La (en occitan : carrièra dels Tornejaires) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.

Situation et accès Description La rue des Tourneurs est une voie publique. Elle relie le quartier des Carmes, au sud, au quartier du Capitole, au nord.

Elle naît à l'angle nord-ouest de la place Rouaix, au croisement de la rue de la Trinité. Elle reçoit une rue innominéeJusqu'au percement de la rue d'Alsace-Lorraine, cette rue était une impasse qui aboutissait à l'hôtel de Ciron-Fumel. Elle était connue à la fin du comme la ruelle du Sac ou encore comme la ruelle de Dame-Jeannette. à droite avant de croiser la place Étienne-Esquirol. Elle se termine au croisement des rues Peyras () et Genty-Magre (). Elle est prolongée au nord par la rue Baronie jusqu'à la petite place des Puits-Clos.

La chaussée ne compte qu'une seule voie de circulation automobile en sens unique, de la rue Baronie vers la place Étienne-Esquirol, puis de cette place vers la place Rouaix. Elle appartient à une zone de rencontre et la vitesse y est limitée à 20 km/h. Il n'existe pas de bande, ni de piste cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.

Voies rencontrées La rue des Tourneurs rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :

Rue de la Trinité (g) Place Rouaix (d) Rue du Sac ou impasse des Tourneurs (voie innominée entre la rue des Tourneurs et la rue d'Alsace-Lorraine) (d) Place Étienne-Esquirol Rue Peyras (g) Rue Genty-Magre (d)

Transports La rue des Tourneurs n'est pas directement desservie par les transports en commun Tisséo. Elle traverse cependant la place Étienne-Esquirol où se trouvent la station Esquirol, sur la ligne de métro , ainsi que les arrêts des lignes de Linéo et de bus .

Les stations de vélos en libre-service VélôToulouse les plus proches sont les stations (15 place Étienne-Esquirol) et (1 rue des Tourneurs).

Odonymie La rue tire son nom des artisans tourneurs, en raison de l'industrie des bois tournés qui s'y est développée à la fin du et y a perduré jusqu'au début du Chalande 1920, et 325..

Au Moyen Âge, le premier tronçon, entre la place Rouaix et l'ancienne rue de la Colombe (actuelle place Étienne-Esquirol), s'appelle rue des Almussiers, c'est-à-dire des fabricants d'aumusses, cette coiffure portée par les hommes comme par les femmes au Moyen Âge. Pour Jules Chalande, il s'agissait de la rue des Armusiers, c'est-à-dire des armuriers, artisans fabricants d'armes, mais cette hypothèse a été rejetée par Pierre SaliesSalies 1989, .. Vers la fin du , elle prend également le nom de rue des Grazaliers, car les fabricants de « grazals » (grasal, « auge de bois » en occitan médiéval) ont remplacé les almussiers. À la fin du , elle conserve ces noms tout en recevant aussi celui de rue des Tourneurs. En 1794, pendant la Révolution française, elle est renommée rue de la Constitution, sans que le nom subsiste.

Le seconde partie de la rue, entre la rue de la Colombe et la rue Peyras, porte plusieurs noms au Moyen Âge. Au , c'est la rue des Pourpointiers ou de la Pourpointerie, d'après les fabricants de pourpoints, mais aussi la rue de Misser-Galvant, Galban ou encore Galvaing, probablement du nom d'un individu d'origine anglaise. Dans la seconde moitié , la rue prend le nom de rue de la Véronique, de la Varonique ou Baronique, du nom de l'auberge de la Véronique : ce nom, transformé en Baronie, a d'ailleurs donné son nom à l'actuelle rue Baronie qui prolonge la rue des Tourneurs. En 1794, pendant la Révolution française, elle fut rebaptisée rue du Salut-PublicChalande 1920, ..

En 1806, l'ensemble des deux rues reçut officiellement le nom de rue des Tourneurs.

Histoire Moyen Âge et période moderne Au Moyen Âge, la rue des Tourneurs appartient au capitoulat de la Pierre. C'est une rue importante et animée, qui profite de la proximité de la Grand-rue, qui relie la place du Salin au marché de la Pierre, le principal marché de la ville (emplacement de l'actuelle place Étienne-Esquirol), et de la rue Peyras, qui relie la porte Saint-Étienne, à l'est, au pont de la Daurade, à l'ouest. Elle délimite à l'est le vaste quartier des drapiers, qui occupe le cœur de la ville à la fin du Moyen Âge. La population de la rue est composée d'artisans : au , on trouve des almussiers, fabricants d'aumusses, au nord de la rue, et des pourpointiers, fabricants de pourpoints, au sudChalande 1920, ..

Les premiers bâtiments du couvent des Augustins – en particulier l'église – sont construits entre 1310 et 1341 sur la rue Peyras (actuelles rues Genty-Magre et Antonin-Mercié). Il se développe au cours du , puis du , jusqu'à occuper tout le moulon délimité par la rue Peyras au nord, la rue des Banniers (actuelle rue des Arts) à l'est, la rue de la Colombe (actuelle rue de Metz) au sud, et la rue des Pourpointiers à l'ouest. Les rues de la Colombe et des Pourpointiers ne sont cependant pas bordées par le couvent lui-même, mais par des maisons qui lui appartiennent et qui sont mises en location, tel le Four des Augustins (ancien ), loué à un boulanger qui avait la charge de faire cuire le pain du couvent. C'est également dans la rue des Pourpointiers que le couvent a son entrée principale (emplacement de l'actuel ). Une autre entrée se trouve au bout d'une impasse, connue comme l'impasse des Augustins, qui naît dans la rue des Pourpointiers (entre les et 32) et aboutit au sud du grand cloître.

On compte aussi des auberges : au s'implante, au carrefour de la rue des Pourpointiers et de la ruelle de la Véronique, une auberge réputée, le Logis de la VéroniqueCette ruelle de la Véronique, aujourd'hui disparue, s'ouvrait entre les actuels et 43 rue des Tourneurs. Elle fut fermée et rendue privée en 1620.. L'auberge est cependant déplacée, vers 1550, au niveau du rue des Tourneurs (aujourd'hui démoli)Chalande 1920, .. À la fin du existait également le Logis de la Clef, installé entre le de la place de la Trinité et le de la place Étienne-Esquirol : c'était alors une des auberges à enseignes privilégiéesChalande 1920, ..

Après l'incendie du , qui est extrêmement destructeur dans le quartierBastide 1968, . et malgré les interdictions des capitouls, le bois reste encore utilisé dans la construction des maisons, jusqu'au (actuels et 5 ; ). La tradition commerçante se poursuit : les grazaliers, artisans spécialisés dans la fabrication de « grasals », des auges en bois (grasal ou grazal en occitan) sont de plus en plus nombreux à cette époque près de la place Rouaix. Mais l'ampleur des destructions permet également aux riches marchands de réunir de vastes emprises foncières pour faire bâtir leurs hôtels particuliersBastide 1968, .. À la fin du , le capitoul Pons Imbert fait construire un hôtel avec sa tour capitulaire (actuel ), qui a une deuxième entrée sur la rue de la Trinité (actuel ). En 1550, la rue est à nouveau ravagée par un grand incendie : des maisons antérieures, seule celle de Pons Imbert subsiste encore ainsi que le Chalande 1920, .Chalande 1920, .. La construction d'hôtels particuliers se poursuit au siècle suivant : en 1621-1622, la famille Desplats, seigneurs de Gragnague, se fait bâtir le plus bel hôtel de la rue des Pourpointiers (actuel )Chalande 1920, ..

À la fin du , les premiers artisans spécialisés dans le tournage sur bois s'installent entre la rue de la Colombe et la place Rouaix, dans la vieille rue des Grazaliers. Le succès de leur industrie les amène à occuper la plupart des boutiques.

Époque contemporaine Au , la rue des Tourneurs se transforme. Les projets de réalignement des façades et d'élargissement des rues, dans la première moitié du , visent à moderniser le centre ancien. Progressivement, plusieurs immeubles sont reconstruits pour être mis à l'alignement de 8 mètres (actuels , 43 à 47 ; 20, 40, 50 et 52). C'est dans ce contexte de renouvellement de l'habitat que le vieil hôtel Desplat est remanié en 1848 pour M. Sipière, qui lui fait adjoindre une nouvelle façade monumentale de style néo-classique sur la rue des TourneursChalande 1920, .. Les travaux se poursuivent dans la deuxième moitié du , lorsque des travaux sont engagés, entre 1863 et 1865, afin d'élargir la place Étienne-Esquirol, puis entre 1868 et 1873, lors du percement des rues Longitudinales (actuelle rue d'Alsace-Lorraine) et Transversale (actuelle rue de Metz). Plusieurs immeubles des côtés ouest et est de la rue des Tourneurs sont démolis, comme le Logis de la Véronique (ancien ), qui fait partie des maisons disparues, tandis que de nouveaux immeubles de style haussmannien sont élevés (actuels , 25, 39 et 41 ; , 24, 34 et 42). Plusieurs architectes toulousains réputés interviennent sur plusieurs de ces chantiers, tels Achille Ambialet (actuel ) et Alexandre Laffon (actuels , 12 et 14).

La rue conserve une importante activité artisanale, en particulier celle des tourneurs de bois, dont l'activité est encore très présente dans toute la rue. Elle se diversifie cependant, avec l'ouverture de cafés, parmi lesquels le Père Louis, ouvert en 1889Benjamin Abba, « Le Père Louis, un bar qui a traversé le XXe siècle », La Dépêche du Midi, 22 juillet 2017.. C'est dans une des boutiques voisine que s'installe la première librairie Privat en 1850Dépêche, « Une éternelle jeunesse pour Privat », La Dépêche du Midi, 17 juin 2003..

Patrimoine et lieux d'intérêt Hôtels particuliers vignette| : façade de l'hôtel du capitoul Pons Imbert. 9 : hôtel du capitoul Pons Imbert. L'immeuble s'élève sur deux étages et un niveau de mirandes, et compte quatre travées. Il a appartenu au marchand Pons Imbert, capitoul en 1510-1511 et en 1524-1525, qui possédait aussi la maison du rue de la Trinité. Le rez-de-chaussée en maçonnerie de brique, datant de la fin du , a résisté à l'incendie de 1550. Sur la rue, deux voûtes forment les arcades de la boutique. Elles donnent accès à une vaste salle dotée d'une grande voûte avec liernes et tiercerons. Les étages ont été reconstruits au . Les fenêtres rectangulaires du ont des garde-corps en fer forgé. L'élévation est couronnée d'une corniche moulurée. La porte latérale s'ouvre sur le côté gauche et donne accès à un couloir d'entrée qui présente une série de voûtes à quatre arêtes, dont les nervures reposent sur de larges culots chargés de feuilles d'acanthe, de chardons, de choux frisés, de targes et d'écussons, dont certains sont soutenus par des anges ou des animaux fantastiques. Dans la cour, au , une galerie sur consoles de pierre faisait communiquer ce corps de logis avec la tour gothique et le corps de logis de la rue de la Trinité ..

vignette| : façade de l'hôtel Sipière. 45 : hôtel Desplats-Palaminy (1621-1622, façade de 1848). .. Donnant sur l'impasse Saint-Géraud, l'hôtel Desplats date du . Il a été englobé dans un édifice construit pour M. Sipière dans la seconde moitié du . Ce dernier a fait édifier une nouvelle façade monumentale sur la rue des Tourneurs par l'architecte Louis Delor de Masbou..

Immeubles en corondage 3 : immeuble en corondage. L'immeuble est construit au . Le poitrail, soutenu par des piliers en bois, est surmonté de solives et de la sablière de plancher. Aux étages, le pan de bois est à grilles et décharges, hourdé de brique, mais largement masqué par l'enduit qui le couvre. Les fenêtres ont des appuis moulurés en bois dont les formes se rapprochent du , et qui ont pour certains été coupés, marquant une reprise des ouvertures aux siècles postérieurs. Le dernier niveau de comble ouvert a été fermé et aménagé..

3 bis : immeuble en corondage. L'immeuble, construit au , présente une étroite façade d'une seule travée. Le pan de bois est à grille, hourdé de brique. Aux et , les fenêtres segmentaires sont surmontées d'une fine corniche moulurée. Le dernier niveau de comble ouvert a été fermé et aménagé..

5-7 : immeuble en corondage.. 11 : immeuble en corondage..