Le Christ recrucifié (en , « Ό Christόs Xanastavrόnetai ») est un roman de l'écrivain grec Níkos Kazantzákis. Il est composé à Antibes en 1948 en un peu moins de six mois.
L'ouvrage paraît d'abord en traductions dans diverses langues : suédois en 1950, norvégien et allemand en 1951, danois, finnois et néerlandais en 1952, anglais en 1953. Il ne paraît en grec qu'en 1954, à Athènes. La traduction française est publiée en 1955. Selon André Mirambel, il se pourrait bien qu'il s'agisse de son œuvre la plus connue.
Le récit relate la préparation de la Passion du Christ par les habitants du village de Lycovrissi, en Anatolie, dans l'Empire ottoman.
Résumé
Contexte de l'histoire Nous sommes en Anatolie en 1922, dans la période de ce qui restera (et reste encore) en Grèce la Grande Catastrophe, à savoir la fuite des populations grecques d'Anatolie vers la Grèce, accompagnée de nombreux massacres. Kazantzakis narre précisément l'arrivée à Lycovryssi ( « La Fontaine-au-Loup »), un village peuplé de Grecs et contrôlé par un agha turc quelque part en Anatolie, d'un groupe de réfugiés qui fuit les massacres des Turcs et demande aux villageois de leur venir en aide. Ceux-ci s'apprêtent à jouer la Passion du Christ, un spectacle religieux qui est mis en scène tous les sept ans et qui est joué par six villageois, dont une femme.
L'arrivée des réfugiés va diviser la petite communauté villageoise : Cette confrontation débouche sur plusieurs drames qui vont bouleverser la vie du village, et
Les personnages Le village met donc en scène la Passion du Christ. Pour cette reconstitution, les anciens choisissent six acteurs parmi les villageois pour cette reconstitution : Manolios jouera le Christ ; c'est un humble garçon, un berger qui fut novice dans un monastère. Yannakkos sera l’apôtre Pierre ; ce colporteur va avec son âne de village en village vendre sa marchandise, et c'est un garçon chaleureux, naïf, qui aime son âne par-dessus tout. Michelis, le fils du vieux Georgios Patriarcheas, un riche noble, sera l’apôtre Jean. Kostandis, propriétaire du café du village, tiendra le rôle l'apôtre Jacques le Majeur ; il a bon cœur, veut partager mais il est un peu perdu. Judas sera interprété par Panayotis, un homme sauvage et passionné, qui attend de se venger. Enfin, la veuve Katerina sera Marie-Madeleine ; c’est la prostituée du village, une belle femme mais vue comme une marginale. Elle ne se soucie de l’opinion de personne. Elle est toutefois la plus généreuse et finit par donner sa vie pour ce en quoi elle croit.
Du côté des anciens, on a le pope Grigoris — un homme dominateur qui plie la volonté de Dieu à la sienne. Archon Patriarcheas, le chef du village ; il ne vit que pour son propre plaisir. Quant au vieux Ladas, c'est un avare obsédé par son argent mais qui vit dans la pauvreté pour ne pas avoir à le dépenser. Hadji Nikolis est le maître d'école ; s'il est plein des meilleures intentions, il se révèle inefficace, terrorisé qu'il est devant son frère, le prêtre.
Vient ensuite la famille turque de l’Agha, seigneur de Lycovryssi. Il vit dans un luxe tout oriental, buvant comme un trou, aimant le raki et les jolis garçons. Au service de l'agha, Hussein, un géant oriental qui est gardien et qui fait tout ce que son maître lui demande.
Dans ce village arrive bientôt un nouveau personnage, le prêtre Photis, à la tête d'un groupe de villageois affamés venant d'un village qui a été dévasté par les Turcs. Ils cherchent un abri à Lycovryssi, mais sont refoulés durement par le prêtre Grigoris, et se voient dans l'obligation de se retirer sur les pentes dénudées de la montagne voisine Sarakina, où ils continuent de mourir de faim.
Intrigue Les villageois, gens simples et sérieux aimant Manolios, qui joue le Christ, Yannakos, l’apôtre Pierre, Michelis, l’apôtre Jean, etc., sont endoctrinés par les anciens. Le principal protagoniste est le saint et authentique prêtre, le père Photis, venu au village pour demander de l'aide pour des centaines de personnes affamées et mourantes, qui s'est détourné du village et a trouvé refuge dans la montagne désertique. Là, il tente de survivre avec l'aide de Manolios, Yannakos, Michelis et Konstandis. Le père Grigoris, craignant pour son pouvoir sur le village, commence une campagne de haine contre le prêtre et son peuple, puis contre le reste du groupe. Un moment, Manolios donne sa vie pour sauver le village, mais il est sauvé à la dernière minute. Le venin des anciens du village frappe même l’Agha, mais celui-ci reste dans son confort, trop angoissé à l’idée de perdre son pouvoir.
Manolios met alors fin à son engagement et va vivre sur la colline, priant Dieu et obéissant à sa voix. Michelis abandonne ses richesses et vient habiter chez Manolios. Cela exaspère son père qui finit par en mourir. L’un des personnages principaux, l’apôtre Judas, Panayotis, ne change pas vraiment de caractère, mais devient très dangereux et se révèle être un vrai Judas. Sa vie ne lui importe plus depuis le décès de la veuve Katerina, à qui il vouait une passion folle. C’est lui qui espionne les habitants de la montagne ainsi que Michelis et Manolios, et rapporte leurs faits et gestes au pope Grigoris.
Finalement, une foule de villageois vient tuer Manolios : ainsi
Extrait La fin de ManoliosTraduction R. Bouchet, Éd. Cambourakis, 2019 (v. « Bibliographie ») p. 541-544.
Adaptations Cinéma 1957 : Celui qui doit mourir, film franco-italien réalisé par Jules Dassin, adaptation du roman Le Christ recrucifié
Opéra 1961 : La Passion grecque (Řecké pašíje), opéra en quatre actes du compositeur tchèque Bohuslav Martinů sur un livret du compositeur inspiré du roman Le Christ recrucifié
Références
Voir aussi
Bibliographie
Traduction
Études
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