alt=Sanatorium vers 1940.|vignette|Sanatorium vers 1940. Le est un vaste complexe hospitalier construit à l'extrémité du village de Lac-Édouard en Haute-Mauricie, dans la province de Québec, au Canada.
Fondé pour soigner les malades de la tuberculose avant l'avènement des antibiotiques, il a longtemps été le principal employeur du village. Son histoire s'étend sur une période d'un siècle, de 1904 à 2004, bien que sa vocation ait changé en 1968. Il est situé sur une presqu'île au nord-est du lac Édouard, d'une longueur de , à la source même de la rivière Batiscan.
Accès au territoire vignette|Gare du lac Édouard vers 1890. En 1904, il n'y avait pas de route, ni d'électricité, ni de téléphone. Le train a longtemps été le seul moyen d'accès au lac Édouard et seul le télégraphe permet de contacter la ville de Québec pour commander du matériel ou faire venir des techniciens spécialisés. En 1961, un chemin en gravier permet de rejoindre la route 155 et la ville de La Tuque, mais seulement en hiver lorsque la rivière Bostonnais est gelée. Le pont sur la rivière Bostonnais est inauguré le . Le chemin de est asphalté en 1983. Par la route, La Tuque est située à tandis que Québec (ville) est distante de . À l'automne 1886, la voie ferrée du "Quebec and Lake St-John Railway", QLSJR, atteint le lac Édouard (Québec), puis en 1888, la ville de Roberval au lac Saint-Jean, (le Canadien National, CNR, en devient propriétaire en 1918). Une gare avec télégraphe, un dortoir, une cour de triage, un château-d'eau, une chute à charbon et un atelier de réparation pour locomotive à vapeur sont construits près du lac Édouard (Québec) à de Québec (ville), soit à mi-chemin du lac St‑Jean. Les six baies de service de l'atelier semi-circulaire (la "rotonde") peuvent recevoir les locomotives grâce aux rails disposés en éventail vis-à-vis d'un pont tournant. L'arrivée du personnel de soutien marque le début du développement du village de Lac-Édouard. vignette|Atelier des locomotives à vapeur (rotonde). La voie ferrée donne accès à d'immenses territoires forestiers, giboyeux et parsemés de lacs. L'industrie forestière se développe et des américains fortunés louent au gouvernement du Québec de vastes secteurs pour créer des clubs privés de chasse et pêche. En 1886, le "" est ouvert sur un lac voisin. En 1888, le ""Dans "Historical and Sporting Notes on Quebec and Its Environs" 11 septembre 1888, Sir James MacPherson Le Moine mentionne l'existence du "The Fin and Feather Club" où, avec deux compagnons, il a pris 70 truites de plus de deux livres chacune. L'ex-président Grover Cleveland et Kit Clarke sont membres du club. Dans le Cosmopolitan de 1891, volume 11, apparaît une gravure du chalet du club. Le "Saturday evening mail", volume 28, n°8, du 21 août 1897, rapporte que la plupart des guides sont des canadiens français, des gens simples et honnêtes qui ont à cœur la forêt; ils sont payés 1,50 $ par jour, en sus de la nourriture. La Gazette officielle de Québec du 5 novembre 1932 cite Florenz Ziegfeld comme propriétaire de l'île 2 connue sous le nom de "Kit Clark's Island"., avec Kit Clarke comme trésorier, possède un chalet sur l'île du lac Édouard (Québec) (aujourd'hui l'île Ziegfeld, achetée par celui-ci en 1908 et vendue pour paiement de dettes en 1932). En 1894, le dépliant des horaires du "Quebec and Lake St-John Railway"Le dépliant des horaires de train mentionne que la Qc & lac Saint-Jean Railway louait, du gouvernement du Québec, les droits de pêche sur le lac Édouard (Québec) au bénéfice des usagers de la voie ferrée et fournissait tous les services requis (chaloupes, guides, etc.) via le gérant de l'hôtel "Laurentides House" situé près de la gare. La Gazette Officielle de Québec du 26 octobre confirme la constitution, le 17 juillet 1929, de la corporation du "Club de Chasse et Pêche Lac Edouard Inc." (dissoute en 1990). liste 14 clubs sur le parcours de la voie ferrée. En 1903"Conférence du ministre Gustave C. Piché concernant la protection et la conservation de nos forêts", Documents de la Session (D.S.), 42, 5, app. 20 du Rapport du ministre des terres et forêts pour 1908 (1909)., un immense feu de forêt met fin à l'exploitation forestière de la région. La maison du gardien de l'écluse de la rivière Batiscan, qui sert à contrôler le niveau du lac pour faciliter le flottage du bois, n'est plus utilisée. Son propriétaire, Richard Turner, en fait son chalet de pêche; il possédait le "moulin à scie" du village (Turner Lumber and Pulpwood Company) et le bateau à vapeur qui remorquait le bois depuis aussi loin que la "Steam Boat Bay".
La "" vignette|Sanatorium du lac Édouard construit en 1908 et inauguré en 1909|alt=|gaucheLa tuberculose est un fléau mondial qui n'épargne pas les riches. En 1904, le sanatorium prend naissance lorsque Turner héberge trois malades dans son chalet. Le climat est reconnu pour être sain parce que le lac Édouard est situé à d'altitude. En 1905, son chalet ne suffisant plus à la demande, Sir Turner fonde avec des amis fortunés la "" à laquelle le gouvernement du Québec concède 137 acres de terrain (55,5 hectares). La construction du sanatorium, au coût de , débute en 1908 et celui-ci ouvre officiellement en 1909. D'une capacité de , il est destiné aux protestants anglophones souffrant de la tuberculose. Le corps principal du bâtiment mesure , l'aile ouest et l'aile est . En 1909, les directeurs décident d'accueillir des patients sans égard à la religion pourvu que les protestants aient la priorité. Éventuellement, l'association adaptera sa mission pour aider financièrement les hôpitaux et les organisations charitables anglophones de la ville de Québec. En 1976, elle transfère ses avoirs à la "" dont l'aide est destinée aux anglophones de la grande région de Québec. vignette|Sanatorium (période de 1918 à 1925)
Location par le gouvernement fédéral du Canada
En 1915, lors la première guerre mondiale, la Commission des Hôpitaux Militaires prend possession du sanatorium pour soigner les militaires atteints de tuberculose ou affectés par les gaz toxiques. Une annexe Est, d'une capacité de , est construite en 1916 et sera réservée aux hommes; une annexe Ouest sera ajoutée en 1918. Le sanatorium original possédait déjà deux ailes et, après l'ajout des annexes reliées par des corridors, s'appelle désormais le "centre". En 1921, l’établissement est rétrocédé à la "" qui présente une demande au premier ministre du Québec afin que le gouvernement provincial prenne l’institution en charge.
Achat par le gouvernement provincial de la province de Québec vignette|Résidence des sœurs, construite vers 1922. En 1921, le gouvernement du Québec achète le sanatorium, au coût de , et en confie la gestion à l'hôpital Laval de Québec. Les Sœurs de la charité de Québec assurent le fonctionnement du au (les Dominicaines de l'Enfant-Jésus prennent la relève de 1936 à 1948 et par la suite, le fonctionnement demeure laïque). En 1922, le gouvernement accorde aux sœurs de la Charité pour une construction nouvelle. Le , le gouvernement s'engage à entretenir et aménager les immeubles, édifices, maisons, bâtiments et dépendances qui forment actuellement ou formeront le Sanatorium du Lac Édouard; il accorde une aide mensuelle de pendant pour permettre d'accommoder un maximum de et d'assumer les coûts pour les patients indigents. vignette|Sanatorium vers 1930.|alt=|gauche Cela permet de construire les imposantes installations qui sont inaugurées en avec l'achèvement de l'annexe Est construite à l'épreuve du feu. Vers 1926 l'annexe Ouest, qui deviendra la partie nord de la Ruche, est déplacée pour la construction de l'annexe Sainte-Hélène. Vers 1928 l'annexe Est, qui deviendra l'infirmerie, est déplacée pour faire place à la construction en brique de l'annexe Couillard . On construit la centrale thermiqueDétails techniques par Roger Lévesque, d'abord mécanicien de machines fixes puis chargé de la maintenance du sanatorium de 1950 à 1967. avec sa haute cheminée; ses chaudières à vapeur sont d'abord alimentées au charbon puis, au cours des ans, à l'huile et au bois (période de la base de plein air). Le nouveau château d'eau est alimenté en eau par une pompe à vapeur à partir d'une conduite d'eau souterraine de 6" de diamètre se rendant au lac. L'eau potable provient du puits qui alimentait l'ancien château d'eau. Des tunnels servent à distribuer la vapeur aux divers bâtiments; entre la résidence des sœurs et le sanatorium, ils sont de taille suffisante pour être utilisés par les employés durant les rigoureux hivers où la température chute couramment sous les moins quarante degrés Celsius. Une turbine à vapeur actionne une génératrice électrique à courant continu pour alimenter en électricité le Sanatorium et le village qui étaient alimentés depuis1914 (pour éclairage seulement) par les deux génératrices de 9 kW de la Turner Lumber and Pulpwood Compagny. En 1950, l'installation dans la centrale thermique de deux nouveaux groupes électrogènes à deux moteurs diesel chacun (utilisés en alternance) permet la transformation au courant alternatif; ils seront utilisé jusqu'à la prolongation du réseau d'Hydro Québec en 1967-1968.
Une photo vers 1935 de la façade nord montre un bâtiment bas (probablement la cuisine) ajouté à l'aile nord-est du Centre qui est prolongé par une aile ouest (probablement l'aile Ste-Thérèse) pour rejoindre l'imposante annexe Ste-Hélène; la chapelle est reliée à l'aile "Ste-Thérèse" qui intègre un clocher (visible sur la photo colorisée, à droite de la cheminée de la chaufferie).
En 1928, l'Association Protectrice des Forêts Laurentiennes construit une tour d'acier de 80 pieds de haut pour la détection des feux de forêt ainsi qu'une ligne téléphonique le long de la voie ferrée, et fournit gracieusement un téléphone au sanatorium; le village ne sera desservi qu’en 1966 lorsque la Compagnie de Téléphone de La Tuque prolongera son réseau. En 1930, il y avait 115 patients; la dépouille de ceux qui décédaient était retournée à la famille (par le train dans une caisse de bois étanche) . Le sanatorium a compté jusqu'à une centaine d'employés et plus de . Jusqu'en 1933, il est considéré comme un établissement privé car les malades doivent payer pour leur séjour. vignette|Sanatorium vers 1944 En , un incendie détruit l’annexe Sainte-Hélène ainsi que le "Centre" qui sont en bois; la chapelle, la salle à manger, la pharmacie et la cuisine sont détruites. Il ne reste que l'annexe Couillard du sanatorium lui-même. Le complexe hospitalier comprend de nombreux bâtiments de service dont les principaux sont: l’infirmerie, la ruche, l’école, la buanderie, la résidence des sœurs et cinq maisons pour le personnel (dont la maison du surintendant qui est probablement l’ancien chalet de sir Turner, à droite sur la photo de 1930). Les bâtiments de ferme incluent une grange, des hangars pour la machinerie ainsi qu’une serre située près de la ruche avec des jardins potager. Un hangar à bateaux de sept portes est situé au bord du lac près de la grande plage.