Loché-sur-Indrois (prononcé ), nommée Loché () jusqu'en 1897, est une commune française du département d'Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire. Avec une superficie de , elle est la commune la plus étendue du département depuis qu'elle a absorbé la commune voisine d'Aubigny en 1823. Sa population n'est pourtant en que de , valeur sensiblement stabilisée depuis une dizaine d'années, alors qu'elle était forte de plus de jusque dans les . Son économie reste très largement orientée vers l'agriculture où l'élevage tient une part non négligeable, même si une petite industrie d'une trentaine de salariés est implantée sur son territoire.
La présence de l'Homme est attestée sur le territoire de Loché depuis le Paléolithique. Cependant, au cours du premier millénaire de notre ère, l'histoire du site est très mal documentée. Ce n'est qu'au Moyen Âge que la fondation de l'abbaye cistercienne de Beaugerais fait réapparaître le nom de Loché dans les chartes et les chroniques. L'histoire de l'abbaye de Beaugerais, fondée au début des sous la forme d'un simple ermitage et dirigée à partir de 1609 par Michel de Marolles alors qu'il n'a que neuf ans, rythme celle de Loché, jusqu'à sa disparition en 1792. C'est à partir du Moyen Âge que, sous l'impulsion des moines, ont lieu d'importants défrichements qui permettent la mise en culture d'une partie du territoire, les bois et les forêts étant, à l'époque contemporaine, repoussés aux confins nord-ouest et sud-ouest de la commune.
Le patrimoine architectural de la commune est assez diversifié, mais seuls l'église et les vestiges de l'abbaye de Beaugerais sont portés à l'inventaire des monuments historiques. L'extrémité sud-est de la forêt de Loches s'avance sur les terres de Loché-sur-Indrois, ce qui permet à la commune de disposer sur son territoire de deux zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique ().
Géographie Localisation Loché-sur-Indrois, commune rattachée au canton de Loches, est située dans l'extrême Sud-Est de la Touraine à environ au sud-est de Tours., préfecture du département d'Indre-et-Loire. Elle est également implantée à à l'est-sud-est de Loches., sous-préfecture et chef-lieu du canton de Loches et à au nord de Châtillon-sur-Indre., dans le département voisin de l'Indre. Loché-sur-Indrois, bien que rattachée au département d'Indre-et-Loire, fait partie du bassin de vie de Châtillon-sur-Indre..
En raison de l'étendue de son territoire communal et de sa position géographique, Loché-sur-Indrois est limitrophe de neuf autres communes dont deux, au sud, appartiennent au département de l'Indre.
Communes limitrophes
Géologie et relief vignette|alt=Vue d'une carte répartissant un territoire communal en grandes zones géologiques de couleurs différentes.|Carte géologique simplifiée de Loché-sur-Indrois.. Rattaché au bassin parisien géologique, qui s'étend vers le sud jusqu'au Massif central, le territoire de la commune repose, comme tout le Sud-Est de l'Indre-et-Loire, sur un socle de formations calcaires du Cénomanien et du Turonien déposées par des avancées et des retraits maritimes successifs au Crétacé supérieur. Sur le plateau, ces dépôts sont masqués par des couches sénoniennes — craie blanche à silex (craie de Blois) puis argile à silex (AS) issue de la dégradation des dépôts antérieurs — elles-mêmes recouvertes localement par des limons des plateaux quaternaires (LP).. Les sols lessivés qui en résultent, appelés bournais., sont peu fertiles, lourds et difficiles à travailler, même si des drainages récents en ont facilité l'exploitation agricole. Les formations calcaires crayeuses comme la craie de Blois (CB) n'affleurent que là où les cours d'eau (Indrois et ses ruisseaux affluents), par érosion, les ont mises à nu. Les vallées de ces cours d'eau sont recouvertes d'alluvions fluviatiles (All) et le fond de la vallée de l'Indrois est soumis au risque de remontée de la nappe phréatique sous-fluviale, souvent présente à très faible profondeur. Des éboulis (Eb) provenant de la dégradation et de la dislocation des argiles à silex, les perruches selon la dénomination régionale., recouvrent les pentes, en général faibles, qui relient la vallée au plateau..
L'aire du territoire de Loché-sur-Indrois est de au , quand la superficie moyenne d'une commune de France métropolitaine s'établit à ... Elle est ainsi la plus grande commune d'Indre-et-Loire et occupe le au classement des communes de France métropolitaine les plus étendues..
Son altitude varie entre 98 et .. L'altitude minimale est observée au niveau du lit aval de l'Indrois, au nord, en limite communale de Villeloin-Coulangé tandis que le plateau se développe à une altitude supérieure à , les points culminants à se rencontrant en plusieurs endroits du territoire, au sud ou au sud-ouest, dans la forêt de Loches.. Le chef-lieu communal, pour sa part, est établi à l'altitude moyenne de .
Hydrographie et hydrologie vignette|gauche|alt=Photographie en couleur d'un cours d'eau aux rives aménagées et maçonnées.|L'Indrois à Loché-sur-Indrois, vu vers l'aval. L'Indrois, principal cours d'eau irriguant Loché-sur-Indrois, coule du sud vers le nord en partageant le territoire communal en deux parties inégales, environ trois quarts à l'ouest et un quart à l'est. Contrairement à la situation observée sur les communes en aval, le cours de la rivière est presque rectiligne, sans présenter de vastes méandres. Il reçoit, sur ses deux rives, plusieurs ruisseaux dont l'un des plus importants, le Calais, rejoint l'Indrois en amont du bourg. Néanmoins, certains de ces ruisseaux sont temporaires. L'extrême Sud de la commune est irrigué par plusieurs petits ruisseaux qui confluent pour rejoindre l'Indre au niveau de la commune de Saint-Hippolyte. Le Nord-Ouest du territoire est parcouru par le ruisseau d'Aubigny, coulant vers le nord et tributaire de l'Indrois dans lequel il se jette à Chemillé-sur-Indrois. De nombreux étangs, artificiels ou retenues naturelles aménagées, ponctuent ces ruisseaux.. Ce système hydrographique dense se prête de longue date à la construction de moulins, puisque l'un d'eux, sur le ruisseau d'Aubigny, est mentionné dès le Moyen Âge central. et que celui de Nointeau, sur l'Indrois, en amont du bourg, est important sous l'Ancien Régime..
L'Indrois est une rivière dont le débit peut être sujet à d'importantes variations pouvant occasionner des inondations de plaine, mais cet aléa est surtout à craindre dans la partie aval de son cours, lorsqu'elle a reçu le tribut de plusieurs affluents importants. Au niveau de Loché-sur-Indrois, l'Indrois n'a encore parcouru que depuis sa source. et le risque est moindre, même si en 1872 le bourg a été inondé sous les effets conjugués de la crue de l'Indrois et du Calais.
Cinq zones humidesD’après l’article L. 211-1 du Code de l’environnement, « on entend par zone humide les terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année ». ont été répertoriées sur la commune par la direction départementale des territoires (DDT) et le conseil départemental d'Indre-et-Loire : « la vallée de l'Indrois de Villedômain à Loché-sur-Indrois », « la vallée des Ruisseaux de Ballon et de Vitray », « du Bois et de Beaugerais », « la vallée du Ruisseau d'Aubigny de Guche Pie à la Courroierie », « la vallée du Ruisseau de Calais » et « la vallée du Ruisseau de Roche et la vallée du Ruisseau d'Aubigny de Guche Pie à la Courroierie »...
Paysages naturels Une bonne partie du territoire communal a été longtemps recouvert de forêts, dont les derniers massifs de la forêt de Loches et les bois de Beaugerais sont des vestiges. La relative médiocrité des sols agricoles a fait que les défrichements ont été tardifs, ne se développant qu'au Moyen Âge sous l'impulsion des moines de Beaugerais et de Villeloin, qui possédaient une grande partie des terres.. Par ailleurs, les terres de l'ancienne paroisse d'Aubigny relèvent certainement d'un processus semblable vers la même époque, car elles forment comme une immense clairière au milieu de massifs forestiers aujourd'hui morcelés, forêt de Loches au nord et bois de Beaugerais au sud.. D'autres défrichements, encore plus récents, puis les remembrements de la seconde moitié du ont contribué à créer sur le plateau de grandes étendues consacrées à l'agriculture (céréaliculture et prairies naturelles), même si de nombreuses petites parcelles boisées dispersées subsistent. Les îlots forestiers importants sont désormais cantonnés au sud-ouest (bois de Beaugerais) et au nord-ouest (derniers massifs de la forêt de Loches).
Les pentes, en général peu abruptes, des coteaux, sont elles aussi dévolues à la céréaliculture, avec quelques parcelles de vigne résiduelles. La vallée du ruisseau d'Aubigny, plus encaissée, conserve toutefois son boisement à l'approche de la forêt de Loches.
La vallée de l'Indrois offre un paysage constitué d'une alternance de prairies naturelles ou artificielles, de peupleraies au plus près du cours d'eau et de champs de maïs ou, plus récemment de sorgho, dont les exigences hydriques sont moindres..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Centre et contreforts nord du Massif Central, caractérisée par un air sec en été et un bon ensoleillement.. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Pellevoisin à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Transport et voies de communication vignette|alt=Vue d'une carte en couleur représentant les principales routes d'une commune ; en médaillon, le bourg agrandi.|Voies de communication et développement urbain de Loché-sur-Indrois. Infrastructure routière Le territoire de Loché-sur-Indrois est traversé par deux routes départementales se croisant dans le centre urbain ; la , d'ouest en est, relie Loches à Écueillé ; de moindre importance, la , du nord au sud, assure la liaison entre Montrésor et Châtillon-sur-Indre. À partir du centre de Loché-sur-Indrois et longeant la vallée de l'Indrois vers le sud-est, la permet de rejoindre la commune voisine de Villedômain. Enfin, ne traversant que l'extrême Est de la commune, la (ancienne route nationale 675) est une partie d'un itinéraire nord-sud important qui relie Blois à Limoges ; il est possible de l'emprunter depuis le centre de Loché-sur-Indrois via la ou la .
Transport en commun