thumb| avec le cardinal Caprara, légat pontifical en France. Étude pour Le Sacre de Napoléon, par David. La relation entre et l'Église catholique est un aspect important de son règne. Il consolide son pouvoir par sa volonté de soumettre le religieux au pouvoir civil, en particulier par la mise en place d'un concordat, et trouve ainsi un compromis entre la société d'ordre d'Ancien Régime et la période antireligieuse révolutionnaire. Ses relations avec la papauté deviennent très mauvaises, en particulier à cause de sa politique de blocus avec la Grande-Bretagne et de son instrumentalisation de l'Église, ce qui contribue à sa chute.
La campagne d'Italie : Napoléon face à left|thumb|Le pape Pie VI par Pompeo Batoni, 1775 Napoléon Bonaparte est élevé dans la religion catholique par sa mère, Letizia Bonaparte, qui est très pieuse. Proche du frère de Robespierre puis des milieux anti-religieux du Directoire, il accepte de réprimer une émeute royaliste en tirant au canon sur le parvis d'une église, mais refuse d'intervenir contre les Chouans. Affecté comme général en Italie pour vaincre l'Autriche en 1796, il est conduit à combattre les troupes papales alliées aux Autrichiens et à occuper Ancône et Loreto, qui sont des terres des États du Pape.
Selon André Palluel-Guillard,
demande et obtient la paix au traité de Tolentino le , mais des tensions révolutionnaires dans ses États le conduisent à condamner des révolutionnaires italiens et français. Des affrontements, le , s'achèvent par la mort du populaire brigadier-général Mathurin-Léonard Duphot, révolutionnaire, membre du corps diplomatique de l'ambassade de Rome que dirige Joseph Bonaparte. En représailles, le général Berthier marche sur Rome, qu'il prend sans résistance le . Il proclame une République romaine et exige du pape la fin de son pouvoir temporel.
Devant son refus, les Français l’arrêtent et le , l'escortent de Rome à Sienne, puis jusqu'à la Certosa, à côté de Florence. Il y reste jusqu'à ce que la France déclare la guerre à la Toscane et est alors déplacé jusqu'à Parme, Plaisance, Turin et Grenoble. Escorté par Pedro Gómez marquis du Labrador, il est enfermé dans la citadelle de Valence (Drôme), où il meurt six mois après son arrivée le , faisant qu'il avait alors eu le plus long pontificat de l'histoire (cas spécial de saint Pierre mis à part). Son corps est embaumé mais n'est pas enterré.
Napoléon, qui vient de prendre le pouvoir en France, veut le soutien des catholiques et le règlement de la question religieuse ; le clergé français est de fait détruit par la rupture entre Rome et le gouvernement. Napoléon théorise l'influence de la religion comme moyen de contrôler et d'influencer les Français.
Pendant le conclave, le , Napoléon fait enterrer en grande pompe, donnant un signe aux catholiques. Le conclave, fort long, débouche sur l'élection de , connu comme un partisan du compromis avec la France post-révolutionnaire.
La paix de Lunéville La papauté avait aussi à se plaindre de la sécularisation de nombreuses terres d'Église dans le Saint-Empire romain germanique après la Paix de Lunéville (1801). En effet, un nombre de princes germaniques avaient perdu des terres compensées par ce traité grâce à la saisie de propriétés ecclésiastiques.
Le Concordat de 1801
Cela permet la négociation du Concordat de 1801. Ce Concordat réorganise un lien entre Rome, le clergé français et l'État napoléonien. Ercole Consalvi, le secrétaire d'État du pape, en est le négociateur. La négociation redonne une place officielle à Rome et au catholicisme, mais par la présence des « articles organiques » que Consalvi n'accepte qu'après un long combat, il soumet de fait le clergé à l'État en particulier par le contrôle de la nomination de la hiérarchie épiscopale. Cela rappelle les tendances gallicanes depuis la Pragmatique sanction à Louis XIV. Il s'agit d'un accord, négocié avec le pape Pie VII et approuvé par lui (bulle , ). En échange de la renonciation définitive de l'Eglise catholique aux biens confisqués en 1789, "le gouvernement assurera un traitement convenable aux évêques et aux curés". Le clergé séculier est donc fonctionnarisé"..
Pour André Palluel-Guillard,
Relations avec Pie VII et sacre impérial thumb|right|Portrait du Pape Pie VII par Jacques-Louis David, 1805 La modération de Pie VII est le résultat d'un rapport de force où Napoléon tente successivement la séduction et la menace parfois militaire (d'où la fameuse scène où après avoir tenté de plaire au pape, l'Empereur est traité de comediente par le pape, puis, après des menaces, de tragediente). Malgré l'avis de la curie, Pie VII se déplace pour le couronnement impérial à Paris en 1804.
Si l'Empire a été formellement fondé par un vote du Sénat, le , entériné par le plébiscite organisé pendant l'été, Napoléon se pose face à l'Europe en successeur de Charlemagne et souhaite être sacré à Paris par le pape, ce qui n'est plus arrivé à un souverain français depuis Louis le Pieux, en 816.. Il tient cependant à ne pas lui accorder trop de place, sa présence devant seulement « donner du lustre » à la journée. Finalement, Napoléon décide de se couronner lui-même et d'achever la cérémonie par un serment civique ou civil.
Le pape refuse les dons promis par l'Empereur à l'Église. Napoléon finit par lui faire offrir une tiare (qui était couverte de pierres issues de la tiare de Pie VI que des militaires français avaient desserties) et un portrait du pape par David. Le peintre immortalise le moment où Joséphine est couronnée Impératrice par l'Empereur, qui vient de se placer lui-même la couronne sur la tête, ne voulant pas que ce soit le pape qui le couronne.
Outre la présence du pape, Napoléon et Joséphine sont ondoyés lors d'une messe, et l'Empereur prononce son serment une main posée sur l'Évangile, hors de la présence de Pie VII. Pie VII prononce quinze bénédictions.
Selon l'historien Thierry Lentz, .
Les efforts diplomatiques du cardinal Fesch n'empêchent pas la brouille Napoléon choisit son oncle, le cardinal Joseph Fesch, pour remplacer le vieil ambassadeur à Rome François Cacault. Châteaubriand est son collaborateur, mais assez rapidement s'écarte de ses points de vue. C'est Fesch qui est chargé en 1804 par Napoléon de s'assurer de la présence du pape à son couronnement, ce qui est difficile, quelques mois après l'exécution du duc d'Enghien et les réticences de tous ordres de la curie et du pape. Cette réussite lui vaut des honneurs importants (le Grand Cordon de la Légion d'honneur), un siège au sénat et en 1806 le poste de coadjuteur et successeur de Charles-Théodore de Dalberg, prince-évêque de Ratisbonne.
Toutefois, après 1806, les relations se tendent sur de nombreux sujets politiques et religieux. Malgré les efforts de Fesch pour les concilier, Napoléon est de plus en plus ferme dans ses exigences, et Pie VII de moins en moins enclin à composer lorsque les intérêts de l'Église ou sa discipline lui semblent menacés. L'Empereur est agacé par l'esprit conciliant de Fesch, qui fait le plus d'efforts possible pour concilier la soumission le spirituel et sa soumission au pouvoir civil. Il est finalement rappelé.
L'archevêque de Paris Napoléon nomme Jean-Baptiste de Belloy évêque de la capitale. Malgré son âge élevé, il réorganise avec énergie son diocèse, le dotant d'un clergé capable et assurant lui-même les visites pastorales. Cela lui vaut la satisfaction de Napoléon qui plaide pour sa création comme cardinal, que Pie VII décide lors d'un consistoire qui se tient à Paris le premier .
Les États du pape La non-application du blocus par les États du Pape dégrade rapidement les relations entre l'Église et Napoléon. Le , la division du général Miollis occupe Rome, et le mois suivant, le royaume d'Italie — dont Napoléon est souverain — annexe les possessions pontificales d'Ancône, Macerata, Fermo, et Urbino. Les relations diplomatiques sont brisées.
Le Napoléon, depuis Schönbrun, donne deux décrets qui reprochent au pape le mauvais usage de la donation de Charlemagne, son « auguste prédécesseur », et annexe à l'Empire français les territoires que le pape détenait encore. Miollis les organise avec un conseil extraordinaire. Le Pape reçoit un dédommagement de deux millions de francs annuels... Le , le drapeau pontifical qui flottait sur le château Saint-Ange est amené.
Excommunication de Napoléon et emprisonnement de Pie VII Le , le pape excommunie Napoléon par la bulle Quum memoranda : celle-ci ne nomme personne mais vise « tous les responsables des attentats commis à Rome et dans les États de l'Église contre les immunités ecclésiastiques et contre les droits même temporels de l'Église et du Saint-Siège »... Le , le général Étienne Radet arrivé à Rome avec 400 gendarmes à cheval. Dans la nuit du 6 au , le pape est enlevé par les troupes napoléoniennes ; il demeure incertain si l'initiative est revenue à Radet ou à Miollis, Napoléon n'ayant jamais donné d'ordre formel en ce sens, même s'il poussait ses subordonnés à la violence. Selon l'historienne Bernardine Melchior Bonnet, l'attaque du palais . Pie VII refuse alors de renoncer à sa souveraineté temporelle sur Rome et les États pontificaux, comme l'y invitent ses ravisseurs. Apprenant l'enlèvement, Napoléon écrit à Fouché : .
Pie VII est installé dans une citadelle à Savone, où il reste trois ans. Par de nombreux moyens, Napoléon cherche à faire pression sur lui pour obtenir sa renonciation au pouvoir temporel et un nouveau concordat. En , Pie VII est transféré à Fontainebleau, où réside Napoléon alors que celui-ci part en guerre en Russie.
thumb|250x250px|right|Le monument à Pie VII dans la basilique Saint-Pierre Le pape mis en résidence surveillée six ans à Fontainebleau y signe le Concordat en 1813., ne retourne à Rome que le , après sa libération par des troupes de la Coalition au moment de la défaite de Napoléon.
Congrès de Vienne
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Trésor de Lorette (article traitant de la relation du général Bonaparte avec le culte marial) Église catholique en France Histoire de l'Église catholique Histoire du christianisme en France
Références
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