Rieumajou est une commune française située dans l'est du département de la Haute-Garonne, dans la région Occitanie.
Sur le plan historique et culturel, la commune est dans le Lauragais, l'ancien « Pays de Cocagne », lié à la fois à la culture du pastel et à l’abondance des productions, et de « grenier à blé du Languedoc ». Exposée à un climat océanique altéré, elle est drainée par le ruisseau de Favayrol, le ruisseau du Marès et par divers autres petits cours d'eau.
Rieumajou est une commune rurale qui compte en , après avoir connu une forte hausse de la population depuis 1975. Elle fait partie de l'aire d'attraction de Toulouse.
Ses habitants sont les Rieumajois et Rieumajoises ou, au , chez nombre d'auteurs, les Rivomajorains et Rivomajoraines..
Géographie Commune de l'aire d'attraction de Toulouse située dans le Lauragais, à au sud-est de Toulouse. Son territoire mesure environ de long sur de large. C'est une commune limitrophe avec le département de l'Aude.
Communes limitrophes Rieumajou est limitrophe de cinq autres communes dont une dans le département de l'Aude.
Géologie et relief L'altitude la plus élevée atteint et se situe à Lamis, les points les plus bas (à l'ouest et à l'est), sont à environ au-dessus du niveau de la mer.
"Envisagé d'une manière générale, le sol de la commune présente un plan relevé au centre où se trouve la métairie de Lamis, point central et culminant de la localité. Incliné vers l'ouest, il forme, entre les hameaux d'en Frayssé ou Lissartol, au nord, d'En Salvy au sud et du village à l'ouest, un joli plateau auquel on peut donner pour centre le lieu appelé vulgairement Croix de la Mission"(cf. "monographie de Larrieu, instituteur", 1885, Archives départementales de la Haute-Garonne)..
Hydrographie vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseaux hydrographique et routier de Rieumajou. La commune est dans le bassin de la Garonne, au sein du bassin hydrographique Adour-Garonne.. Elle est drainée par le ruisseau de Favayrol, le ruisseau du Marès, le ruisseau des Hucs, le ruisseau des Hucs et par divers petits cours d'eau, constituant un réseau hydrographique de de longueur totale..
Le ruisseau de Favayrol, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de Mourvilles-Hautes et s'écoule du nord-est au sud-ouest. Il traverse la commune et se jette dans le Marès à Renneville, après avoir traversé .
Le ruisseau du Marès, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de Saint-Félix-Lauragais et s'écoule du nord-est au sud-ouest. Il traverse la commune et se jette dans le Marès à Avignonet-Lauragais, après avoir traversé .
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat du Bassin du Sud-Ouest, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Aquitaine, Gascogne, caractérisée par une pluviométrie abondante au printemps, modérée en automne, un faible ensoleillement au printemps, un été chaud (), des vents faibles, des brouillards fréquents en automne et en hiver et des orages fréquents en été (15 à ).. Elle est en outre dans la zone H2c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Félix-Lauragais à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Rieumajou est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Toulouse, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (94,8 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (94,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (88,3 %), zones agricoles hétérogènes (6,5 %), forêts (5,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..
Voies de communication et transports Accès avec les routes départementales D 72, D 72F et D 72f.
Risques majeurs Le territoire de la commune de Rieumajou est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations et séisme (sismicité très faible).. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..
Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau, notamment le ruisseau de Favayrol. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1998, 1999, 2009 et 2017, partie 1 - chapitre Risque inondation..
vignette|redresse=1.4|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Rieumajou. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. La totalité de la commune est en aléa moyen ou fort (88,8 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, sont en aléa moyen ou fort, soit 100 %, à comparer aux 98 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...
Par ailleurs, afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, l'inventaire national des cavités souterraines permet de localiser celles situées sur la commune..
Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 2003 et par des mouvements de terrain en 1999.
Toponymie Rieumajou apparaît dans le Livre du Prévôt de Toulouse sous le nom de « Rivo Maiori » d'où l'ancienne appellation de Rivomajorains qui servait à désigner les habitants du lieuLe livre du Prévôt de Toulouse par , Paris, 1887..
Histoire Moyen Âge Rieumajou, terre d'église
Depuis très certainement avant 1172, date à laquelle certains contrats de reconnaissance furent passés en l'étude de maître Lamy notaire par Arnaude, femme de Raymond Bauguel, Raymonde, femme de Bernard Bauguel, Bernard Calguy et Raymond Yzarny de Saint Félix, une grande partie du territoire de la juridiction appartenait au chapitre des chanoines de l'église métropolitaine de Saint-Étienne de Toulouse et les prévôts successifs du chapitre de cette église furent les seigneurs de Rieumajou jusqu'à la fin du .
Au folio LI. du livre déjà cité, nous lisons . Autrement dit, à Rieumajou, le prévôt de Toulouse possédait en propre une grande habitation appelée la Sale, et un bois appelé de la Sale, clos de fossés, et d'une contenance de sept seterées (un peu plus de quatre hectares). Il y possédait également en propre, une bonne part de la terre : 54 terres, maisons, jardins ou bois qui se trouvaient aux mains de près de 50 fermiers et était nanti d'un droit d’habitation (hospicium) sur quatre familles. De plus, il exerçait le domaine souverain, haut et bas domaine, sur toutes les terres qui se trouvaient, en 1387, aux mains de Pons Ysalguier, un des membres importants de la famille des Ysalguier, la plus riche peut-être de Toulouse au . Au , ces terres passèrent aux La Planhole : Arnaud et Martin père et fils.
Les seigneurs laïcs
Après les guerres de Religion, l'église devant se séparer de bon nombre de ses biens pour reconstruire les quatre lieux de culte qui avaient été incendiés à Lux, Mourvilles-Hautes, Juzes et Saint-Jean de Lugardès, céda ses propriétés de Rieumajou et de Folcarde à un laïc récemment anobli : Michel de Charles, conseiller au présidial de Castelnaudary.
Jacquette de Charles, fille de Michel, épousa Monsieur Maître de Sérignol conseiller du Roi et son juge criminel en la sénéchaussée de Lauragoix. Dans les contrats de reconnaissances passés ensuite, Damoiselle Jacquette et Monsieur Maître de Sérignol mariés sont désignés comme seigneurs de Rieumajou. Leur fils, Jean-Baptiste de Sérignol épousa Marianne de Cambolas le .
Enfin, Pierre de Sérignol fils de Jean-Baptiste, par testament daté du , fit héritier de tous ses biens, son cousin, François de Cambolas. Toutefois, dans ce testament, il précisa : .
Les Cambolas, ancienne famille originaire du Rouergue, qui donna plusieurs conseillers et présidents au parlement de Toulouse, tinrent la seigneurie de Folcarde et Rieumajou à partir de 1731, lorsque Messire François de Cambolas (1659-1743), seigneur de Fossat et Castelpigon, hérita de son cousin Pierre de Sérignol et devint également seigneur de Folcarde et Rieumajou. Il mourut sous-doyen du Parlement de Toulouse.
Son fils, Jean de Cambolas, né à Toulouse le et décédé le , reçu conseiller au parlement de Toulouse en 1718, lui succéda.
Enfin, François-Géraud Bernard (1741-1820), seigneur de Folcarde, Rieumajou, porta également le titre de seigneur de Saint-Jean-de-la Garde et Saint-Vincent car, le , il acheta, à Joseph-Alexandre de Régnier, baron de Lux, les fiefs de Lux et Saint-Jean-de-Lugardès. En 1789, il prit part à l'assemblée de la noblesse de Toulouse et à celle de la sénéchaussée de Castelnaudary.
La même année, il émigra en Italie. Ses biens de Rieumajou, Folcarde, Saint-Vincent, Avignonet et Lux, furent séquestrés comme biens nationaux, évalués à , ils comprenaient un château, des métairies et environ 300 arpents () de terresHenri Martin, Vente des biens nationaux en Haute Garonne p.155.
En 1795, alors qu'il se trouvait à Vérone, en Italie, il reçut de Louis XVIII, le titre de marquis, avec une pension de sur la maison du Roi.
Il revint en France en 1803 et mourut le à Labastide-Saint-Pierre. De nos jours, son descendant direct a sa résidence en Anjou.