Le Vernet est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Le nom de ses habitants est Vernetois. ou Vernetiers.

Géographie Localisation Le village du Vernet est situé dans la vallée du Bès à d’altitude. entre Digne-les-Bains au sud et le lac de Serre-Ponçon, au nord. Sa population dépasse tout juste les permanents, mais elle est souvent plus que doublée chaque hiver et chaque été, où la commune devient alors la base de départ d'excursions touristiques, notamment dans la vallée de la Blanche, ainsi qu'un lieu de départ pour les stations de ski proches (Le Grand-Puy, Montclar les 2 Vallées, Chabanon).

La commune compte deux villages principaux : le Haut-Vernet, situé en altitude, et le Bas-Vernet.

Communes limitrophes vignette|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Le Vernet et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).

Géologie Lors des deux dernières grandes glaciations, la glaciation de Riss et la glaciation de Würm, un glacier est présent dans la partie supérieure de la vallée du Riou de la Montagne. Lors de la glaciation de Riss, une diffluence du glacier de la Blanche franchit le col de Maure et atteint approximativement l’emplacement du village du Bas-Vernet actuel. La diffluence se reproduit à l’époque de Würm, mais n’atteint pas le territoire du VernetMaurice Jorda, Cécile Miramont, « Les Hautes Terres : une lecture géomorphologique du paysage et de ses évolutions », in Nicole Michel d’Annoville, Marc de Leeuw (directeurs) (photogr. Gérald Lucas, dessin. Michel Crespin), Les Hautes Terres de Provence : itinérances médiévales, Le Caire : Association Les hautes terres de Provence ; Saint-Michel-l'Observatoire : C'est-à-dire, 2008, 223 , 33..

Relief Le pic des Têtes () se trouve sur le territoire de la commune, ainsi que le col du Labouret, dans le massif des Trois-Évêchés.

Environnement La commune compte de bois et forêts et fait partie des communes forestières par excellence.

La commune est traversée par la rivière du Bès qui prend sa source à Couloubroux.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Montclar à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Le Vernet est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Digne-les-Bains, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (78,3 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (78,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (47 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (21,7 %), prairies (20,9 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (9,6 %), zones agricoles hétérogènes (0,8 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Voies de communication et transports

vignette|droite|Pont d’accès au village (le platelage est en acier).

La route départementale 900 (ancienne route nationale 100) traverse le territoire communal tandis que la route départementale 457 connecte Le Bas-Vernet et Le Haut-Vernet.

La ligne 28 du réseau des lignes express régionales Provence-Alpes-Côte d'Azur, de Marseille à Barcelonnette, dessert le village tous les jours, dans les deux sens..

La ligne U1 du réseau des lignes régulières de transport des Alpes-de-Haute-Provence opère uniquement en période scolaire, les lundis et jours de rentrée, dans le sens de Barcelonnette vers Digne-les-Bains.Cet horaire de la ligne U1 est également répertorié dans la fiche horaire de la ligne régionale ZOU-LER .

Risques naturels et technologiques Aucune des du département (en 2015) n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Seyne auquel appartient Le Vernet est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune du Vernet est également exposée à trois autres risques naturels : avalanche ; inondation ; mouvement de terrain.

La commune du Vernet est de plus exposée à un risque d’origine technologique, celui de transport de matières dangereuses par route. La départementale (ancienne route nationale 100) peut être empruntée par les transports routiers de marchandises dangereuses.

Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune et le Dicrim n’existe pas non plus.

L'histoire conserve le souvenir de deux tremblements de terre qui ont été fortement ressentis dans la commune. Ils dépassent une intensité macro-sismique ressentie de V sur l’échelle MSK (dormeurs réveillés, chutes d’objets). Les intensités indiquées sont celles ressenties dans la commune, l’intensité peut être plus forte à l’épicentre : le séisme du , avec une intensité ressentie de V et Le Lauzet pour épicentre ; le séisme du , avec une intensité ressentie de V et Prads-Haute-Bléone pour épicentre.

Toponymie

Selon Bénédicte et Jean-Jacques Fénié, spécialistes français de la toponymie occitane, « vernet » fait référence à l’aulne.

Histoire

Préhistoire

Antiquité Dans l’Antiquité, les Bodiontiques (Bodiontici) peuplaient la vallée de la Bléone, et étaient donc le peuple gaulois qui vivait dans l’actuelle commune du Vernet. Les Bodiontiques, qui sont vaincus par Auguste en même temps que les autres peuples présents sur le Trophée des Alpes (avant 14 ), sont rattachés à la province des Alpes maritimes lors de sa création.

Moyen Âge La localité apparaît pour la première fois dans les chartes au , .. Le prieuré Saint-Clément relevait de l’abbaye Saint-Victor de Marseille, via le prieuré de Chaudol (actuellement à La Javie) : il percevait les questes et la taille, le seigneur percevait la cavalcade et l’albergue. Le comte de Provence Raymond Bérenger IV accorde à la communauté, qui relevait de la baillie de Seyne, un consulat au .

Le grand chemin de Digne à Seyne passait, en descendant du col du Labouret, par le Haut-Vernet, sans suivre la vallée du Bès.

Époque moderne En 1602, des essais d’exploitation d’un filon de cuivre tournent court, le gisement étant en réalité très pauvre : dès 1604, les propriétaires ne peuvent payer les ouvriers, dont certains sont envoyés à Villevieille et Verdaches. Ces mines sont à nouveau concédées en 1614, sans que leur exploitation ne redémarreJoseph Billioud, « Les mines de plomb des Basses-Alpes du au », Provence historique, tome 8, , 1958, ..

Époque contemporaine

Révolution française et Restauration

Durant la Révolution, la commune compte une société patriotique, créée après la fin de 1792Patrice Alphand, « Les Sociétés populaires », La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la Société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, , 1989, , ..

Le nom de Bayle était très répandu au Vernet. Aussi, chaque famille accolait un sobriquet à son nom (Bayle-Jessé, Bayle-Sergent; Bayle-Lacroix…).

De nombreux habitants du Vernet ont émigré en Amérique, particulièrement au Nevada (M. Frangi: « L'émigration seynoise au Nevada: duel à Savornin corral », Annales de Haute-Provence, (2004)) et en Californie (M. Frangi: « Les Bayle, émigrants du Vernet en Californie », Annales de Haute Provence (1848-1900), Annales de Haute Provence, .

Second Empire vignette|gauche|Yack du Tibet. Sous le Second Empire, une tentative d'acclimatation et d'élevage du yack du Tibet fut effectuée au Vernet pendant une dizaine d'années, à l'initiative de Charles de Montigny, consul de France à Shanghai, par l'intermédiaire de la société impériale d'acclimationEncyclopédie pratique de l'agriculteur, publié sous la direction de L. Moll et E. Gayot, Volume 13, .. Quelques reproducteurs mâles et femelles furent convoyés au village pour y être élevés par des agriculteurs locaux. Certains animaux furent confiés à Étienne Monnier, agriculteur et éleveur au Haut-VernetSite laverq.net, Texte de Marie-Christine Duval : « Des yacks en Ubaye », consulté le 26 mars 2025.. Le ministre de l’Instruction publique, soucieux du progrès rural, fit une proposition au préfet des Basses-Alpes en avançant cet argument : Ces animaux, originaires du Tibet, possèdent des qualités qui rendent très précieuse leur introduction dans notre pays, au double point de vue de l’agriculture et de l’industrie. Ils peuvent être très utilement employés comme bêtes de somme ou de trait, et devenir ainsi un excellent auxiliaire de l’habitant des montagnes.

Il y eut aussi des tentatives de métissage avec des vaches locales. Le résultat fut décevant et l'opération arrêtée. Les spécimens survivants furent vendusAnnales de Haute Provence, , numéro consacré au Pays de Seyne..