L’avenue des Champs-Élysées (souvent abrégé les Champs-Élysées, parfois les Champs) est une voie de Paris.

Longue de près de deux kilomètres et suivant l'axe historique de la ville, elle est une voie de circulation centrale reliant la place de la Concorde à la place Charles-de-Gaulle dans le . Elle a son origine dans l'avenue tracée par André Le Nôtre, paysagiste du roi Louis XIV.

vignette|Vue de l'avenue des Champs-Élysées depuis la Roue de Paris sur la place de la Concorde. La perspective de l'avenue, connue comme axe historique ou voie royale aligne l'ancien palais des Tuileries, la place de la Concorde et son obélisque, l'Arc de triomphe de l'Étoile et le quartier de La Défense au loin. Le Petit Palais, le Grand Palais et les jardins des Champs-Élysées sont visibles de part et d'autre de l'avenue. vignette|Vue de l'avenue des Champs-Élysées vers l'est, depuis le haut de l'Arc de triomphe de l'Étoile. L'obélisque de Louxor sur la place de la Concorde, le jardin des Tuileries et le palais du Louvre sont visibles dans la perspective de l'avenue.

Origine du nom Elle tire son nom des champs Élysées, le lieu des Enfers où séjournaient les âmes vertueuses dans la mythologie grecque.

Réputation Site touristique majeur, l’avenue a souvent été présentée comme la plus belle avenue de la capitaleEdwin Faxon Bacon, Une semaine à Paris, Éditions American Book Co., 1901 ; Shuchang Li, Kangqiang Shi et Viviane Alleton, Carnet de notes sur l'Occident, Éditions MSH, 1988., voire comme la Achille Hermant, « Les fêtes publiques », L'Artiste, Éditions Aux bureaux de L'Artiste, 1856.. Généralement boudée des Parisiens, parce que réputée bruyante, trop touristique et peu praticable, sa réinvention fait l'objet de débats«Réenchanter» les Champs-Élysées : comment ramener les Parisiens sur la plus célèbre avenue de la capitale ? sur liberation.fr du 28 mai 2024....

Situation et accès

L'avenue des Champs-Élysées est située dans le de Paris, dans le nord-ouest de la ville. Elle s'étend sur , d'est en ouest, reliant la place de la Concorde, où se dresse l'obélisque de Louxor, et la place Charles-de-Gaulle (ancienne « place de l'Étoile »), située au nord de la colline de Chaillot à l'un de ses points culminants. Ce sommet fut abaissé de cinq mètres de 1768 à 1774 et les déblais furent utilisés pour adoucir la pente de l'avenue de Neuilly (un de ses anciens noms) ce qui explique la montée régulière du Rond-point à la place au centre de laquelle se trouve l’arc de triomphe de l'Étoile.. L'avenue d'une largeur de comprend une chaussée de de quatre voies de circulation dans chaque sens et de deux trottoirs de chacun.

Voici les stations du métro et gares RER qui desservent l'avenue des Champs-Élysées :

Concorde (lignes 1, 8 et 12) ; Champs-Élysées - Clemenceau (lignes 1 et 13) ; Franklin D. Roosevelt (lignes 1 et 9) ; George V (ligne 1) ; Charles de Gaulle - Étoile (lignes 1, 2 et 6) ; Gare de Charles-de-Gaulle - Étoile (ligne A du RER).

Son tracé rectiligne offre une longue perspective née du palais du Louvre, dans laquelle s'alignent la statue équestre de Louis XIV dans la cour Napoléon du Louvre, l'arc de triomphe du Carrousel, le jardin des Tuileries, l'Obélisque, l'Arc de Triomphe, et plus loin à l'ouest, en dehors de Paris, l'arche de la Défense. Il s'agit de l'axe historique de l'ouest parisien.

Dans sa partie inférieure, à l'est du rond-point des Champs-Élysées-Marcel-Dassault, l'avenue est bordée par des contre-allées (baptisées « promenade des Champs-Élysées ») longeant les jardins des Champs-Élysées que l'avenue traverse ainsi sur toutes leurs longueurs (soit ).

Ces jardins, larges de 300 à , sont divisés en espaces rectangulaires appelés « carrés » : sur le côté nord, d'est en ouest : carré des Ambassadeurs : il tire sa dénomination des hôtels édifiés par l'architecte Ange-Jacques Gabriel sur la place de la Concorde voisine, qui furent un temps destinés à servir de logement à des ambassadeurs étrangers ; on y trouve notamment l'Espace Cardin ; carré de l'Élysée (devant le palais de l'Élysée), avec notamment le pavillon Gabriel ; carré Marigny (au débouché de la rue du Cirque) : on y trouve le théâtre Marigny, le restaurant Laurent et le marché aux timbres ; sur le côté sud, d'est en ouest : carré du géorama ou Ledoyen (face au carré des Ambassadeurs) : on y trouve le restaurant Pavillon Ledoyen ; grand carré du Battoir, dit aussi grand carré des Jeux, ou encore des Fêtes (face au carré de l'Élysée) : ce carré a été aménagé par le marquis de Marigny, directeur général des Bâtiments du Roi sous Louis XV, à la demande de sa sœur, la marquise de Pompadour, qui voulait jouir d'une vue dégagée vers la Seine et les Invalides depuis son palais de l'Élysée. On y trouve le Petit Palais et le Grand Palais, qui abrite notamment le Palais de la découverte et les Galeries nationales du Grand Palais.

À l'exception du dernier, chacun de ces carrés comporte, depuis les aménagements effectués sous la direction de l'architecte Jacques Hittorff en 1840-1847, une fontaine.

Dans la partie supérieure de l'avenue, à l'ouest du rond-point, on trouve de nombreuses boutiques de luxe, des lieux de spectacle, des cinémas, notamment les UGC Normandie et George-V ; le Lido ; des cafés et restaurants (Fouquet's)…

L'avenue a inspiré la création de la Benjamin Franklin Parkway à Philadelphie (Pennsylvanie) en 1917.

Histoire vignette|Les Champs-Élysées en 1890.

À l'origine, les Champs-Élysées ne sont que des terrains marécageux et inhabités. Marie de Médicis décide d'y faire aménager au-delà du palais des Tuileries, le long de la Seine, une longue allée bordée d'ormes et de tilleuls. Le cours la Reine, s'inspirant de la promenade florentine des Cascine, est ouvert en 1616..

Les conquêtes du début du règne de Louis XIV ayant repoussé les frontières du royaume, le roi, se souvenant de la résistance de la Ville lors de la Fronde et voulant embellir et étendre la capitale, adopte la proposition de Colbert de raser ses fortifications et de percer de grandes avenues. Par un décret du ., le roi décide l'ouverture d'un chemin pour faciliter le passage des voitures de ses courtisans se rendant au domaine royal de Saint-Germain-en-Laye et au château de Versailles en construction.

Le roi charge André Le Nôtre, le paysagiste du château de Versailles et, à Paris, du jardin des Tuileries, d'aménager à travers les bois et les marais qui longent la Seine cette « avenue des Tuileries » (qui sera appelée successivement, Grand Cours, avenue de Neuilly ou route de Saint-Germain) en axe royal. Cet axe depuis le palais des Tuileries, résidence du roi, doit offrir une perspective aussi grandiose que celle qui s'étend devant le château de Versailles, ce dernier symbolisant l'éloignement du gouvernement et la cour de Paris..

André Le Nôtre trace dans l'axe du pavillon central du palais des Tuileries, depuis l'actuelle place de la Concorde jusqu'à l'actuel rond-point des Champs-Élysées-Marcel-Dassault, en direction de la montagne du Roule une belle avenue bordée de terrains où sont aménagés des allées d'ormes et des tapis de gazon. On l'appelle le « Grand-Cours » pour le distinguer du cours la Reine, ou encore la « grande allée du Roule », l’« avenue de la Grille Royale » (1678), l’« avenue du Palais des Tuileries » (1680) et les « Champs-Élysées », nom qui apparaît en 1694 mais qui n'est définitivement fixé qu'en 1709 comme l'attestent les comptes royaux.. Ce nom est choisi en référence à la mythologie grecque, peut-être en opposition à la partie basse, marécageuse et malsaine, lieu de prostitution.

Au thumb|Les Champs-Élysées en 1730 (plan de Roussel).

La nouvelle avenue se développe au-delà de l'enceinte de Louis XIII et franchit (au niveau de l'actuelle rue Marbeuf) le Grand Égout, qui suivait le tracé d'un petit ruisseau descendant de Ménilmontant pour se jeter dans la Seine au niveau de l'actuel pont de l'Alma. Ce n'est qu'en 1710 que le duc d'Antin, surintendant des Bâtiments du Roi, fait jeter un pont de pierre au-dessus de cet égout. Ce pont permet de prolonger l'avenue jusqu'à ce que l'on appelait alors l'« étoile de Chaillot » . Cette entreprise est achevée en 1724..

En 1722, le roi avait annexé le village du Roule aux faubourgs de Paris. En 1765, il permet la construction de bâtiments de part et d'autre de l'avenue des Champs-Élysées. En 1770, le marquis de Marigny, directeur général des Bâtiments du Roi, Arts, Jardins et Manufactures, fait entreprendre le nivellement de la montagne du Roule, renouvelle les plantations et fait tracer les actuelles avenues de Marigny et Matignon ainsi que l'allée des Veuves (actuelle avenue Montaigne). En 1774, il fait élargir l'avenue et la fait prolonger à l'ouest jusqu'à la Seine, au niveau du pont de Neuilly, par les actuelles avenues de la Grande-Armée à Paris et Charles-de-Gaulle à Neuilly-sur-Seine. On parle alors d’« avenue de la Grille royale » jusqu'à la barrière de Chaillot et d’« avenue de Neuilly » au-delà de celle-ci.

Malgré ces travaux, les Champs-Élysées ont longtemps mauvaise réputation. C'est un lieu de médiocres guinguettes qui attirent de mauvais garçons, des prostituées et même des brigands. Quelques baraques de foire y sont installéesLes premiers chevaux de bois sont installés en juin 1777. Le fameux guignol des Champs-Élysées ne remonte, lui, qu'à 1818.. Un luxueux parc de loisirs ou vauxhall, le Colisée, est inauguré en 1771 au niveau du rond-point des Champs-Élysées, mais il ne tarde pas à péricliter car le public hésite à se rendre le soir dans ce qui est encore une partie de Paris excentrée et surtout mal famée, et l'établissement fait faillite dès 1780. Les promeneurs préfèrent diriger leurs pas le long du cours la Reine, qui suit le tracé de la Seine et où l'on peut jouer aux quilles, à la paume ou aux barres. Au bout du cours la Reine se trouve d'ailleurs un établissement populaire, quoique de mauvaise réputation, le Petit Moulin-Rouge, bâti sur des terrains appartenant à madame du Barry. Pour améliorer la sécurité des Champs-Élysées, un poste de Gardes Suisses contigu à la barrière de ChaillotEmplacement de l'actuel de l'avenue est établi en 1777.

La popularité des Champs-Élysées, qui prennent alors leur dénomination définitive d’« avenue des Champs-Élysées » (1789), ne décolle véritablement que sous la Révolution française. C'est par les Champs-Élysées que passe le cortège de mégères qui, le , sous la conduite de Théroigne de Méricourt et de Reine Audu, se dirige vers Versailles pour ramener la famille royale à ParisChateaubriand, témoin de la scène, l'a rapportée dans un passage des Mémoires d'outre-tombe (livre V, chapitre 10).. C'est aussi par les Champs-Élysées que la famille royale est ramenée dans Paris le après la fuite à Varennes, entre deux haies de Gardes nationaux qui rendent les honneurs la crosse en l'air. Sous la Terreur, la place de la Concorde est le théâtre des exécutions capitales. Au bas de l'avenue, Huzard fait placer, sur des socles dessinés par le peintre David, les groupes de chevaux en marbre exécutés par Guillaume Coustou pour l'abreuvoir du château de Marly. Sur le plan administratif, la section des Champs-Élysées est créée en 1790, circonscription qui devient en 1795 le quartier des Champs-Élysées. Le territoire du quartier administratif des Champs-Élysées s'étend alors au nord et au sud de l'avenue du même nom. Après le redécoupage de 1860, le quartier de ce nom sera d'une surface plus restreinte et essentiellement au sud de l'avenue.

vignette|Le Pavillon Ledoyen construit en 1792.