Plusieurs langues sont utilisée à Maurice. Le créole mauricien, à base lexicale française, est né du mélange avec d'autres langues (notamment africaines et malgaches) pendant la période de l'esclavage. Il est parlé par la majorité de la population et est considéré comme la langue nationale de Maurice. L’anglais est généralement considéré comme la langue officielle du pays, bien qu'aucune langue officielle ne soit mentionnée par la constitution. L'anglais est utilisé dans les administrations gouvernementales, les tribunaux et les entreprises. Le français demeure la langue la mieux comprise et parlée après le créole mauricien et demeure l'apanage des médias, puisque les journaux et les programmes télévisés sont généralement en français. Le bhodjpouri et l'hindi font également partie de la mosaïque linguistique du pays.

Histoire

Maurice était inhabitée avant l'installation des premiers colons, au début du . Il n'existait donc pas de langue autochtone. Le français fut donc la première langue parlée sur l'île, bientôt suivi par le créole mauricien . Au début du , après que l'île soit passée sous domination britannique, l'anglais fit son apparition à Maurice. Après 1935, suite à l'abolition de l'esclavage, les britanniques firent venir des travailleurs indiens, qui parlaient bhojpouri, le tamil, le télégou et le marathi. Le bhojpouri était considéré comme un dialecte de l'hindi, et bien que ce dernier n'était la langue maternelle que de très peu d'indo-mauriciens, il fut indroduit en étant utilisé dans les contextes formels. Dans la deuxième moitié du , des marchants gujaratis s'installèrent sur l'île, apportant les langues gujarati et kutchi, ainsi que des marchants du sud de la Chine, qui parlaient le hakka et le cantonais.

La présence de l'hindi va fortement augmenter au cours du et , entretenant une relation diglossique avec le bhojpouri. L'hindi fut enseigné dans les centres communautaires puis écoles, reléguant le bhojpouri à la sphère orale et populaire.

Après l'indépendance, les forces diplomatiques françaises vont fortement promouvoir la langue française, à travers des actions comme l'octroi bourses d’études, le financement des initiatives culturelles, soutien aux publications en français et au lycée français local, etc. Elles et appuieront d’autre part la recherche sur le créole.

Depuis les années 1980, l'utiliation du bhojpouri commencent à diminuer, puis de manière considérable entre 2000 et 2011. Entre 2000 et 2011, à l'inverse, l'utilisation créole a augmenté. Les utilisations du français et de l'anglais ont peu évolués entre les années 1980 et 2011.

Présentation

Usage des différentes langues La population mauricienne est multilingue, la plupart des Mauriciens parlant couramment le créole mauricien, mais également le français (77%.) et l'anglais. Le créole mauricien, à base lexicale française et enrichi d'apports provenant d'autres langues, est parlé par la majorité de la population et est considéré comme la langue nationale..

La Constitution de Maurice ne mentionne aucune langue officielle (de jure) pour le pays. Néanmoins, l'anglais est utilisé par l'administration, les Britanniques ayant été les derniers à administrer l'île avant son indépendance. La langue officielle de l'Assemblée est l'anglais mais les membres peuvent aussi s'exprimer en français http://www.govmu.org/portal/site/AssemblySite/menuitem.ee3d58b2c32c60451251701065c521ca/?content_id=4cb54555fc808010VgnVCM100000ca6a12acRCRD#assembly.. L'anglais est généralement reconnu comme la langue officielle (de facto) de l'île Maurice car il est utilisé dans les administrations gouvernementales, les tribunaux et les entreprises. La Constitution de Maurice et toutes les lois sont rédigées en anglais.

Le français est surtout utilisé dans les médias (80% des journaux sont publiés en français) et la littérature, c'est aussi la langue la plus parlée après le créole ou le bhodjpouri. Le français possède une image ambiguës, puisqu’il est tout à la fois perçu à Maurice comme la langue de culture et de prestige, mais également à l’esclavagisme blanc.

Bien qu'un certain nombre de personnes parlent le bhodjpuri et l'hindi, ces longues sont non-véhiculaires, c'est-à-dire qu'elles ne sont parlées qu'au sein de communautés spécifiques.

Diverses autres langues sont également parlées à Maurice, parmi lesquelles de nombreuses langues indiennes comme l'ourdou, le marathi, le tamoule, le télougou, le gujarati, le bengali, l'odia, le pendjabi, ou encore les langues chinoises (hakka et cantonais)... Ces langues sont parfois appelées « langues ancestrales » à Maurice, car elles sont censées avoir été parlées par les « ancêtres » du locuteur en question.

Le créole rodriguais, le créole agaléen et le créole chagossien sont des variantes du créole mauricien parlé à Maurice. Ces dialectes sont parlés par les gens de Rodrigues, d'Agaléga et des Chagos respectivement.

On peut ainsi faire une séparation entre les langues "supra-communautaires" ou véhiculaires, qui sont accessibles à tous (anglais, français, créole), et les langues "intra-communautaires", qui ne sont parlés qu'au sein de leur communauté : bhojpouri, hindi, ourdou, marathi, télégou, tamil, goujerati, kutchi, sindhi (langues indiennes) ; hakka et cantonnais (langues chinoises).

Enseignement Tandis que le français et l'anglais sont appris dès la première année du cycle primaire en tant que matières obligatoires, les langues orientales et le créole mauricien sont également enseignés en tant que matières optionnelles.

Enseignement des langues vernaculaires indiennes Dès 1852, une scolarisation pour les enfants d'immigrés indiens, dans leurs langues vernaculaires, fut instauré par un gouverneur britannique progressiste, le Gouverneur Higginson. Les langues vernaculaires adoptées le furent en fonction des deux groupes linguistiques les plus importants (bhojpuri, tamoul). L'administration coloniale désignait alors le bhojpuri comme un "hindoo dialect", mais c'est bien le bhojpuri et non l'hindi qui fut utilisé pour la scolarisation à cette époque. Cette scolarisation fut arrêtée, puis reprise en 1876 par un second gouverneur (Sir Arthur Phayre), puis de nouveau arrêté. Les franco-mauriciens, qui voulaient défendre l'usage de la langue française (depuis l'arrivée des Britanniques en 1810), s'opposèrent aux écoles vernaculaires, qui enseignaient l'anglais comme deuxième langue.

L'hindi était enseigné au sein des communautés indiennes dans les baitkas (centre communautaires). Dans les années 1960, les langues indiennes (hindi et tamoul, le bhojpouri étant relégué à la sphère orale), puis plus tard les langues chinoises, furent introduite comme enseignement optionnel à l'école primaire. Les élèves apprenaient la langue de leurs ancêtres dès la première année de l’école primaire. Cela était considéré, dans un certain sens, comme substitut à l’enseignement religieux des élèves chrétiens.

Revendications de l'utilisation du créole mauricien à l'assemblée nationale Certains groupes politiques revendiquent l'utilisation du créole mauricien comme langue officielle de l'assemblée nationale mauricienne. Les défenseurs de cette idée évoquant d’une part des questions d’intelligibilité, et d’autre part des éléments identitaires. Les critiques soulignent plutôt l’importance de l’anglais, ou ironisent sur le fait que le créole est déjà présent au parlement, notamment avec les invectives échangées entre parlementaires.

En , un projet de loi faisant du créole mauricien une langue officielle de l'assemblée nationale, avec le français, et l'anglais, est porté par Shirin Aumeeruddy-Cziffra, la présidente de la Chambre des députés.

Statistiques Des recensement des la population et des langues parlées sont réalisés tous les dix ans à Maurice. Le recensement linguistique servait également de recensement ethnique ; ainsi il n'est possible d'indiquer qu'une seule langue parlée pour se classifier jusqu'en 1983, puis deux à partir de 1990. Le créole mauricien était accompagné d’une note : "Pour les besoins du recensement seulement, le patois créole doit être considéré comme une langue". L'introduction du bhojpouri comme une langue à part entière dans les sondages n'a été réalisée qu'en 1983 (accompagné de la même note que le créole mauricien) ; auparavant, les locuteurs du bhojpouri indiquaient l'hindi ou l'ourdou, selon leur appartenance religieuse (ourdou pour les musulmans). Concernant la note accompagnant le créole et le bhojpouri, il a été émis l'hypothèse que cette note, toujours présente en 2011, était présente soit car les responsables du sondage avaient peur d’attribuer le statut de langue à ces deux parlers, soit parce qu’ils voulaient encourager les locuteurs de ces langues à l’avouer franchement au lieu de dire qu’ils parlaient français ou hindi/ourdou.

Langues maternelles + Population résidentepar langue des ancêtresselon le recensement de 2011. : . Langue Créole mauricien 67,9 Bhodjpouri 41,9 Hindi 5,1 Français 4,3 Tamoul 4,0 Ourdou 2,2 Télougou 1,5 Marathi 1,4 Oriya 0,7 Chinois 0,3 100,0

Langues usuelles Plus de gens parlent uniquement le créole mauricien à la maison en 2011 qu'en 2000 (8/10 en 2011 contre 7/10 en 2000) et moins de gens parlent bhojpuri et les langues asiatiques. Le bhojpuri, parlé par 12 % de la population en 2000 ne l'est plus que par 5 % en 2011..

+ Proportion de la population par languela plus souvent parlée à la maisonselon les recensements de 2000 et 2011 Langue 2000 2011 Créole mauricien uniquement 70,1 84,0 Bhodjpouri uniquement 12,1 5,3 Français uniquement 3,4 3,6 Autre 14,4 7,1 Total 100,0 100,0

+ Population résidente par langues habituellement parlées à la maisonselon le recensement de 2011. : . Langue Créole mauricien 87,8 Bhojpuri 5,9 Français 4,7 Hindi 0,8 Non déclaré 0,1 Total 100,0

En ville, le français, avec locuteurs, est de loin la deuxième langue la plus parlée, devant le bhojpuri parlé surtout à la campagne, le créole mauricien restant toutefois la langue la plus parlée avec locuteurs..

Il est à noter que seulement 4 % de ceux ayant le tamoul comme langue maternelle l'ont également comme principale langue parlée à la maison, de même que 4 % pour le marathi, 6 % pour l'ourdou, 15 % pour le télougou, 18 % pour le bhojpuri, 23 % pour les langues chinoises et 39 % pour le hindi, alors qu'il est de 97 % pour le créole mauricien, 93 % pour le français et 79 % pour l'anglais..

Langues lues et écrites + Population résidente de 10 ans et plus par langues lues et écritesselon le recensement de 2011. : . Langue Langues européennes 84,4 Créole mauricien 3,5 Individus 100,0

L'analphabétisme représente en 2011 10 % de la population de 10 ans et plus du pays et est en forte baisse : il est de 35 % chez les plus de 65 ans et diminue progressivement avec l'âge pour atteindre seulement 1 % chez les 10-14 ans..

84 % des habitants du pays sont alphabétisés en langues européennes (le recensement ne détaille pas lesquelles bien que ce soit fort probablement le français et l'anglais, celles-ci étant les langues d'enseignement à l'école), et ce taux est passé de 52 % chez les plus de 65 ans à 98 % chez les 10-14 ans.

L'alphabétisme en créole mauricien, quant à lui, qui ne représente déjà que 3 % de la population du pays, est en voie de disparition, passant de 7 % chez les plus de 65 ans à moins d'1 % chez les 10-14 ans.

Toponymie La grande majorité des toponymes de Maurice (nom de lieux) sont français, et une petite partie anglais. Cependant, certaines communauté pratiquent une toponymie parallèle dans leurs langues vernaculaires.