Yulimar Del Valle Rojas Rodríguez, née le à Caracas, est une athlète vénézuélienne spécialiste du triple saut.
Championne olympique en 2020 à Tokyo et vice-championne olympique en 2016 à Rio de Janeiro, elle est l'athlète la plus titrée au triple saut aux championnats du monde en remportant la médaille d'or en 2017 à Londres, en 2019 à Doha, en 2022 à Eugene et en 2023 à Budapest. Elle est également sacrée à trois reprises lors des championnats du monde en salle, en 2016, 2018 et 2022.
Considérée par les spécialistes comme la plus grande triple-sauteuse de l'histoire, elle est l'actuelle détentrice du record du monde avec , réalisés le à Belgrade lors des championnats du monde en salle.
Biographie Née à Caracas et élevée dans un quartier pauvre de Puerto La Cruz, dans l'État d'Anzoátegui, elle connaît son premier grand succès en 2011 lorsqu'elle remporte les championnats d'Amérique du Sud juniors au saut en hauteur à l'âge de seulement. En 2013, elle établit un record continental junior avec . Elle participe aux Jeux Bolivariens où elle gagne l'argent de la hauteur () et se classe sixième du saut en longueur ().
En 2014, Rojas remporte le saut en hauteur des Jeux sud-américains avec . Elle participe aux Championnats du monde juniors de Eugene où elle ne passe pas le cap des qualifications au triple saut et où elle se classe onzième de la finale du saut en longueur. En fin de saison, elle échoue deux fois aux pieds des podiums des Jeux d'Amérique centrale et des Caraïbes se tenant au Mexique ( en longueur et au triple saut).
Le elle porte son record à à Barinas avant de remporter en juin le titre de championne d'Amérique du Sud à Lima, avec un saut de (vf) et un saut régulier à . La veille, elle améliorait son record national du saut en longueur avec . En juillet, Yulimar Rojas participe aux Jeux panaméricains de Toronto : elle se classe onzième du saut en longueur () et quatrième du triple saut (, record national). Dans cette compétition, elle réalise mais le vent est trop favorable (+ ).
Titre mondial en salle, médaille olympique (2016) Le , à Madrid, la Vénézuélienne réalise un bond à . Elle améliore son record en salle de près de , améliore sa meilleure performance mondiale de l'année (qui était de + à noter que la Russe Ekaterina Koneva a réalisé mais la Russie est suspendue pour dopage) et entre dans le mondial en salle de tous les temps. Le , elle réalise à nouveau un concours à . Le , toujours à Madrid, Rojas saute à (second essai), à (troisième essai) puis (cinquième essai).
Championne du monde en salle à Portland gauche|vignette|Yulimar Rojas sur le podium des Jeux olympiques de 2016. Le , en grande favorite, Yulimar Rojas est sacrée championne du monde en salle lors des championnats du monde en salle de Portland avec un saut à , son seul de la compétition. Elle mord tous ses autres sauts, dont un aux alentours de . Elle écrit l'histoire de son sport en devenant la première Venezuelienne championne du monde.
Le suivant, Rojas participe à la première épreuve du circuit de la ligue de diamant 2016 lors de la Doha Diamond League où il y a une confrontation entre elle et la Colombienne Caterine Ibargüen : au second essai, elle saute et établit provisoirement la meilleure performance mondiale de l'année, ainsi qu'un record du meeting et national. Quelques minutes plus tard, Ibarguen répond en réalisant . Au troisième essai, la Vénézuélienne répond à nouveau en réalisant . Au cinquième essai, Ibarguen établit une marque de . Rojas réalise juste après puis Ibarguen conclut son concours par un saut à .
Barrière des et médaille d'argent olympique Le , elle crée l'histoire du triple saut en s'imposant au Meeting de Madrid avec un saut à (- ), faisant d'elle la plus jeune athlète à dépasser la barrière des ().
Le , Yulimar Rojas participe à la finale des Jeux olympiques de Rio où elle confirme ses de juin en réalisant . Avec cette marque, elle devient vice-championne olympique derrière la Colombienne Caterine Ibarguen qui s'impose avec .
Titre mondial à Londres (2017) Après une saison hivernale perturbée par une blessure qui la freine dans sa progression (elle a amélioré le record national en salle le ), Yulimar Rojas ouvre sa saison estivale le à Baie-Mahault (Guadeloupe) où elle établit la meilleure performance mondiale de l'année avec . Elle l'améliore le à Andújar avec . Le , elle remporte la médaille d'argent des Championnats d'Amérique du Sud se déroulant à Asuncion (Paraguay) où, après un essai mesuré à , elle est contrainte à l'abandon à la suite d'une douleur dans son genou gauche. Elle est devancée par la Brésilienne Nubia Soares ().
De retour de blessure, elle signe une performance convaincante de à Monaco, pour sa dernière sortie avant les Championnats du monde de Londres.
Le , lors de la finale des championnats du monde de Londres, Yulimar Rojas se montre plus forte face à la Colombienne Caterine Ibarguen, invaincue en grand championnats depuis 2013. Avec , la Vénézuélienne remporte le mondial en athlétisme pour son pays, devançant Caterine Ibarguen de deux centimètres et la Kazakhe Olga Rypakova (). Elle devient à cette occasion la plus jeune championne du monde de la discipline, à . Second titre mondial en salle (2018) vignette|Yulimar Rojas au Meeting de Madrid en février 2019.Malgré aucune compétition durant la saison hivernale, Yulimar Rojas s'aligne aux championnats du monde en salle de Birmingham en tant que tenante du titre, et dans le but de le réitérer. Au , elle saute , meilleure performance mondiale de l'année, et s'adjuge la médaille d'or devant la Jamaïcaine Kimberly Williams () et l'Espagnole Ana Peleteiro (), sa partenaire d'entraînement. Elle devient la troisième athlète de l'histoire à conserver son titre, après Inessa Kravets (1991 / 1993) et Tatyana Lebedeva (2003 / 2004).
Deuxième performance de l'histoire et second titre mondial à Doha (2019) Après le championnat, ses blessures au pied et à la cheville l'empêche de réaliser des performances lors de la saison estivale. Elle revient sur les sautoirs le , à Karlsruhe, et saute pour terminer derrière Ana Peleteiro (). Le à Madrid, elle porte son record en salle à et réalise le meilleur saut en salle depuis 2010.
Le , elle saute (+ ) au saut en longueur puis dépasse cinq jours plus tard la barre des pour la seconde fois de sa carrière à Huelva, avec . Elle améliore de son record de 2016, bat le record national, établit la meilleure performance mondiale de l'année, et réalise les minimas pour les Jeux olympiques de Tokyo. Le , elle s'impose dans le port de Monaco pour le Meeting Herculis avec . Le , en l'absence de sa rivale Caterine Ibarguen sur blessure, elle remporte sans difficulté les Jeux panaméricains de Lima et améliore de son record personnel en rebondissant à , meilleure performance mondiale de l'année, meilleur marque mondiale depuis 2016, record des Jeux, record du Venezuela, et devient la performeuse mondiale de l'histoire. Première vénézuélienne sacrée au triple saut, elle réalise notamment un saut mordu de au-delà du record du monde ( par Inessa Kravets en 1995).vignette|Yulimar Rojas au Meeting de Paris 2019.Le , lors d'un meeting à Andújar, Yulimar Rojas entre dans l'histoire du triple saut en sautant à son sixième et dernier à (+ ), soit la deuxième meilleure performance mondiale de l'histoire derrière les d'Inessa Kravets. Elle réalise ainsi le saut le plus loin depuis le record du monde, puisque personne ne s'était approché d'aussi près depuis la Camerounaise Françoise Mbango Etone, auteure de en 2008. Avec cette marque, la Vénézuélienne établit une MPMA, un nouveau record d'Amérique du Sud, que détenait jusque-là sa rivale Caterine Ibargüen avec en 2014, un nouveau record du Venezuela, record personnel et record du meeting. Le Président du Venezuela, Nicolás Maduro, salue la performance de Rojas.
Aux championnats du monde de Doha le , elle obtient une deuxième médaille d'or mondiale au triple saut en s'approchant à nouveau du record du monde, son meilleur essai étant mesuré à . Elle réalise au total quatre sauts au-delà des , loin devant la Jamaïcaine Shanieka Ricketts, deuxième en , et la Colombienne Caterine Ibarguen, troisième en .
Record du monde en salle (2020) Yulimar Rojas commence sa saison hivernale le à Valence en Espagne, où elle s'impose pour son premier concours de saut en longueur de la saison avec un bond à , nouveau record du Venezuela en salle. La semaine suivante, à Metz, elle fait sa rentrée au triple saut et signe d'emblée la meilleure performance mondiale de l'année en battant successivement deux fois son propre record d'Amérique du Sud en salle de la discipline, avec puis , devenant à cette occasion la sixième meilleure performeuse mondiale de tous les temps en salle, et en devenant la première athlète depuis Olga Rypakova en 2010 à sauter au-delà des en salle.
Le , lors du Meeting de Madrid, Yulimar Rojas saute à puis lors de son dernier essai, bat le record du monde en salle de la discipline avec un bond mesuré à . À , la Vénézuélienne améliore de sept centimètres l'ancienne marque de référence détenue depuis le par la Russe Tatyana Lebedeva.
Favorite pour les championnats du monde en salle de Nanjing, dont elle est la double tenante du titre, elle voit l'édition de la compétition être annulée à la suite de l'émergence de la pandémie de Covid-19 dans le monde. De retour sur les sautoirs en août, elle remporte le Meeting Herculis () et une compétition locale à Castelló de la Plana ().
En , elle est élue athlète féminine de l'année par la Fédération Internationale d'athlétisme. Elle déclare à cette occasion vouloir devenir la « première femme à sauter au-delà des ».
Championne olympique et record du monde à Tokyo (2021) Après avoir lancé sa saison 2021 avec un triple saut à à Ibiza le , Rojas réalise à Andújar deux semaines plus tard, battant à nouveau son record personnel en plein air et s'approchant à du record du monde de la discipline. Avec cette marque, la Vénézuélienne détient désormais trois des cinq meilleures performances mondiales de tous les temps.
Le , elle remporte la Doha Diamond League avec (+ ) puis signe ensuite des victoires à Madrid ( + et trop venté) et Monaco (, vent nul). Le , à La Nucia lors des championnats d'Espagne par équipes, elle s'aligne au saut en longueur et réalise l'énorme performance de , trop venté pour être homologué (+ ) mais avec vent légal, record personnel et national. Au , seules Tatyana Kotova (7.42), Tatyana Lebedeva (7.33), Brittney Reese (7.31) et Malaika Mihambo (7.30) ont sauté plus loin.
Aux Jeux olympiques de Tokyo, Yulimar Rojas s'aligne uniquement au triple saut, où elle fait figure de grandissime favorite pour le titre. Elle est la seule femme depuis 2017 à avoir sauté au-delà des (dans différentes) et détient le record du monde en salle. Le , dans le stade olympique de Tokyo, la Vénézuélienne écrase la concurrence en pulvérisant le record du monde d'Inessa Kravets datant du , avec une marque de à son , soit de mieux que l'Ukrainienne. Également auteure de et de durant le concours, marques qui auraient été suffisantes pour remporter le titre, elle devance sur le podium la Portugaise Patricia Mamona, en argent avec (record national) et l'Espagnole Ana Peleteiro, sa partenaire d'entrainement, en bronze avec (record national).
Après les Jeux, Rojas remporte l'Athletissima de Lausanne avec trop venté (+ ) et légal (+ ), deux marques au-delà de l'ancien record du monde que détenait Inessa Kravets pendant . Elle confirme ainsi son récent record du monde. Elle clôt sa saison en remportant le trophée de la Ligue de diamant avec (+ ).
Troisièmes titres mondiaux en salle et en plein air et nouveau record du monde (2022) thumb|Yulimar Rojas lors des championnats du monde en salle 2022. Le , à Madrid, Yulimar Rojas fait sa rentrée hivernale en établissant , la deuxième meilleure marque de sa carrière, à deux centimètres de son propre record du monde.