Costantino Lazzari, né le 1er janvier 1857 à Crémone et mort le 29 décembre 1927 à Rome, est homme politique socialiste italien.
Biographie
Militantisme socialiste Artisan d'humble origine, il s'inscrit très jeune aux associations ouvrières milanaises créées par les radicaux. Au sein même de celle-ci, il conduit avec son ami Giuseppe Croce la bataille pour la formation d'un parti de classe. Aidé par des personnalités intellectuels comme Enrico Bignami et Osvaldo Gnocchi Viani, il fonde en 1882 le Parti ouvrier italien, ancêtre du Parti socialiste italien.
Se liant d'amitié avec Filippo Turati et Anna Kuliscioff, il adhère au socialisme de Karl Marx et il est à l'origine de la fusion du Parti ouvrier italien qu'il avait créé dans le Parti des Travailleurs italiens nouvellement créé en 1892 et qui deviendra le Parti socialiste italien en 1895 à Parme.
Révolutionnarisme et Grande guerre Ennemi du réformisme, il s'allie avec les syndicalistes révolutionnaires de Milan (dont Walter Mocchi et Arturo Labriola) avec lesquels, pourtant, il ne partage pas les opinions sur la violence révolutionnaire. Revenu au Parti socialiste italien (PSI), il en devient le secrétaire national de 1912 au , date à laquelle il emprisonné pour défaitisme et est remplacé par Egidio Gennari. Lors de l'éclatement de la Première Guerre mondiale, alors qu'il était encore secrétaire national du Parti socialiste italien, il crée le slogan Ni adhérer, ni saboter. Du à mars 1919, il est de nouveau secrétaire national en mars au profit d'Arturo Vella.
Le maximalisme et la mort Finalement élu au parlement en 1919 pour les circonscriptions de Milan et de Crémone, il fut confirmé aux élections de 1921 et 1924. En 1920, il fut élu conseiller municipal de Rome. Fidèle à ses convictions politiques, il évolua vers des positions proches de celles défendues par les maximalistes, notamment l'entrée dans la Troisième Internationale. Il se rendit à Moscou en juin 1921 et eut des discussions avec Lénine ; il refusera par la suite de renier le socialisme pour une une fusion avec le Parti communiste italien (PCdI).
Lazzari meurt à Rome dans la pauvreté le , alors qu'il était persécuté par le régime fasciste. Il influencera par la suite de nombreuses personnes tel le sénateur et député Giuseppe Alberganti.
Le « Testament politique et moral » de Lazzari Le 9 décembre 1937, l'ancien socialiste et ami de Lazzari, Antonio Guarnieri-Ventimiglia, converti au fascisme depuis la fin des années 1920, envoya à Nicola Bombacci, directeur de La Verità, un document de 3 pages intitulé Le Testament politique et moral de Costantino Lazzari (Il Testamento politico e morale di Costantino Lazzari). Dans ce texte, Guarnieri-Ventimiglia y relata sa dernière rencontre à Rome avec Lazzari. Présenté comme vieux et assagi, Lazzari était décrit comme ayant abandonné « les ardeurs et les impatiences enfantines de ceux qui veulent « brûler les étapes » et courir dans l'« assaut à la baïonnette » contre les forteresses de la domination capitaliste ».
Sans que d'autres sources historiques viennent corroborer ces affirmations, Guarnieri-Ventimiglia écrivait que Lazzari, après réflexion, avait décidé de soutenir Mussolini et le nouveau régime : « La « gradualité », loi suprême de l'histoire et de la vie – resplendissait devant ses yeux, lorsque surgissait, impétueux, le Fascisme avec Mussolini […] Pour Mussolini, il eut toujours une grande estime et une vive sympathie ; mais, dans la première période, il cherchait à la dissimuler et évitait presque d'en parler […] Heureux, il me dit aussitôt : « Écoute, je dois te parler de ceci : de tout ce qui arrive… la faute est la nôtre : toute et seulement la nôtre ! Nous avions un Homme (Mussolini) et nous le sommes laissé échapper : Le seul Homme, crois-moi, capable de créer et de diriger un mouvement révolutionnaire. Il a toujours la trempe de lutteur et de dominateur que nous avons connue ensemble ; il faut former un groupe pour le soutenir et le défendre, s'il le faut ! J'ai tout un programme en tête : Il faut trouver des compagnons fidèles, loyaux et sûrs. J'ai pensé à toi tout de suite ; je te veux parmi les tout premiers ; je compte beaucoup sur toi ! » Puis il sourit avec amertume : « Je suis vraiment fatigué et j'ai besoin de quelques jours de repos – Dès que je serai un peu remis, nous nous verrons ; et nous ferons ensemble cette œuvre qui sera, certainement, d'un grand soulagement pour tous… »Selon Guarnieri-Ventimiglia, le « dernier rêve » de Lazzari et ses aspirations se trouvaient accomplis dans le programme de la revue La Verità.
Notes et références
Sources .
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