L'histoire du ski dans le massif des Vosges s'intègre pleinement dans un premier temps dans le processus d'introduction du ski en Europe centrale grâce à la partie alsacienne du massif vosgien. Dans un deuxième temps, le ski vosgien prend appui sur son expérience du encore marquée par la technique dite norvégienne et commence une étroite relation avec les pays alpins, notamment grâce à l'action efficace du monde associatif et au développement du tourisme d'hiver qui introduira très tôt les premières compétitions auxquelles participera notamment la station de Gérardmer.
Les premiers ski-clubs français sont vosgiens Initié par quelques pionniers actifs en Allemagne et en Autriche ayant suivi les cours de moniteurs norvégiens, le mouvement de création de ski-clubs se répand en Europe centrale de manière associative dans les villes ou en périphérie des massifs vers la fin du . Parmi les premiers, il y a les clubs de Munich en Bavière (1891), de Todtnau en Forêt-Noire (1892), d'Annaberg en Saxe (1896) ou d'Ilmenau en Thuringe (1900).. La plupart des premiers ski-clubs des Vosges sont de ce fait créés par les Alsaciens., provenant essentiellement des classes moyennes (médecins, employés, fonctionnaires supérieurs ou commerçants).. Le « Ski-Club Straßburg » est fondé en 1896 avec des sections à Colmar et Mulhouse.. Celle-ci s'émancipent et deviennent le « Ski-club des Hautes-Vosges Colmar » (Schneeschuhverein Hochvogesen Colmar) en 1904 et le « Ski-club des Vosges Mulhouse » (Ski-Club Vogesen Mühlhausen) en 1910. Toutefois, un ski-club est créé à Bruyères. en 1895, donc du côté français des Vosges et en terre francophone, et par voie de conséquence antérieur de quelques mois au ski-club des Alpes créé à Grenoble par Henry Duhamel en 1896. Les ski-clubs de Remiremont et de Bussang n'ont été créés respectivement qu'en 1909 et 1911..
Transfert de savoir-faire franco-allemand et alsato-savoyard Le Français Raymond Pilet fit le premier l'ascension à skis du Feldberg. en Forêt-Noire le .. À l'époque secrétaire de chancellerie. à Heidelberg, il devient consulIl est consul de France à Breslau de 1894 à 1897, puis à Cracovie de 1897 à 1914 (cf. Journal officiel de la République française, lois et décrets 1911/07/29, année 43, ) et part à la retraite par décret du 9/9/1912 . de deuxième classe responsable du vice-consulat de Breslau.. Il est membre du ski-club de Colmar. quand il décide de faire du ski au Feldberg qui n'est pas très éloigné de Colmar. Il descend avec un ami russe à l'hôtel « Feldberger Hof » où il s'est inscrit dans le livre d'or.. Le réceptionniste inscrit dans la rubrique « événements particuliers » le fait que le Français . Qu'il en ait été conscient ou pas à ce moment-là, Pilet introduit le ski en Forêt-Noire.. Les skis norvégiens ramenés par le Tholus, installé comme généraliste à Todtnau après avoir été médécin à bord de navires, étaient restés inutilisés. parce qu'il n'arrivait pas à s'approprier la technique seul. Son ami et camarade de Stammtisch à l'auberge Ochsen de Todtnau, le procureur Fritz Breuer, originaire de Rhénanie, aurait voulu aller plus loin. La rencontre fortuite avec le consul français va accélérer les événements. Après son ascension du Feldberg ( d'altitude), c'est Pilet qui enseigne le ski à BreuerPlus tard, Breuer dira sur sa rencontre avec Pilet : . et à un cénacle de cadres et employés des entreprises localesFritz Breuer, Oskar Faller, Carl Schlimbach, deux Karl Thoma et Karl Thoma, Rudolf Thoma. qui seront à l'origine de la création du second ski-club d'AllemagneLe site du Feldberger Hof comporte une partie historique en langue française sur: Histoire du ski-club de Todtnau., devenu premier de l'histoire allemande à la suite de la dissolution du ski-club de Munich à peine deux ans après sa fondation. Le consul français étonna la population locale de Todtnau par sa sportivité et sa dextérité lorsqu'il fit une démonstration de virage en stem dans le village dans la rue de la pharmacie le lundi gras de l'année 1891. Le Feldberg devient un site incontournable où les sportifs veulent tenter leur chance aux premières compétitions de Forêt-Noire. Autour du club, les retombées économiques sont nombreuses ; la fabrication en série de skis d'inspiration norvégienne est lancée dès 1892 par la firme familiale Köpfer Une école de ski alpin a été créée le 7 décembre 2008 à Nagai au Japon qui, en l’honneur du pionnier de Forêt-Noire, a été nommé Nagai – Ski-Köpfer. Le ministre de l’économie de Bade-Wurtemberg Ernst Pfister fut présent à l’inauguration ainsi que le petit-fils d’Ernst Köpfer, cf. . de Bernau.. Un brevet est déposé plus tard par Ernst KöpferSon petit-fils Walter Strohmeier organise des conférences sur l'histoire des skis Köpfer. à l'office des brevets et des marques de Berlin pour la marque de ski « Feldberg ». en 1906.Ses premiers clients ne sont pas seulement les sportifs, mais également les facteurs, les sages-femmes, les bouchers et tous ceux qui doivent se déplacer pour leur métier, y compris les enfants des fermes isolées qui descendent à skis à l'école. On attribue également le premier remonte-pente du monde à la Forêt-Noire en 1908L'aubergiste Robert Winterhalder de Schollach eut l'idée de transformer son câble pour transporter les sacs de farine de la vallée à sa ferme-auberge sur le sommet en remonte-pente .. Le premier remonte-pente des Vosges sera inauguré en au col de la Schlucht.
Montagne jumelle de la Forêt-Noire dont les Alsaciens sont culturellement proches, le massif vosgien gravite dans la sphère d'influence du centre feldbergeois. Le « loup du Grand Ballon », Edouard Wolf, fut l'un des premiers utilisateurs réguliers de ski par commodité évidente dans les Vosges car il était gérant du refuge sur le sommet du Grand BallonContrairement au Feldberger Hof qui est resté jusqu'à aujourd'hui au même endroit malgré les aménagements successifs, le refuge du Grand Ballon a connu plus de vicissitudes: Le 29 juillet 1877, le refuge Gasthaus Belchenkopf est en ruine, vandalisé. Le 18 juin 1888, un hôtel ou la maison du Grand Ballonest reconstruit à un autre endroit. En 1896, M. Althoffer passe la gérance à Edouard Wolf, surnommé le Belchenwolf. Le 7 octobre 1906, l’hôtel est agrandi, il appartient dorénavant au Club vosgien, mais il est en ruine en 1918. À l’été 1919, dans la « baraque Wolf », on procède à la recréation du CV Guebwiller en 1921. Le 10 juin 1923, le nouvel hôtel du Grand Ballon est encore une fois construit à un autre endroit, versant nord - géré par la société anonyme des grands hôtels du Markstein. Wolf part au Markstein et crée son propre refuge, puis un hôtel. cf. Histoire de la maison du Grand Ballon.. Une fois expérimenté, il participa à la course de ski de fond du Feldberg. Tout le secteur de Colmar à Mulhouse en passant par Guebwiller, Thann ou Ranspach concentrait sa pratique du ski sur les massifs du Markstein et du Grand Ballon. Certains clubs et leur refuge ou chalet respectif avaient la réputation d'être composés davantage par des Allemands ou germanophiles, et vice-versaSe reporter à l'historique du Club vosgien de Cernay sur Vosges Trotters de Mulhouse.. En conséquence, les associations qui se fondaient les unes après les autres rassemblaient des gens qui souhaitaient soit adhérer plus à un club plus francophileFurent réputés francophiles à tort ou à raison Les Vosges Trotters, de Mulhouse et Colmar, les Amis de la nature, le Club alpin., soit contribuer aux activités de clubs majoritairement plus germanophonesFurent réputés germanophiles à trot ou à raison le Ski-club Hochvogesen, le Ski-club de Strasbourg, le Akademischer Ski Club Mühlhausen et Straßburg, le Club vosgien..
Le médecin allemand Offermann exerça d'abord à Erfurt et pratiqua le ski en Thuringe. Lorsqu'il décida d'exercer à Strasbourg en 1889, il adhéra au ski-club de Strasbourg et continua de pratiquer le ski dans les Vosges (Champ du Feu, Markstein). Lui aussi fera un séjour au Feldberger Hof en 1892 et y fera la connaissance des célèbres skieurs débutants, moins expérimentés que lui à Todtnau.. L'hôtelier Carl Mayer ayant acheté une vingtaine de paires de ski à la firme locale de Bernau, le Feldberger Hof passe pour être le premier service de location de skis de l'Empire allemand. Dans un manuel de ski de Fritz Breuer, on lit que .. Le club de Todtnau a également un costume de clubLe costume comporte une chemise en flanelle, une veste de chasseur, un « bâton de touriste », un « pantalon de touristes », des guêtres, des chaussettes en laine de chèvre et un bonnet...
Un autre exemple de fondation d’un ski-club en Allemagne sous l’impulsion d’un pionnier qui s’est formé dans les Vosges est celui de Hermann Stika.. Pendant ses études, il fit la découverte du ski dans les années 1907-1908 par l’intermédiaire du ski-club universitaire de Strasbourg, plutôt germanophile, qui pratiquait par exemple au Champ du Feu. Quand il revint dans sa ville natale, Gießen, et fut muté à Grünberg, il fait la connaissance de deux passionnés de ski, le professeur-assistant Julius Walther et le professeur Albert Peppler qui avaient déjà créé le Skiclub Wandervogel Gießen en 1908. En 1919, Stika et ses amis fondent le ski-club de Grünberg.
En 1925, Charles Diebold (1897- 1987), crée une école de ski dans les Vosges au lac Blanc, commune d’Orbey, fonctionnant selon la méthode autrichienne.. Lorsqu'il part créer la station expérimentale de Val-d'Isère au cours de la saison 1932-33, l'industriel alsacien s'installe au village afin d'initier les habitants au ski en proposant des cours de la méthode Arlberg. Par un clin d'œil à ses origines, il appellera ses leçons les « cours vosgiens »... Les « cours vosgiens » dans les Alpes transmettent la technique « Arlberg » initiée et propagée par l’instructeur de ski dans l’armée autrichienne pendant la Grande Guerre, Hannes Schneider, promoteur du ski jouant des rôles dans de nombreux films sur la montagne. Il se distance de la méthode norvégienne en introduisant le chasse-neige, le stem et le christiania. Un autre Alsacien, Winter Tomiac, figure parmi les professeurs de ski de la nouvelle école de Val d'Isère. , Diebold est plus connu comme Savoyard d'adoption célèbre. que comme « Vosgien », d'autant plus qu'il est originaire de la plaine alsacienne, ce qui renforcerait l'idée qu'il faut souvent être très prudent avec la perception qu'ont et ont eue les différentes générations du massif vosgien par le passé.
Nouvel accès au massif vosgien en hiver et début des compétitions
Les associations de tourisme pédestre et de ski permettent dorénavant la fréquentation de la montagne été comme hiver. Ce sont souvent les mêmes adeptes de virées en plein air. L'introduction du ski permet l'accès aux crêtes et aux sentiers. Des chalets et des refuges sont loués. En dépit de la frontière franco-allemande et des convictions que pouvaient défendre tel ou tel club officiellement ou officieusement, les membres des associations franchissaient toutefois les crêtes vosgiennes pour excursionner, participer à des courses de ski organisées par des sociétés de ski françaises ou allemandes. Les refuges du Club alpin français ou du Touring-club de France sont d’ailleurs proches de la frontière (au Bärenkopf et au Rainkopf)..
Le Club vosgien et Vosges-trotters organisent des compétitions. et les différentes associations essaiment leurs refuges et abris. sur les crêtes pour le sport d’été et d’hiver ou pour les activités de découverte scientifique ou historique du massif group="N"> Par exemple Les Amis de la Nature, le Club vosgien, le Ski-club Mulhouse au Huss, les Vosges-trotters Colmar au Schiessrothried), les Vosges-trotters Strasbourg au Champ du Feu ou le Ski-Klub Vogesen au Breitfirst..