René-Joseph Wiriath, né le à Sainte-Menehould et mort le à Conakry en Guinée, est un athlète français, spécialiste des courses de demi-fond. Entre 1923 et 1927, il remporte sept médailles aux championnats de France dont cinq médailles d'or. À la même période, il porte par dix fois le maillot de l'équipe de France d'athlétisme et remporte deux victoires internationales sous le maillot bleu. Il voyage ainsi en Finlande, en Grande-Bretagne et en Suède lors de rencontres internationales. Ses performances lui permettent également de participer aux Jeux olympiques de Paris en 1924 et, deux ans plus tard, en 1926, d'être invité par l'Amateur Athletic Union à concourir aux États-Unis.
Au cours de sa carrière, il détiendra les records de France du , du , du et du mile. À ce titre, il est le premier Français à avoir brisé la barrière des au . Malgré la brièveté de sa carrière de haut-niveau, il est considéré, au niveau national, comme un coureur majeur de l'entre-deux-guerres.
Après sa carrière sportive, René Wiriath se consacre à l'agriculture tropicale en Guinée.
Biographie Enfance et origines Fils de Joseph-Eugène-Gaston Wiriath, notaire à Sainte-Menehould, et de Marie-Hélène Périnet, René Wiriath naît le .. Il est le frère cadet de Marcel Wiriath, qui deviendra militant royaliste et président du Crédit lyonnais. En , il est incorporé au bataillon de chasseurs à pied et prend part aux derniers engagements de la Première Guerre mondiale. Passé au régiment d'infanterie, au régiment d'infanterie puis au régiment d'infanterie, il participe avec ce dernier à l'occupation de la Rhénanie en 1920 et 1921..
Libéré de ses obligations militaires, il poursuit des études en droit à l'issue desquelles il devient doctorant..
Carrière sportive Débuts prometteurs vignette|redresse|gauche|alt=Photographie en noir et blanc d'un homme en short se tenant debout, les mains derrière le dos. Il porte le dossard .|René Wiriath vainqueur du Blanchet en 1923. René Wiriath apparaît pour la première fois dans la presse nationale en , alors qu'il termine second d'un organisé au cours d'un critérium de l'armée.. Il réapparaît à l'issue de son service militaire. Il dispute le challenge de cross-country Maurice Boyau à Clermont-Ferrand duquel il termine .. En , il remporte le , , du prix Blanchet, organisé à Colombes, une semaine après avoir emporté un mile, également en .. Il est alors décrit comme un athlète ayant le potentiel pour devenir un champion.. En juillet, Wiriath participe à ses premiers championnats de France, où il termine du sous les couleurs du CA Paris XIV.
Passé à l'Olympique, il connaît une progression fulgurante lors de la . En ouverture de la saison, il remporte « aisément » un disputé à la Croix-Catelan.. Il est cependant battu sur un mile, quelques semaines plus tard, par un dénommé Phillips.. Revanchard, en juin, Wiriath écrase de deux secondes le record de France du d'Armand Burtin, établi trois ans plus tôt, en courant à l'occasion d'une compétition internationale au stade Pershing servant de répétition générale aux Jeux olympiques de 1924... Ses résultats lui ouvrent les portes de l'équipe de France et il honore sa première sélection lors d'un match contre la Belgique.. Très attendu, il remporte son avec une dizaine de mètres d'avance sur son dauphin, le Belge .. En juillet, il remporte facilement son premier titre de champion de France sur .. La fin de saison est un peu plus difficile. Wiriath participe au match contre la Grande-Bretagne où il n'obtient qu'une décevante .. Il obtient le même résultat lors de la rencontre contre la Suède.. Il décroche néanmoins une troisième place à Helsinki, dans le match opposant la France à la Finlande.. Il termine l' en se blessant à un muscle lors d'un le ..
Leader du demi-fond français vignette|alt=Photographie en noir et blanc d'un homme en tenue de sport, franchissant une ligne d'arrivée. Il s'agit de René Wiriath. Il porte le dossard . En arrière-plan, un groupe de 3 coureurs se présente sur la ligne d'arrivée.|René Wiriath, champion de France 1925 du . De retour en forme en 1924, René Wiriath réalise son premier doublé - aux championnats de France. S'il remporte aisément son , il ne parvient à venir à bout de Georges Baraton que dans les derniers mètres du . Cette performance lui permet d'être sélectionné pour participer aux épreuves du et du des Jeux olympiques de Paris. Malgré sa forme étincelante affichée sur le double tour de piste tout au long de la saison, il est éliminé en demi-finale. Sur le 1500, Wiriath remporte sa course qualificative. En finale, il termine à la dixième place en courant , à une seconde de son record, d'une course remportée par le Finlandais volant Paavo Nurmi. Deux mois plus tard, en septembre, en courant en , René Wiriath s'empare du record de France du , détenu depuis 1912 par Henri Arnaud, reléguant ce dernier à plus de .
L'année 1925 constitue sa saison la plus aboutie. Il inaugure sa saison en participant à des compétitions outre-Manche. De retour en France en mai, il s'empare du record de France du mile au stade Pershing, améliorant celui-ci de près de en courant . Wiriath frappe de nouveau un grand coup aux championnats de France en réitérant son doublé accompli l'année précédente. Sur le , il améliore son propre record de France en et devient ainsi le premier Français à courir sous la barre des . À la mi-juillet, il est envoyé participer aux championnats d'Angleterre sur l'épreuve du mile. Il ne parvient cependant pas à décrocher un podium. Il reste au Royaume-Uni pour participer à la rencontre Grande-Bretagne - France se déroulant à Brighton. Engagé sur , il termine second de l'épreuve. De retour en France, il s'empare du record de France du au cours d'une rencontre interclubs, organisée de nouveau au stade Pershing, en accomplissant la distance dans le temps de . Il bat ainsi de le record d'Henri Arnaud établi en 1919. Une semaine plus tard, il termine deuxième du lors du match opposant la France à la Suisse. Wiriath fait également partie du déplacement qui envoie l'équipe de France affronter la Suède à Stockholm. De nouveau aligné sur , il ne termine cependant pas la course, victime d'une chute.
Voyage aux États-Unis René Wiriath commence l'année 1926 en participant à plusieurs cross-country avec son club. En mars, il reçoit, avec plusieurs autres athlètes français, une invitation de l'Amateur Athletic Union, la fédération sportive des États-Unis, pour se rendre à Philadelphie afin de participer à des compétitions les 2, 5 et . Cette invitation est, dans un premier temps, déclinée par la Fédération française d'athlétisme en raison de l'impossibilité pour les athlètes invités de se libérer sur une période de deux mois et en raison de la volonté affichée de rester dans un cadre amateur. Finalement, les athlètes français sont autorisés à concourir par leur fédération et Wiriath traverse l'Atlantique en compagnie du sauteur en hauteur Pierre Lewden à la mi-juin. Dans le même temps, Wiriath change de club et représente désormais le Red Star à la suite de la fusion de ce dernier avec l'Olympique.
En Amérique, Wiriath participe au mile des championnats des États-Unis, où il est éliminé en séries, sans armes face à la concurrence américaine. Quelques jours plus tard, il s'aligne sur , mais ne parvient pas à finir la course lors d'une compétition disputée au Yankee Stadium de New York. Bien que cette expérience américaine soit contrastée sur le plan des résultats sportifs, il revient admiratif sur la manière d'appréhender le sport aux États-Unis. De retour en France au matin du , il déclare forfait pour la rencontre contre la Grande-Bretagne ayant lieu le même jour à Colombes.
Double vice-champion de France et records personnels vignette|alt=Photographie en noir et blanc d'un homme en tenue foncée de l'équipe de France portant le dossard . Il s'agit de René Wiriath. Il devance un homme en tenue blanche, représentant l'équipe d'Allemagne, portant le dossard |René Wiriath, vainqueur du du match France - Allemagne de 1927. L'année 1927 constitue la dernière saison aboutie de Wiriath à haut niveau. Il ne parvient cependant pas à récupérer ses titres sur et aux championnats de France, à Colombes, où il est à chaque fois battu par Séra Martin et doit se contenter de deux médailles d'argent. Néanmoins, il court le meilleur temps de sa carrière en finale du avec . Le , à l'occasion de sa dernière sélection internationale lors du match France - Allemagne, il obtient sa seconde victoire internationale en remportant le en , ce qui constitue également son record personnel. En septembre, il remporte un lors d'un meeting international à Vienne.
Fin de carrière René Wiriath effectue une rentrée tardive lors de la , puisqu'il participe à sa première compétition sur piste à l'occasion des championnats de Paris à la fin juin. En manque de résultats, il ne participe pas aux championnats de France et ne fait pas partie de la délégation française qui se rend à Amsterdam pour participer aux Jeux olympiques. Wiriath entame une démarche de mutation et souhaite alors s'engager avec le CASG Paris. Il arbore ses nouvelles couleurs à l'occasion de la course élite du cross de l'Intran et de Match se déroulant le . Quelques jours plus tard, son transfert, ainsi que celui de plusieurs athlètes majeurs, est refusé par la Fédération française d'athlétisme, probablement en raison de soupçons d'amateurisme marron. Il s'entame alors un conflit entre le CASG Paris et la Fédération. La révélation de l'affaire Jules Ladoumègue, et de l'implication effective de certains dirigeants du CASG Paris dans l'organisation de courses rémunérées en 1931, aboutissent au lancement d'une démarche disciplinaire à l'encontre du club. Bien que n'apparaissant plus en compétition depuis 1929, Wiriath joue alors un rôle actif dans la défense du CASG Paris en organisant plusieurs réunions. Ce conflit aboutit finalement à la suspension du CASG Paris des compétitions, ses athlètes étant alors contraints de se présenter sous bannière individuelle aux championnats. René Wiriath disparaît ensuite définitivement du monde de l'athlétisme.
Reconversion et fin de vie Dès 1928, René Wiriath investit dans la création de la Compagnie du Kili, une société de plantations tropicales établie à Forécariah en Guinée, qui fait à l'époque partie de l'Afrique-Occidentale française. Il part pour cette région en 1930 et s'établit près de Dakar. Il se marie à Conakry (Guinée), le de cette même année, avec Camille Denise Aminthe, fille d'un armateur français établi dans cette ville. En , il fait l'acquisition d'une propriété de située dans la localité de Kirikira près de Dubréka. En 1938, le journal Match rapporte qu'il est employé dans une administration au Niger. Il aurait été, également, président de la Chambre d'agriculture de Guinée. S'il reste éloigné des circuits, il est toujours régulièrement cité en guise d'exemple de performances par la presse sportive. Il meurt à Conakry, le , à l'âge de , possiblement d'un cancer de la gorge.
En son honneur, le Comité d'Île-de-France d'athlétisme organise, dès 1942, le Challenge du Mile dont les vainqueurs reçoivent le Prix René Wiriath. L'année suivante, cette compétition est reprise par le Red Star Olympique, ancien club de Wiriath, qui organise l'évènement jusqu'en 1947 sur la piste du stade de Saint-Ouen. En 1948, c'est le de la « Journée du Souvenir », se déroulant au stade Jean-Bouin, qui reçoit le nom de prix René Wiriath avec le patronage du journal L'Aurore-France libre. Cette course est remportée par le Suédois Olle Åberg en , devant le futur champion olympique du , le Luxembourgeois Joseph Barthel.
Palmarès +Palmarès national.DateCompétitionLieuRésultatÉpreuveTemps1922Championnats de France Colombes1 500 mN.C.Non connu1923Championnats de France Paris1 500 m1924Championnats de France Colombes800 m1 500 m1925Championnats de France Colombes800 m1 500 m1927Championnats de France Colombes800 m1 500 m