La fédération Les Républicains de Nouvelle-Calédonie est une alliance de partis politiques de droite anti-indépendantiste en Nouvelle-Calédonie. Elle se fonde sur une coordination des militants du parti Les Républicains initiée le , un groupe politique constitué au Congrès lors de l'ouverture de la deuxième année d'exercice de la mandature issue du statut de l'accord de Nouméa, le , et une charte des valeurs communes signée le . Elle est affiliée au parti Les Républicains.
Si le Mouvement populaire calédonien (MPC) de Gaël Yanno, qui était autrefois associé à l'Union pour un mouvement populaire (UMP) puis au nouveau mouvement, a participé à la création de la coordination en , il n'a pas rejoint le groupe politique et n'a pas signé la charte des valeurs. Dans les faits, « Les Républicains de Nouvelle-Calédonie » se retrouve essentiellement être la succession de l'alliance politique du Front pour l'unité (FPU) formée pour les élections provinciales de 2014 autour du Rassemblement (ancien Rassemblement pour la Calédonie dans la République ou RPCR puis Rassemblement-UMP) de Pierre Frogier. Outre ce dernier parti, « Les Républicains de Nouvelle-Calédonie » réunissent l'Avenir ensemble de Harold Martin, le Rassemblement pour la Calédonie (RPC) d'Isabelle Lafleur, le Mouvement de la diversité (LMD) de Simon Loueckhote, Tous Calédoniens de Pascal Vittori, mais aussi des personnalités isolées telles que des dissidents du MPC emmenés par Sonia Backès, mais aussi Didier Leroux (ancien délégué du Mouvement démocrate ou MoDem en Nouvelle-Calédonie).
Cette coalition éclate lors de la campagne pour les élections législatives des 11 et en Nouvelle-Calédonie, avec plusieurs candidatures concurrentes pour le premier tour dans les deux circonscriptions et le changement d'alliance du Rassemblement qui s'associe à Calédonie ensemble, le MPC et Tous Calédoniens dans une « Plateforme commune » pour le second tour ainsi que pour, par la suite, faire front commun dans les négociations avec les indépendantistes sur l'avenir institutionnel. Les autres formations non-indépendantistes s'unissent derrière Sonia Backès pour former un nouveau groupe au Congrès qui prend le nom de « Les Républicains calédoniens ».
Un nouveau groupement de parti, qui reprend le nom de « Les Républicains », se forme à nouveau après l'éclatement de cette « Plateforme commune » le : il s'agit à la fois d'une association pour faire campagne ensemble pour le « non » à la consultation sur l'accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté du , présidée par Virginie Ruffenach (secrétaire générale du Rassemblement), d'une alliance électorale pour les futures élections provinciales contre Calédonie ensemble et Les Républicains calédoniens, et d'un groupe au Congrès. Il est composé du Rassemblement et du MPC, mais aussi, en dehors des Assemblées provinciales, de Tous CalédoniensMalia Noukouan, « La plateforme loyaliste vole en éclats », Nouvelle-Calédonie 1, 13/06/2018« La lettre aux calédoniens de Virginie Ruffenach », NC Presse.nc, 21/06/2018. En 2019, lors de l'ouverture de la nouvelle législature, il est remplacé par L'Avenir en confiance, mais il se réactive (en étant limité au Rassemblement et à Tous Calédoniens) pour les échéances nationales de 2022.
Formation des Républicains de Nouvelle-Calédonie en 2015
Un prémisse : coordination des militants du parti Les Républicains en Nouvelle-Calédonie
À la suite de la transformation de l'Union pour un mouvement populaire en Les Républicains en et au rapprochement amorcé depuis le début de l'année 2015 par deux forces politiques anti-indépendantistes néo-calédoniennes (le Front pour l'unité dominé par le Rassemblement du sénateur Pierre Frogier et l'Union pour la Calédonie dans la France dominée par le Mouvement populaire calédonien de l'ancien député et président du Congrès Gaël Yanno) par opposition à Calédonie ensemble du député UDI Philippe Gomès, une réunion est organisée à Paris autour de Nicolas Sarkozy le . Il y est décidé de « la création d'une "Coordination des Républicains en Nouvelle-Calédonie", composée à parité de représentants du Rassemblement et du Mouvement populaire calédonien. Cette Coordination pourra être élargie à tous les autres partis politiques calédoniens qui souhaiteraient s'y associer. Dans le respect de chacune de ses composantes, la Coordination aura pour objectif d'harmoniser, à chaque fois que c'est possible, les positions de ceux qui se reconnaissent dans les valeurs défendues par Les Républicains en Nouvelle-Calédonie. Seuls les partis membres de cette Coordination pourront revendiquer, en Nouvelle-Calédonie, l'appellation "Les Républicains". » Cette « Coordination » est officiellement constituée le , et doit se doter de statuts, d'une organisation internet et d'une charte des valeurs communes « dont le socle sera l'attachement au maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France »« Création d'une "Coordination des Républicains en Nouvelle-Calédonie" », site officiel du parti Les Républicains, 04/06/2015.
Le problème de la constitution d'un groupe commun au Congrès
Au début du mois de , à l'approche du renouvellement de la présidence, du bureau et des commissions du Congrès prévu le , les membres du Rassemblement souhaitent concrétiser cette « coordination » par la création d'un groupe politique commun. Le Rassemblement propose à Gaël Yanno de présenter sa candidature à l'élection de la Présidence du COngrès, en échange l' UCF doit rejoindre le Rassemblement dans un même groupe au sein de cette institutionPh. FRÉDIÈRE, « L’UCF vers l’implosion ? », Les Nouvelles calédoniennes, 08/07/2015.
Le , le deuxième parti associé auparavant à l'UMP et concerné par cet accord, le Mouvement populaire calédonien (MPC) de Gaël Yanno, lors d'un conseil politique, et tout en se disant « favorable » à cette « Coordination », refuse que cela se traduise par un groupe commun dans les institutions. La majorité des cadres du mouvement se déclarent opposés « dans les conditions actuelles » au fait de « rejoindre le groupe des Républicains au Congrès ». Ceci afin, selon eux, de « garder sa ligne politique définie lors de sa création » et de conserver l'existence de la coalition électorale et politique de l'Union pour la Calédonie dans la France (UCF) « en tant qu'alternative au Rassemblement et à Calédonie ensemble ». Ils décident également de soutenir la candidature de Gaël Yanno à sa réélection à la présidence du Congrès« Décisions entérinées par le Conseil politique réuni le mercredi 8 juillet », Communiqué de presse sur le site officiel du parti MPC, 08/07/2015.
Une autre composante de l'UCF, le Mouvement républicain calédonien (MRC) de Philippe Blaise - créé en 2011 par des opposants à la proposition de Pierre Frogier de faire flotter côte à côte drapeau français et drapeau indépendantiste sur les bâtiments publics, il n'a jamais été associé à l'UMP - partage, par la voix de son président et unique élu, la position du MPC. Se définissant comme un « gaulliste libre », il se dit ainsi, « par pragmatisme et par souci de l’intérêt général des Calédoniens, favorable à une coordination au sein de la famille UMP et gaulliste, dans le respect de l’identité de chacun », mais hostile à toute fusion des groupes. Car, pour lui, « un groupe unique imposant la disparition du groupe UCF, avec des moyens centralisés, des locaux communs, une communication unique, une délégation unique pour les comités des signataires, sans doute menée par Pierre Frogier, c’est la négation même de notre liberté de pensée, de parole et d’action »« Blaise hostile aux Républicains... », Les Nouvelles calédoniennes, 09/07/2015.
C'est finalement le qu'une déclaration de constitution de groupe « Les Républicains » est déposée auprès du bureau du Congrès, avec dix signatures. Deux personnalités de l'UCF sur les six élus de ce groupe (qui disparaît de fait, le seuil de siège nécessaire pour la constitution d'un groupe étant précisément de six) rejoignent « Les Républicains ». C'est d'abord le cas d'Isabelle Lafleur, fille de l'ancien homme fort de la famille non-indépendantiste néo-calédonienne Jacques Lafleur et présidente du Rassemblement pour la Calédonie (RPC), tandis que l'autre élue de son parti, Nicole Robineau, rejoint pour sa part Calédonie ensemble. Le même jour, Sonia Backès, jusque-là secrétaire générale du MPC, qui a initié la constitution du groupe commun au Conngrès, démissionne du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie dont elle était membre depuis 2009 pour redevenir membre du Congrès et prendre la future présidence de ce groupe. Elle justifie ainsi son choix, qu'elle qualifie d'« important, personnel et risqué » : « En 2014, j'étais tête de liste aux élections provinciales. Pendant cette campagne, j'ai répété chaque soir qu'il fallait réunir la famille loyaliste et la droite républicaine calédonienne. Ma démarche s'inscrit dans ce sens-là. Je rappelle qu'en Métropole, « Les Républicains » regroupent plein de tendances différentes. Il doit en aller de même en Calédonie. Personne ne perd son identité dans ce nouveau groupe. C'est vrai qu'il n'y a plus de groupe UCF, mais il n'y a plus non plus de groupe Rassemblement FPU. Il y a un groupe, Les Républicains. Il réunit différentes composantes qui étaient soit affiliées, soit proches de l'UMP ». Il est également prévu que ce nouveau groupe présentera un candidat issu de ses rangs face à Gaël YannoEntretien de Sonia Backès avec Philippe Frédière, « "Je veux participer à la construction des Républicains" », Les Nouvelles calédoniennes, 10/07/2015.
Ce candidat, Thierry Santa (Rassemblement), est élu au second tour de scrutin avec la totalité des 29 voix non-indépendantistes du Congrès.
Signature de la charte des valeurs
Le , quinze personnalités, issues des forces déjà réunies au sein du groupe au Congrès, signent la charte des « valeurs communes des Républicains de Nouvelle-Calédonie », et annoncent la création formelle de la fédération dans un avenir procheE. KAYI, « Bientôt une fédération pour les Républicains calédoniens », Nouvelle-Calédonie , 11/08/2015 : pour Le Rassemblement : Pierre Frogier (président, sénateur, signataire de l'accord de Nouméa), Éric Gay (vice-président, maire du Mont-Dore), Virginie Ruffenach (secrétaire générale adjointe chargée du projet de société et institutionnel), Thierry Santa (secrétaire général, président du Congrès), Yoann Lecourieux (secrétaire général adjoint chargé de la vie du parti, élu du Congrès), Grégoire Bernut (secrétaire général adjoint chargé de la communication, élu du Congrès) ; pour le RPC : Isabelle Lafleur (présidente, élue du Congrès, conseillère municipale d'opposition de Nouméa), Gérard Salaün (secrétaire), Jacques Leguéré ; pour l'Avenir ensemble : Harold Martin (président, élu du Congrès, maire de Païta, signataire de l'accord de Nouméa) ; pour les dissidents du MPC : Sonia Backès (présidente du groupe au Congrès, conseillère municipale d'opposition de Nouméa) ; pour le LMD : Simon Loueckhote (président, conseiller municipal d'opposition d'Ouvéa, signataire de l'accord de Nouméa) ; pour Tous Calédoniens : Pascal Vittori (président, conseiller municipal d'opposition de Boulouparis), Lionnel Brinon (secrétaire général, conseiller municipal d'opposition de La Foa) ; des personnalités isolées : Didier Leroux (ancien délégué régional de l'UDF puis du MoDem).
Élus de 2015 à 2017
Parlementaires
Les trois parlementaires du Rassemblement ont rejoint cette fédération des Républicains de Nouvelle-Calédonie.
Il s'agit de deux sénateurs élus en 2011 et membres du groupe Les Républicains (et avant 2015, du groupe UMP) :