La (en occitan : carrièra de la Fondariá) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.
Situation et accès Description La rue de la Fonderie est une voie publique. Elle traverse le quartier des Carmes.
Elle naît au nord de la place du Parlement. Elle reçoit, à gauche, la rue des Moulins, presque au niveau de la petite place que celle-ci forme avec la rue de la Hache et la rue de l'Homme-Armé. Elle donne ensuite naissance à la rue des Poutiroux, qui prolonge à l'est l'ancienne ruelle des Nonnains-Sainte-Claire (entre les actuels et 25), aujourd'hui fermée. La rue de la Fonderie se termine finalement au croisement de la rue Pierre-Brunière () et de la rue de la Dalbade (). Elle est prolongée au nord par cette dernière jusque devant l'église de la Dalbade, puis par la rue des Couteliers jusqu'à la place du Pont-Neuf et la rue de Metz, puis par la rue Peyrolières et la rue Léon-Gambetta jusqu'à la place du Capitole.
La chaussée ne compte qu'une seule voie de circulation automobile en sens unique, de la rue de la Dalbade vers la place du Parlement. Elle appartient à une zone de rencontre et la vitesse y est limitée à 20 km/h. Il n'existe pas de bande, ni de piste cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.
Voies rencontrées La rue de la Fonderie rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :
Place du Parlement (g) Rue des Poutiroux (d) Rue Pierre-Brunière (g) Rue de la Dalbade
Transports La rue de la Fonderie est parcourue et desservie directement par la navette . Elle se trouve également à proximité des stations Carmes et Palais-de-Justice, sur la ligne de métro . Près de la première, le long de la rue du Languedoc, se trouvent les arrêts des lignes de Linéo et de bus . Près de la deuxième, le long des allées Paul-Feuga, se trouve le terminus de la ligne de tramway , ainsi que les arrêts de la ligne de Linéo et de bus .
La station de vélos en libre-service VélôToulouse la plus proche se trouve place du Salin : la station (18 place du Salin).
Odonymie La rue tire son nom de la fonderie de canons de la ville, installée dans la rue pendant la Révolution française, en 1794. C'est le peintre Vergnes, chargé par la municipalité révolutionnaire de Toulouse de renommer les rues de la ville, qui lui attribua ce nomChalande 1914, ..
Au Moyen Âge, au , la rue porte simplement le nom de rue Toulousaine ou rue des Toulousains, d'une famille importante qui y avait vécu, les ToulouseChalande 1914, .. On trouve, à partir du , le nom de rue des Minorettes, rue Sainte-Claire ou encore rue des Nonnains-de-Sainte-Claire, qui renvoient à un couvent de sœurs franciscaines clarisses installé dans la rue dans la deuxième moitié du . En 1794, pendant la Révolution française, la création d'une fonderie de canons dans les bâtiments de l'ancien couvent de franciscaines, et la volonté de supprimer les noms de rues qui rappellent des éléments religieux amènent au changement du nom de la rueChalande 1914, .. Avec la rue de l'Écharpe, la rue de la Fonderie est d'ailleurs la seule des rues de Toulouse qui conserve le nom qui lui a été donné à cette date.
Histoire Moyen Âge Au Moyen Âge, la rue de la Fonderie appartient au capitoulat de la Dalbade. C'est une des rues les plus importantes de la ville : parallèle à la Grand-rue (actuelle rue Pharaon), la rue des Toulousains naît dans le prolongement de la rue de l'Inquisition (partie ouest de l'actuelle place du Parlement) et de la porte du Château, la grande porte sud de la ville (emplacement de l'actuel place du Parlement). La proximité de cette porte explique en partie la présence de plusieurs auberges et hôtelleries qui reçoivent les marchands et voyageurs, telle l'hôtellerie de Saint-Christophe (actuel ) entre le et le , l'auberge du Cerf-Volant (actuel ) qui disparait peu avant 1478, et l'auberge à l'enseigne du Soleil (actuel ) au Chalande 1914, ..
La rue de la Fonderie suit le cours de la Garonnette – le petit bras de la Garonne – qui fournit l'eau à la population de la rue et vers laquelle descendent plusieurs ruelles, comme la ruelle des Nonnains-Sainte-Claire (entre les actuels et 25). Mais, au , l'essentiel de l'activité marchande se concentre autour des boucheries de la ville, les « bancs de la Salvetat », qui ouvrent sur la place du Salin et sur la rue de la Fonderie (actuel ). La rue attire les marchands, tels Guillaume Dupont, qui se fait bâtir une maison à l'angle de la rue et de la place du Bocail (actuelle place du Salin).
Au milieu du s'installe un couvent de religieuses clarisses (actuel ), rattachées aux franciscains ou frères « mineurs », d'où le nom de « minorettes » qui leur est parfois donné (menoretas en occitan).. Elles occupaient depuis 1246 un monastère hors des remparts de la ville, dans le faubourg Villeneuve (emplacement de l'actuelle place Wilson), qui avait dû être abandonné à cause des incursions des Anglais pendant la guerre de Cent Ans. En 1352, elles sont autorisées à établir leur couvent en ville et s'installent sur une emprise relativement étroite, depuis la chapelle jusqu'à la ruelle des Minorettes (aujourd'hui fermée par une porte, actuel rue de la Dalbade). L'entrée du couvent de Sainte-Claire du Salin, relativement austère, se trouve en revanche sur le côté, dans la ruelle Sainte-Claire (actuelle impasse fermée entre le et le ). L'espace occupé alors par le monastère porte le nom de coin de Sainte-ClaireChalande 1914, ... Elles ont d'ailleurs leur four public, appelé le four des Minorettes..
Période moderne À partir du , la proximité du parlement attire des hommes de loi, des procureurs, des huissiers et des avocats. Quelques capitouls s'installent également dans la rue, mais ils sont encore peu nombreuxChalande 1914, .. Le grand incendie du détruit une grande partie du quartier de la DalbadeBastide 1968, .. Progressivement, avec la multiplication des interdictions capitulaires de construire en bois, les maisons en corondage cèdent progressivement la place aux demeures en brique. Le quartier de la Dalbade connaît d'ailleurs, à la même époque, une évolution de sa population. L'aristocratie toulousaine, et particulièrement les élites parlementaires, fait construire de nombreux hôtels particuliers des deux côtés de la rue. Parmi ces demeures se signalent l'hôtel construit au pour Gilles de Tiffaut (actuel ), procureur garde-sacs au parlement et capitoul en 1534-1535Chalande 1914, ., et, au siècle suivant, l'hôtel Margastaud (actuel ), construit vers 1681 dans le goût classique pour Vincent de Margastaud, avocat au parlement et capitoul de la ville à trois reprises en 1681-1682, 1698-1699 et 1714-1715Chalande 1914, ..
En 1658, le couvent des clarisses est presque entièrement reconstruit.
Époque contemporaine Révolution française et Empire Pendant la Révolution française, les congrégations religieuses sont supprimées et le couvent des clarisses est fermé – il ne compte alors plus que trente-trois religieuses. Les bâtiments deviennent biens nationaux. En 1793, ils sont dévolus à la fonderie de canons, qui était installée depuis le dans la rue des Cordeliers (actuelle rue Antoine-Deville), face au couvent des CordeliersChalande 1914, ... La guerre que mènent les armées de la République contre les États européens coalisés – et particulièrement l'Espagne – exige le développement des moyens militaires à Toulouse qui devient une véritable place forte : la ville comprend alors un arsenal, avec un atelier de fabrication, des dépôts d'armes et un magasin à poudre dans l'ancien couvent des Chartreux (actuel rue Valade), une école d'Artillerie dans l'ancien couvent des Capucins (emplacement de l'actuel rue du Doyen-Gabriel-Marty) et une salle d'armes dans l'église Saint-Pierre-des-Cuisines (actuel rue de la Boule)., mais aussi un atelier de fabrication d'armes, fondé par le serrurier Joseph Bosc dans l'ancien couvent de la Trinité (actuels rue de la Trinité)., une poudrerie sur l'île du Ramier du Moulin du Château. et enfin un polygone d'artillerie pour l'entraînement du tir des canons (emplacement de l'ancienne Cartoucherie, actuels avenue de Grande-Bretagne)...
En 1816, la fonderie de canons de Toulouse est agrandie. Elle bénéficie d'ailleurs de la réorganisation napoléonienne qui ne conserve que les seules fonderies de Douai, Strasbourg et Toulouse. Grâce à l'utilisation de nouveaux procédés et d'une forerie horizontale dessinée par Jean Abadie, la fonderie toulousaine devient même la première du pays..
Au , des travaux sont engagés afin d'élargir la rue, qui garde cependant sa physionomie générale.
En 1866, les trois fonderies de canons de Douai, Strasbourg et Toulouse sont supprimées, au profit de l'arsenal de Bourges, dont les procédés sont plus modernes. À Toulouse, les bâtiments trouvent rapidement une nouvelle destination : en effet, des établissements privés d'enseignement supérieur, autorisés depuis la loi du , sont fondés à Paris, Angers, Lille et Lyon. À l'initiative de l'archevêque de Toulouse, Florian Desprez, les évêques de treize diocèses du sud-ouest de la FranceLes treize diocèses qui adhèrent au projet d'université catholique en 1875 sont par la suite rejoints par quatre autres. Ce sont, dans l'archidiocèse de Toulouse : Toulouse, Carcassonne, Montauban, Pamiers ; dans l'archidiocèse d'Albi : Albi, Cahors, Mende, Perpignan, Rodez ; dans l'archidiocèse d'Auch : Auch, Aire, Bayonne, Tarbes ; dans l'archidiocèse de Bordeaux : Bordeaux, Agen, Périgueux ; dans l'archidiocèse de Bourges : Tulle. décident de soutenir la création d'une université catholique à Toulouse. Grâce à une souscription, l'Université catholique de Toulouse ouvre le dans l'ancienne fonderie. L'université, devenue Institut catholique en 1880, dispense des cours de droit, de lettres et de théologie.« Histoire de l'ICT », sur le site de l'Institut catholique de Toulouse, consulté le 21 juillet 2015.. En 1877, des travaux sont effectués par l'architecte Henri Bach pour la restauration de la chapelle de l'ancien couvent des clarisses (actuel ) et pour l'aménagement des salles de classe. D'ailleurs, l'Institut catholique s'agrandit par l'achat des immeubles voisins (ancien en 1890 et ancien en 1895).
Durant l'entre-deux-guerres, l'Institut catholique connaît une phase d'agrandissement et de réorganisation. En 1933, l'architecte Pierre Fort réunit les bâtiments disparates de l'Institut en une seule construction.
Au , la rue de la Fonderie reste une rue calme qui conserve un caractère aristocratique. On ne trouve que peu de commerces et quelques cafés, particulièrement du côté de la place du Parlement, comme le café Émile (actuel )..
Le , l'effondrement partiel d'un immeuble ancien oblige l'évacuation du quartier et la fermeture d'une partie de la ligne B du métro.Marion Aquilina et Nina Valette, « Évacuation rue de la Fonderie à Toulouse : un immeuble menace de s'effondrer », France Bleu Occitanie, 4 août 2020 (consulté le 4 août 2020)..
Patrimoine et lieux d'intérêt Institut catholique et .