Aignan est une commune française située dans l'ouest du département du Gers, en région Occitanie. Sur le plan historique et culturel, elle est dans la Rivière-Basse, un pays se situant dans la moyenne vallée de l'Adour, autour du fleuve qui marque un coude appuyé entre Bigorre et Gers.
Exposée à un climat océanique altéré, elle est drainée par la Douze, le Midouzon, le Petit Midour et par divers autres petits cours d'eau. La commune possède un patrimoine naturel remarquable composé de trois zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique.
Aignan est une commune rurale qui compte en , après avoir connu un pic de population de en 1831. Ses habitants sont appelés les Aignanais ou Aignanaises.
Géographie Localisation La commune d'Aignan est le chef-lieu du canton d'Aignan dans l'arrondissement de Mirande et se situe à de Mirande et à au sud-ouest d'Auch.. Aignan est une commune de la région gasconne de la Ténarèze.
Communes limitrophes
Géologie et relief La superficie de la commune est de . Son altitude varie entre .
Aignan se situe en zone de sismicité 2 (sismicité faible)..
Hydrographie vignette|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseaux hydrographique et routier d'Aignan. La commune est dans le bassin de l'Adour, au sein du bassin hydrographique Adour-Garonne.. Elle est drainée par la Douze, le Midouzon, le Petit Midour, le ruisseau d'Arraté, le ruisseau de Bethaut, le ruisseau de Bonne Font, le ruisseau de Bordegeille, le ruisseau de Candaou, le ruisseau de Carchet, le ruisseau de Douzens, le ruisseau de Labadie, le ruisseau de Labousquère, le ruisseau de la coume grande, le ruisseau de Lahite, qui constituent un réseau hydrographique de de longueur totale..
La Douze, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de Gazax-et-Baccarisse et s'écoule du sud-est vers le nord-ouest puis vers le sud. Elle traverse la commune et se jette dans la Midouze à Mont-de-Marsan, après avoir traversé .
Le Midouzon, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune et s'écoule du sud-est vers le nord-ouest. Il traverse la commune et se jette dans le ruisseau de Saint-Aubin à Sainte-Christie-d'Armagnac, après avoir traversé .
Le Petit Midour, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de Gazax-et-Baccarisse et s'écoule du sud-est vers le nord-ouest. Il traverse la commune et se jette dans la Midouze à Bétous, après avoir traversé .
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat du Bassin du Sud-Ouest, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Aquitaine, Gascogne, caractérisée par une pluviométrie abondante au printemps, modérée en automne, un faible ensoleillement au printemps, un été chaud (), des vents faibles, des brouillards fréquents en automne et en hiver et des orages fréquents en été (15 à ).. Elle est en outre dans la zone H2c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Peyrusse-Grande à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Milieux naturels et biodiversité L’inventaire des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) a pour objectif de réaliser une couverture des zones les plus intéressantes sur le plan écologique, essentiellement dans la perspective d’améliorer la connaissance du patrimoine naturel national et de fournir aux différents décideurs un outil d’aide à la prise en compte de l’environnement dans l’aménagement du territoire. Une ZNIEFF de Les ZNIEFF de sont des secteurs d’une superficie en général limitée, caractérisés par la présence d’espèces, d’association d’espèces ou de milieux rares, remarquables, ou caractéristiques du milieu du patrimoine naturel régional ou national. est recensée sur la commune. : le « lac et bois d'Aignan » (), couvrant du département. et deux ZNIEFF de Les ZNIEFF de sont de grands ensembles naturels riches, ou peu modifiés, qui offrent des potentialités biologiques importantes. : « la Douze et milieux annexes » (), couvrant dont 26 dans le Gers et trois dans les Landes. ; le « réseau hydrographique du Midou et milieux annexes » (), couvrant dont 37 dans le Gers et six dans les Landes..
Urbanisme Typologie Au , Aignan est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (84,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (85,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (46,5 %), terres arables (19,4 %), prairies (18 %), forêts (13,4 %), zones urbanisées (1,7 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,9 %), cultures permanentes (0,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Voies de communication et transports
Risques majeurs Le territoire de la commune d'Aignan est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse) et séisme (sismicité faible). Il est également exposé à un risque technologique, le transport de matières dangereuses.. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..
Risques naturels vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux d'Aignan. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 96,1 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (94,5 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, sont en aléa moyen ou fort, soit 97 %, à comparer aux 93 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...
Par ailleurs, afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, l'inventaire national des cavités souterraines permet de localiser celles situées sur la commune..
La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1983, 1999, 2006 et 2009. Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 1989, 1993, 2002 et 2011 et par des mouvements de terrain en 1999.
Risques technologiques Le risque de transport de matières dangereuses sur la commune est lié à sa traversée par des infrastructures routières ou ferroviaires importantes ou la présence d'une canalisation de transport d'hydrocarbures. Un accident se produisant sur de telles infrastructures est en effet susceptible d’avoir des effets graves au bâti ou aux personnes jusqu’à , selon la nature du matériau transporté. Des dispositions d’urbanisme peuvent être préconisées en conséquence, chapitre Risque transport de matières dangereuses..
Toponymie Aignan vient du patronyme latin Annius, suivi du suffixe anum, sans doute le propriétaire du domaine situé en ce lieu à l'époque gallo-romaine..
En 1801, la commune est connue sous le nom dAignan-la-Justice.
Le nom de la commune en occitan gascon est Anhan Toponimia occitana e senhalizacion en occitan : Gèrç.
Histoire
La ville d'Aignan, autrefois fortifiée, possède encore quelques vestiges de ses anciennes murailles et quelques points d'eau, témoignage de ses anciens fossés. Elle fut le siège d'une capitainerie, d'un archiprêtré et d'une des 25 subdélégations qui se partageaient le territoire de l’Intendance d'Auch, de la rive gauche de la Garonne au versant nord des Pyrénées.
La fondation d'Aignan remonterait à l'an 620 et serait due au seigneur Saxon Anianus, favori de Clotaire, successeur de Genialis, premier duc imposé par les rois Mérovingiens aux Gascons.
Aignan fut la première capitale de l'Armagnac et le siège du Parlement de Gascogne dès le . Le Comté d'Armagnac fondé en 960 par le Comte de Fezensac Guillaume Garcès en faveur de son deuxième fils Bernard le Louche, comprenait à peu près les actuels cantons d'Aignan, de Cazaubon, de Nogaro et de Riscle.
La Maison Comtale existe toujours face à l'église paroissiale Saint-Saturnin. C'est dans cette maison, à la fenêtre du deuxième étage donnant au sud, que fut tué d’un trait d'arquebuse calviniste, en 1590, le gouverneur de la ville qui parlementait avec les assaillants du baron de Sus.
En 1216, Guillaume Vital d'Aignan, accompagne Géraud, comte d'Armagnac, à Montauban où il rend hommage à Simon le Fort.
En 1338, le Sire de Luppé est promu Commandant de la Capitainerie d'Aignan par le Sire d'Albret. À cette époque, une tour pentagonale s'élevait à l'emplacement de l'actuelle place centrale. Haute d’environ 25m, elle était en relation optique avec plusieurs villages des alentours. Cette tour, très délabrée et vestige du Château des Duc de Bouillon, se serait écroulée un dimanche après-midi de 1868. La municipalité décida, par mesure de sécurité, de la détruire entièrement. Les pierres, selon toute vraisemblance, furent stockées et ne servirent que bien plus tard à la construction de l'actuel Hôtel de Ville terminé en 1890.
En 1355, Aignan subit les incursions de Édouard de Woodstock, dit le Prince Noir, dont le domaine arrivait aux limites de l'Armagnac, à l'actuelle commune de Termes d’Armagnac. La cité fut prise d'assaut, pillée et incendiée, ce qui explique en partie l'absence totale d'archives anciennes. Les églises romanes Saint-Saturnin et celle de Lartigue, puis l'église de Fromentas à l'architecture gothique gasconne, subsistent encore.
En 1465, la Douairière de Bouillon cède à la ville d'Aignan la forêt de Naoucrouts ainsi qu'une grande maison, sur la place, qui servait d'Hôpital, le tout contre la redevance annuelle d'une paire de gants blancs.