Georges Feher, né György Fehér., est un artiste peintre figuratif et lithographe de l'École de Paris né à Miskolc (Hongrie) le , vivant en France depuis 1954, d'abord à Paris (successivement au 2, rue des Beaux-Arts et au 23, rue Oudinot), puis s'installant à Montcourt-Fromonville (Seine-et-Marne) en 1972Les amis du patrimoine de Montcourt-Fromonville, Le village, les personnalités qui y sont liées Site de l'association.. Mort le ., il repose au cimetière de Montcourt-Fromonville.
Biographie Georges Feher est l'élève d'István Szőnyi (1894-1960), artiste post-impressionniste considéré alors comme le principal héritier spirituel de l'École de NagybányaDictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, Szőnyi István, tome 13, pages 412-413., à l'Université hongroise des beaux-arts de Budapest de 1946 à 1948Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, Feher Georges, tome 5, page 353.. Reconnaissant envers ce maître qui sera dit en 1984 Juste parmi les nations, Georges Feher se souvient: .
Si Georges Feher, en ces années d'études, fait durablement la connaissance de Simon Hantai (les deux artistes vivront un jour à proximité l'un de l'autre en Seine-et-Marne), il se lie surtout d'une très forte amitié avec deux condisciples, Paul Kallos et Agathe Vaïto (1928-1974, née Vajtó Ágota.). Georges Feher est alors également l'ami d'un étudiant en architecture, David Georges Emmerich (1925-1996)FRAC Centre, David Georges Emmerich., qui sera plus tard reconnu en France comme le spécialiste de la tenségrité. Avec Paul Kallos, au terme de ses études, Georges Feher quitte clandestinement la Hongrie devenue stalinienne pour un difficile périple les conduisant à Paris, n'y arrivant avec le statut de réfugié politique qu'après avoir passé un an dans un camp de réfugiés près de Salzbourg.
En 1951, Georges Feher décide de quitter Paris pour le Canada. Percevant, en revenant à Paris en 1954, que la prédominance de l'art informel est dans l'air du temps, il connaît une période abstraite: évoquera-t-il, non sans humour et auto-dérision puisque l'on retrouve une démarche similaire chez Paul Kallos et Agathe Vaïto, cette dernière ayant quitté Budapest pour gagner Paris, légalement pour sa part, un an avant ses deux amis qui l'y ont retrouvée. C'est au cours de l'été 1957 passé avec Bernard Dufour dans le village de Gordes (Vaucluse) qu'avec la peinture de paysage Georges Feher revient définitivement à l'art figuratif.
vignette|Georges Feher dans son atelier de la rue Daguerre. C'est par Paul Kallos et Agathe Vaïto que Georges Feher fait la connaissance du marchand de tableaux Pierre Loeb (qui épousera Agathe Vaïto en 1957L'aventure de Pierre Loeb, la Galerie Pierre, Paris, 1924-1964, éditions du Musée d'art moderne de la ville de Paris, 1979.) qui le logera dans une chambre au-dessus de la galerie, au 2, rue des Beaux-Arts (Georges Feher conservera son atelier au 19, rue Daguerre) puis qui, appréciant ses tableaux, décidera de l'exposer. De cette époque, les traits de Georges Feher nous restent fixés par un portraitFonds Denise Colomb, Portrait de Georges Feher, Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Fort de Saint-Cyr, Montigny-le-Bretonneux. dû à la sœur de Pierre Loeb, la photographe Denise ColombDenise Colomb, Photos d'artistes 50/60, Éditions 666, 1986.Alberto Savinio, Denise Colomb, portraits d'artistes, 95 photos La photo montrant Georges Feher (quatrième des photos en couleurs) est légendée par erreur Emre Feher. Il s'agit cependant bien de notre artiste vu ici vers 1957 dans sa chambre du 2 rue des Beaux-Arts..
En même temps que son mariage avec Chantal en (leur fille Anne-Laure, aujourd'hui restauratrice de tableauxAgence 1835, Anne-Laure Feher et Claudia Mosler, la restauration picturale, avril 2011 Film réalisé à l'occasion de l'exposition Chefs-d'œuvre retrouvés, la renaissance des tableaux de la chapelle Saint-Jean-Baptiste du Plessis-Robinson, Dailymotion, durée 8 min 24 s ., naît en 1964), qu'il revient dans le sud de la France où il fixe ses impressions de Rayol-Canadel-sur-Mer, Bandol et Saint-Tropez et qu'au sein de "l'écurie Pierre Loeb" Georges Feher devient l'ami d'Arpad Szenes et de son épouse Maria Elena Vieira da Silva, sa peinture est remarquée de l'éditeur Jean-Gustave Tronche, directeur de la Nouvelle Librairie de France, qui rapprochera notre artiste de Fernand Mourlot pour l'illustration lithographiée des écrits d'Antoine de Saint-Exupery, puis de Paul Verlaine.
En , installé dans l'appartement du 23, rue Oudinot (où vécut juste avant lui le peintre orientaliste Jean-Charles Duval qui y recevait son vieil ami Edgar DegasJean-Charles Duval, Degas tel que je l'ai connu, in revue La Table ronde, n°161, mai 1961.), Georges Feher participe, à la Galerie Charpentier (76, Faubourg Saint-Honoré), à l'exposition Grands et jeunes d'aujourd'hui dont le principe est que chaque "jeune" peintre y est parrainé par un aîné co-exposant, un "grand". Le "grand" de Georges Feher, Orlando Pelayo, Eduardo Arroyo, André Cottavoz, Albert Bitran et Gustav Bolin y est Alexandre GarbellCaroline Larroche et Louise Graatsma, Garbell - Les métaphores d'une peinture, Éditions Altamira, 2009, page 129. qui justifie ce parrainage: Raymond Nacenta et Alexandre Garbell, École de Paris - 1963, éditions Galerie Charpentier 1963. Parmi les exposants, outre ce "cercle Alexandre Garbell", on relève les noms de Roger Bissière, André Dunoyer de Segonzac, Robert Lapoujade, Raymond Legueult, Jean Messagier, Édouard Pignon et Gérard Schneider.. Georges Feher restera l'ami de Garbell (habitant lui aussi la Seine-et-Marne) dont il tiendra à connaître le lieu thématique majeur: les plages et les falaises de Mers-les-Bains et du Tréport. vignette|Georges Feher dans son atelier du 23, rue Oudinot, 1964. Devenant, avec Philippe Cara Costea, Alain Mongrenier, Jack Chambrin et Jacques Van den Bussche, l'un des artistes permanents de la Galerie Jean-Claude Bellier, Georges Feher va alors régulièrement, en chaque début d'été, se rendre dans l'île d'Ibiza. Ses séjours variant de périodes de quelques semaines à huit mois, il estime y avoir peint environ un millier de tableaux, notamment ses perceptions de Dalt Vila: évoque-t-il. D'autres villégiatures le conduisent néanmoins en Italie - principalement à Venise (qui avec ses recoins secrets et ses Sotoportegos constituera le thème de son exposition de 1993), mais aussi à Salerne et Amalfi - et, plus encore, en Grèce, dans l'Ile d'Hydra et dans la région du Mont Pelion et de Volos.
Luttant contre la cruelle maladie qui l'a emporté le , Georges Feher continue de peindre jusqu'aux ultimes instants de sa vie, faisant que son œuvre lui est demeurée dans un accomplissement toujours en devenir. L'austérité des scènes d'intérieur et d'atelier (des natures mortes sombres, des murs froids et dépouillés) y est contredite par des paysages que l'artiste est toujours allé rechercher dans le sud, comme pour s'affranchir par l'évasion et la lumière d'une peinture de l'enfermement et du désespoir. En cela, son œuvre est bien porteuse de la double leçon d'István Szőnyi : Georges Feher est un peintre .
Livres illustrés Antoine de Saint-Exupéry, Œuvres complètes, Nouvelle Librairie de France, 1963, 54 lithographies originales de Georges Feher réalisées sur les presses de l'atelier Fernand MourlotJean-Gustave Tronche, un homme en proie aux livres, Georges Feher dans l'histoire de la Nouvelle Librairie de France , sur jeangustavetronche.fr.. Prints from the Mourlot press, 1964, 2 lithographies originales de Georges Feher. Paul Verlaine, Œuvres poétiques - Sagesse, Jadis et naguère, Nouvelle Librairie de France, Paris, 1967, 12 lithographies originales de Georges Feher réalisées sur les presses de l'atelier Mourlot. vignette|Dalt Vila, Ibiza, .
Expositions individuelles Galerie de Seine, Paris, 1959. Galerie Muratore, Nice, 1961. Galerie Jean-Claude Bellier, Paris, juin-. Galerie Keio Umeda, Tokyo, 1968. Galerie Keio Umeda, Osaka, 1969, 1971. Galerie Münsterberg, Bâle, 1970. Galerie d'art contemporain, Ibiza, 1972. Galerie Tamenaga, Osaka, 1973. Galerie Anne Colin, Paris, 1973, 1979. Galerie Theo, Madrid, 1974. vignette|437x437px|Georges Feher dans son atelier, Montcourt-Fromonville, octobre 2015.Country Club, Rueil-Malmaison, 1984. Galerie Corianne, Paris, 1988. Galerie Gloux, Concarneau, 1990. Galerie Claude Hemery, Paris, 1991. Venise, Galerie Saint-Sauveur, Dinan, 1993. Galerie Merle d'Aubigné, Paris, 1995. Galerie J. et M. Badin, Fontainebleau, 1996. Espace Jean de Joigny, Joigny, 1997, 1998. Galerie Derkovits, Budapest, 2000, 2001. Galerie Côtérue, Barbizon, avril-<ref>[http://www.artaujourdhui.info/e14173-feher.html Art aujourd'hui Info, Georges Feher à la Galerie Côtérue, Barbizon, 2003].</ref>, 2004. Galerie Secco, Budapest, 2004, 2005. Mairie (salons du château) de Montcourt-Fromonville, 2006. Galerie Art et Planète, Paris, 2008. Exposition Georges Feher, 1929-2015, Anne-Laure Feher, 4 rue du Canivet, Paris, 8-. Georges Feher, 1929-2015 - Dessins, esquisses, tableaux, galerie Sidonie Laude, Paris, .
Expositions collectives Galerie Art vivant, Paris, 1956. Huit peintres de trente ans, Galerie Pierre, Paris, 1959. Morgan Knotte Gallery, Dallas, 1961, 1964. École de Paris, Galerie Charpentier, Paris, 1963. vignette|Façades à Ibiza, . vignette vignette|Natures mortes. Salon grands et jeunes d'aujourd'hui, Galerie Charpentier, 1963. Grands maîtres, petits formats : Pierre Bonnard, Philippe Cara Costea, Jean Commère, Henri-Edmond Cross, Honoré Daumier, André Derain, Charles Despiau, Charles Dufresne, Raoul Dufy, André Dunoyer de Segonzac, Georges Feher, Tsugouharu Foujita, Édouard Goerg, Jean Jansem, André Marchand, Henri Matisse, André Minaux, Alain Mongrenier, Roger Mühl, Jules Pascin, Pierre-Auguste Renoir, Georges Seurat, Paul Signac, Maurice de Vlaminck, Jacques Van de Bussche., Galerie Jean-Claude Bellier, . Musée de l'Athénée, Genève, 1966. Salon d'automne, Grand Palais, Paris, 1967. Paris, Galerie Nichido, Tokyo, 1967. Galerie Tamenaga, Tokyo, de 1968 à 1976. Exposition internationale du figuratif, Tokyo, 1968. Galerie Simone van Dormael, Bruxelles, 1976. Hommage à Pierre Loeb, Musée d'art moderne de la ville de Paris, juin-. Hommage à Pierre Loeb, Musée d'Ixelles, octobre-. Galerie 5, Fontainebleau, 1985. Galerie des Granges, Lyon, 1985. Exposition MagyArt, hôtel de ville et INSEAD, Fontainebleau (Georges Feher, invité d'honneur), 2001. Galerie Abigail, Budapest, 2007.
Réception critique - Raymond CharmetRaymond Charmet, Feher, édition de la Galerie Jean-Claude Bellier, 1965. - Hubert ComteHubert Comte, Georges Feher, édition de la Galerie Anne Colin, 1973.
Musées et collections publiques Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale de France. Département Patrimoine littéraire et bibliophilie, Bibliothèque départementale du Loiret, Orléans. Bibliothèque municipale de Lyon.
Notes et références
Annexes Bibliographie Raymond Nacenta et Alexandre Garbell, École de Paris - 1963, Éditions de la Galerie Charpentier, 1963. Raymond Charmet, Feher, édition de la Galerie Jean-Claude Bellier, Paris, 1965. Feher, Éditions Keio Umeda, Osaka, 1968 (langue japonaise). Hubert Comte, Georges Feher, édition de la Galerie Anne Colin, 1973. L'aventure de Pierre Loeb, la Galerie Pierre, Paris, 1924-1964, éditions du Musée d'art moderne de la ville de Paris, 1979. Denise Colomb, Portraits d'artistes 50/60, éditions 666, 1986. Noël Bourcier, Jean-Luc Mercié, Anne de Mondenard, Patrick Roegiers, Denise Colomb, Éditions La Manufacture, , 1992. Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999, . Michel Marmin, La vie silencieuse selon Georges Feher, revue Éléments, , 2001. Caroline Larroche et Louise Graatsma, Garbell - Les métaphores d'une peinture'', Éditions Altamira, 2009.
Liens externes
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