vignette|Le général Lyautey s'est rendu à Marrakech en auto-mittrailleuse - Le Petit Journal, du . Les débuts de la mécanisation automobile des armées françaises voient les premières expériences de mise en service à des fins militaires de véhicules motorisés automobiles (motocyclettes, voitures et camions, automitrailleuses, engins chenillés et semi-chenillés) par l'armée française au tournant des , pendant la Première Guerre mondiale et la décennie qui suivit celle-ci.
Les tout premiers essais d'utilisation d'un véhicule automobile par les armées françaises remontent au avec le fardier de Cugnot, mis au point pour servir de tracteur de pièces d'artillerie mais ces essais restèrent sans suite. L'armée française reprit de nouveaux essais de « locomotive routière » utilisant la locomotion à vapeur au cours des années 1860, avec quelques succès qui n'eurent cependant pas plus de suite, et l'artillerie française était encore très largement hippomobile au début de la Première Guerre mondiale.
La création d'un premier organisme chargé d'évaluer les possibilités d'un usage militaire de l'automobile à moteur à combustion interne et de la constitution et de la gestion d'un premier parc automobile encore fort modeste remonte à 1896, année où une « Commission militaire des automobiles » fut ainsi chargée de ces tâches. Les premiers essais d'automitrailleuse et de camions eurent lieu dès les premières années du et un « Service automobile des Armées » fut créé au début de la « Grande Guerre » pour la gestion du parc automobile militaire.
L'année 1916 vit la mise à l'essai d'engins chenillés qui aboutira à la construction des premiers chars de combat de l'Armée française.
Automobilisme militaire Le fardier de Cugnot et les tracteurs à vapeur
thumb|L'accident du fardier de Cugnot. À la fin des années 1760, l'ingénieur militaire Joseph Cugnot élabore le concept du véhicule automobile à vapeur comme tracteur militaire. Lors de son service dans l'armée, qu'il quitte en 1763, Cugnot avait constaté les lourdeurs des services du train de l'intendance militaire et de l'artillerie de l'époque, ses observations lui inspirant l'idée de remplacer la traction hippomobile par une traction mécanique utilisant la vapeur. Le duc de Choiseul, alors secrétaire d'État de la Guerre, tente au même moment de développer l'artillerie avec Jean-Baptiste Vaquette de Gribeauval, l'ingénieur militaire délégué à ces missions. Très intéressé, Choiseul soutient la construction d'un premier prototype, « aux frais du Roy », en 1769. Les premiers essais du fardier de Cugnot sont menés en octobre et se montrent concluants, malgré quelques problèmes techniques. La construction d'un second prototype est alors ordonnée par Gribeauval. Ce second prototype est prêt en 1770 et les essais commencent en novembre à Vanves mais sont marqués par un accident2007 Concours Lépine, le livre des inventions, Flammarion, édition septembre 2006. Malheureusement, après réparation de l'engin en juin 1771, Cugnot perd deux de ses précieux soutiens, Choiseul et Gribeauval et se voit ainsi privé de l'appui financier nécessaire. Les essais ne peuvent dès lors se poursuivre et le prototype est entreposé à l'Arsenal où il tombe dans l'oubli. Trente ans après la fin des essais de cette première « locomotive routière », un commissaire général de l'artillerie, nommé Roland, signale l'existence de l'engin, toujours entreposé à l'Arsenal, à Bonaparte et propose de nouveaux essais. Mais ce dernier, occupé à préparer la campagne d'Égypte, refuse et l'engin tombe définitivement dans les oubliettes.
vignette|La voiture à vapeur des ateliers Lotz. vignette|« Locomotive routière traînant un canon avec son affut », L'Illustration Européenne, , 1872. vignette|« Expérience faite, au Champ de Mars, d'une locomobile routière appliquée au transport de l’artillerie », Les Merveilles de la science ou description populaire des inventions modernes, 1891.
La « locomotive routière » refit son apparition en France en , avec la construction d'un nouvel engin par les ateliers Lotz, constructeur à Nantes, qui est présenté à Paris au Champ de Mars. Les perfectionnements rapides de ce nouvel engin popularisèrent la locomotion à vapeur, le gouvernement prenant dès le , un arrêté concernant la circulation des locomotives sur les routes ordinaires. L'usage de tracteurs à vapeur commença également à se généraliser dans l'agriculture et l'industrie pour le déplacement de charges lourdes notammentErnest Deharme, Les Merveilles de la Locomotion, Paris 1874 (Projet Gutenberg)... Évoquant l'expérience de trains routiers britanniques pendant la seconde guerre des Boers, Le Monde Moderne rapporte en 1902: .
Les débuts de l'automobile militaire française (1896-1914) thumb|right|Wagonette Panhard et Levassor, 2 cylindres, 4 CV de 1896 : le premier véhicule automobile de l'armée française. En 1896, une « commission militaire des automobiles » présidée par le général Lambert, directeur de la section technique de l’artillerie est mise en place mais ce furent les grandes manœuvres de 1897 qui virent véritablement le premier usage d'un véhicule automobile par l'armée française Le parcours du combattant de la Guerre 1914-1918 - Les manœuvres d'automne. : une « wagonette » Panhard et Levassor fut en effet utilisée comme voiture-estafette et pour le transport des officiers supérieurs. Trois automobiles Panhard sont achetées par le ministère de la Guerre en 1899.
Manquant de moyens financiers pour mener ses propres essais car dépourvue de budget, la commission s'associa dès ses débuts aux concours automobiles organisés par l'Automobile Club de France et envoya des délégations aux Salons de l’automobile de Paris, qui se tiennent à partir de 1898, aux fins de s'informer des progrès techniques de ce nouveau moyen de transport en plein essor Voir : Histoire de l'automobile.. La vitesse est l'un des points qui attirent tout spécialement l'attention des militaires, la voiture dépassant largement dans ce domaine le cheval qui reste le principal moyen de liaison et de déplacement. En 1902 est publiée une note portant « Instruction sur l’emploi des automobiles dans les quartiers généraux pour les manœuvres et voyages d’état-major ».
Les camions Parmi les tâches techniques assignées à la commission figurait un « avant-projet des conditions d'établissement d'un camion poids lourd adapté aux usages militaires ».
vignette|Camion Latil, ayant participé au concours de 1908, en service en 1916.
En 1905, l'Automobile Club de France organise une série de tests spécialement destinés aux expérimentations militaires pour la première fois. À l'issue de ces épreuves, l'armée fait l'acquisition de trois fourgons Delahaye, vainqueur du concours. Ces concours, dont les épreuves sont établies selon un cahier des charges fixé par les militaires (charge utile, poids, consommation, endurance, vitesse, etc), se poursuivront de manière régulière jusqu'en , ce dernier étant interrompu par décision ministérielle vu le contexte international. Les véhicules sont classés en catégories selon la charge utile et des officiers, jouant le rôle de « commissaires », étaient embarqués sur chacun d'eux, les conducteurs étant fournis par les constructeurs. À l'issue de chacun de ces concours, un petit nombre de véhicules primés est à chaque fois acquis par le Ministère de la Guerre.
Automitrailleuses La France procède à ses premiers essais d'engins de ce type dès les premières années du . Les automitrailleuses Charron-Girardot & Voigt (1902, 1904, 1906) Au Salon automobile de Paris de 1902, le constructeur Charron-Girardot & Voigt présenta une automitrailleuse partiellement blindée à l'arrière et armée d'une mitrailleuse Hotchkiss Mle 1900. L'engin fut testé par la cavalerie française qui demanda au constructeur d'améliorer la protection au niveau du moteur et du poste de conduite Collectif : Blindés des origines à 1940 - Profils et Histoire, Connaissance de l'Histoire Hachette, Hors-série , 1980, ..
La Panhard-Genty 24 HP
Le projet Levavasseur
L'Autocanon De Dion-Bouton (1910)
vignette|Autocanon de 75 modèle 1913. Les autos-canons De Dion seront attribuées « en propre » à l'arme de l'Artillerie en tant qu' « artillerie automobile ».
Motocyclisme militaire vignette|Motocyclette Terrot pendant la Première Guerre mondiale.
Première Guerre mondiale
Les taxis de la Marne
Service automobile aux Armées Le « Service automobile des Armées » est un service de Armée française qui fut chargé de la gestion de ses moyens automobiles tout au long de la Première Guerre mondiale. Il est ainsi véritablement à l'origine de la « motorisation » de l'armée française.
Le train des équipages comptait au déclenchement du conflit voitures hippomobiles, chevaux et plus de tandis que le service automobile alignait 170 véhicules à moteur. , autobus et voitures particulières furent réquisitionnés avec chauffeurs et mécaniciens. En novembre, 1918, il aligne véhicules (non compris ceux de l’artillerie et de l’aviation soit environ) et .
Fin 1915-début 1916, la direction du service automobile étudie la mise en place d'un service particulier chargé de prévenir et de régler tout accident ou incident survenant sur le trajet suivi par les convois, ceci afin d'en fluidifier la circulation. La bataille de Verdun et la « Voie sacrée »
Automitrailleuses et autocanons
Tracteurs et engins chenillés Le tracteur « Breton-Pretot » vignette|Le tracteur « Breton-Pretot ». L'expérience de Souain L'artillerie spéciale
Le char Renault, premier char de combat de l'armée française
Les artisans de la mécanisation de l'armée française avant 1918
L'après-guerre
L'arme blindée
Les semi-chenillés vignette|Semi-chenillé Citroën pendant des essais à Fontainebleau en 1924. Les croisières Citroën
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie Ouvrages Collectif : Les Grands Dossiers de L'Illustration - L'Armée Française, Le Livre De Paris 1991 - en particulier les articles : Les grandes manœuvres (1897) et Les automobiles militaires (1900)
Paul Heuzé : Les camions de la victoire, La Renaissance du Livre, Paris 1921 Colonel André Duvignac : Histoire de l'Armée motorisée, Imprimerie Nationale, 1948 Rémy Porte (Thèse de doctorat en Histoire) : Direction des Services Automobiles des Armées et la motorisation des armées françaises (1914-1919) - Vues au travers de l'action du Commandant Doumenc, Lavauzelle-Graphic Editions, 2004.
Revues et périodiques Champ de bataille, Les motocyclettes de l'armée française 1887 - 1945, collection « Soldats Unités Armement » , (Lire en ligne)
Articles connexes Train (armée française) Service des essences des armées Cavalerie française pendant la Première Guerre mondiale Classification des automitrailleuses de la cavalerie française (1931-1940)
Liens externes L'arme du Train, son histoire, ses traditions Le service automobile 1914-1918 Panhard et l'Armée La Charron Type TATM French armoured cars Commandant Ballut: Historique succinct du Service Automobile, Direction de l'arrière, Direction des Services Automobiles, Cantre d'instruction automobile, cours militaire, , Annexe, 1917
Iconographie Automitrailleuse Panhard-Genty :Photo 1 -Photo 2 Charron-Girardot & Voigt : 1902 - 1906
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