L'église Saint-Michel-et-Saint-Vaast est une église catholique paroissiale située à Catenoy, dans le département de l'Oise, en France. C'est l'une des plus anciennes églises du Beauvaisis.
Son transept, son clocher central et son chœur n'ont subi que peu de modifications depuis leur construction à la fin du , et constituent des témoignages intéressants de l'architecture romane de cette époque. La croisée du transept prend le jour par deux fenêtres hautes côté est, et l'église Saint-Vaast possède donc l'une des rares tours-lanternes du département. Le clocher est l'un des premiers à fenêtres géminées. Le chœur est recouvert d'une voûte en berceau suivie d'une voûte d'arêtes. La façade a été ajoutée une soixantaine d'années plus tard, et reflète le style roman à son apogée. Son portail à six voussures décoré de bâtons brisés est l'un des plus aboutis dans la région. Dans la nef, de dimensions considérables, des grandes arcades très élégantes dans le style gothique du début du assurent la communication avec le bas-côté ajouté à cette époque. Si le plafond lambrissé apporte une note d'austérité, les arcatures plaquées qui animent les murs de la première travée de la nef et du bas-côté apportent une note de raffinement. L'église Saint-Vaast a été classée au titre des monuments historiques par arrêté du ..
Localisation
L'église Saint-Michel-et-Saint-Vaast est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, sur la commune de Catenoy, à la limite sud du village, au pied du versant nord du plateau de Liancourt, au bout d'une courte impasse partant de la place de la Mairie, derrière celle-ci. Elle est entourée du cimetière de la commune, dont la partie comprise entre l'élévation septentrionale de l'église est la mairie est aujourd'hui désaffectée. Le chœur est enclavé dans une propriété privée, et n'est que très partiellement visible depuis le domaine public. Les autres élévations de l'église sont dégagées de constructions mitoyennes, et bien mises en valeur.
Historique L'histoire de la paroisse thumb|left|Approche par l'ouest.
Au Moyen Âge central, Catenoy est une châtellenie dépendant du comté de Beauvais. Sous le nom de Villa Castiniaco, le village est mentionné dans une charte du roi Robert II le Pieux datée de 1015, qui confirme la donation du comté à l'évêché de Beauvais. L'évêque possède une maison à côté de l'église, transformée ultérieurement en château (dévasté sous la Grande Jacquerie en 1358, quelques vestiges en restent debout jusqu'au milieu du ). Les rois de France y ont droit de gîte. Vers 1060, l'évêque , dont l'apostolat dure de 1059 à 1063, y accueille les parents de l'historien Guibert de Nogent, qu'il affectionne beaucoup. L'on ignore la date de l'érection de la paroisse, mais elle ne saura être postérieure à la fin du , quand sont édifiés le transept, le clocher et le chœur de l'église actuelle. Elle est placée sous l'invocation de saint Michel archange et de saint Vaast d'Arras, comme l'église voisine de Nointel. En 1150, le pape Eugène III confirme les droits d'Henri de France, évêque de Beauvais, à Castanetum. En 1161, un an avant sa nomination comme archevêque de Reims, Henri de France confie la collation de la cure au chapitre de la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais. La paroisse relève du doyenné de Pont-Sainte-Maxence, de l'archidiaconé de Breteuil et du diocèse de Beauvais. Comme particularité, elle n'est pas visitée par le doyen et par l'archidiacre, mais uniquement par le chapelain particulier de l'évêque...
Dans le passé, l'église Saint-Michel-et-Saint-Vaast n'est pas la seule église de Catenoy : il y a aussi l'église Saint-Antoine du prieuré que l'ordre hospitalier de Saint-Antoine a établi à l'extrémité opposée de la rue principale du village, au nord. Il a été réuni ultérieurement à l'église Saint-Antoine de Paris. Son église est à la collation de l'évêque de Beauvais. À la fin du , elle est entièrement reconstruite dans le style gothique flamboyant. Désaffectée au culte sous la Révolution française et transformée en grange, elle a subi maintes mutilations, mais tient encore debout, et sa toiture a été réparée. — Au début du déjà, l'église de Catenoy est desservie par le curé de Nointel.. Avec la création de quarante-cinq nouvelles paroisses à l'échelle du diocèse en 1996, Nointel devient le siège d'une grande paroisse au titre de saint Thomas More., qui s'étend sur huit autres communes (Avrigny, Catenoy, Choisy-la-Victoire, Épineuse, Fouilleuse, Labruyère, Maimbeville et Sacy-le-Grand). Mais en raison du faible nombre d'habitants du secteur et du manque de prêtres, la paroisse Saint-Thomas-More est bientôt rattachée au paroisse Sainte-Maxence de Pont-Sainte-Maxence. Elle est desservie par le curé ou le vicaire de Pont-Sainte-Maxence. Les messes dominicales anticipées du samedi soir sont célébrées à tour de rôle dans l'un des petits villages. Le dimanche à 11 h 00, l'Eucharistie est célébrée en alternance à Nointel ou Sacy-le-Grand.. La paroisse Saint-Thomas-More de Nointel cesse définitivement d'exister au avec la répartition de ses huit villages entre quatre paroisses voisines. L'église Saint-Michel-et-Saint-Vaast rejoint la paroisse du Cœur du Christ de Clermont..
L'histoire de l'église thumb|upright|Clocher et parties orientales. thumb|upright|Façade occidentale.
Vers la fin du , le transept, le clocher s'élevant au-dessus de la croisée du transept et le chœur sont bâtis dans le style roman. La base du clocher dépasse nettement en hauteur les travées adjacentes, ce qui permet l'éclairage direct par deux petites fenêtres au-dessus de l'arcade ouvrant dans le chœur. Il s'agit donc de l'un des derniers exemples de tours-lanternes encore conservées dans l'Oise. L'église Saint-Étienne de Beauvais et l'abbatiale de Morienval en possédaient aussi. La disposition est surtout répandue en Normandie, ainsi que dans les anciens diocèses de Laon, Noyon et de Soissons. Le chœur comporte deux rares exemples de voûtes proprement romanes dans le département, à savoir une voûte en berceau et une voûte d'arêtes, qui sont un peu plus fréquentes sous les clochers. La façade occidentale est d'une soixantaine d'années plus jeune que les parties orientales. Elle reflète l'architecture romane à son apogée, et son portail compte parmi les réalisations les plus abouties de son genre, avec celui de l'église voisine de Nointel. La première travée de la nef forme corps avec la façade, et date certainement de la même époque, soit du milieu du . Elle est bâtie en pierre de taille, et délimitée à l'est par un contrefort, alors que le reste du mur gouttereau sud en est dépourvu. Les dernières modifications importantes de l'église remontent au , et n'ont pas été datées avec précision par les différents auteurs. Le mur gouttereau nord est alors remplacé par quatre grandes arcades, qui communiquent avec le bas-côté ajouté au nord. La base du clocher est voûtée d'ogives. Il s'agit toujours de l'unique voûte d'ogives de l'église. En outre, les deux fenêtres aux extrémités du croisillon sud et du chœur sont repercées et munies d'un remplage de style gothique rayonnant. Enfin, la fenêtre à l'extrémité du croisillon nord est à son tour refaite pendant la première moitié du ..
L'église n'a connu que peu de modifications depuis. Il s'agit surtout de l'agrandissement des fenêtres au sud de la nef, à l'époque moderne, et de l'adjonction d'une sacristie dans l'angle entre chœur et croisillon sud. En 1904, l'abbé Amédée Beaudry commente ainsi l'état de l'église : .. En 1910, Marie-Élisabeth et Léon Houdart ont l'impression qu'. Les mêmes auteurs sont par ailleurs persuadés que la légende, qui veut que l'église abrite la sépulture de l'amiral Jean de Chepoix, mort à Catenoy au cours du , ne soit pas fondée.. L'église Saint-Michel-et-Saint-Vaast est classée au titre des monuments historiques par arrêté du . L'absence de restaurations au s'est avérée favorable à l'authenticité du monument, et son état s'est largement amélioré depuis un siècle.
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
Régulièrement orientée, l'église se compose d'une large nef de quatre travées, accompagnée d'un unique bas-côté au nord ; d'un transept débordant, dont la croisée sert de base au clocher ; et d'un étroit chœur de deux courtes travées, se terminant par un chevet plat. La cage d'escalier du clocher se situe dans l'angle nord-est de la nef, et est accessible depuis le bas-côté. La sacristie occupe l'angle entre croisillon sud et chœur. La longueur totale dans-œuvre de l'édifice est de , dont pour la nef ; pour la croisée du transept ; et pour le chœur. La nef mesure de largeur ; et le chœur dans la première travée, et dans la seconde travée. Le transept atteint une longueur de du nord au sud. La nef, le bas-côté et les croisillons du transept ne sont pas voûtés, et munis de plafonds lambrissés, avec une charpente partiellement apparente. Les murs gouttereaux de la nef ont de hauteur ; et ceux des croisillons, . La base du clocher est voûté d'ogives à une grande hauteur, soit , ce qui permet son éclairage direct par deux petites fenêtres côté est (tour-lanterne). La première travée du chœur, peu profonde, est voûtée en berceau. La seconde travée est voûtée d'arêtes. La hauteur du chœur sous les voûtes ne dépasse pas . L'on accède à l'église par le portail occidental de la nef, ou par le portail latéral nord, dans la seconde travée du bas-côté. La nef, les croisillons et le chœur possèdent des toitures à deux rampants, avec des pignons aux quatre points cardinaux. Le bas-côté est pourvu d'un toit en appentis prenant appui contre le mur gouttereau nord de la nef, qu'il dissimule entièrement.
Intérieur Nef et bas-côté thumb|Vue vers l'est. thumb|Vue vers l'est. thumb|Grandes arcades. thumb|Vue vers l'ouest.
À l'intérieur, la nef ne correspond pas à ce qu'annonce la façade romane, car l'élément stylistique dominant sont les grandes arcades, purement gothiques. Sauf au niveau de la première travée (voir ci-dessous), le mur gouttereau sud est sans caractère, de même que ses fenêtres. On peut seulement noter la présence de pilastres au niveau des entraits de la charpente. Le plafond lambrissé en forme de berceau, avec quatre entraits et poinçons, ne renvoie pas à une époque spécifique, mais a cours pendant toute la période gothique. À la période classique, se répand l'usage de couvrir les lambris de plâtre pour suggérer une voûte, comme à Béthancourt-en-Valois, Béthisy-Saint-Martin, Boran-sur-Oise, Cauffry, Nogent-sur-Oise, Rully, Saint-Vaast-de-Longmont etc. ; et au , se développe une prédilection pour les fausses voûtes d'ogives, comme on peut en voire à Ansacq, Balagny-sur-Thérain, Beaumont-sur-Oise, Breuil-le-Vert, Clermont, Fitz-James, Néry, La Neuville-en-Hez, Nointel, Venette, etc. D'autres exemples de berceaux lambrissés existent encore à Bailleval, Heilles, Hodenc-en-Bray, Mogneville, Monchy-Saint-Éloi, Roberval, Saint-Martin-des-Champs (Paris). Ils ne sont pas nombreux dans la région. À côté des charpentes apparentes, les plafonds plats et des solutions intermédiaires, ils constituent l'une des formes de couverture au cas où le voûtement d'ogives ne peut être envisagé, que ce soit parce que les proportions de la nef n'y sont pas propices, ou parce que les moyens financiers ne sont pas suffisants, sachant que les nefs sont à la charge des paroissiens, tandis que les gros décimateurs doivent pourvoir aux frais de construction et d'entretien des chœurs. Malgré sa simplicité, ce type de plafond est donc appréciable pour son authenticité et son absence de prétention. Comparé au voûtement d'ogives, il n'a pas seulement l'avantage d'être plus économique, mais apporte aussi une hauteur sous plafond plus importante avec une hauteur des murs gouttereaux égale.