Tout en haut du monde est un film d'animation franco-danois réalisé par Rémi Chayé et sorti en 2015. C'est un dessin animé en aplats de couleurs. Il relate l'aventure d'une jeune fille russe qui part à la recherche de son grand-père disparu pendant une expédition vers le pôle Nord à la fin du . Le film remporte plusieurs récompenses, dont le prix du public lors du festival d'Annecy en France en 2015.
Synopsis vignette|gauche|Saint-Pétersbourg en 1880. L'histoire commence en 1882 à Saint-Pétersbourg, en Russie. Sacha est une jeune fille russe de l'aristocratie. Son grand-père Oloukine, qu'elle admire et aime beaucoup, est un grand explorateur qui a disparu à bord de son brise-glace, le Davaï, parti en expédition scientifique à la conquête du pôle Nord. Le tsar reproche au défunt grand-père de Sacha d'avoir perdu le Davaï, un brise-glace à la coque extrêmement résistante qu'il avait fait construire à grands frais. Il a promis une récompense d'un million de roubles à qui retrouverait le Davaï, mais les recherches menées pour retrouver le brise-glaces n'ont rien donné. Un jour, Sacha découvre par hasard un feuillet manuscrit de la main d'Oloukine indiquant qu'il n'a pas emprunté le chemin que l'on croyait pour gagner le pôle nord : il n'est pas passé par l'est mais par l'ouest. Le soir même, les parents de Sacha donnent un bal où est invitée la haute société pétersbourgeoise, dont le prince Tomsky, qui vient d'être nommé nouveau conseiller scientifique du tsar. Ce bal doit être le premier où Sacha sera présentée à la haute société. La jeune fille a écouté à la dérobée une conversation du prince et sait que celui-ci déteste Oloukine. Elle accepte néanmoins d'ouvrir le bal avec lui, mais, pendant et après la danse, elle tente de le convaincre que les secours n'ont pas cherché le Davaï au bon endroit. Le prince Tomsky en prend prétexte pour faire un scandale et humilier publiquement Sacha et ses parents. La famille de la jeune fille tombe alors en disgrâce.
Sacha, mortifiée et n'ayant plus rien à perdre, s'enfuit, déterminée à partir elle-même à la recherche du bateau dans le Grand Nord. Après avoir gagné un port en train, elle passe un accord avec Larson, qui est second sur le Norge, un brise-glaces dont le capitaine est son frère, Lund. Larson accepte de prendre Sacha à son bord en échange de ses précieuses boucles d'oreilles, présent de son grand-père. Mais Lund décide de partir plus tôt que prévu et le Norge part sans que Larson n'ait rendu son bijou à Sacha. Démoralisée, la jeune fille reçoit un soutien inattendu de la part d'Olga, l'aubergiste du port. Olga accepte de loger et de nourrir Sacha pendant un mois, jusqu'au retour du navire du Norge, si Sacha travaille à l'auberge. La jeune fille, qui n'a jamais travaillé, découvre la rudesse des conditions de vie de l'aubergiste, mais se montre persévérante et finit par s'y habituer. Un mois plus tard, au retour du Norge, elle a préparé ses arguments et acquis assez d'aplomb pour convaincre Lund de partir à la recherche du Davaï (et du million de roubles). Elle exige d'être prise à son bord, puisque Larson a déjà dépensé le bijou qu'il lui avait pris et ne peut le lui rendre.
D'abord confinée dans la cabine de quarantaine, Sacha acquiert peu à peu l'estime et la confiance de l'équipage du Norge en apprenant la manœuvre. Elle se lie d'amitié avec le mousse, Katch, ainsi qu'avec l'un des huskys embarqués pour servir de chiens de traîneau. Le navire cingle toujours plus au Nord et doit affronter la banquise : la navigation devient risquée. En suivant les indications de Sacha, le brise-glaces arrive en vue d'un canot du Davaï. Lund, Sacha et plusieurs marins vont l'examiner tandis que Larson reste à bord avec ordre de quitter les lieux une heure plus tard si Lund n'est pas de retour, car les icebergs des environs sont dangereux. Larson désobéit et attend le retour de son frère pour partir, mais un iceberg chute à proximité du Norge et le fait s'échouer sur la banquise. En tentant de dégager le navire à coups de dynamite, Lund provoque l'effondrement d'un autre iceberg qui disloque le navire. Les marins parviennent à échapper au naufrage en sauvant une partie du matériel et de maigres vivres, mais Lund a été gravement blessé dans la catastrophe.
Le seul moyen est de partir plus au Nord, où le Davaï a dû être pris par les glaces, selon Sacha. Le froid extrême, le rationnement croissant des vivres et la relation orageuse entre Lund et Larson instaurent un climat tendu parmi les hommes. L'expédition franchit une montagne au-delà de laquelle devrait se trouver le Davaï, mais il n'y a rien. Les vivres sont presque épuisés et un blizzard approche. Lund tente d'obliger Larson à l'abandonner pour avancer plus vite, mais Larson refuse. Les marins se disputent et accusent Sacha de les avoir menés à leur perte. Désespérée, la jeune fille se perd dans le blizzard, où elle manque de peu de mourir de froid. En bon animal psychopompe, un husky la guide alors vers le cadavre de son grand-père, statue gelée en position assise et tournée sereinement vers le pôle Nord. Oloukine tient un journal de bord qu'il destinait sa petite-fille. Le blizzard s'apaise, Sacha émerge de son inconscience mais elle est attaquée par un ours blanc que les marins, venus à leur recherche, tuent de justesse. L'expédition a de nouveau des vivres, la recherche du Davaï peut reprendre.
En lisant le journal d'Oloukine, Sacha apprend que son grand-père a dû faire face à une rébellion à bord avant de poursuivre la route seul, à pied sur la banquise. Il a bel et bien atteint le pôle Nord magnétique, en sacrifiant toute chance de retour. Grâce aux indications plus précises du journal, Sacha parvient à localiser le Davaï, mais doit s'y prendre à deux reprises, faute d'avoir tenu compte de la dérive des glaces. Enfin, après une pénible progression sur la banquise, l'équipage découvre le Davaï pris par les glaces, mais encore intact. Les marins font redémarrer les machines et entament joyeusement le retour vers Saint-Pétersbourg. Le générique de fin montre les retrouvailles entre Sacha et sa famille et le retour en grâce des parents de Sacha aux dépens du prince Tomsky.
Fiche technique Titre : Tout en haut du monde Réalisation : Rémi Chayé Assistante réalisation : Marie Vieillevie Scénario : Claire Paoletti, Patricia Valeix et Fabrice de Costil Musique : Jonathan Morali Animation : Slaven Reese et Han Jin Kuang Lian-Cho Montage : Benjamin Massoubre Direction artistique : Liane-Cho Han, Slaven Reese Production : Ron Dyens, Claus Toksvig Kjaer et Henri Magalon Sociétés de production : Sacrebleu Productions, Maybe Movies, 2 Minutes et France 3 Cinéma Sociétés de distribution : Diaphana Films (France, sortie en salles) Pays d'origine : , Durée : 80 minutes Format : couleur - 2,35:1 Dates de sortie : France : (Festival international du film d'animation d'Annecy) ; (sortie nationale)
Distribution droite|vignette|Christa Theret est l'interprète de Sacha dans le film. Christa Theret : Sacha Anselme Marouvin-Sacksick : Sacha à 5 ans Féodor Atkine : Oloukine, grand-père de Sacha Loïc Houdré : Lund, capitaine du Norge, frère aîné de Larson Rémi Caillebot : Larson, second sur le Norge, frère cadet de Lund Thomas Sagols : Katch, mousse du Norge Rémi Bichet : le père de Sacha Juliette Degenne : la mère de Sacha Fabien Briche : prince Tomsky, conseiller scientifique du tsar Bruno Magne : Maloney, membre de l'équipage du Norge Cyrille Monge : Mowson, membre de l'équipage du Norge Stéphane Pouplard : Frenchy, membre de l'équipage du Norge Boris Rehlinger : Galway, membre de l'équipage du Norge Marc Bretonnière : Navy, membre de l'équipage du Norge Delphine Braillon : Olga, l'aubergiste Audrey Sablé : Nadia, amie de Sacha Gabriel Le Doze : le recteur
Sous la direction de Viviane Ludwig.
Conception du film Idée originale vignette|droite|Le naufrage de l’Endurance, navire d'Ernest Shackelton, lors de son expédition en Antarctique, en 1915. L'idée originale de Tout en haut du monde est conçue par la scénariste Claire Paoletti, qui élabore un projet de long-métrage d'animation au sujet d'une jeune fille de l'aristocratie russe partant à la recherche de son grand-père perdu sur la banquise. En 2005, Claire Paoletti, alors intervenante en scénario, rencontre Rémi Chayé à l'école d'animation de La Poudrière créée par le studio Folimage et lui propose l'idéeEntretien avec Rémi Chayé sur le site du cinéma Caméo de Nancy . Page consultée le 20 février 2016.. Rémi Chayé est tout de suite intéressé, car il a lu peu de temps auparavant le journal de bord de l'expédition polaire de l'explorateur britannique Ernest Shackleton (parti pour plusieurs expéditions polaires, dont l'expédition Endurance en Antarctique) et il apprécie l'idée de raconter une histoire située au . Il se dit aussi influencé par la peinture russe de cette époque, notamment les tableaux de Répine. Claire Paoletti et Rémi Chayé entreprennent l'élaboration d'un projet de film en s'échangeant des inspirations, des idées et des textes. Le projet prend forme lentement et change beaucoup entre l'idée originale et le film terminé.
Scénario Claire Paoletti écrit une première version du scénario, puis demande et obtient une demande de réécriture auprès du Centre national de la cinématographie afin de la retravailler. Elle choisit Patricia Valeix comme référente en écriture : cette dernière propose de nombreuses idées nouvelles, au point de devenir coscénariste. Cependant, les auteurs et Rémi Chayé demeurent insatisfaits de leur histoire. L'héroïne ne suscite pas assez l'empathie à leurs yeux. Et surtout, à ce stade de l'écriture du scénario, l'aventure relate un échec, car Sacha ne cesse de proclamer que son grand-père est vivant et elle finit par le découvrir mort. Ils font alors appel à un troisième coscénariste, Fabrice de Costil, qui réécrit l'histoire sous l'angle de la recherche du bateau, le Davaï, ce qui permet de conférer à la recherche une fin plus positive. Il ajoute également le personnage d'Olga ainsi que l'idée d'une tension entre les deux frères Lund et Larson, et oriente le voyage de Sacha afin qu'elle apprenne l'importance de la cohésion d'un groupe, par distinction avec son grand-père qui est allé jusqu'à continuer sans ses marins.
Financement En 2008, Claire Paoletti et Rémi Chayé prennent contact avec Ron Dyens et le studio de production Sacrebleu Productions, avec qui ils entreprennent de rassembler les financements nécessaires au film. Henri Magalon, du studio Maybe Movies, intervient pendant la réécriture du synopsis. En 2012, les auteurs ont élaboré un pilote d'une durée de trois minutes, en utilisant pour le moment le style graphique de Rémi Chayé : cela leur permet d'obtenir des financements des chaînes France 3 et Canal+. En 2013, ils s'associent au studio danois Norlum : le film devient une co-production franco-danoise, quoique majoritairement française. Tout en haut du monde rassemble ainsi un budget restreint d'environ 6 millions d'euros.
Voix et bruitages vignette|droite|De nombreux bruitages ont été enregistrés à bord de l'aviso-goélette La Recouvrance (ici à Brest pendant les fêtes maritimes de 2008). Les dialogues du film sont enregistrés en studio bien avant la fabrication des scènes animées, ce qui implique que les acteurs et actrices imaginent leur personnage et les scènes qu'ils jouent en s'accordant avec le réalisateur et les scénaristes. C'est l'occasion de proposer plusieurs directions possibles avant de faire des choix définitifs. Les séances d'enregistrement sont intensives car l'équipe dispose de peu de tempsTout en haut du monde, le making of sur le DVD français du film..