Le palais épiscopal de Laon, ou palais de justice de Laon, est le siège du tribunal de la commune de Laon, préfecture de l'Aisne. Il se situe dans l'ancien palais des évêques de la ville. vignette|Groupe cathédral de Laon avec son palais épiscopal, sa cathédrale et son hôtel-Dieu.

Localisation Le palais de justice se situe sur la place Aubry et est contigu à la cathédrale. Fonctions Ce palais épiscopal est un tribunal de prud'hommes, d'Instance et de grande instance.

Historique

L'évêché a été fondé au début du , bien que Laon ne soit pas une civitas à l'époque gallo-romaine. Un premier palais épiscopal a été construit le long du mur de l'ancien castrum. Les fouilles effectuées près de la cathédrale en 1979 ont mis au jour des structures carolingiennes sur des éléments de murs en opus spicatum et un triens à l'effigie d'Avitus ; elles permettent de les dater de la fin ou début et de les rattacher au premier palais épiscopalDaniel Sautai, Anne-Véronique Sautai, Aisne. — Laon. Palais épiscopal (parcelle AB 18) , dans Archéologie médiévale, 1980, , (lire en ligne).

Une description sommaire du palais épiscopal du début se trouve dans le récit de Guibert de NogentGuibert de Nogent, De vita sua, édition Labande, Paris, 1981. Le Livre III est consacrée aux événements de Laon, en 1112..

L'ancien palais est endommagé pendant la révolte fiscale de 1112. Au cours des émeutes, l'évêque Gaudry et l'archidiacre sont tués, les chanoines s'enfuient dans les vignes. La cathédrale, le palais épiscopal et la maison de l'archidiacre sont incendiésGuibert de Nogent, Vie de Guibert de Nogent, livre III, chap. VIII-IX, Collection des mémoires relatifs à l'Histoire de France (1824, t. 6) par Guizot, J.-L.-J. Brière, 1825, p. 42-48.. Du palais antérieur à l'émeute, restent probablement le pignon nord de l'aile est, en fond de cour, d'après le chapiteau remployé en sous-sol du bâtiment ainsi que les trois baies ouvertes sur le rempart, au premier niveau. Ces baies ont été restituées par Maurice Berry sous leur forme moderne rectangulaire mais elles montrent des colonnettes et des chapiteaux d'origine qui devaient être en plein cintre..

Après l'émeute, l'évêque de Laon, Hugues, ancien doyen d'Orléans, nommé à Laon grâce à l'appui d'Étienne de Garlande, a commencé à remettre en état le palais épiscopal. Son successeur, Barthélemy de Jur, continue les réparations en y ajoutant une porte forte et un chemin. Ces deux éléments permettaient de rester à couvert entre la cathédrale et le palais.

L'obituaire du chapitre cathédral attribue à l'évêque Gautier de Mortagne la construction de la chapelle double (sur deux niveaux) à la fin des années 1150 : la chapelle basse, dédiée à saint Jacques, est réservée aux offices quotidiens ; la chapelle haute, dédiée à saint Nicolas, est réservée à l'évêque.. La grande salle perpendiculaire à l'aile est, côté nord, donnant sur le rempart, est construite vers 1240-1245 par l'évêque Garnier..

Au , l'aile nord est prolongée vers l'ouest ; les fenêtres Renaissance sont toujours visibles. vignette|La chapelle basse.|centre

La Révolution transforme le palais en siège du district de Laon.. Dans la cour, une fosse est creusée en 1805 pour y fondre les cloches de la cathédraleLa fosse ressert pour ensevelir les corps de plusieurs centaines de victimes militaires lors de la Campagne de France en 1814.. En 1811, le palais est aménagé devenir le palais de justiceLe tribunal de la cour d'assise de Laon est le cadre d'un fait divers en juin 2007 lorsqu'un accusé venant d'être condamné pour viol, se suicide à l'arme à feu. Cf .. La Grande salle est restaurée en 1950.

Le bâtiment de l'évêché et la chapelle ont été classés au titre des monuments historiques en 1875.

Description Sur cour

vignette|center|Cadran solaire. Le bâtiment principal présente neuf arcades en arc brisé, avec des chapiteaux et des bases de piliers diverses. Les fenêtres du premier étages sont aussi au nombre de neuf, gothiques avec des arcs brisés. La cour était fermée par une porte forte ; elle fut détruite en 1823 ; la grille de fer forgée qui la remplace date de 1895.

Sur les remparts

Une partie est décorée de trois tourelles ; entre elles, se trouvent un groupe de trois fenêtres et un autre de quatre de style gothique. Pour la partie est, trois fenêtres sont de Renaissance. La façade est rehaussée de sculptures.

Images

Références

Annexes Bibliographie Aymar Verdier, François Cattois, Architecture civile et domestique au Moyen âge et à la Renaissance, Librairie archéologique Victor Didron, Paris, 1857, tome 2, (lire en ligne) Amédée Combier, « Le palais de justice de Laon », dans Bulletin de la Société académique de Laon, 1879, tome 24, (lire en ligne) Amédée Combier, « Le palais de l'évêché de Laon », dans Le Cabinet historique de l'Artois et de la Picardie, 1890-1891, tome 5, (lire en ligne) Lucien Broche, « La date de la chapelle de l'évêché de Laon », dans Bulletin Monumental, 1902, tome 66, (lire en ligne)

Articles connexes Liste des monuments historiques de Laon Liste de palais épiscopaux

Liens externes Site du tribunal de Laon.

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