Eugène-Alexandre CardineRépublique Française, MatchID : Fichier des décès (né le à Courseulles-sur-Mer et décédé le à SolesmesArchives de Calvados, commune de Courseulles-sur-Mer, acte de naissance , année 1905 (avec mention marginale), consulté le 17 juin 2015) est un moine bénédictin, musicologue et enseignant du chant grégorien, notamment fondateur d'une nouvelle science sémiologie grégorienne qui renouvela entièrement la connaissance au regard du chant grégorien.

Biographie Enfance et formation Eugène-Alexandre Cardine naquit le à Courseulles-sur-Mer en Normandie.

Son père Henri Cardine était pharmacien dans cette ville : « Le 7 juin 1898, notre chère grande sœur Marie Louise épousa Henri Cardine, pharmacien à Courseulles sur Mer, Calvados. Ce fut Monsieur l'Abbé Vivet, Curé de Mortefontaine et ami intime de notre cher papa, qui fit faire ce mariage. Le départ de notre chère « Ouiouise », comme je l'appelais depuis ma petite enfance, nous fit bien gros cœur, elle était si bonne pour nous tous, grands et petits !! et elle aidait tellement notre bien chère maman à la maison et à la laiterie. Mais nous pouvons dire qu'Henri était la bonté même et nous aimait tous beaucoup, ce fut bien réciproque aussitôt que nous l'eûmes connu. ». Le , Marie-Louise Benoist (1872 - † 1939). avait épousé cet homme très chrétien, car elle souhaitait donner des prêtres à Dieu, avec cette union. Parmi ses 12 sœurs et frères, Henriette et Berthe, aînées, avaient choisi la vie monastique. À vrai dire, leur mère Rosine Benoist était gravement tombée malade en 1885, mais miraculeusement guérie.. Enfin tous les trois enfants du couple Cardine deviendraient tout à fait prêtres.

thumb|Séminaire de Bayeux où le jeune Eugène Cardine était maître de chœur. En jouant du piano, sa mère originaire de l'Île-de-France fit commencer l'éducation musicale du petit Eugène très tôt. Le musicologue grégorien raconterait plus tard qu'en tant qu'enfant de chœur, il était capable de chanter tout seul le Gloria du Magnificat, à l'âge de Lettre aux Amis de Solesmes, , , 1988.

Il reçut essentiellement sa formation à Caen. D'abord, dès 1915, il s'agissait du collège Sainte-Marie de Caen. Mais sa santé était parfois fragile. Surtout, il fut atteint au printemps 1918 d'une affection pulmonaire en raison de laquelle une prudence particulière était toujours nécessaire durant sa vie. Puis il choisit en 1922 le petit séminaire de Caen. En 1923, Henri Cardine, 57 ans, décéda brutalement à cause d'une fièvre typhoïde.

Après avoir obtenu son baccalauréat, Eugène sélectionna le grand séminaire de Bayeux, en rejoignant son frère aîné Louis, né en 1902. Eugène Cardine adorait si profondément le chant liturgique que les supérieurs lui confièrent la fonction de maître de chœur.. Lorsqu'il décida au printemps 1928 de devenir Bénédictin, son diocèse n'était pas mécontent. Au contraire, l'évêque de Bayeux et Lisieux Emmanuel Suhard déclara : « Puisqu'il aime tant le grégorien, qu'il aille là-bas ! »..

Abbaye Saint-Pierre de Solesmes thumb|upright=0.8|Abbaye Saint-Pierre de Solesmes. En 1928, le jeune Eugène arriva donc à l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes. Puis, celui-ci émit ses premiers vœux le . Ses vœux solennels furent achevés en 1933.

Le , Dom Eugène Cardine reçut l'ordination sacerdotale, par l'évêque du Mans Georges Grente.

Devenu prêtre, il fut chargé à l'atelier de la Paléographie musicale. Le fondateur Dom André Mocquereau était décédé en 1930 ainsi que son adjoint Dom de Saint-Beuve en 1933. De sorte que Dom Cardine succéda à ce dernier, en prenant les tâches pour l'adaptation et la vérification des propres des diocèses et des congrégations religieuses. Il s'agissait tout d'abord de la restitution des offices propres du diocèse de Bayeux.. Ces premières années auprès de l'atelier étaient, pour lui, définitives. Les travaux scientifiques, mais toujours liés à la pratique pieuse des offices quotidiens, lui permirent d'obtenir une excellente qualité, non seulement en tant que chercheur mais aussi qu'enseignant : « La plus importante découverte de dom Eugène Cardine........., est la Sémiologie grégorienne ou interprétation des signes de la notation neumatiques pour la pratique du chant grégorien : cette découverte est en fait le résultat de ses observations constantes dans la pratique quotidienne du chant et de la vérification de ses observations sur les manuscrits. Cette découverte scientifique présuppose donc une alliance judicieuse entre la pratique du chant et l'étude scientifique des sources que dom Cardine avait acquise par ses travaux à l'atelier de la Paléographie musicale après son ordination sacerdotale : restitution des offices propre du diocèse de Bayeux, index des séquences conservées dans les manuscrits photographiés de Solesmes, efin, collaboration avec dom René-Jean Hesbert sur la tradition bénéventaire. Ainsi dom Cardine était tout préparé à prendre la direction de l'édition critique du Graduel romain commencée en 1948 à Solesmes dans les circonstances, dont je suis maintenant le seul témoin. ». Ainsi, comme ses prédécesseurs mais avec beaucoup de soin, il transcrivit des neumes sangalliens au-dessus des portées de son graduel personnel, un exemplaire de l'Édition Vaticane. Aussi consultait-il toujours les neumes anciens, en faveur de meilleure liturgique, lors des célébrations quotidiennes.

Il fut nommé premier chantre de l'abbaye en 1940 ou 1944. Mais, la Deuxième Guerre mondiale empêcha considérablement les études de Dom Cardine, quand bien même il n'aurait pas pu s'en aller de l'abbaye, en raison de sa santé fragile. En effet, il fallut que le musicologue remplace des moines prisonniers et donc absents, pour des services intérieurs..

En 1946, un musicologue suisse, Luigi Agustoni ayant attendu la fin de la guerre, visita l'abbaye de Solesmes. Il y rencontra surtout Dom Cardine, en devenant un des collaborateurs les plus importants. De surcroît, ce Suisse se consacrait désormais aux études grégoriennes, à Rome, à Milan ; à la suite du décès d'Agustoni en 2004, Dom Daniel Saulnier de Solesmes écrivit : « Ce fut la rencontre historique avec dom Eugène Cardine »..

Faute de personnels suffisants à Solesmes, d'anciens membres, y compris Dom Cardine, étaient encore privés de l'atelier de la Paléographie. D'où, afin de rétablir la publication de la Revue grégorienne d'après la volonté de l'abbé, Dom Joseph Gajard, directeur de l'atelier, dut demander une collaboration avec l'Institut grégorien de Paris en 1946. L'abbé Dom Germain Cozien, responsable de toute la congrégation de Solesmes, devait encore effectuer ses décisions importantes et difficiles en faveur d'autres abbayes ; en août 1947, Dom René-Jean Hesbert fut transféré à l'abbaye Saint-Wandrille de Fontenelle ; puis, il lui fallait sélectionner vingt moines, afin de refonder l'abbaye Notre-Dame de Fontgombault..

Projet d'une édition critique du graduel, soit renaissance de l'atelier de Solesmes Toutefois, une visite de Higinio Anglés, nouveau directeur de l'Institut pontifical de musique sacrée depuis 1947, bouleversa la situation. Au printemps de 1948, ce musicologue espagnol vint à Solesmes, avec son projet, un nouveau graduel romain du Saint-Siège en édition critique. Si l'abbé Cozien avait refusé ce programme, les photos et manuscrits auraient été transférés à Rome et l'atelier aurait disparu. Donc, il n'existait pas de choix pour le monastère ; d'abord, Dom Cozien lui répondit exactement : « Je regrette, mais en ce moment je n'ai personne pour travailler à cette grande entreprise. ».

L'équipe aussitôt formée comptait cinq moines, à l'exception de Dom Gajard, direction officielle : Dom Cardine en qualité de directeur technique, Dom Jacques Froger, Dom Jacques Hourlier, Dom Pierre Combe et Dom Michel Huglo. « Dès le premier jour, l'équipe se mit au travail avec enthousiasme, chacun suivant sa spécialité. ».. Avec les conseils de Dom René-Jean Hesbert de Saint-Wandrille, les quatre opérations successives furent effectuées, sous Dom Cardine..

Il est certain que le projet de Anglès rétablit effectivement l'atelier de Solesmes. De plus, il s'agissait d'une renaissance. Dans la deuxième moitié de ce siècle-là, pour la première fois, son équipe réussirait à restaurer scientifiquement la propre nature du chant grégorien, perdue depuis si longtemps.

Du 15 au , l'institut pontifical organisa sous la direction de Anglès un grand événement à Rome, Congrès international de la musique sacrée ; Dom Cardine assistait toujours à ce congrès international en faveur de la musique sacrée : 1950 (I) à Rome, 1954 (II) à Vienne, 1957 (III) à Paris, 1959 (IV) et 1961 (V) à Cologne. Il s'agissait d'un congrès si important auquel assistèrent de nombreux musicologues distinguésAinsi, Bruno Stäblein, musicologue allemand, y présenta pour la première fois son hypothèse avec une nouvelle dénomination : chant vieux-romain plus ancien que le chant grégorien., tels Dom Hesbert, Dom Cardine. Mais ce dernier était également chargé de communiquer officiellement le projet du graduel en édition critique. Puis, seuls trois volumes furent publiés entre 1957 et 1962, jusqu'à ce que le concile Vatican II n'interrompe brutalement le projet - 299.

Institut pontifical de musique sacrée Le , l'Institut pontifical de musique sacrée à Rome subit le décès inattendu de Dom Pierre Thomas, enseignant du chant grégorien. Ce musicologue n'y était arrivé qu'en 1948. Il fallait qu'un nouveau professeur soit nommé, sans interrompre le cours. Et le choix du directeur Higinio Anglés était la nomination de Dom Eugène Cardine.

En , ce dernier commença à demeurer à Rome..

Il était normal que le nouveau professeur de Solesmes ait été demandé par ses élèves d'expliquer la théorie célèbre et solesmienne de la rythmique grégorienne. Aussitôt il avait inauguré son cours, quelqu'un commença à jouer du piano dans la salle voisine. Cette situation gêna considérablement le commencement du cours rythmique. Comme ses étudiants s'intéressaient aussi du graduel personnel du professeur, accompagné des neumes sangalliens, l'analyse de celui-ci fut sans difficulté acceptée.. En conséquence, le cours du chant grégorien y était dorénavant consacré aux neumes. Il n'hésita pas à accueillir ses élèves en faveur des explications supplémentaires, même lors des temps libres, chaque après-midi. Non seulement le cours ne commit jamais des erreurs de la rythmique grégorienne mais également Dom Cardine conservait une cohérence entre ses études et enseignements.

thumb|upright=0.82|En demeurant à Rome, Dom Cardine profitait désormais de la bibliothèque du Vatican. Au regard des études, à la suite du déplacement vers Rome, les archives, notamment la Bibliothèque Angelica et celle du Vatican, étaient précieusement disponibles.. En outre, cette nomination donna naissance à un nombre considérable de pôles d'études grégoriennes, d'abord à la ville éternelle, enfin dans toute l'Europe.

Si Dom Gajard restait encore directeur officiel et que la rédaction de nouveau graduel se continuât sans interruption par ses collègues, l'atelier avait besoin de la qualité de ce musicologue, en tant que directeur réel. D'où, l'abbé Dom Germain Cozien avait accepté la nomination, à condition que Dom Cardine puisse retourner au monastère, trois fois par an, lors des vacances universitaires et que le Vatican assure les frais de voyage. Le professer bénéficiait donc, pour ses enseignements à Rome, de précieux matériaux préparés par Dom Hourlier et Dom Huglo.. Par conséquent, le cours du professeur Cardine était directement lié à l'atelier de la Paléographie. À savoir, les étudiants de l'institut pouvaient connaître les derniers découverts de Solesmes, plus tôt que les participants des congrès et les lecteurs des revues.