vignette|La carte du site de l'Expo 67. vignette|Le plan souvenir officiel Expo 67 (recomposé)

L'Expo 67 de Montréal est une exposition internationale (de catégorie A) tenue à Montréal en 1967 sur le thème « Terre des Hommes » (en anglais : Man and His World). Ces grandes expositions se tiennent depuis le milieu du et servent à mettre en valeur les réalisations technologiques et industrielles des pays hôtes.

Description détaillée Pour marquer le centenaire de la Confédération, le Canada demande au Bureau international des expositions (BIE) d'être l'hôte d'une Exposition universelle et internationale de première catégorie. À la suite du refus de Moscou en , le BIE accepte la candidature du Canada et Montréal sera finalement désignée le hôte de l'Exposition universelle de 1967. La Compagnie canadienne de l'Exposition universelle (CCEU) est créée en fin 1962, réunissant les trois principaux commanditaires de l'Exposition, le Canada, le Québec et la Ville de Montréal. Une première administration est nommée: Paul Bienvenu est commissaire général, Cecil Carsley, sous-commissaire général et Claude Robillard, directeur général. Cette équipe choisit de démissionner au début de 1964, étant entre autres en désaccord avec le fait de tenir l'Expo sur des îles au milieu du fleuvePourquoi commémorer l'Expo 67, sur expo67.org. Un nouveau commissaire général est nommé, le diplomate Pierre Dupuy, un sous-commissaire général, qui a été chargé de convaincre d'autres pays à participer à cet événement, ce qui a mené à plus de 60 autres pays à participer, l'ingénieur et une nouvelle équipe est recrutée : directeur général : Andrew G. Kniewasser, secrétaire et conseiller juridique : Jean-Claude Delorme, directeur de l'aménagement : Edward Churchill, architecte en chef : Édouard Fiset, directeur des finances : Dale Rediker, directeur de l'exploitation : Philippe de Gaspé Beaubien, directeur des exposants : Pierre de Bellefeuille, directeur de l'information, de la publicité et des relations publiques : Yves Jasmin.

L'Expo 67 est l'un des événements marquants de l'histoire du pour le Canada, le Québec et Montréal. D'une durée de six mois (du au ), l'Exposition accueille plus de 50 millions de visiteurs. Soixante-deux pays y participent sous le thème Terre des Hommes, portant le message de l'ouvrage éponyme d'Antoine de Saint-Exupéry. Près de 90 pavillons de toutes sortes (gouvernements, pavillons thématiques, organisations internationales, etc.) sont mis en place pour l'événement. Montréal choisit de placer l'Expo au centre du fleuve Saint-Laurent et des travaux majeurs suivent dès l'obtention de l'Exposition : la superficie de l'île Sainte-Hélène est doublée et une toute nouvelle île, l'île Notre-Dame, est érigée, pour un total de . On estime à vingt-cinq millions de tonnes la quantité de terre et de roc que l'on a dû transporter, provenant notamment (pour 15 % à 20 %) de la construction du métro de Montréal et du dragage du fleuve[https://ville.montreal.qc.ca/memoiresdesmontrealais/la-construction-des-iles-et-de-la-cite-du-havre. Cet ouvrage a modifié l'environnement fluvial et détruit plusieurs frayères de poissons indigènes.

Les retombées culturelles et sociales de l'Expo sur une population québécoise qui est encore à vivre ce que l'on appelle aujourd'hui la Révolution tranquille sont importantes, mais difficiles à calculer. Le calcul des retombées commerciales est plus concret, mais est abandonné dans la hâte que l'on a de terminer l'opération. Ainsi, dans le calcul des coûts et des rentrées, on omet de compter l'héritage de l'Expo, la valeur de ce que l'Expo remet à la ville de Montréal, les îles, les ponts, les canaux, des pavillons et les aménagements de l'emplacement.

Le Canada et le Québec bénéficient largement de l'afflux touristique de 1967. L'Office du tourisme canadien calcule que l'entrée des dollars touristiques passe de 600 millions en 1966 à plus d'un milliard en 1967, majoritairement grâce à l'Expo. Le déficit opérationnel de 210 millions se trouve donc largement effacé.

Le fonds d'archives de la Compagnie canadienne de l'Exposition universelle de 1967 est conservé au centre d'archives du gouvernement fédéral (BAC) à Ottawa.

Bilan financier Toutes valeurs en dollars canadiens de 1967 : Coût : Revenu : Déficit opérationnel :

Design sous toutes ses formes à l'Expo 67 thumb|L'île Notre-Dame durant l'Expo Le design fait partie intégrante de l'Exposition universelle de Montréal de 1967. Par la convergence du design international de l'époque et du design local, elle est le lieu idéal pour véhiculer de nouvelles idées. Soutenue par une grande campagne publicitaire et par de nombreuses publications, elle fascine avant même d'être officiellement ouverte. On s'enthousiasme devant les différents pavillons, les expositions qu'ils renferment, l'aménagement des sites, les objets et commodités personnalisés, les divertissements proposés, sans oublier les hôtesses et leurs uniformes à la mode.

Le design à l'Exposition s'étend sur cinq sphères distinctes, lesquelles sont divisées en sous-catégories. L'architecture, incluant les pavillons souvent innovateurs, l'aménagement des îles Sainte-Hélène et Notre-Dame (qui a été en charge par Philippe de Gaspé Beaubien, organisateur clé de l'Expo 67 et directeur des opérations.) et, à la Cité du Havre, Habitat 67, immense construction de 158 unités ou blocs de ciment prémoulés encore en fonction de nos jours; Le design graphique, avec les logos et publications, ainsi que la signalétique et la publicité ; Les médias, avec entre autres le cinéma et les effets audiovisuels, ainsi que les innovations techniques de l'époque ; La mode, avec les uniformes griffés des hôtesses et la venue de la minijupe qui annonçait déjà une ouverture d'esprit et une libération des pensées de la culture occidentale.

Architecture

thumb|Le pavillon de la France L'architecture des pavillons, avant-gardiste et futuriste, est un des attraits les plus importants d'Expo 67. Les 61 pays annoncés redoublent d'imagination et de créativité pour que leur installation laisse l'empreinte la plus marquante et raffinée et contribue à améliorer le tourisme et favoriser leur économie. Pour ce faire, on requiert les services des meilleurs architectes (Buckminster Fuller, Frei Otto, Walter Eykelenboom) afin de proposer des bâtiments qui étonnent, comme le dôme géodésique du pavillon des États-Unis, le pavillon-tente de l'Allemagne de l'Ouest ou celui en verre de l'Australie. Ces bâtiments emballent le public par leur design inédit, leur innovation technologique (facilité d'assemblage, transport, légèreté) et par le choix de matériaux souvent non conventionnels (toile de plastique ou d'acrylique, tuyaux d'aluminium, etc.). Deux autres objectifs motivent aussi les architectes : le désir de se dissocier des bâtiments monotones et ennuyeux qui régissent l'architecture des années précédentes et le défi de couvrir la plus grande superficie avec le moins de matériaux et aux moindres coûts.

Pavillons innovateurs et concept du space frame L'Expo 67 voit apparaître un nouveau concept architectural. Il s'agit du space frame, dont le principe est de couvrir le plus d'espace possible avec flexibilité et aux moindres coûts. Pour ce faire, il faut distribuer le poids total de la structure sur la plus grande superficie possible. Le space frame implique aussi l'usage de différents matériaux, tels l'aluminium et le plastique. Il permet, entre autres, de déplacer les structures facilement, de les agrandir ou de les diminuer selon les besoins et, surtout, de les décomposer en plusieurs autres structures de diverses formes. Plusieurs critiques et architectes de l'époque s'entendent pour dire que le space frame constitue le futur en matière de pensée et d'idéologie architecturale. Voici quelques descriptions des pavillons qui suivirent le principe du space frame:

thumb|L'intérieur du pavillon de l'Allemagne (de l'Ouest). Allemagne de l'Ouest Imaginé et dessiné par Frei Otto, monté en 6 semaines, mais ayant été pensé durant plusieurs années, le pavillon de l'Allemagne de l'Ouest prend la forme d'un chapiteau asymétrique à plusieurs pointes, ouvert sur les côtés et dont le toit, composé d'un immense filet de fils d'acier soutenant une « peau » ou toile de plastique, est retenu par huit mâts d'acier élancés. La toiture de plastique, d'une pâle teinte de jaune, arbore des motifs en forme de fleur à quatre pétales et des fenêtres circulaires de plastique transparent qui permettent à la lumière naturelle de pénétrer dans l'espace d'exposition. Cet espace, d'ailleurs, n'est aucunement séparé par des murs, et les planchers, construits au préalable, sont indépendants du reste de la structure.

vignette|Le pavillon des États-Unis.

États-Unis Cette structure est sans contredit la plus célèbre de l'Expo 67. Ce gigantesque dôme géodésique de 20 étages ( de haut), conçu par l'architecte et inventeur Buckminster Fuller, possède un diamètre de . Cette structure contient un système d'écrans teintés contrôlés par ordinateur, dont la fonction est de régler la température interne.

Pavillons thématiques « L'Homme interroge l'univers » et « L'Homme à l'œuvre » Construits sur les îles Sainte-Hélène (« L'Homme interroge l'univers ») et Notre-Dame (« L'Homme à l'œuvre ») selon les plans de la firme Affleck, Desbarats, Dimakopoulos, Lebensold et Sise, et respectant les principes du space frame, ces pavillons regroupent des milliers de tétraèdres (figure à 4 côtés triangulaires) tronqués. Malheureusement, à la suite de l'annonce du fabricant qu'il n'y aurait pas assez de main-d'œuvre pour souder la structure, cette dernière est boulonnée, ce qui lui confère une apparence lourde et désuète.

vignette|Le pavillon des Pays-Bas. Pays-Bas Construit selon les plans de l'architecte Walter Eykelenboom, de Rotterdam, et avec l'aide de son associé canadien George Eber, le pavillon des Pays-Bas est une structure triodétique de trois étages, constituée de tubes d'aluminium de chacun, (donc de tubes). Elle est assemblée sans vis ni soudure, seulement à l'aide de clés anglaises. Les murs sont suspendus à la structure.

D'autres pavillons, sans employer le concept du space frame, font aussi preuve d'originalité dans leur architecture : Australie Ce pavillon, à l'origine une boîte de verre et d'acier, dessiné par l'architecte James MacCormick, impressionne par sa simplicité, son élégance, son modernisme et son raffinement. L'intérieur à aire ouverte est confortable, avec une lumière naturelle et des épais tapis de laine, un produit typiquement australienRelaxed and Comfortable: The Australian Pavilion at Expo '67, dans Design Issues, volume 25, No 1 - . BARNES, Carolyn, HALL, Barbara et JACKSON, Simon, 2009, In Art Full Text; Consulté le 11 octobre 2012. Des bergères à hautes oreilles, munies de haut-parleurs stéréo, s'activent lorsqu'un visiteur s'y assoit; la couleur des coussins indique la langue. On y entend une trame sonore expliquant les plus récents avancements de la société australienne.

Pavillons des pâtes et papiers Composé de pyramides élancées vertes symbolisant la forêt montées sur une structure de verre, ce pavillon donne des impressions de forêt enchantée. L'effet s'intensifie par l'illumination du pavillon le soir venu..

vignette|Le pavillons du Canada, de l'Ontario et de la Province-de-l'Ouest. Canada Conçu par les architectes Rod Robbie, Colin Vaughan, Paul Schoeler et Matt Stankiewicz et par les consultants Evans St. Gelais et Arthur Erickson, le pavillon canadien a en son centre une large pyramide inversée, le Katimavik («lieu de rencontre» en inuktitut), autour de laquelle sont disposés des bâtiments rectangulaires aux toits blancs. Tout près se trouve un «arbre» contenant photos de Canadiens. En son centre, le pavillon fait étalage des plus belles avancées technologiques et sociales du Canada, démontrant la grande diversité de son peuple.

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