L'église Saint-Martin est une église catholique paroissiale située à Venette, dans le département de l'Oise, en France. Elle semble remonter à la première moitié du , mais très peu d'éléments tangibles subsistent de cette époque, dont l'ancien antéfixe en haut du pignon de la façade occidentale, et les deux contreforts plats du chevet. Plus évocateurs sont les deux voûtes d'ogives du chœur, dont l'on suppose qu'elles datent du début du . Malgré son plan d'une apparente simplicité, qui s'inscrit dans un rectangle, l'édifice s'avère assez hétéroclite. Sans doute après avoir été endommagé sous la guerre de Cent Ans, il est en grande partie reconstruit à partir du début du , mais ce chantier se fait par étapes successives, et en conservant une partie des anciennes structures. Ainsi, hormis les deux premières travées de la nef et des bas-côtés, pas deux travées ne se ressemblent, et il n'y a pas de symétrie entre les élévations nord et sud du vaisseau central. Cette complexité des formes confère un certain intérêt à l'édifice, mais les qualités architecturales de son espace intérieur se limitent à la mouluration de certaines arcades et piliers, au profil des ogives des parties orientales, et à quelques clés de voûte. La plupart des fenêtres ne possèdent pas de remplage, et les finitions ne sont pas soignées à de nombreux endroits. La nef et les bas-côtés présentent une ambiance néo-gothique du fait de leurs fausses voûtes d'ogives de 1881. Le seul élément remarquable de l'église Saint-Martin est son clocher du milieu du , dont le style hésite entre le gothique flamboyant et la Renaissance. C'est l'un des rares clochers flamboyants à trois baies par face sur l'étage de beffroi, et sa flèche de pierre cumulant à de hauteur est d'une élégance indéniable, et s'inscrit encore pleinement dans la tradition gothique, contrairement aux étages de la tour. L'église a été classée aux monuments historiques par arrêté du .. Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse Seize Bienheureuses Carmélites de CompiègneOrdo administratif 2017, Diocèse de Beauvais.
Localisation
L'église Saint-Martin est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, à l'ouest de Compiègne, dans la moyenne vallée de l'Oise, non loin de sa rive droite, sur la commune de Venette, en centre-ville, rue de Corbeaulieu. Cette rue, qui suit un parcours nord-sud, contourne l'église par le chevet. Au nord et au sud, l'église est bordée d'une pelouse, qui correspond à l'ancien cimetière. En évitant la boucle décrite par la rue, un chemin réservé aux pietons passe devant la façade, et permet d'accéder au porche abritant le portail. Du fait de la proximité d'un ancien corps de ferme, où se trouve par ailleurs un ancien bâtiment conventuel du inscrit aux monuments historiques par arrêté du ., il est impossible de contempler la façade avec du recul, mais l'église est dégagée de toutes constructions mitoyennes, et bien visible des autres côtés. La maison paroissiale, en même temps presbytère, se situe devant le chevet ; près de cette maison, débute la rue du Prêtre qui relie l'église à la RD 13, principal axe de circulation du village.
Histoire thumb|left|Chœur, clé de voûte de la . thumb|left|Inscription commémorative de la restauration en 1881 au-dessus du portail.
Venette est l'un des lieux les plus anciens du Beauvaisis, et l'on ignore la date de fondation de la paroisse. On la doit probablement à l'abbaye Saint-Corneille de Compiègne, dont l'abbé est le collateur de la cure. L'abbaye Saint-Corneille possède également la grosse dîme de Venette. Sous l'Ancien Régime, la paroisse relève du doyenné de Coudun, de l'archidiaconé de Breteuil et du diocèse de Beauvais. Son église est placée sous le vocable de saint Martin de Tours. Après le sac du village par les Normands, l'église est reconstruite pour une première fois par Charles III le Simple, au début du ..
Le vaisseau central de l'église actuelle comporte encore des éléments de la première moitié du . Ce sont notamment la partie de la façade correspondant à la nef ; les murs latéraux des deux premières travées de la nef et du chœur, dont toutes les grandes arcades ont toutefois été retaillées ; le mur qui sépare la nef du chœur, au moins en partie ; le mur dans lequel est taillé l'arc-doubleau intermédiaire du chœur ; et les deux contreforts plats du chevet. Au début du , la deuxième travée du chœur est reconstruite et probablement exhaussé. Les deux voûtes du chœur et quelques chapiteaux subsistent de cette époque. Philippe Bonnet-Laborderie y ajoute la base du clocher, ce qui est contredit par les constats sur place. Sous la Guerre de Cent Ans, Venette est incendié par les Navarrois en 1358, et pendant le siège de Compiègne en 1430. Sans doute en raison des ravages subis, l'église est en grande partie reconstruite au début du , dans le style gothique flamboyant. Un clocher entièrement neuf est édifié dans ce contexte, situé au sud de la dernière travée de la nef. Le collatéral sud du chœur est reconstruit dans le même contexte. Sous une autre campagne, dont il reste à déterminer si elle est antérieure ou postérieure à celle du clocher, la troisième travée du bas-côté nord de la nef et le collatéral nord du chœur sont reconstruits dans un style légèrement différent... thumb|upright|Plaque des curés.
Une nouvelle sacristie est construite en 1849, et le clocher bénéficie de quelques travaux de restauration en cette année. Entre 1881 et 1884, à l'initiative du curé, l'abbé Masson, et du maire, M. Nolet, l'église est restaurée sous la direction de l'architecte Delaplace. Dans un premier temps, il fait effectuer des travaux de consolidation. Afin de délester les murs de la poussée des voûtes, il décide apparemment de démonter les voûtes du début du , et de les remonter avec des carreaux de plâtre ou des briques creuses, en remployant seulement les blocs moulurés ancien. À la même occasion, la nef et les deux premières travées des bas-côtés, qui sont jusqu'alors simplement charpentés, sont munis de fausses voûtes d'ogives en matériaux légers, avec des clés de voûte et culs-de-lampe néo-gothiques. Pour ces travaux de voûtement, Delaplace fait appel aux frères Colas d'Amiens, spécialistes en la matière. Le clocher est également restauré entre 1881 et 1884. Une horloge à quatre cadrans est installée par la maison Lepaute, Paris, en 1904. L'église Saint-Martin est classée aux monuments historiques par arrêté du . En 1966, l'horloge est électrifiée, et elle est pourvue de nouveaux cadrans émaillés en 1992. La flèche est restaurée en 1999. Le reste de l'église se trouve aujourd'hui en mauvais état, surtout le chœur, et elle aurait besoin d'une nouvelle restauration. — Venette est aujourd'hui affiliée à la paroisse Saint-Corneille de Compiègne-nord, et les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Martin le dimanche à 9 h 30, ainsi qu'à 11 h 00 dans la forme tridentine du rite romain (en latin)..
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
À peu près régulièrement orientée, avec une légère déviation de l'axe de l'édifice vers le sud-est du côté du chevet, l'église Saint-Martin se compose d'une nef de trois travées accompagnée de bas-côtés ; d'un chœur au chevet plat de deux travées ; et de deux collatéraux du chœur se terminant également par un chevet plat. Ainsi, son plan s'inscrit dans un rectangle. Le clocher coiffé d'une fine flèche de pierre de de hauteur se situe au-dessus de la troisième travée du bas-côté sud, dont les piliers sont renforcés. Une tourelle d'escalier flanque le clocher à son angle sud-ouest. Le portail occidental est précédé d'un porche. La sacristie se situe au nord de la dernière travée du collatéral nord. Comme particularité, le bas-côté nord augmente de largeur au milieu de la seconde travée. L'ensemble de l'église est voûté d'ogives, mais dans la nef et ses bas-côtés, il s'agit de voûtes en briques creuses réalisées entre 1881 et 1884. La longueur intérieure de l'église est de ; la hauteur sous les voûtes ne dépasse pas . L'on accède à l'église par le portail occidental. Il y a également une petite porte au rez-de-chaussée du clocher, qui n'est plus guère utilisée. Nef et bas-côtés sont munis d'une large toiture unique à deux rampants, qui exclut toutefois la troisième travée du bas-côté nord. Celle-ci et les deux travées du collatéral nord du chœur possèdent des petits pignons, et des toits en bâtière indépendants, perpendiculaires à l'axe de l'édifice. Le vaisseau central du chœur et son collatéral sud sont recouverts ensemble par une toiture à deux rampants, avec pignon à l'est.
Intérieur Nef thumb|Nef, vue vers l'est. thumb|Grandes arcades du nord.
Au milieu de la construction flamboyante, la vieille nef romane subsiste encore, mais ses caractéristiques ont été effacées en deux étapes, lors du percement des grandes arcades ouvrant sur les bas-côtés, dès le début du , et lors de la construction des fausses voûtes d'ogives, vers 1880. Par leur profil simple, les deux premières grandes arcades au nord et au sud sont encore clairement reconnaissables comme ayant été ménagées dans des murs préexistants. Elles sont dépourvues de bases, et affichent un large méplat entre deux faibles gorges. Sauf dans l'église de La Chapelle-en-Serval, qui est d'une architecture extrêmement simple, ce profil reste limité à une partie des arcades et nervures dans les autres églises de la région : croisée du transept d'Avrechy ; ogives et doubleaux de Blaincourt-lès-Précy ; grandes arcades retaillées au nord de la nef de Clermont ; doubleaux également retaillés de la nef et de la base du clocher de Cauvigny ; nef de Jonquières ; chœur de Magny-en-Vexin ; arcades sous le clocher de Précy-sur-Oise ; une arcade du collatéral de Presles ; grandes arcades de La Roche-Guyon ; grandes arcades du sud de Saint-Clair-sur-Epte, taillées dans un mur préexistant ; croisée du transept de Vétheuil (parfois le nombre de moulures est plus important). Par ailleurs, ces arcades sont en plein cintre au nord, et en arc brisé au sud.