L'impérialisme occidental en Asie, tel qu'il est présenté dans cet article, concerne le long processus de colonisation effectué par les Occidentaux dans ce qui a d'abord été appelé les Indes orientales. Celui-ci a débuté au début du par la recherche de routes commerciales menant à la Chine (Cathay) qui ont conduit directement aux Grandes découvertes et l'introduction des prémices de la guerre moderne dans ce qu'on appelait alors l'Extrême-Orient. En début du les nombreuses expéditions commerciales ont considérablement élargi l'influence de l'Europe occidentale et le développement du commerce des épices. La présence de l'Europe occidentale à travers leurs empires coloniaux et de l'impérialisme en Asie dura plus de six siècles, et se termina officiellement avec l'indépendance du Timor oriental en 2002, dernière colonie de l'Empire colonial portugais. La colonisation introduisit les concepts occidentaux de Nation et de l'État plurinational.
L'expansion de l'influence politique, commerciale et culturelle européennes en Asie permit de développer une économie qui allait devenir une économie de marché et de libre-échange moderne. Au , les Portugais brisent le monopole commercial terrestre des Arabes et maritime des Italiens entre l'Asie et l'Europe par la découverte de la route maritime passant par le cap de Bonne-Espérance. La concurrence croissante et notamment celle de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, éclipsa progressivement l'influence des Portugais en Asie. Les Néerlandais furent les premiers à établir des bases indépendantes en Orient (dont la plus importante était Batavia, siège social de la Compagnie des Indes) puis entre 1640 et 1660 enlevèrent aux Portugais Malacca, Ceylan, quelques ports indiens du sud, ainsi que le commerce lucratif du Japon. Quelques années plus tard, les Anglais et les Français établirent des comptoirs en Inde et un commerce avec la Chine, leurs acquisitions supplantant graduellement celles des Néerlandais. À la fin de la guerre de Sept Ans en 1763, les Anglais mirent fin à l'influence française en Inde et établirent la Compagnie britannique des Indes orientales comme la force politique la plus importante du sous-continent indien.
Avant la Révolution industrielle lors de la seconde moitié , la demande en marchandises orientales (porcelaine, soie, épices et thé) est demeurée le moteur de l'impérialisme européen, et (à l'exception de la présence de Compagnie britannique des Indes orientales en Inde) les Européens sont restés confinés dans les ports marchands et dans des avant-postes stratégiques nécessaires pour protéger les voies commerciales. L'industrialisation a cependant considérablement augmenté la demande européenne pour les matières premières asiatiques ; et la Longue Dépression des années 1870 provoqua une crise boursière sur les produits industriels européens et les services financiers en Afrique, Amériques, Europe de l'Est, et particulièrement en Asie. Cette crise coïncida avec une nouvelle ère dans l'expansion coloniale globale connue sous le nom de "néo-impérialisme" qui a vu un changement de politique commerciale et le passage d'un contrôle de type Indirect rule à un contrôle colonial direct des vastes territoires d'outre-mer. Entre les années 1870 et le début de la Première Guerre mondiale en 1914, le Royaume-Uni, la France, et les Pays-Bas ont agrandi leurs possessions au Moyen-Orient, dans le sous-continent indien et en Asie du Sud-est. Durant la même période, l'empire du Japon, était dans la restauration de Meiji ; l'Empire allemand, sortait unifié de la guerre franco-prussienne en 1871 ; la Russie tsariste étendait son influence sur ses territoires de Sibérie ; et les États-Unis, à la suite la Guerre hispano-américaine de 1898, émergeaient comme une nouvelle puissance impérialiste en Asie de l'Est et dans la région de l'océan Pacifique.
Lors de la Première Guerre et la Seconde Guerre mondiale, les pays asiatiques furent impliqués dans les conflits par les puissances impérialistes européennes avec la Russie et l'ascension des puissances américaine et japonaise. À l'issue de ces deux conflits aucune des puissances coloniales ne disposait de ressources suffisantes pour maintenir sa présence et sa domination en Asie. Les mouvements nationalistes se sont exacerbés à la suite de l'abandon des colonies à leur propre sort durant la guerre et menèrent à l'indépendance politique des colonies restantes dans presque toute l'Asie. Néanmoins ce mouvement de décolonisation fut stoppé par la Guerre froide ; l'Asie du Sud-Est, l'Asie du sud, le Moyen-Orient, et l'Asie de l'Est furent incorporés dans un système économique, financier, et militaire des grandes puissances. Malgré cela, le développement économique rapide d'après-guerre des quatre dragons asiatiques, de l'Inde et de la République populaire de Chine, avec l'effondrement de l'Union Soviétique, les ont détachés de l'influence européenne et nord-américaine en Asie, posant une interrogation aujourd'hui sur l'émergence de l'Inde et de la Chine en tant que superpuissance émergente.
Premières explorations européennes en Asie La première grande exploration européenne de l'Asie fut menée par Alexandre le Grand de par ses combats contre les Perses. Sa guerre conduisit son armée jusqu'à l'Indus, puis l'exploration continua au temps de la Rome antique. Les Romains avaient connaissance des terres lointaines comme la Chine. Le commerce entre l'Inde et les Romains d'Égypte par des bateaux qui naviguaient de port en port en mer Rouge, était significatif dans les premiers siècles de l'ère chrétienne.
Explorations médiévales
Durant le et le , un certain nombre d'Européens, dont de nombreux missionnaires chrétiens, ont cherché à atteindre la Chine. Le plus célèbre de ces voyageurs était Marco Polo. Mais ces voyages eurent peu d'effets sur le commerce Est-Ouest en raison d'une série de bouleversements politiques en Asie dans les dernières décennies du , qui mirent fin à la poursuite de l'exploration européenne de l'Asie. La dynastie Yuan en Chine, qui avait bien accueilli les missionnaires et marchands européens, fut renversée et les nouveaux dirigeants Ming amorcèrent, suivant le courant du confucianisme, un repli de la Chine sur elle-même. Pendant ce temps, les Turcs Seldjoukides puis Ottomans ont consolidé leur contrôle de la partie orientale de la Méditerranée, fermant les principales routes commerciales terrestres. Ainsi, jusqu'au , le commerce et des échanges culturels mineurs entre l'Europe et l'Asie étaient contrôlés par les commerçants musulmans.
Voyages maritimes portugais Les dirigeants d'Europe occidentale ont donc cherché de nouvelles routes commerciales. Les Portugais furent les premiers à tenter de trouver des routes commerciales océaniques. Henri le Navigateur fut l'un des principaux instigateurs de ces explorations. L'objectif de ces capitaines de marine était de rejoindre les Indes par la mer. Cela permit de franchir notamment le cap Bojador et de réfuter existences de monstres mythiques.
Jean II de Portugal fut instigateur à la fin du de diverses expéditions à destination des Indes, notamment de Pêro da Covilhã et d'Afonso de Paiva par voie terrestre. En 1488, Bartolomeu Dias franchit le premier l'extrémité sud de l'Afrique (connue alors comme le cap des tempêtes). Alors que l'équipage de Dias le contraint à rentrer, en 1497 le navigateur portugais Vasco de Gama accomplit le premier voyage maritime de l'Europe vers l'Inde. En 1520, Ferdinand Magellan, navigateur portugais au service de l'Espagne, trouva la route traversant le détroit qui porte son nom et l'océan Pacifique.
Le commerce et la colonisation portugaise et espagnole en Asie
Monopole portugais sur le commerce dans l'océan Indien et l'Asie
Au début du , Afonso de Albuquerque alors Vice-roi des Indes, consolide les territoires conquis en Afrique et en Asie. Il comprend que seule une position dominante pourrait permettre au Portugal de ravir la suprématie commerciale sur les Arabes, et conçoit donc un plan établissant des forts sur des sites stratégiques, protégeant les itinéraires commerciaux et également les intérêts portugais sur terre. En 1510, il s'empare de Goa en Inde, et consolide graduellement son contrôle sur la majeure partie du trafic commercial entre l'Europe et l'Asie, en grande partie par des moyens diplomatiques et commerciaux ; les Européens commercent à partir des forts en ne s'éloignant pas des côtes, agissant plus en tant que négociants étrangers plutôt que comme colons. À l'inverse, l'expansion européenne dans les Indes occidentales (plus tard connues des Européens comme faisant partie d'un continent distinct de l'Asie qu'ils appelleront les Amériques) qui fait suite au voyage de Christophe Colomb de 1492, impose des règles colonialistes et ces territoires sont considérés comme prolongements politiques des mères patries.
Par les bénéfices élevés d'autres expéditions, le Portugal établit un comptoir au sud du port commercial de Calcutta au début du . Avec la prise de Goa en 1510, le Portugal s'empare de toute la côte de l'Inde, lui fournissant le monopole sur les échanges commerciaux de l'océan Indien, et de territoires qui resteront portugais jusqu'en 1961.
Le Vice-roi portugais Afonso de Albuquerque (1509-1515) consolide également le contrôle du commerce entre les Indes orientales et la Chine. Son premier objectif étant Malacca, et le détroit étroit par lequel le commerce avec l'Extrême-Orient devient plus rapide. Capturé en 1511, Malacca devient le tremplin pour davantage de pénétration vers l'est ; plusieurs années plus tard les premiers comptoirs commerciaux sont établis aux Moluques, qui se trouve la région productrices de certaines des épices les plus chères du monde. En 1516, les premiers navires portugais arrivent à Canton et aux côtes du sud de la Chine.
En 1513, après avoir échoué à conquérir Aden, Albuquerque entre avec son armada en mer Rouge, première fois pour des Européens via l'océan ; et en 1515, Albuquerque consolide l'hégémonie portugaise à l'entrée du golfe Persique, le commerce existant déjà depuis 1507, dans les régions de Mascate et d'Ormuz.
En 1557, le Portugal établit une base permanente en Chine à Macao, qu'ils garderont jusqu'en 1999. Les Portugais, basés à Goa et Malacca, avaient maintenant établi un empire maritime lucratif dans l'océan Indien monopolisant le commerce des épices. Les Portugais ont également créé un lien commercial avec les Japonais, devenant les premiers Occidentaux à visiter le Japon. Ce contact permit d'importer le christianisme et les armes à feu dans l'archipel nippon.
L'Espagne, l'autre puissance coloniale principale du , s'est principalement concentrée sur les Amériques, comme le prévoyait le traité de Tordesillas signé en 1494. Malgré tout, les Espagnols s'établissent en Extrême-Orient aux Philippines. À partir de 1565, des cargaisons de marchandises chinoises sont transportées des Philippines vers la Nouvelle-Espagne (Mexique) puis vers l'Espagne. Par ce long itinéraire, l'Espagne récolte certains bénéfices du commerce en Extrême-Orient. Les fonctionnaires espagnols convertissent les multiples îles au christianisme établissant de manière permanente les Philippines comme étant une région de l'Asie de l'Est fortement orientée vers l'Occident en termes de culture et commerce.
Déclin de l'empire asiatique du Portugal à partir du siècle