vignette|redresse|Finlande contemporaine.
Lhistoire de la Finlande est caractérisée par la lutte d'influence à laquelle se sont livrés ses deux grands voisins, la Suède et la Russie. La Finlande est originellement peuplée par le peuple finnois au sud et par les Sames en Laponie. Au Moyen Âge, la Finlande est colonisée par la Suède dans ce que l'on appelle la Suède-Finlande. En 1809, la Suède doit céder la Finlande à la Russie. Le pays n'accède finalement à l'indépendance qu'après la révolution russe de 1917.
La population du pays est de d'habitants jusque vers 1760, vers 1815, en 1880, en 1915 et en 1950.
La Finlande de 2024 (, ), en forme longue la république de Finlande ( ; ) est un État souverain d'Europe du Nord de , d'une population d'environ (Finnois, Finns, Suomalaiset), parlant majoritairement le finnois () (avec une minorité suédophone).
Origines vignette|gauche|Extension approximative de la céramique cordée et des cultures adjacentes vers l’an -3000. (culture de Baden ; amphores globulaires ; Yamna.
Le nord de la Finlande est peuplé depuis la préhistoire par les Samis, peuple finno-ougrien.
Âge de fer vignette|redresse|Âge de pierre : hache en pierre gravée avec visage humain trouvée à Kiuruvesi..
À l'âge du fer, les populations du centre de la Finlande sont également plus proches des Samis actuels que des Finnois, la population same s'étendant alors sur une plus grande région vers le sud qu'..
Les plus anciens documents scandinaves connus faisant mention de la Finlande sont deux pierres runiques : celle de Söderby, en Suède, portant l'inscription « finlont » (U 582), et celle de Gotland, portant l'inscription « finlandi » (G 319), datant toutes deux du .. Cependant, comme le suggère la longue continuité entre l'âge du fer finlandais et la période médiévale historique en Europe, la principale source d'informations sur cette époque en Finlande repose sur des découvertes archéologiques. et sur des applications modernes de méthodes issues des sciences naturelles, telles que l'analyse génétique. ou la linguistique informatique.
La côte sud-ouest était originellement peuplée par des tribus germaniques (scandinaves). Une deuxième vague migratoire de populations finno-ougrienne originaire des régions de la moyenne Volga dans l'Oural, s'installant dès les premiers siècles de l'ère chrétienne et se mélangeant aux populations germaniques formant le peuple finnois. Ces peuples, ayant effectué cette migration, sont également à l'origine du peuplement de l'Estonie voisine et de la Hongrie, d'où la parenté linguistique entre les langues finnoise, estonienne et hongroise (classées parmi les langues ouraliennes).
Période préromaine (500 av. J.-C.–1 av. J.-C.) La période préromaine de l’âge du fer finlandais est celle pour laquelle on dispose du moins de vestiges, mais ceux qui sont connus suggèrent que des liens culturels avec d’autres cultures baltes sont déjà établis. Les découvertes archéologiques de Pernå et de Savukoski viennent étayer cette hypothèse. Bon nombre des sites d'habitation de cette époque sont identiques à ceux du néolithique. La majeure partie du fer de cette époque était produite sur place.
Période romaine (1 apr. J.-C.–400 apr. J.-C.) La période romaine entraînée un afflux d’objets importés en fer (et autres), tels que des verres à vin et des louches romains, ainsi que diverses pièces de monnaie de l'Empire. Au cours de cette période, la culture (proto-)finlandaise se stabilise dans les régions côtières et les grands cimetières sont devenus courants. La prospérité des Finlandais atteint un tel niveau que la grande majorité des trésors en or découverts en Finlande remontent à cette période.
Période des grandes migrations (400 apr. J.-C.–575 apr. J.-C.) La période des grandes migrations voit l'expansion de la culture des terres vers l'intérieur des terres, en particulier dans le sud de la Botnie, ainsi que l'influence croissante des cultures germaniques, tant au niveau des objets tels que les épées et autres armes que des coutumes funéraires. Cependant, la majeure partie du fer ainsi que sa forge provenaient de sources locales, probablement du fer de tourbière.
peu de choses de la période préchrétienne de l'histoire finlandaise. À cette époque, la Finlande n'avait soit pas de langue écrite propre, soit elle est détruite lors de la conquête suédoise, alors considérée comme païenne.
Parmi les œuvres perdues des historiens figure la Chronique de Finlande, rédigée en latin dans les années 1670. Cette chronique, basée sur des sources inconnues, recense quatorze rois du royaume tribal de Suomi à l'époque préchrétienne.
Un seul roi de Finlande, , a survécu. Se référant à l'almanach perdu La Bibliothèque suédoise, l'historien suédois écrit : .
Jusqu'au , la Finlande reste un territoire habité par des tribus peu belliqueuses et sans cohésion politique, ce qui facilite d'ailleurs leur rapide soumission. Trois régions se distinguent : le Sud-Ouest (aux alentours de la future ville de Turku), le Sud (aux alentours de la future Helsinki) et la Carélie. Jusqu'à la christianisation de la Scandinavie, les raids vikings poussent les Finnois à se réfugier à l'intérieur des terres, vivant des ressources des lacs et des forêts.
À l'ouest, les royaumes de Suède et Danemark existent déjà, et on trouve à l'est la principauté de Novgorod (1136-1478) récemment fondée par les Varègues. L'occupation de la Finlande devient un enjeu stratégique pour ces puissances nouvellement chrétiennes (catholiques à l'époque pour la Suède et le Danemark, orthodoxe pour Novgorod). En 1157, la Finlande fut occupée par le roi de Suède Éric IX le Saint.
Moyen Âge et influence suédoise Finalement, la Suède et évangélise la Finlande, à partir du : Birger Jarl mène en 1249 contre les populations finnoises une expédition punitive et de religieuse. L'archevêché d'Åbo (Turku) est fondé ainsi que la cathédrale et le château. De ce fait, Turku est considérée comme la plus vieille ville de Finlande, fondée en 1229.
L'influence suédoise (qui se ressent encore ) se manifeste à partir de cette époque. La noblesse est suédoise (il n'y a pas alors d'équivalent finnois de royauté et de féodalité tels qu'ils existent en Europe occidentale) et la langue officielle est le suédois. Il ne s'agit pas cependant d'une occupation ni d'une colonisation. En effet, la Suède et la Finlande sont deux entités fusionnées dans un même royaume. Et les Suédois se montrent en général respectueux de l'identité finlandaise. L'essor économique du pays continue, notamment grâce à la Hanse.
Durant la guerre russo-suédoise de 1495-1497, la forteresse de Vyborg est assiégée par les troupes russes pendant trois mois en 1495 et résiste victorieusement. L'année suivante, les armées russes envahissent la Finlande jusqu'à Hämeenlinna et dévastent les régions traversées. En 1497, une trêve est conclue entre la Suède et la Russie.
Pour contrer la puissance de Reval, le roi Gustave Vasa fonde en 1550 Helsinki (le nom de cette ville est une version finnisée du suédois Helsingfors qui signifie « la cascade des Helsingar »), mais cette dernière n'est guère plus importante qu'un village de pêcheurs, et ce pendant plus de deux siècles. Helsinki deviendra ensuite, en 1812, la capitale du grand-duché de Finlande rattaché à l'Empire russe, sous le nom officiel d'Helsingfors.
En 1548, Mikael Agricola, qui deviendra évêque de Turku six ans plus tard, traduit le Nouveau Testament en finnois. En 1554, les hostilités reprennent entre la Suède et la Russie. L'année suivante, les troupes suédo-finlandaises échouent à prendre Chlisselbourg. En 1556, c'est une armée russe qui échoue à nouveau devant Vyborg. Le traité de Novgorod, en 1557, met fin à la guerre et instaure une trêve qui devrait durer quarante ans.
Entre 1696 et 1697, la Finlande connaît une famine dramatique qui tue la moitié de la population. Pendant la grande guerre du Nord, un flux d'environ avec parmi eux, selon les directives du gouvernement finlandais, la plupart des fonctionnaires et une grande partie des prêtres, quitte la Finlande pour échapper à l'armée russe et aux autorités d'occupation.
De nombreux Finlandais aident les travaux de Maupertuis de 1736 à 1737 pour diriger l'expédition ayant pour but de mesurer la distance à la surface du sol d'un degré de méridien terrestre le long de la rivière Torne.
Grand-duché de Finlande (1809-1917, Empire russe) vignette|redresse|Pièce de 20 frappée en 1912 à Helsinki sous l'administration russe. vignette|redresse|Le tsar Alexandre ouvre la Diète de Porvoo en 1809.
La Finlande sert à plusieurs reprises de champ de bataille et d'enjeu entre les empires suédois et russe. À l'époque napoléonienne, la Suède doit l'abandonner au tsar par le traité de Hamina ou Fredrikshamm du . Le pays, érigé en grand-duché, devient autonome au sein de l'Empire russe. Helsingfors (devenu plus tard Helsinki) devient capitale du Grand-duché en 1812, marquant le début de l'essor de l'influence de la ville. Contrairement à l'époque suédoise, la Finlande n'est pas un territoire à part entière de l'Empire, mais une région autonome. Les tsars se montrent plus ou moins respectueux de cette autonomie, et surtout tentent tous, à l'exception notable d' , de russifier cette région. Cette autonomie est à l'origine du mouvement pour l'indépendance du pays à partir du .
témoigne d'une remarquable libéralité vis-à-vis du peuple finlandais (comme plus généralement de ses autres sujets) et favorise l'émergence d'une littérature nationale. C'est donc notamment à travers la culture et ses intellectuels que la Finlande va voir se développer son mouvement pour l'indépendance. Ainsi la publication le d'un recueil de trente-deux chants inspirés des contes traditionnels de Carélie sous le nom de (« le Pays des héros ») par un médecin de campagne finlandais, Elias Lönnrot, est devenue le fondement de la culture finlandaise. Cette œuvre a par la suite inspiré d'autres grands artistes finlandais, comme le peintre Akseli Gallen-Kallela (1865-1931) et le compositeur Jean Sibelius (1865-1957), et le est encore commémoré comme une fête nationale en Finlande. Les écrits de Johan Ludvig Runeberg ont également attisé le mouvement pour l'indépendance. La reconnaissance des Finlandais pour le « tsar libérateur » est encore vive, puisque sa statue trône toujours sur la place du Sénat.
Accession à l'indépendance
vignette|gauche|redresse|Sénat de Finlande en 1917.
Le , le tsar , en butte à de nombreuses difficultés, accorde de nombreuses libertés aux Finlandais (dont le droit de vote pour les femmes). La Finlande obtient aussi une reconnaissance internationale symbolique, lorsqu'elle est autorisée à participer, sous ses propres couleurs et non celles de la Russie, aux Jeux olympiques de Stockholm en 1912.
Le , profitant du désordre causé par la révolution bolchévique, la Finlande déclare son indépendance, reconnue par le pouvoir soviétique le . C'est alors le début de la guerre civile finlandaise entre Rouges soutenus par le pouvoir révolutionnaire russe jusqu'au traité de Brest-Litovsk, et Blancs alliés à l'Allemagne. Le baron Carl Gustaf Emil Mannerheim, général de l'armée impériale russe d'origine finlandaise, commande les troupes gouvernementales blanches et profite du renfort de troupes allemandes.. Celles-ci l'emportent sur les Gardes rouges à Vyborg le .