vignette|redresse|Représentation d'une chaîne de blocs. La chaîne principale (en noir) est composée de la plus longue suite de blocs après le bloc initial (vert). Les blocs orphelins sont représentés en violet.
Une blockchain (mot prononcé en français ) ou rarement une chaîne de blocs.. est une technologie numérique de stockage et de transmission d'informations sans autorité centrale, mise au point pour le système Bitcoin en 2009 puis élargie à d'autres usages.
Techniquement, c'est une base de données distribuée, dont les informations envoyées par les utilisateurs et les liens internes à la base sont vérifiés, puis groupés à intervalles de temps réguliers en « blocs », lesquels forment ainsi une chaîne de plus en plus longue. L'ensemble est sécurisé par cryptographie. Par extension, une chaîne de blocs est une base de données distribuée qui gère une liste d'enregistrements théoriquement protégés contre la falsification ou la modification par les nœuds de stockage ; c'est donc un registre distribué et sécurisé de toutes les transactions effectuées depuis le démarrage du système réparti..
Il existe une analogie avec le réseau Internet, car dans les deux cas les technologies emploient des protocoles informatiques liés à une infrastructure décentralisée. Internet permet de transférer des paquets de données d'un serveur « sûr » à des clients distants (à charge, pour les destinataires, de vérifier l'intégrité des données transmises), alors qu'une blockchain permet à la « confiance » de s'établir entre des agents distincts du système.. Avec la technologie blockchain, le « tiers de confiance » devient le système lui-même : chaque élément réparti de la blockchain contient les éléments nécessaires pour garantir l'intégrité des données échangées (par un algorithme cryptographique).
Concepts et définitions Une blockchain est une technologie informatique enregistrant des transactions , représentant comme un grand livre distribué (bien que des grands livres distribués puissent reposer sur d'autres technologies).
La blockchain ouverte se différencie de la technologie traditionnelle des bases de données : au lieu d'une unique base gérée par un unique propriétaire qui partage les données, dans le réseau blockchain les participants au réseau ont leur propre copie de la base : l'information est disséminée à divers participantsComprendre les blockchains : fonctionnement et enjeux de ces nouvelles technologies, Rapports d'office parlementaire, Rapport n° 584 (2017-2018), déposé le 20 juin 2018, Sénat français..
consensus Un algorithme de consensus sécurisé peut assurer un accord unanime sur le contenu correct des données, assurer la conformité des copies des données convenues et assurer l'absence ultérieure de tricherie par altération des données. Cela permet à nombre de personnes ou d'entités de convenir d'un consensus sur des informations et d'enregistrer de manière immuable ce consensus de la vérité. Pour cette raison, la blockchain a été décrite comme une « infrastructure de confiance »....
Normalisation ISO Le terme est largement utilisé au point d'être parfois vidé de sa substance..
Pour éviter cela, des standards sont définis.
ISO 22739:2020 : Chaîne de blocs et technologies de registres distribués — Vocabulaire () ISO/TR 23244:2020 : ISO/TR 23455:2019 : ISO/TR 23576:2020 :
La norme ISO définit par ailleurs 84 termes de vocabulaireISO 22739:2020..
Les smart contracts reposent sur des métadonnées fiables : identifiants, répartitions, ayants droit. Or, ces données sont souvent incomplètes ou incompatibles.
Des projets comme Blokur ou Exit Valley cherchent à harmoniser ces informations. Mais les plateformes utilisent encore des formats différents, ce qui complique les échanges.
Les STS montrent que le problème est sociotechnique : il faut des normes partagées et l’accord de tous les acteurs, pas seulement de bons outils techniques.
Terminologie La banque de France distingue deux types de chaînes de blocs (ou blockchain)https://publications.banque-france.fr/sites/default/files/medias/documents/822165_blockchain.pdf: sont appelées « blockchains publiques » les chaînes de blocs accessibles depuis l'Internet comme Bitcoin ou Ethereum ; sont appelées « blockchains privées » ou « permissionnées » les chaînes de blocs réservées à certains utilisateurs par un contrôle d'accès centralisé.
Selon le Sénat français, l'utilisation des termes « public » et « privé » dans ce contexte relève d'un piège sémantique :
Le norme ISO 22739:2020(fr) sur les technologies de chaîne de blocs et de registre distribué définit notamment les éléments de vocabulaire « avec permission » et « sans permission »norme ISO 22739:2020(fr).
Histoire Travaux antérieurs La première étude sur les chaînes de blocs cryptographiquement sécurisées a été décrite en 1991 par et .. Ils voulaient mettre en application un système où les documents horodatés ne pourraient pas être falsifiés ou antidatés. En 1992, , Haber et Stornetta ont incorporé le concept d'arbre de Merkle au système, ce qui a amélioré son efficacité en permettant à plusieurs documents d'être assemblés en un seul bloc..
Selon le chercheur Ittai Abraham, le premier système de certification décentralisé est celui de la société Surety, qui publie chaque semaine depuis 1995 un certificat cryptographique de sa base de données dans la rubrique « Annonces et objets trouvés » de The New York Times..
La première chaîne de blocs appliquée à une crypto-monnaie a été conceptualisée par une personne (ou une équipe) connue sous le nom de Satoshi Nakamoto en 2008. Elle a été implémentée l'année suivante par Nakamoto en tant que composant principal du bitcoin, où elle sert de registre public à toutes les transactions sur le réseau..
Émergence Depuis lors, beaucoup de monnaies virtuelles et de cryptomonnaies utilisent les chaînes de blocs pour leur sécurité. Les transactions sur une chaîne de blocs sont pratiquement impossibles à annuler parce que les chaînes de blocs sont résistantes aux changements..
Après 2008, la blockchain et les cryptomonnaies qui en dépendent ont souvent été présentées comme une source presque miraculeuse d'enrichissement, suscitant l'intérêt de la bourse alors plongée dans le marasme de la crise de 2008. De nombreuses entreprises se sont alors rebaptisées en intégrant le mot « blockchain » ou « bitcoin » dans leur nouveau nom (procédure illégale dans certains pays, dont les États-Unis car pouvant s'apparenter à de la désinformation et à de la publicité mensongère). Une étude, publiée dans en , a montré que ces entreprises y gagnent significativement en notoriété ou valeur durant deux mois, mais que cet effet s'estompe et s'inverse ensuite en effet négatif (dans les cinq mois après le changement). Les auteurs invitent les investisseurs à être prudents à l'égard d'entreprises changeant de nom avant d'investir réellement dans la blockchain, ces changements de nom, de façade, étant généralement uniquement destinés à profiter de ..
Aux États-Unis, de nombreuses sociétés ont été citées à comparaître devant la Securities and Exchange Commission (SEC) pour avoir inclus le terme dans leur nom en l'absence d'un lien clair avec le domaine. Ainsi la société Bioptix est devenue Riot Blockchain, qui est passée du domaine vétérinaire au service bancaire (le Minage de cryptomonnaie) de Bitcoin..
En 2023, des transactions enregistrées en blockchain sont utilisées pour réaliser des transactions financières (paiements et envois de fonds, prêts commerciaux…) sur les marchés des actions, de la gestion de patrimoine, et pour la première fois pour assurer des transferts de fonds d'une banque centrale (Banque d'Angleterre).
Des approches dites cross-chain ou multichain (c'est aussi le nom d'une cryptomonnaie : MULTI pour Multichain). émergent, pour permettre des transactions d'actifs (cryptomonnaies) et/ou d'informations, entre des blockchains distinctes (système cross-chain d'interopérabilité). Elles facilitent l'échange d'actifs et d'informations entre des blockchains distinctes., mais avec moins de sécurité. On parle aussi de Plateforme Multichain (plateforme open source permettant de créer et déployer des blockchains privées pour des utilisations spécifiques avec contrôles d'accès, des actifs et des règles de consensus comme sur une blockchain unique, facilitant ainsi la création d'applications blockchain sans avoir à partir de rien.. Le 14 Juillet 2023, Geist Finance (société créée pour prêter ou emprunter des cryptomonnaies) s'est déclaré en failliteBlackstone Tom (15 juillet 2023) Le prêteur de cryptos Geist Finance ferme définitivement ses portes après le piratage de Multichain ; https://fr.cointelegraph.com/news/fantom-based-lender-geist-finance-shuts-down-permanently-over-multichain-hack car incapable de récupérer les cryptomonnaies de ses clients (équivalent de plus de 100 millions de dollars volés par un pirate ayant réussi à entrer dans le système Multichain et son module Chainlink, dans une blockchain de la Fondation Fantom (créée en 2018)..
Premières règlementations Le développement des registres distribués et des crypto-actifs a conduit à une mise à jour de la réglementation. Par exemple, l'Union européenne s'est dotée de deux lois : Règlement (UE) 2022/858 du Parlement européen et du Conseil du sur un régime pilote pour les infrastructures de marché reposant sur la technologie des registres distribuésRèglement (UE) 2022/858 du Parlement européen et du Conseil du 30 mai 2022 sur un régime pilote pour les infrastructures de marché reposant sur la technologie des registres distribués, Règlement (UE) 2023/1114 du Parlement européen et du Conseil du sur les marchés de crypto-actifsRèglement (UE) 2023/1114 du Parlement européen et du Conseil du 31 mai 2023 sur les marchés de crypto-actifs.
Émergence de la blockchain dans l’industrie musicale La première moitié des années 2010 voit apparaître l’idée que la blockchain pourrait remédier à l’opacité des revenus du streaming musical. Publié en 2015, le rapport Fair Music du Berklee Institute for Creative Entrepreneurship décrit cette technologie comme un moyen d’enregistrer de manière immuable chaque utilisation d’une œuvre musicale et d’en distribuer automatiquement les revenus à leurs ayants droit. La même année, la chanteuse-productrice britannique Imogen Heap publie le single « Tiny Human » via la plate-forme expérimentale Mycelia ; le morceau est distribué au moyen d’un smart contract qui reverse instantanément les droits aux coauteurs et musiciens impliqués.
À partir de 2016, plusieurs acteurs du secteur s’intéressent à la technologie. Le service de streaming Spotify acquiert la start-up Mediachain en 2017 afin d’améliorer l’attribution et le suivi des métadonnées musicales. La même année, les sociétés d’auteurs ASCAP, PRS for Music et SACEM annoncent un partenariat avec IBM pour tester une base de données décentralisée des droits d’auteur. Les études en Science & Technology Studies (STS) interprètent cette chronologie comme la construction d’un imaginaire sociotechnique : la blockchain est présentée comme une « révolution » susceptible de rééquilibrer la chaîne de valeur au profit des créateurs.
Aspects Fiabilité Les médias présentent souvent la blockchain, notamment utilisée en crypto-monnaies, comme immuable, impossible à pirater et anti-fraude..
Alors que dans les années 2020 certains suggèrent de remplacer tout ou partie des audits financiers (ou d'autres types d'audits) par des blockchains., une étude (2020) a voulu vérifier si dans les faits, le degré de sécurité des crypto-monnaies et des registres de blockchain est aussi élevé qu'on le dit généralement.
Les auteurs, Castonguay et Stein Smith, ont compilé et étudié la littérature existante sur les offres initiales de cryptomonnaie, les niveaux de sécurité, les vols et piratages de blockchains et de plateformes fondées sur la blockchain ou dans les portefeuilles de crypto-monnaies. Ils en ont conclu : .