La DU 65 (Draisine Unifiée modèle 1965) est un engin moteur de la SNCF spécialement aménagé pour le transport du personnel et du matériel.
Description Cette série de draisines a été construite à 142 unités par la CIMT Lorraine, dont 141 pour la SNCF. En effet, la RATP a aussi commandé un exemplaire pour ses propres besoins, numérotée T 151.
Concernant l'unique pupitre de conduite, il est ingénieusement disposé au centre de la cabine, parallèle aux rails, ce qui a pour avantage, comparé aux anciennes séries de draisines, de n'en nécessiter qu'un seul, puisqu'il suffit au conducteur de tourner la tête pour voir des deux côtés de la voie (à l'image des autorails Picasso), ce qui permet des économies de place notamment.
Les "DU 65" appartiennent à 3 sous-séries, néanmoins, au fur et à mesure des révisions, elles deviennent toutes identiques en termes de puissance : la première sous-série a une puissance nominale de à l'origine, alors que les deux autres développent de puissance.
Concernant la motorisation, 4 modèles de moteurs différents ont été montés : deux moteurs Unic à 4 cylindres en ligne, et deux moteurs Renault de 6 cylindres en ligne, reconnaissables extérieurement grâce au petit « champignon » de prise d'air extérieur sur le côté du capot moteur, ce dont ne disposent pas les draisines avec moteurs Unic.
À l'origine, dans un but esthétique, les draisines disposent sur la plateforme arrière d'un petit capot entourant le pot d'échappement. Néanmoins, pour des questions de gains de place et de simplification, il est par la suite retiré. Ses traces sur la carrosserie de la cabine restent toutefois visibles, avec un grand rectangle autour du pot d'échappement.
Certains engins reçoivent sur cette même plateforme arrière une petite grue hydraulique, principalement du modèle Marrel 460 avec 4,5t/m de capacité et 6,00 m de portée en 2 extensions ou Fassy F50 de 3,5 t/m, permettant de réaliser de petits travaux de voies.
En plus de l'attelage à vis classique, elles disposent d'un attelage à tulipe leur permettant de remorquer des petits wagonnets (remorque unifiée) de 4T multitâches : en effet, ces wagonnets d'une capacité de 10T, sortis quelques années avant (années 50) les draisines, reposent sur une conception de châssis plat auquel on peut ajouter des ranchers ou des ridelles pour faire soit des wagonnets plats à ranchers soit des petits tombereaux. D'autres variantes ont aussi existé comme des wagonnets avec citernes pour nettoyer les rails ou servir de wagon incendie pour des chemins de fer touristiques, comme au Chemin de Fer de la Vendée (CFV), ou avec une nacelle comme celui basé à Laroquebrou (Cantal) pour permettre l'entretien des câbles de détection de chutes de pierres, ou avec un système pour le contrôle du gabarit des tunnels (surnommés "hérissons"), ou encore par deux équipés de portiques pour le transport et le chargement/déchargement de coupons de rails ; certains ont même été équipés de grues.
Les "DU 65" sont aussi utilisées pour le remorquage de Mauzinettes, lors d'acheminement ou de marches de mesures. Pour ce faire, elles sont soit attelées via l'attelage à vis classique, soit via l'attelage à tulipe par les barres courtes.
vignette|La draisine Campagne type Est du musée Rosny-Rail, avec cabine et capot moteur de DU 65.|gauche|223x223px Parallèlement, de nombreuses pièces issues des "DU 65" ont été utilisées sur d'autres séries de draisines plus anciennes lors de leur modernisation, ou lors de la construction de nouvelles draisines. Cette réutilisation de pièces déjà existantes était réalisée dans un but d'économies de conception et de réalisation de nouvelles pièces, dont principalement : Les traverses de tamponnement (BR 81 par exemple) ; La cabine de conduite (Campagne type Est par exemple) ; Le pupitre de conduite ; Le capot moteur (Delaunay-Belleville type RDB2 ou Campagne type Est par exemple) ; La motorisation.
Livrées À l'origine, les DU 65 sortent toutes d'usine en livrée Rouge et Crème (Rouge Vermillon 605 et Crème 407), comme celle appliquée aux autorails. Néanmoins, plusieurs variantes du schéma de peinture d'origine existent :
Alors que sur toute la série le toit est peint couleur Crème, une vingtaine d'engins sont sortis d'usine avec le toit peint en Rouge ; Quelques draisines sortent aussi d'usine avec les parties entre les montants des fenêtres latérales peintes en gris, à la manière des EAD, comme la DU 65 6.122 ou la DU 65 6.136 par exemple ; Concernant le petit capot autour du pot d'échappement sur la plateforme arrière, deux schémas de peintures différents ont existé : le premier, datant de la sortie d'usine, est Rouge avec la partie haute peinte en couleur Crème (comme pour le capot moteur). Le second étant complètement Rouge, sans la couleur Crème sur le dessus ; À l'origine, la partie centrale des traverses de tamponnement est peinte en Crème, en fin de carrière elle devient Rouge comme le reste de la traverse, sur certains engins ; À l'origine, plusieurs parties du capot moteur sont peintes en Crème : la partie centrale avant du capot moteur entre les feux, avec un motif rappelant celui des moustaches des autorails, les ouïes d'aérations présentes des deux côtés, ainsi que le dessus du capot. En fin de carrière, ces parties ne sont plus peintes en Crème sur certains engins, et restent donc de la couleur de base du capot, soit le Rouge. Toutes ces simplifications du schéma de peinture originel étant pour des questions d'économies de temps de peinture notamment.
Lors de sa transformation en draisine d'inspection des ouvrages d'art, la DU 65 6.036 a reçu une livrée à base de Bleu pour les extrémités et de Jaune pour la caisse.
Au début des années 2000, un test est effectué avec la DU 65 6.118 de Villeneuve-Saint-Georges qui est repeinte en livrée Bleu et Blanc, avec le bleu sous la ceinture de caisse et le blanc au dessus, test qui n'aura pas de suite puisqu'elle restera, jusqu'à sa radiation, la seule draisine dans cette livrée.
À la suite de ce test, une nouvelle livrée est appliquée aux engins sortant de révision/modernisation au milieu des années 2000, à base de jaune pour la caisse et de gris clair pour le châssis, livrée similaire à la livrée Infra (sans toutefois les bandes Carmillon en haut de caisse, et avec des nuances de jaunes et de gris différentes, entre autres), et qui sera appliquée à la petite quinzaine d'engins modernisés, ainsi qu'à quelques rares autres engins non modernisés (les DU 65 6.038 ; DU 65 6.098 ; et DU 65 6.115).
À la suite de la récupération de certains engins par des chemins de fer touristiques, de nouvelles livrées sont apparues, comme les livrées Rouge et Jaune sur les deux draisines préservées par le Train Touristique Pointe de Grave - Soulac (PGVS), Orange et Brun sur deux des draisines préservées par le Chemin de fer Touristique du Haut-Quercy (CFTHQ), Bleu et Gris sur les deux draisines préservées par le Vélorail du Velay, ou encore Incendie/Secours et Pompiers sur la DU 65 6.079 préservée par le Chemin de Fer de la Vendée (CFV)..
Quelques livrées hybrides existent aussi, comme sur la DU 65 6.043 par exemple, qui était en livrée Infra lors de sa fin de carrière, avec le châssis gris clair donc, et qui, lorsque l'EIV Quercy Corrèze l'a récupéré pour s'en servir de draisine de manœuvres dans l'enceinte de l'établissement, a vu repeint sa caisse et son capot moteur uniquement en livrée Rouge et Crème d'origine, avec donc la conservation du gris clair du châssis et des traverses de tamponnement de la livrée Infra.
Concernant la draisine T 151 RATP, elle a été livrée en livrée Rouge et Crème avec le toit rouge comme les DU 65 SNCF. Elle a par la suite été repeinte en livrée Travaux RATP (comme les T 160), livrée à base de brun et de jaune, avec une bande blanche en ceinture de caisse.
Immatriculation À l'origine, en raison de tranches de numérotation saturées de par la multitude d'anciennes draisines encore en activité, les numérotations des draisines dépendent de la région administrative où elles sont rattachées. L'immatriculation est de la forme chiffre de la région administrative encadré (de 1 à 6), numéro de groupe (5 pour les engins de la première sous-série, 6 pour les engins des deuxième et troisième sous-séries), lettre de sous-groupe (M, pour Montagne, cela signifie que l'engin est apte aux zones de montagnes, ce qui est le cas de toutes les DU 65), et les trois derniers chiffres pour le numéro d'ordre de l'engin dans la série et dans sa région administratrice. Par exemple, dans les régions 3 et 4 (Ouest et Sud-Ouest), les DU 65 sont numérotées dans la tranche 100 (exemple : 5M 154 pour la draisine région 4 (Sud-Ouest), groupe 5, sous-groupe M Montagne, numéro 54), alors que dans la région 5 (Sud-Est), elles sont numérotées dans la tranche 470 (exemple : 5M 471 pour la draisine région 5 (Sud-Est), groupe 5, sous-groupe M, numéro 1).
À partir de 1973, et à la suite d'un redécoupage des tranches de numérotation à l'échelle nationale, l'immatriculation est de la forme chiffre de la région administrative encadré (de 1 à 6), numéro de groupe (5 ou 6), lettre de sous-groupe (M), et les trois derniers chiffres pour le numéro d'ordre de l'engin dans la série, de 001 à 141 (exemple : 6M 089 pour la draisine région 4 (Sud-Ouest), groupe 6, sous-groupe M, numéro 089 ; 6M 122 pour la draisine région 5 (Sud-Est), groupe 6, sous-groupe M, numéro 122).
À partir de 1990, l'immatriculation est de la forme chiffre de la région administrative encadré (de 1 à 6), numéro de groupe (6) et les trois derniers chiffres pour le numéro d'ordre de l'engin dans la série, de 001 à 141 (exemple : 6.059 pour la draisine région 5 (Sud-Est), groupe 6, numéro 059 ; 6.029 pour la draisine région 1 (Est), groupe 6, numéro 029). La forme change ensuite légèrement avec le remplacement du chiffre de la région encadré (de 1 à 6), par les deux ou trois premières lettre de la région administrative encadrées (exemple : [CF] 6.035 pour la draisine de la région de Clermont-Ferrand, groupe 6, numéro 035; [PSL] 6.008 pour la draisine de la région de Paris St-Lazare, groupe 6, numéro 008 ; [DJ] 6.086 pour la draisine de la région de Dijon, groupe 6, numéro 086).
L'immatriculation UIC fera ensuite son apparition, mais l'immatriculation précédente reste néanmoins toujours utilisée en parallèle sur les draisines encore en service aujourd'hui.
Les groupes et sous-groupes correspondent à des critères de puissances et de masses : en 1990, le groupe 6 correspond à une masse supérieure ou égale à 11 tonnes, avec une puissance comprise entre 70 et 120kW.
Dépôts titulaires