(« Temps » en breton), sous-titré , est le vingt-quatrième album original d'Alan Stivell sorti le sous le label distribué par Harmonia Mundi. New' AMzer en est le premier extrait des douze titres.

En employant le mot breton , qui signifie le temps qu'il fait mais aussi le temps qui passe, Alan Stivell porte un regard sur l'évolution du monde, un demi-siècle après ses débuts de chanteur, et sur le progrès technique, en jouant sur une nouvelle harpe celtique électrique, accompagné d'effets modernes. L'ensemble évolue par improvisations et par vagues d'énergies, suivant le cycle saisonnier.

Porté par un « » de programmations, voix, cordes, flûtes et percussions, l'album aboutit à une musique contemplative , entre folk d'avant-garde et approche électronique expérimentale. Les textes sont des poèmes chantés en lien avec la nature et les saisons, parfois anciens comme les haïkus japonais ou récents comme le poème breton écrit par un adolescent.

Télérama et l'AFP parlent de « chef-d’œuvre » et plusieurs journalistes saluent la démarche conceptuelle, l'exploration sonore ou l'ouverture culturelle. La tournée 50+ AMzer Tour passe par les grandes salles françaises.

Démarche Conception

vignette|gauche|upright|Révolution des Œillets|alt=Photo d'une colombe et d'un œillet dessinés sur un mur. Alan Stivell poursuit la quête d’une « musique globale » et intemporelle, avec une attirance pour toutes les musiques, dans l’espace et le temps : « J’aime que se côtoient des univers théoriquement aux antipodes ». Le concept de ce , comme les 24h d'une journée, est de faire une pause dans le temps, en phase avec la nature et la poésie.. ., une démarche artistique et de plénitude en réponse aux horreurs du monde, « comme ces révolutionnaires qui offrent des fleurs aux soldats ».. L'album sort en France en , entre les attentats de janvier et ceux de novembre.

vignette|upright|La Japonaise Maliko Oka dit les haïkus en concert.|alt=Photo de Maliko Oka au micro sur scène en 2016. Le titreLes titres bretons ont des syllabes en majuscules pour marquer une insistance sur ces lettres. évoque le temps qu'il fait en langues celtiques ( en breton et gallois, en gaélique) mais également le temps qui passe en breton, un double sens comme en français. Le sous-titre anglais précise qu'il s'agit des saisons : . En dédiant cet album aux poètes, il se rapproche de l'album quarante ans plus tôt« Les textes », livret de l'édition deluxe de l'album, .

Alan Stivell ouvre son conte musical, organique et intimiste, par le temps nouveau qui correspond au printemps. Sa culture bretonne et celtique va au contact d'autres cultures et pour la première fois, l'artiste s'ouvre à la culture japonaise, en présentant trois haïkus Japonais, du au . Le haïku est le plus court poème au monde mais dit, en quelques vers, le temps qui passe, la nature, la vie, la beauté Ronan Hirrien, Haïku, (Haïku, en une respiration, le monde), documentaire en breton, octobre 2015, France 3 Bretagne, visionner dans l'émission Bali Breizh. Comme le yin et le yang, pour avoir une vision globale, il existe une partie diurne et son pendant nocturne plus intériorisé.. Alan Stivell continue de mener ses recherches musicales expérimentales, en lien avec le développement technologique. Durant trois ans, il a travaillé dans son studio des sons purs, archaïques et futuristes. L'ensemble peut être assimilé aux tendances musicales actuelles « electropop-folk »« La musique », livret de l'album, ..

Construction Alan Stivell emploie parfois un jeu de harpiste peu fréquent et des sons qui peuvent rappeler une basse acoustique ou une guitare électrique. Les morceaux se sont construits par improvisations successives, au calme de la campagne et à proximité du canal d’Ille-et-Rance, source d'inspiration de l'album, avec ses hérons et nénuphars. En enregistrant les prises finales dans son home studio, au fil des inspirations , il espère transmettre plus sincèrement ce qu'il ressentait spontanément, les émotions et l'incertitude du moment, tout comme pour les deuxièmes voix improvisées en prise directeEn 1998, au sujet de l'album À prendre de Miossec, Stivell déclare aimer .. Il réorganise ses improvisations, une matière « déconstruite-reconstruite », avec des logiciels de musique assistée par ordinateur (MAO). Grâce aux systèmes Audio-to-MIDI, il pilote par la harpe, voir avec la voix (8), des sons synthétiques, comme du piano dans . La harpe s'exprime en solo dans le dernier instrumental.

Depuis 1964, le harpeur utilise des pédales électroniques pour guitare et depuis 1973 il élabore ses propres harpes électrifiées. En , le jeune luthier breton Tom Marceau, spécialisé dans les guitares électriques, livre la à cordes nylon. et le Pôle Mécanique de l'Université de Rennes I conçoit en janvier les 34 leviers qui appuient sur les cordes.. En 2014, ce prototype, dessiné par l'artiste, est expérimenté sur scène et utilisé en studio. Deux autres harpes participent à l'enregistrement : la harpe acoustique cordée métal de Vincenzo Zitello (1, 5, 12) et la harpe « » Leo-Goas-Stivell cordée métal (10).

Réalisation À partir de , Alan Stivell commence la production de son album à son domicile. Son travail est ralenti par divers événements : sa tournée anniversaire Olympia 2012, les sorties de livres, ses soutiens en faveur de la réunification de la Bretagne et de la langue bretonne.. Les maquettes, MAO et programmations se poursuivent en solo dans son studio Keltia 3 à Betton jusqu'en ., en posant sa voix en . Son ami harpiste italien, Vincenzo Zitello, ouvre les portes de son studio en Lombardie pour enregistrer lui-même les prises de son de la harpe acoustique qu'il a réalisé. L'ensemble des autres enregistrements sont effectués par Damien Tillaut à Rennes entre et . Le mixage est effectué en plusieurs phases, en décembre et janvier, aux studios Tillaut et La Licorne rouge puis le a lieu au studio parisien Translab, où le spécialiste Chab effectue une dernière écoute pour confirmation, avant un montage définitif le .

L'instrumentarium est folk et traditionnel : flûtes (, flûte traversière ou irlandaises), cordes (harpes, guitares, contrebasse, violon), percussions. Pour agrémenter la conception sonore, Alan Stivell fait appel à des voix féminines (Toshiko Dhotel, Maliko Oka, Gráinne O'Malley) et au designer sonore Nicolas Pougnand, ex-membre du groupe rennais X-Makeena, ainsi qu'à David Millemann pour différents apports électro-acoustiques (notamment sur le triptyque As A Tribute et le remix du titre éponyme Néo Amzer) et Nicolas Hild aux machines sur trois titres.

Sortie et accueil Publication Le , le clip sous-titré de est mis en ligne, réalisé par le Rennais Jo Pinto Maïa . À travers les activités en plein-air d'une petite fille, il montre l'arrivée du printemps ; elle quitte un grenier, dans lequel la neige et les feuilles tombent, pour aller s'amuser dans les prés et la forêt. Le titre est ensuite disponible dans les magasins de musique en ligne.

Le , la version digitale de l'album est commercialisée en ligne. Le , trois déclinaisons des supports physiques de l'album sont distribués par Harmonia Mundi : standard, édition Deluxe Leclerc (3 titres bonus, livret de 60 pages) et double vinyle. La première semaine, l'album Deluxe entre dans le « top albums France » à la . et est durant deux semaines du top 30 albums Musiques du Monde fusionnés SNEP.

Classement (2015) Meilleure position

Promotion Le , un nouveau site officiel en .bzh présente le visuel et le communiqué de presse de l'album. Le , à l'occasion du départ du Tour de France 2015 à Rennes, Alan Stivell est présent à l'émission Village Départ sur France 3 au cours de laquelle un extrait de est diffusé.. Les radios France Bleu et les centres E.Leclerc sont partenaires de l'album : deux matinées lui sont consacrées, sur France Bleu Breizh Izel et Armorique et des Espaces culturels E.Leclerc affichent des pancartes. Le jour de la sortie numérique, le , il est l'invité du journal télévisé de France 2 présenté par Élise Lucet et interprète en direct à la harpe avec David Millemann. Sur France 3 Bretagne, il est interviewé le dans le JT et le 4 dans l'émission culturelle en breton Bali Breizh. Le , sur France Inter, il est l'invité de l'émission Si tu écoutes, j'annule tout en direct de l'opéra de Rennes. Le 12, Frédéric Taddeï le reçoit dans son émission Europe 1 Social Club et le 19, Alain Pilot lui dédie l'émission La bande passante sur RFI.. Fin octobre, il enregistre les émissions Du côté de chez Dave et Vivement dimanche. Le , il est invité à se produire en ouverture du Téléthon sur France 2 et met aux enchères une de harpe.

Critique

Ouest-France considère que et un journaliste de l'AFP en fait un . Dans la série « Ma vie en musique », Télérama, présente comme . L'album obtient les 4 clés de Télérama et est résumé dans la chronique, en concluant que .

L'album est le « coup de cœur » d'une chroniqueuse du journal L'Humanité, déclarant que . RTL parle d'Steven Bellery et Martin Cadoret, Natasha St-Pier, Arielle Dombasle et Alan Stivell parmi les sorties de la semaine, rtl.fr, 2 octobre 2015 et France Inter d'une voix , entourée . Il est dans les sélections « Grands crus » et « meilleurs albums de 2015 » de Télérama et dans les « Dix disques pour refaire l’Europe » des Inrockuptibles.. Le site Rythmes Croisés analyse la , qui est de , car . Concernant La Croix, s'écoute .

La revue relève l'impression de continuité malgré les variations du , : .. Pour Le Peuple breton, . Le site Bretagne Actuelle salue la démarche contemporaine et moderniste : Hervé Devallan, Alan Stivell « AMzer », bretagne-actuelle.com, 11 septembre 2015. Le site Forces Parallèles apprécie musicalement mais qui .

Représentation vignette|Les marins-sonneurs du bagad de Lann-Bihoué sur scène au FIL 2016.|alt=Alan Stivell à la harpe et le bagad de Lann-Bihoué à Lorient en 2016. Une tournée, baptisée 50+ AMzer Tour, marque les cinquante ans de carrière de l'artiste, commencée en tant que chanteur en 1966 et signant l'année suivante un contrat d'exclusivité avec Philips. La première partie du spectacle est consacrée à la découverte des saisons de l'album et la seconde partie est liée aux retrouvailles avec son public autour des chansons connues Alan Stivell, l'invité de Dimanche Ouest-France, Ouest-France.fr, mise en ligne le 16 septembre 2015. Des voiles blanches servent de projection au décors, avec des rappels de la pochette, des symboles de végétation ou de mitsu-tomoe et des galets au pied de la harpe. Après une résidence et un concert à Saint-Brieuc, Alan Stivell présente son album le à La Cigale à Paris, accompagné par l'ensemble des musiciens de studio et les chanteuses étrangères . En vue de prestations communes avec le célèbre bagad de Lann-Bihoué, il répète au centre à Ploemeur. De février à , une tournée « Fête de la Saint-Patrick et de la Bretagne » de 35 dates passe par les Zéniths et grandes salles de France.. La setlist de la tournée estivale alterne entre quelques titres de l'album et les morceaux traditionnels, dans des versions parfois revisitées.. Lors du festival interceltique de Lorient 2016, Stivell, le « roi de la pop celtique » est invité par la « reine de la folk », Joan Baez, à interpréter Tri martolod en duo. Le lendemain, il joue à guichet fermé sur la même scène, avec comme invité le bagad de Lann-Bihoué, . ..

Caractéristiques artistiques Analyse musicale