vignette|Portrait d'un planteur colonial dans la première moitié du . Cet élégant planteur est représentatif des « grands blancs » de Saint-Domingue. L'éclat de sa peau et de son costume contraste avec l'obscurité dans laquelle est plongée la plantation en arrière-plan. Deux esclaves coupant la canne à sucre sont visibles dans le coin inférieur gauche. L'immigration française en Haïti est la migration de la France vers Haïti. Haïti, une ancienne colonie française, fut visitée par Christophe Colomb en 1492, qui la nomma Hispaniola. Peuplée à l'origine de natifs américains qui furent exterminés, Haïti fut colonisée par les Espagnols en 1498. Les expéditions françaises sur l'Île de la Tortue commencent dans les années 1690, et le territoire est conquis par l'Espagne mais est cédée à la France par le Traité de Ryswick (1697) Historical Boys'Clothing Haitian History: French Colony--Saint Domingo (1697-1791), 28 novembre 2014, consulté le 28 mars 2015..
Au , la France rebaptise cette île sous le nom de Saint-Domingue. Lors du recensement de 1727, les français, ou franco-haïtiens, représentant 90 % de la population, mais la population noire et métisse augmente rapidement deux décennies plus tard, et ce nombre tombe de 50 % à 30 % dans les années 1750, ce qui signifie que le nombre de non-blancs a augmenté de 60 000 par années alors que les blancs était seulement la moitiéJean-Baptiste Dutertre, Histoire générale des Antilles habitées par les François, Paris, T. Jolly, 1667-1671, t. II, page 443..
Une économie prospère essentiellement agricole (canne à sucre, café, tabac) exploitée sur de grandes plantations nécessitait une main d'œuvre abondante et bon marché que sont les esclaves noirs d'Afrique. L'île opulente est considérée en Europe comme un établissement modèle. Elle fournissait à elle seule les 3/5 de la production des Antilles. Les massacres entre 1790 et 1804 ont détruit la communauté française en Haïti presque entièrement pour devenir un pays souverain et indépendant.
Histoire Immigrants et colonisation gauche|vignette|Engagé blanc parmi des esclaves africains, île de la Dominique, par Agostino Brunias, 1779. Même si les travaux sur les engagés sont anciens, le dépouillement des minutes notariales et des rôles d’équipage, partiel, laisse à penser, selon Jean Tanguy, à l’envoi 40 000 engagés essentiellement aux Antilles pour les XVII et XVIII siècles. Une émigration où les citadins seraient bien plus nombreux que dans la représentation métropolitaineJean Tanguy, Les premiers engagés partis de Nantes pour les Antilles (1636-1660), Congrès national des sociétés savantes, Nantes, 1972, t. II, p. 53-81.. L’engagement auprès des boucaniers est très éprouvant, les valets sont traités sans pitié. S’agissant du pétun, le pécule de 300 livres de tabac demeure, tandis que les cours s’affaissent. Au moment de la libération, cela permet à peine de survivre en attendant la récolte des vivres. Surtout, cela n’autorise pas le paiement du voyage retour. Il faut s’amateloter. pour survivre, s’associer avec un autre alloué. Seuls quelques-uns s’en tirent convenablement, les autres disparaissent emportés par les fièvres et les maladies pulmonairesPierre François Xavier Charlevoix, Histoire de l’île espagnole ou de Saint-Domingue, Paris, J. Guérin, 1730, vol. 2, page 9. « On [en] tirait les mêmes services qu’on aurait pu tirer des esclaves en vertu de bons contrats que ces malheureux avaient passé par devant notaires avant leur départ de France »..
En 1710, Charritte écrit que les trois quarts des engagés n’en réchappent point, parce que leur maître n’en prennent pas assez soin, ne les ayant que pour trois ansArchives Nationales d’Outre-Mer (ANOM) : Col C9 B1. Mémoire de Charritte pour le comte de Pontchartrain, 1710.. En 1696, l’arrivée de nouvelles compagnies, s’ajoutant aux deux anciennes, porte à 400 les effectifs militaires de la colonie. Lorsqu’en 1639, un contingent anglais vient de Nevis, composé de 300 hommes, 40 femmes et 20 esclaves afrodescendants. À l’époque de Levasseur (1641-1650), des familles françaises entières s’installent, et Gabriel Debien remarque que peut-être, aucun autre établissement français des Antilles n’eut à ses débuts une proportion aussi forte de femmes. Mais lorsque les espagnols s’emparent de l’île en , on mentionne 385 hommes portant l’arme et 200 esclaves nègres, adultes, femmes et enfants et 250 esclaves indiens eux aussi groupés en famillesGabriel Debien, Les engagés pour les Antilles (1634-1715), Abbeville, Paillart, 1951, page 81. Voir aussi Les femmes des premiers colons des Antilles (1635-1680), Notes d’Histoire coloniales, n° 24, 1952, page 1-25. L’auteur cite le cas de Jacques Laval, 29 ans, engagé avec son épouse Léonarde Renould, originaires de Luçon, en Poitou, en mai 1647, ou encore Clément Delatouche de La Rochelle, avec sa femme et ses trois enfants, en mai 1644, ou Jean Berdelot, maître serrurier de Rennes, qui vient à Saint-Domingue en 1648, avec sa femme et sa belle-mère. L’homme reçoit 600 livres de tabac, les femmes chacune 300.. Le recensement de la population blanche, en 1788, montre un total de 9 649 hommes pour 4 482 femmes (mariées et veuves). Il y a toujours deux fois plus d’hommes que de femmes, ce qui n’est plus le cas aux Petites Antilles. Le préjugé de couleur, qui se développe au , n’intéresse le sujet que dans la modification de la vision créole de la métropolePierre Pluchon, Histoire de la colonisation française, Paris, Fayard, 1991, page 397..
Révolution haïtienne et libération des esclaves noirs vignette|Révolution haïtienne (libération des esclaves).
Les colons blancs accueillent favorablement les idées nouvelles, avec l'arrière pensée d'indépendance pour les plus riches, l'idée est dans l'air et en 1791 débute la Révolution haïtienne. En mars, ils fondent leur Assemblée Coloniale à St Marc. Les blancs et les mulâtres sont fidèles à la Métropole. À la mort de Louis XVI, l'affranchissement général des esclaves de Saint-Domingue s'effectue par le commissaire Sonthonax le , dans le but de gagner les esclaves à la Révolution française et d'affirmer son pouvoir, la Convention abolissant l'esclavage le . Toussaint Louverture se rallie à la République. Les colons appellent les Anglais à l'aide. Ils sont battus par les noirs et les mulâtres. C'est l'occasion de massacres et d'incendies. En 1796, à la nomination par la République de Toussaint Louverture au grade de général de l'armée Française, il commande une véritable armée de 20 000 hommes sur le modèle français.
En 1802-1803, Napoléon envoie une grande expédition militaire rétablir l’esclavage et l'autorité de la métropole. Toutefois, en raison des maladies et de la résistance des combattants de couleur, l'expédition est un échec complet et aboutit le à l'indépendance de la colonie. Les chefs révolutionnaires abandonnent l’appellation française de « Saint-Domingue » en faveur d'« Haïti », nom utilisé par le peuple autochtone qui avait accueilli Colomb en 1492, au moment où il arrivait pour créer la première colonie européenne du Nouveau MondeLa tragédie d’Haïti Noam Chomsky, Editions EPO, pour la traduction française, 1994, consulté le 7 janvier 2015..
Craignant les conspirations locales de colons désireux de préparer une nouvelle attaque en vue de rétablir l'esclavage dans l'île, les nouvelles autorités haïtiennes font massacrer la majorité des derniers colons français encore présents dans la partie occidentale après la Révolution.
L'Espagne, avec l'aide des Anglais, récupère son territoire à l'est de l'île, qu'elle gardera jusqu'en 1814. En 1809, ils expulsent les derniers français qui occupait encore la ville de Saint-Domingue.
Époque contemporaine La population blanche d'Haïti représente moins de 5 % de la population (y compris les mulâtres), le reste étant de descendance africaine Haiti-CIA The World Factbook-People and Society, consulté le 7 janvier 2015.. Au , 1 642 français sont inscrits sur les registres consulaires en HaïtiPopulation française inscrite au registre mondial (auprès des postes consulaires) au 31 décembre 2014, consulté le 7 janvier 2015., chiffre très faible par rapport au recensement de 1700 avec 100 000 colons.
Articles connexes Histoire d'Haïti
Notes et références Notes
Références
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