Cristina Cifuentes Cuencas, née le à Madrid, est une femme politique espagnole, membre du Parti populaire (PP).
Fonctionnaire de l'université complutense de Madrid, elle est élue députée à l'Assemblée de Madrid, en , à l'âge de . Après s'être présentée sans succès aux élections européennes de , elle devient secrétaire de l'Assemblée en , puis vice-présidente en .
Au mois de , le nouveau gouvernement espagnol de Mariano Rajoy la nomme déléguée du gouvernement dans la communauté de Madrid. Elle démissionne de ce poste après , pour se présenter aux élections à l'Assemblée de Madrid de comme cheffe de file du PP.
À l'issue de ce scrutin, le Parti populaire perd la majorité absolue dont il disposait depuis . Elle négocie alors le ralliement du parti libéral Ciudadanos, puis est élue présidente de la communauté de Madrid à la fin du mois de suivant. Nommée par Rajoy présidente par intérim du PP régional en , elle est élue à ce poste en .
Au printemps 2018, elle démissionne de la présidence de la communauté autonome, de la présidence de la fédération régionale de son parti et de son mandat de députée, après la révélation d'irrégularités dans l'obtention d'un master en droit public et la diffusion d'une vidéo d'un vol supposé dans un hypermarché.
Vie privée Née le à Madrid, Cristina Cifuentes Cuencas. est la septième des huit enfants de José Luis Cifuentes, général d'artillerie de La Corogne, et de Fuencisla Cuencas, femme au foyer d'Orense. Elle est mariée avec l'architecte Francisco Javier Aguilar Viyuela et est mère de deux enfants..
Formation et débuts en politique En , alors âgée de , Cristina Cifuentes s'engage en politique et rejoint les Nouvelles générations de l'Alliance populaire (NNGG). Elle s'inscrit ensuite à l'université complutense de Madrid (UCM), où elle obtient licence en droit.
Plus tard, elle suivra d'autres formations académiques. La première, en 1999-2000, est un de l'Institut de recherche universitaire Ortega y Gasset de l'UCM, qu'elle avait initialement présenté comme un ..
La seconde formation, suivie en 2011-2012, est un master en droit autonomique à l'université Roi Juan Carlos (URJC).. Elle est poursuivie pour concernant l'obtention ce diplôme. mais elle est relaxée en par l'audience provinciale de Madrid..
À la suite de ses études, elle passe avec succès le concours interne permettant d'accéder au corps des techniciens de gestion de l'université..
Débuts en politique Dans la perspective des élections autonomiques du dans la communauté de Madrid, Cristina Cifuentes est investie en sur la liste du Parti populaire (PP), conduite par Alberto Ruiz-Gallardón.. La liste obtenant 47 sièges, elle est élue députée à l'Assemblée de Madrid à et siège dans l'opposition.
Elle se présente ensuite aux élections européennes du à la de la liste du PP, emmenée par Abel Matutes.. Cette liste obtenant 28 sièges, elle n'est pas élue au Parlement européen.
Ascension vignette|gauche|200px|alt=Cifuentes, González et Botella.|Cristina Cifuentes, le président de la communauté de Madrid Ignacio González et la maire de Madrid Ana Botella en à Villa de Vallecas. Réélue en , Cristina Cifuentes est désignée troisième secrétaire du bureau de l'Assemblée après les élections autonomiques du , puis promue première secrétaire au cours de la législature..
À la suite des élections du , elle intègre la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Tamayo-Sáez, où elle se fait régulièrement rappeler à l'ordre pour ses commentaires pendant les interrogatoires menés par les partis de gauche.. En l'absence de majorité, de nouvelles élections sont convoquées en . À l'issue de ce scrutin, elle est choisie par Esperanza Aguirre pour occuper un poste de porte-parole adjointe du groupe parlementaire, de nouveau majoritaire.
Élue au comité exécutif régional (CER) du Parti populaire de Madrid (PPM) quand Aguirre en prend la présidence en ., elle est désignée le par son groupe parlementaire pour exercer les fonctions de première vice-présidente de l'Assemblée de Madrid pour remplacer José Ignacio Echeverría, devenu sénateur.. Elle prend ses fonctions plus tard. et se voit reconduite après les élections autonomiques du .
Déléguée du gouvernement Pour les élections du , Cristina Cifuentes est investie à la de la liste présentée par le Parti populaire, menée par Aguirre..
Au début du mois de , des sources au PP de Madrid affirment qu'elle a été choisie comme prochaine déléguée du gouvernement dans la communauté de Madrid, notamment grâce à sa capacité à faire consensus entre Esperanza Aguirre, la vice-présidente du gouvernement Soraya Sáenz de Santamaría et la secrétaire générale nationale du parti, María Dolores de Cospedal.. Elle est officiellement nommée par décret le ., à l'âge de . Elle démissionne donc de l'Assemblée après plus de de mandat.
Présidente de la communauté de Madrid Gouvernement minoritaire vignette|200px|gauche|alt=Cifuentes, Aguirre et Rajoy.|Cristina Cifuentes, Mariano Rajoy et Esperanza Aguirre en , en campagne pour les élections autonomiques et municipales. Le , à environ des élections autonomiques du , le président du PP Mariano Rajoy annonce qu'elle sera la tête de liste du Parti populaire lors de ce scrutin, en lieu et place du chef de l'exécutif sortant Ignacio González.. Elle est donc relevée de ses fonctions administratives le ..
Le jour de l'élection, le PP arrive de nouveau en tête, pour la huitième fois consécutive, mais perd sa majorité absolue avec sur 129. Les forces de gauche obtiennent un total de 64 élus, une voix de moins que la majorité requise pour gouverner. Elle entreprend alors de négocier avec le parti libéral Ciudadanos (Cs) et les deux formations parviennent à un accord le , qui prévoit notamment de renforcer l'indépendance de la télévision publique régionale, de renoncer à la privatisation du service public de l'eau Canal de Isabel , de supprimer le conseil consultatif, et d'augmenter les dépenses dans l'éducation et la petite enfance..
vignette|200px|alt=Cifuentes lors de la conférence des présidents de 2017.|Cristina Cifuentes, entourée du président de Murcie Pedro Antonio Sánchez, du président de Galice Alberto Núñez Feijóo et du président de Castille-et-León Juan Vicente Herrera le , lors de la conférence des présidents. Cristina Cifuentes est investie à présidente de la communauté de Madrid par l'Assemblée de Madrid le par pour sur 129.. Elle prend ses fonctions dès le lendemain..
Elle est nommée le présidente de la direction provisoire () du Parti populaire de Madrid, constituée à la suite de la démission d'Esperanza Aguirre. Son ancien directeur de campagne Juan Carlos Vera est nommé secrétaire général par intérim..
En suivant, la Banque d'Espagne indique que la dette de la communauté autonome a augmenté de plus de d'euros, soit une hausse de l'ordre de 11,7 %, depuis qu'elle est arrivée au pouvoir..
Présidente du PP de Madrid Dans le cadre du national du PP, Cristina Cifuentes présente le un amendement à la révision des statuts, qui permet l'élection du président du parti par le vote des militants, et non plus des délégués de ces derniers, à tous les niveaux.. Elle annonce le retrait de son amendement plus tard, après que la direction nationale, opposé au principe de l'élection primaire, a accepté que la réforme statutaire donne aux fédérations régionales et provinciales le choix dans le mode d'élection de leur président..
vignette|gauche|200px|alt=Direction du PPM élue en .|Cristina Cifuentes, Ángel Garrido et Jaime González Taboada lors du congrès du PPM, en . Elle annonce le qu'elle postule à la présidence du Parti populaire de Madrid dans le cadre du congrès régional prévu du au , et qu'elle abandonne donc la présidence de la direction provisoire.. Elle présente à la commission d'organisation du congrès plus de , pour un minimum réglementaire de 90, et se trouve proclamée le candidate avec pour opposant l'ancien élu de l'arrondissement de Chamberí Luis Asúa.. Au cours du premier tour de l'élection, ouvert à tous les adhérents, le , elle remporte , soit 86,4 % des suffrages exprimés. Ayant remporté plus de 50 % des voix et une avance supérieure à 15 % sur son adversaire, elle sera la seule à prétendre au poste de président du PPM lors du congrès régional..
Elle est officiellement élue à la direction de la fédération régionale du Parti populaire le par 93,3 % des suffrages exprimés, soit sur , un résultat moins bon que sa prédécesseur Esperanza Aguirre, qui avait totalisé 97 % des votes en .. Elle forme alors une direction composée de fidèles, confiant les postes stratégiques à de proches collaborateurs, comme le porte-parole du gouvernement de la Communauté de Madrid Ángel Garrido, désigné secrétaire général ou le conseiller à l'Environnement Jaime González Taboada, nommé coordonnateur général..
Mise en cause pour corruption La presse espagnole révèle le que Cristina Cifuentes est nommément citée dans un rapport complémentaire établi par la Garde civile le précédent, à propos de l'affaire Púnica : elle est accusée par les enquêteurs d'avoir accordé, en tant que présidente de la commission d'appel d'offres de l'Assemblée de Madrid, des marchés publics de manière irrégulière en , alors qu'elle était à l'époque administratrice de la fondation du PP de Madrid et membre du comité de campagne autonomique du parti. Le parquet anticorruption affirme de son côté qu'il n'y a pas de preuve qu'elle ait participé au détournement de fonds ayant financé la campagne électorale régionale de ..
Dans un rapport complémentaire, remis au juge chargé du dossier le et révélé le au public, la Garde civile informe le magistrat qu'elle confirme ses soupçons contre la présidente de la communauté de Madrid.. Le même jour, elle quitte la séance plénière de l'Assemblée de Madrid après avoir été prise à partie par un député de Podemos au sujet de ces rapports et ne regagne pas son siège lors du vote final du texte soumis à discussion..
Le , l'ancien conseiller à la Présidence Francisco Granados, l'un des principaux mis en cause dans l'affaire Púnica, la met personnellement et directement en cause dans les affaires de financement occulte des campagnes du PPM, affirmant qu'elle appartenait au noyau dur du parti du fait d'une avec Ignacio González.. Alors que le PSOE et Unidos Podemos annoncent leur volonté de la faire comparaître devant la commission d'enquête parlementaire du Congrès sur le financement illégal du Parti populaire., elle dépose plainte contre Granados pour .. Elle comparaît devant la commission d'enquête parlementaire le suivant, une semaine après la comparution de Granados.
Controverse sur l'obtention d'un diplôme Le média Eldiario.es affirme en que deux matières du master en droit des communautés autonomes que Cristina Cifuentes a suivi en 2012 à l'université Roi Juan Carlos (URJC) ont été d'abord notées comme « non présentées », puis, deux ans plus tard et sans nouvelle inscription, ont été modifiées pour une note de 7,5 avec la mention « bien ». Eldiario.es accuse ainsi Cifuentes d'avoir obtenu ce diplôme d'une université publique avec des notes « falsifiées ».. En conférence de presse, le recteur de l'URJC a nié l'accusation et a soutenu que Cristina Cifuentes avait validé toutes les matières en 2012, attribuant cette différence de notation à un « oubli administratif ».. Cependant, il annonce le lendemain dans un communiqué de presse l'ouverture d'une « procédure administrative nommée « information réservée » pour faire la lumière sur ce qu'il s'est passé et déterminer, le cas échéant, les responsabilités qui pourraient exister ».. Plusieurs étudiants de sa promotion affirment ne l'avoir jamais vue en cours.. thumb|right|200px|Cifuentes présentant le document d'inscription dans les études de master le 4 avril 2018 à l'Assemblée de Madrid.