Émile Bocquillon, né le dans le de Paris et mort le au VésinetArchives de Paris , acte de naissance , année 1868 (avec mention marginale de décès), est un instituteurArchives de Paris , acte de mariage , année 1891 (avec profession), journaliste et militant politique français d'extrême droite du .
Biographie Instituteur public et directeur d'école jusqu'aux années 1920, puis journaliste, Émile Bocquillon a milité pour un enseignement patriotique dès le début du , dans des revues, des conférences et dans ses nombreux livres. Il se fait connaitre dans les années 1900 lorsqu'il dénonce les idées pacifistes et antimilitaristes d'une partie de ses collègues instituteurs, dans le contexte des violentes campagnes d'un Gustave Hervé contre l'armée. Il fonde en 1904 avec deux directeurs d'école parisiens, Félix Comte et Théodoric Legrand, l'Union des instituteurs laïques et patriotes, dirige les périodiques L’École patriote en 1904-1905, puis L’Instituteur patriote en 1906. Ses prises de position nourrissent des débats dans la presse et au Parlement« M. Emile Bocquillon », La Renaissance, 26 juin 1915. Il collabore ensuite au quotidien La République françaiseAnnuaire de la presse française, 1908, « La crise du patriotisme », Journal de l'Orne, 29 septembre au 6 octobre 1906.
Il adhère ensuite à l'Alliance universitaire française (des trois enseignements, primaire, secondaire et universitaire, et de l'enseignement professionnel), fondée en pour soutenir moralement les « poilus » et combattre la propagande pacifiste et défaitiste ; elle diffuse des brochures et des affiches germanophobes« Les méfaits de l'Alliance universitaire française » Le Populaire, 3 août 1919, Recueil des actes administratifs de la préfecture du département de la Seine, novembre 1918 (association déclarée le 22 octobre 1918), « L'enseignement du patriotisme », L'Ouest-Eclair, 6 décembre 1917. L'alliance est présidée par une femme, Jeanne Bohren, qui enseigne au lycée Molière à Paris. Il en est le directeur dans les années 1920. Il participe en 1923 à un congrès présidé par le député Désiré Ferry approuvant l'Occupation de la Ruhr par la France et affirmant le droit de la France aux Réparations de la Première Guerre mondiale, et fait partie de la délégation de nationalistes que Ferry conduit auprès de Raymond Poincaré, le Président du conseil à l'origine de cette occupation« Le quatrième congrès national français », Le Rappel, 13 juillet 1923.
Il adhère aussi, en 1920, à l’Association de l’École française de Pierre Dufrenne, inspecteur de l'enseignement primaire, et collabore à son périodique, La Revue de l'école, dont il est l'un des administrateurs de la société qui le publie, avec Dufrenne, Legrand, Maurice Jeannard et Pierre Heinrich« Pour l'École française », Le Figaro, 9 août 1920, p. 1 et 2, Moniteur de la papeterie, février 1922, "La Revue de l'école", , Description de la Revue de l'école sur le site inrp.fr/presse-education/revue. Heinrich et Dufrenne rejoindront ensuite le Cercle Fustel de Coulanges. Il poursuit sa lutte contre les pacifistes« Notre enseignement en proie à l'erreur », Le Gaulois, 5 janvier 1929 (évocation de l'intervention de Dufrenne et de Bocquillon à un congrès d'instituteurs pacifistes durant lequel ils auraient été ), Le Rappel, 6 septembre 1927, "L'école de la vigilance", lettre de Bocquillon, René Benjamin, « L'école laïque », Le Figaro, 25 juillet 1927 (évocation de Bocquillon). Il participe à l'enquête de Georges Champenois, directeur du quotidien L'Ami du peuple de François Coty, sur le :
Il va jusqu'à publier des faux (une lettre ouverte de Raymond Poincaré, une circulaire d'André Tardieu), avec la complicité de son ami Charles Kula, fondateur et animateur de la Confédération générale des contribuables« Les contribuables remettent un mémorandum à M. Marchandeau », Journal des débats, 26 juin 1932. Kula est un ancien industriel du bâtiment, qui a créé en 1905 des ateliers écoles de préapprentissage. Il partage les convictions de son ami : il a donné en 1929 à l'Institut antimarxiste une conférence sur ( Le Figaro, 20 mai 1929, "Cours et conférences") et il a aussi répondu à l'enquête de Georges Champenois. La CGC publie un périodique à partir de 1928, qui lutte contre la CGT et appelle à un (L'Agent d'assurances, 10 février 1928, "La C.G.C."). Bocquillon collabore à ce périodique ; il y publie les faux en question. Il est en mars 1934 secrétaire administratif adjoint de la Fédération des contribuables de la région parisienne dont Kula est président d'honneur : « Les contribuables de Paris », Journal des débats, 27 mars 1934, afin de et embarrasser « M. Poincaré et l'antipatriotisme des instituteurs », L'Action française, 20 août 1933, lettre d'Emile Bocquillon, « La CGC et les fonctionnaires », L'Œil de Paris pénètre partout, 2 janvier 1932. Avec Charles Kula, il rédige en 1934 une brochure sur Mein Kampf d'Hitler (Mein Kampf ou le livre interdit aux Français) dans laquelle, s'il affiche une inquiétude face aux menaces qu'Hitler fait planer sur la France et s'il critique les « excès » du nazisme, il n'hésite pas à lui donner raison quant à l'antisémitisme et à se dire d'accord avec les deux tiers du livreAntoine Vitkine, Mein Kampf, histoire d'un livre, Flammarion, 2009, chap. VII.
Il signe en 1935 le Manifeste des intellectuels français pour la défense de l'Occident et la paix en Europe, qui témoigne d'un néo-pacifisme de droite et d'un appui donné à l'Italie fasciste. Il donne des conférences sur l'enseignement, par exemple au cercle Fustel de Coulanges ou au cercle Dupleix-Bonvalot en 1935 ; la conférence qu'il donne à ce dernier cercle avec René Canat, professeur en khâgne au lycée Louis-le-Grand, président de la Fédération non-syndiquée des lycées, est présidée par le général Maxime Weygand. Ils y critiquent la « bolchevisation de l’enseignement » tant primaire que secondaireLe Journal des débats et Le Matin, 15-12-1935. De 1936 à 1939, il anime L’Instituteur national du Centre d’action et de propagande nationale à l’école, dirigé par le général René MadelinRené Madelin (1868 – 1940), général de division depuis 1927, est le frère de l’historien et député des Vosges Louis Madelin (Jean-Michel Barreau le confond d'ailleurs avec son frère): cf. Dossier de la Légion d'honneur de René Madelin. Il est aussi le directeur de la revue mensuelle La Belle France.. Il y valorise le rôle patriotique des instituteurs et est vent debout contre le communisme, la franc-maçonnerie, Jean Zay, le syndicat national des instituteursJean-Michel Barreau, « Les “nationaux” et l'école dans l'entre-deux-guerres. Le “Vichy d'avant Vichy” », Quasimodo, 3-4, printemps 1997, p. 169-170.
Sous l'Occupation, il continue son combat dans les colonnes du quotidien collaborationniste Le Matin, dès ; il y appelle à l'épuration de l'enseignement« C'est tout de suite qu'il faut épurer l'enseignement », Le Matin, 7 décembre 1940, « Désarmons les malfaiteurs de l'intelligence! », Le Matin, 30 décembre 1940, combat les francs-maçons« Les instituteurs nationaux furent brimés depuis quarante ans », Le Matin, 28 août 1940 - il dénonce ainsi la révocation de son ami Serge Jeanneret, , E. Bocquillon, « Ne confondons pas par vengeance bons et mauvais », Le Matin, 31 mars 1941 - et verse dans l'antisémitisme« Témoignage du milliardaire Henry Ford », Le Matin, 9 janvier 1942. Il collabore aussi au Petit Parisien« Echec à la Révolution nationale dans l'enseignement primaire », Le Petit Parisien, 9 novembre 1942, « L'âge du fer-blanc, école d'une élite », Le Petit Parisien, 7 mars 1942, « Un instituteur vous parle », Le Petit Parisien, 28 septembre 1942, etc. et au Réveil des Français ; il y dénonce aussi la franc-maçonnerieLes Documents maçonniques, octobre 1943, p. 64. Il est titulaire de la francisque (n° 2152).
Ses brochures sont financées en 1943-1944 par Georges Brabant et d'autres patrons. Il figure sur la liste noire du CNE à la LibérationLes Lettres françaises, 16 septembre 1944, — sur Retronews.
Âgé de plus de 90 ans, il collabore à La Nation française dans les années 1960Émile Bocquillon, « Un siècle d’erreurs pédagogiques », La Nation française, 7-10-1964, 14-10-1964.
Œuvres L'alcoolisme : ouvrage illustré de 32 figures et rédigé conformément au programme officiel du : à l'usage des élèves de l'enseignement primaire et de l'enseignement secondaire, Paris : Belin frères, 1899 Memento d'hygiène : à l'usage des élèves de l'enseignement primaire et de l'enseignement secondaire : grandes fonctions de la vie, maladies contagieuses (la tuberculose), conseils pratiques, Paris : Belin frères, 1902 La crise du patriotisme à l'école ; préface de M. René Goblet, Paris : Vuibert et Nony, 1905 - Prix Montyon 1906 de l'Académie française Étude expérimentale et comparée de l'action des différentes méthodes d'éducation physiques sur le développement corporel; Paris : J. Rousset, 1905 Pour la patrie ; Préface: École et patrie, par George Duruy, Paris : Vuibert et Nony, 1907 Cours normal d'antialcoolisme, par Jacques Roubinovitch et Emile Bocquillon, Paris : Belin Frères, 1911 L'alcoolisme : ouvrage illustré de 35 figures et rédigé conformément au programme officiel du : à l'usage des élèves de l'enseignement primaire et de l'enseignement secondaire, édition, corrigée, Paris : Belin frères, 1913 L'Alcoolisme, Paris : Belin , 1925 Izoulet et son œuvre philosophique, Paris : L'Alliance universitaire française des quatre enseignements , 1929, Pour le bonheur de nos enfants : la réforme de l'éducation nationale, par Ch. Kula et E. Bocquillon, Paris : Dunod, éditeur, 1933 La religion civique et la mission de la France : Mussolini, Hitler, Kou-Houng-Ming, Izoulet confrontés, préface de Jean Izoulet, Paris : Vuibert, 1937 Les bases sociales de la morale et les devoirs envers Dieu à l'école ; préf. de Marcel Sivé, Paris : Fédération nationale des groupements professionnels d'institutrices et d'instituteurs de France et des colonies, 1941 L'éducation de la jeunesse et la révolution nationale, Amis de l'éducation française, Le Mans : Éditions "CEP", 1943 Recueil de pensées pour l'éducation de la jeunesse, Charles Kula et Émile Bocquillon, Paris : Éd. de l'Alliance universelle, 1940 Dieu et Patrie à l'école, Paris, Baudinière, 1942 - Prix d'Académie 1943 de l'Académie française Travail, conscience : lectures pour les jeunes, d'après Edmond About, Daniel de Foe, Jules Verne, Jean Izoulet, Jean Aicard, Sully Prudhomme, La Fontaine, Victor Hugo, Paris : Baudinière, 1944 Izoulet et son œuvre, Paris : Éd. Baudinière, 1943 Les solutions spirituelles du conflit Orient - Occident, 1955 J.J Rousseau ce méconnu, Dervy, 1962 L'Âme cette inconnue, Dervy, 1966
Préfacier, etc. Pages choisies de la cité moderne, par Émile Bocquillon, Jean Izoulet, Paris : A. Michel , impr. 1930
Collaborateur Leçons de géographie : à l'usage des écoles primaires : cours moyen, par Jean Brunhes ; publié avec la collaboration pédagogique de E. Bocquillon, G. Mathière, Pierre Dufrenne, Tours : Maison Mame, 1937 Leçons de géographie : à l'usage des écoles primaires : cours moyen et année et deuxième cycle- C. E. P. : et des Lycées et Collèges, par Jean Brunhes ; publié avec la collaboration pédagogique de E. Bocquillon, G. Mathière, Pierre Dufrenne ; mis à jour avec le concours de M. Jean-Brunhes Delamarre, Tours : Maison Mame, 1942 Leçons de géographie : à l'usage des écoles primaires : cours élémentaire, par Jean Brunhes ; publié avec la collab. pédagogique de Pierre Dufrenne, E. Bocquillon, G. Mathière, Tours : Maison Mame, impr. 1933
Distinctions
Bibliographie Jean-François Chanet, « Pour la Patrie, par l'École ou par l'Épée ? L'école face au tournant nationaliste. », Mil neuf cent. Revue d'histoire intellectuelle, 1/2001 (n° 19) , p. 127-144