vignette|Églises creusées dans le roc de Lalibela (Éthiopie). Le christianisme en Afrique eut une grande influence dans les premiers siècles de notre ère. Les berbères Tertullien, Cyprien de Carthage puis Augustin d'Hippone figurent parmi les premiers Pères de l'Église latins ; l'Église d'Alexandrie est au de la Pentarchie et étendait ses prérogatives jusqu'à l'Éthiopie.

L'expansion arabe aboutit à l'islamisation de l'Afrique du Nord aux dépens du christianisme qui disparut des provinces d'Afrique romaine. Seules demeurèrent les Églises coptes en Égypte, en Éthiopie et en Érythrée.

Les missions catholiques, exclusivement portugaises jusqu'à l'abolition de l'esclavage intervinrent peu en Afrique. Par la suite leurs efforts ne rencontrèrent pas un grand succès ; à la fin du seuls 1 % des chrétiens sont africains.

C'est au qu'un nouvel essor du christianisme apparaît en Afrique, surtout dans la partie subsaharienne où foisonnent de multiples confessions. Il est dû en partie à l’évangélisation des protestants évangéliques, mais aussi à l'émergence de prophètes créant de nouvelles Églises. Le catholicisme est également en augmentation.

Près du quart des chrétiens vivent désormais en Afrique, essentiellement en Éthiopie, au Nigeria et en République démocratique du Congo.

Histoire Le christianisme dans l'Afrique romaine

vignette|upright 0.7|Augustin d'Hippone. Le christianisme est arrivé en Afrique dès la fin du , elle a pour centre de propagation la cité de Carthage par la conversions probables de plusieurs communautés juives qui y sont nombreuses. Sa prédication s'étend ensuite aux communautés hellénophones. Le rayonnement de l'Église d'Alexandrie commence avec la conversion de Pantène d'Alexandrie qui établit l'une des plus anciennes Églises chrétiennes ; l'École théologique d'Alexandrie (Didascalée) y fut une des grandes écoles théologiques des premiers siècles du christianisme. Origène commence à y enseigner la philosophie chrétienne dès 211 et au cours du , les communautés chrétiennes se multiplient en Égypte romaine.

Dans les provinces berbères, les communautés chrétiennes étaient également très nombreuses et dynamiques dès le milieu du . Les débuts du christianisme dans cette région est étroitement liée à la personne de Tertullien ; il adopta un caractère spécifique, se faisant remarquer par son intransigeance, refusant la participation à la vie politique de la cité Une sentence de Tertullien est particulièrement connue : « Le sang des martyrs est une semence de chrétiens ». Dans son œuvre De l’idolâtrie, il précise la nature des activités déconseillées aux chrétiens : ils doivent, pour les plus riches, refuser de participer à la vie politique de la cité en tenant un quelconque poste, refuser tout métier agricole qui pourrait fournir des produits et animaux aux séances de sacrifices. Les chrétiens ne doivent pas non plus exercer le professorat qui les obligerait à enseigner les mythes et cultes païens. Tertullien, De idololatria, De spectaculis et de servir au sein de l’armée de l’Empire.. Ce choix politico-religieux a été à l’origine de conflits parfois violents. Cette tendance intransigeante perdurait au début du et après la persécution de Dioclétien en 303, les donatistes refusèrent la réintégration dans la communauté chrétienne des lapsi qui avaient failli.

C'est également au début du que l'Église d'Égypte traverse son premier schisme avec l'apparition de l'arianisme soutenue par Arius. Deux conciles (Nicée et Constantinople) règlent la question dogmatique de la trinité à l'origine de ce schisme.Le christianisme d'Aksoum apparait dans ce contexte, entre 330 et 360. Les liens entre Aksoum et Alexandrie expliquent son orientation monophysiste.

Au , l'Afrique vit la naissance d'Augustin d'Hippone, père de l'Église dont la pensée devait avoir une influence déterminante sur l'Occident chrétien au Moyen Âge et à l'époque moderneAlain Corbin (sous la direction), Histoire du christianisme, t. , (Saint Augustin), éd. Seuil, 2007. Devenu évêque d'Hippone (actuelle Annaba), il s'opposa dans ses écrits au donatisme et au manichéisme ; il est le principal penseur qui permit au christianisme occidental d'intégrer une partie de l'héritage grec et romain, en généralisant une lecture allégorique des Écritures liée au néoplatonisme.

Au le christianisme s'étend vers l'Afrique de l'Est (notamment au Soudan et en Éthiopie). L'Église copte orthodoxe ainsi que Église orthodoxe éthiopienne, font partie des plus anciennes Églises au monde.

L'arianisme du royaume vandale

L’Afrique romaine échappe aux grandes invasions du jusqu’en 429, lorsque les Vandales de Genséric débarquent sur les côtes de Maurétanie. En 439, ils s’emparent de Carthage et créent un royaume qui domine l’Afrique proconsulaire, la Byzacène, la Numidie, la Maurétanie sitifienne et une partie de la côte Maurétanie césarienne. Les Vandales, peu nombreux, s’installent autour de Carthage et sur ce territoire confisquent une partie des domaines des grands propriétaires et des biens de l’Église, qu’ils donnent à leurs évêques ariens. L’opposition religieuse d’un clergé africain nicéen, peu enclin au compromis, est vive et la répression vandale culmine par des déportations d’évêques et la confiscation de tous les biens d’Église en 484 ; ils sont restitués en 495 en mesure d’apaisementLucien Musset, Les Invasions, les vagues germaniques, PUF, collection Nouvelle Clio – l’histoire et ses problèmes, Paris, 1965, 1969 et 310 ; sur ce mouvement de persécution la principale source reste lHistoire de la persécution vandale en Afrique de l'évêque de Byzacène Victor de Vita..

De nouvelles controverses christologiques apparaissent à cette époque, une partie de l'Église d'Alexandrie n'acceptant pas les conclusions du concile de Chalcédoine. Après la reconquête byzantine (de 622 à 630), le monoénergisme est proposé comme tentative de conciliation des doctrines et bientôt imposé aux monophysites par de nouvelles persécutions.

Amoindrissement face à l'islam

Au début du , le christianisme en Afrique du Nord était donc profondément divisé entre chalcédoniens, monophysites et nestoriens, divergences exacerbées par les conflits guerriers entre l'empire Perse et l'Empire Byzantin.

En Égypte, la conquête arabe dans les années 640 survint peu de temps après les persécutions d'Héraclius, aussi cette nouvelle domination fut un soulagement par rapport à celle des byzantins. L'arabisation et l'islamisation du pays se firent en douceur et assez rapidement ; quant aux coptes qui restèrent attachés au christianisme, ils furent progressivement marginalisés mais restèrent acceptés comme dhimmis.

La conquête du reste de l'Afrique du Nord fut plus difficile, Carthage ne fut prise en 698. Cette conquête ne se confond pas avec la disparition du christianisme; il n'est pas fait état de persécutions religieuses mais le christianisme y disparaît lentement et quasi totalement sans motif déterminant d'un point de vue historien.

En 1076, il ne restait plus que deux évêques catholiques en Afrique, Cyriaque à Carthage et un autre à HipponeRené François Rohrbacher, Histoire universelle de l'Église Catholique, Lyon : Librairie Ecclésiastique de Briday, 1872, (lire en ligne sur Google Livres). ; au , les Almohades porteront en Ifriqiya le dernier coup au christianismeMarie-Armand d'Avezac, Afrique. Esquisse générale de l'Afrique et Afrique ancienne, Paris : Firmin Didot Frères, éditeurs, 1844, (lire en ligne sur Google Livres)..

L'Église éthiopienne orthodoxe Au , Ezana, roi d'Aksoum, se convertit au christianisme monophyte et se place sous le giron de l'Église copte orthodoxe. L'Éthiopie est dotée d'un évêque et suit les mêmes doctrines que le siège d'Alexandrie, refusant les conclusions du concile de Chalcédoine. Au , la progression de la christianisation dans les territoires éthiopien s'observe également dans les monnaies aksumites qui reprennent comme motif central la croix. Les souverains fondent également des églises et interviennent dans des conflits afin de défendre d'autres chrétiens.

Entre le , le pouvoir de l'église d'Ethiopie s'amenuise et des communautés et royaumes païens et musulmans s'établissent. Sous l'impulsion des Zagwés, un nouveau royaume chrétien émerge et définit une idéologie royale forte. Chaque roi est un élu de Dieu, héritier d'Israël, descendant du roi Salomon et de la reine de Saba, et détenteur de l'Arche d'alliance. La dynastie salomonide qui lui succède s'emploie à préserver l'ensemble de ces doctrines. À partir du , la dynastie salomonie parvient à affirmer sa domination sur la région et soutenir la christianisation des territoires occupés.

Patronat portugais

En 1455, le pape Nicolas V concèda au Portugal l'exclusivité du commerce avec l'Afrique et lui attribue l'activité de mission ; il encourage Henri le Navigateur, commandeur de l'Ordre du Christ à soumettre en servitude les . Ce système de padroado exclusivement portugais aboutit en Afrique centrale à l'évangélisation de quelques rois, notamment dans l'Empire Kongo où le fils du Manikongo devint le premier évêque noir. Ces conversions eurent comme lourdes conséquences les traites négrières mais les débuts de christianisation disparurent avec l'affaiblissement de l'Empire colonial portugais.

vignette|L'Afrique coloniale en 1913. Après l'abolition de l'esclavage à la fin du , une nouvelle tentative d'évangélisation lors du « partage de l'Afrique » touche notamment la plupart des pays d'Afrique centrale, australe, et du sud. Des missions catholiques et protestantes arrivèrent par des ports négriers, notamment aux embouchures des fleuves Sénégal, Niger, Congo et Zambèze ; d'autres sont ensuite créées en amont de ces fleuves. La progression de ces missions est toutefois limitée par les terres d'islam. En Afrique de l'Ouest, le christianisme tente de s'intègrer plus dans les pays du Burkina Faso, Côte d'Ivoire, et Nigeria, sans grand succès

En 1910, moins de 9,5 % des Africains sont chrétiens, constituant 1 % des chrétiens du monde.

Période coloniale Évangélisation, Mission (christianisme), Missionnaire chrétien Missions catholiques aux Missions catholiques de 1622 à la fin du XVIIIe siècle, (missions pontificales, ) Missions catholiques aux (missions pontificales, ) Parmi les ordres missionnaires catholiques : Société des missions africaines, Rédemptoristes, Pères blancs Histoire des missions protestantes Parmi les missionnaires réformés : Société des missions évangéliques de Paris (SMEP), Communauté d'Églises en mission (1971) Histoire des missions évangéliques Parmi les inventions africaines : églises d'institution africaine Université catholique de l'Afrique de l'Ouest (2000), Conférence épiscopale régionale de l'Afrique de l'Ouest (CERAO-F, 2012), Conférence des Églises de toute l'Afrique

L'essor au Après l'écrasement de nombreuses révoltes laissant les populations désemparées, l'Afrique noire connut une période particulièrement difficile durant l'entre-deux guerres, qui favorisa l'essor de mouvement messianiques. Plusieurs Églises d'institution africaine furent fondées à cette époque : le Kimbanguisme au Congo, l'Église harriste en Côte d'Ivoire, le mouvement Aladura issu du Nigeria ou l'Église chrétienne de Sion depuis l'Afrique du Sud.

L'évangélisme apparaît également au Liberia en 1914 et au Burkina Faso en 1921. Des églises évangéliques ont été prises en main par les Africains eux-mêmes dans des pays anglophones comme le Ghana ou le Nigeria, avant d'essaimer dans les pays francophones voisins Côte d'Ivoire, Bénin, Togo.

Le christianisme aujourd'hui en Afrique Une importance numérique croissante Au début du l'Afrique est le continent où le nombre de chrétiens augmente le plus vite. En 2010, environ 23 % des chrétiens du monde se trouvent en Afrique.