal dans les batailles opposant la République à l'Europe des monarchies, étant surtout employée dans la reconnaissance et l'appui de l'infanterie. En 1796, Hoche réorganise la cavalerie, dont les unités étaient dispersées dans les divisions d'infanterie, et constitue une division de cavalerie lourde, une de réserve, une de dragons et une de hussards qu'il répartit entre le centre et les ailesAbel Hugo : France militaire, Histoire des armées françaises de terre et de mer, de 1792 à 1837, H.-L. Delloye, Paris, 1838 - Tome II p. 22..